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nanayo

     Dernier film de la réalisatrice japonaise, Nanayo est un peu son Lost in translation. Irrésistiblement, on ne peut s’empêcher de penser au film de Sofia Coppola. La différence essentielle entre les deux films est qu’ici, le personnage principal ne portent pas de regard amusé et un tantinet sarcastique sur son nouvel environnement. Il est dépassé par le choc culturel, mais très vite est disposé à le comprendre, détail qui fait que décidément j’ai un peu de mal avec Lost in Translation. Outre le côté Tokyo sur papier glacé, j’ai toujours trouvé insupportable la représentation de la vie tokyoïte qui est faite à travers la perception des deux personnages principaux. Tout est bizarre, stupide, outré, rien ne semble bon à récupérer, et ce n’est pas la piteuse séquence à Kyoto, semblant avoir été placé dans le film pour disculper Sofia Coppola de tout sentiment de supériorité, cette petite supériorité du touriste qui juge, qui change la donne. Passons.

     Dans Nanayo, nous n’avons pas ce problème donc. L’histoire se concentre sur Saiko, jeune Japonaise trentenaire débarquant en Thaïlande pour manifestement tourner la page d’un épisode malencontreux de sa vie. Au début du film, on suit ses traces dans la capitale pour essayer, avec son anglais très limité, de rejoindre son hôtel. Il y a un étrange sentiment qui se dégage de ce premier quart d’heure, celui d’un décallage. Dans Lost in Translation, cela venait de cet acteur américain BCBG jeté dans le maëlstrom de Tokyo. Ici, c’est cette jeune Japonaise, belle, sexy, jetée dans la lumière crue, dans l’ambiance populaire dses rues de Bangkok. Les plans séquences dans lesquels on suit les pas de Saiko s’enchaînent, et les lumières surexposées ne donnent pas l’impression d’entrer dans un univers particulièrement accueillant. Ceci est confirmé avec l’épisode du taxi. Entrant dans un taxi, elle demande à son chauffeur de l’emmener à son hôtel. Cela ne se fait pas sans mal, la communication étant des deux côtés très hasardeuse et ce ne sont pas les “wakaru?” (”vous avez compris ?”) de Saiko qui y changent quoi que ce soit. Une fois le taxi en route, Saiko se détend un peu. En digne Japonaise qui n’a pas oublié ses petites recettes pour prendre soin de son corps, elle s’applique une crême sur le visage, le cou et au-dessus des seins… avant de s’arrêter immédiatement lorsqu’elle s’aperçoit que le chauffeur la regarde dans le rétroviseur. Elle met alors des lunettes noires, et s’endort. Lorsqu’elle se réveille, elle s’aperçoit qu’elle n’est pas devant son hôtel mais en pleine jungle. Le message n’a clairement pas été bien compris par le chauffeur. Celui-ci commet l’erreur de vouloir la faire sortir physiquement du taxi. On devine qu’il veut maladroitement lui faire comprendre quelque chose mais à cet instant, il n’y a dans l’esprit de Saiko qu’une pensée : “il veut me violer”. Bouleversée, elle court dans la première direction venue et finit par tomber sur une demeure dans laquelle vit une masseuse, son petit-fils (l’enfant du chauffeur de taxi en fait) et un jeune expatrié français, Greg.

     Le film commence réellement à partir de cette rencontre. C’est une bouée de sauvetage, mais pas basée sur une détestable connivence culturelle, comme dans Lost in Translation. Tout sépare ici les différents personnages. Tout d’abord les langues en présence : thaïlandais, japonais et français. Aucun n’est réellement polyglotte et l’anglais n’est pas vraiment le sésame qui va faciliter la compréhension. Et pourtant, les personnages ont tôt fait de communiquer, et de se comprendre. Chacun parle dans sa langue dont il sait pertinemment qu’elle n’est pas comprise de son interlocuteur. Peu importe, on fait comme ci, et cela semble marcher. Par forcément besoin de communiquer pour se sentir bien d’ailleurs. Il est un autre langage tout aussi efficace et qui agit comme une renaissance, celui du massage thaïlandais. En contact avec cet art ancestral Saïko oublie illico son petit traumatisme et va jusqu’à en rêver la nuit ! Les deux scènes de rêve nous la montre en effet se faisant masser par un inconnu, peut-être une incarnation de son désir refoulé, elle qui traîne derrière elle une histoire d’amour malheureuse.

     A côté du massage, d’autres scènes permettent de se rapprocher de l’autre et de se sentir bien. Le spectateur peut être rebuté par cet écoulement du temps durant lequel finalement rien ne se passe. Mais s’il est un habitué des films de Kawase, il y a fort à parier qu’il peut en tomber sous le charme et s’identifier à l’héroïne, partager sa découverte progressive de cette Thaïlande profonde. Cela suffit en fait à l’intérêt, nul besoin de créer une histoire d’amour pour l’aider à surmonter le choc culturel. Là encore, Lost in Translation (décidément je dois évacuer la bile que j’ai à cause de ce film) m’agaçait particulièrement sur ce point. Pas d’histoire d’amour, pour la simple raison que le jeune français est homosexuel. Saïko n’aura donc d’autre relation amoureuse qu’avec son masseur fantasmé.

     Alors, la Thaïlande, pays idéal ? Pas sûr. Lorsque j’ai vu ce film, je n’ai pu m’empêcher de penser à la Ligne Rouge de Terrence Mallick. Dans ce film, un des héros découvre une tribu primitive vivant dans une petite île du pacifique. On découvre alors une sorte d’état de nature rousseauiste dans lequel les habitants vivent dans la plus totale félicité. Et puis, au milieu du film, on s’aperçoit que ce n’est qu’apparence : on voit le manque d’hygiène, on devine les maladies, les disputes entre les enfants nous sont montrés, images symboliques puisqu’il s’agit d’un film de guerre. La pureté ne se trouve nulle part et le mal peut germer dans n’importe quel endroit. Il y a un peu de cela dans Nanayo. L’étincelle vient de la décision de la masseuse qui veut que son petit-fils  devienne prêtre. C’elui-ci, on peut le comprendre, ne l’entend pas de cette oreille et décide de fuguer. S’ensuit une violente altercation à quatre. Le fils chauffeur de taxi reproche à sa mère cette décision. Les insultes fusent aussitôt entre les deux, insultes qui fait sortir Greg hors de ses gonds et qui décide de bousculer physiquement la grand-mère, outré de ses propos envers son fils. Saïko s’interpose mais est elle aussi malmenée verbalement et physiquement (Greg la gifle), geste qui la mettre hors d’elle. La scène est outrée, un peu artificielle. Cette artificialité nous fait nous demander quel était le but de Kawase. Si c’était de nous montrer, comme la Ligne Rouge, que le mal est partout, même chez des gens vivant pacifiquement dans un milieu édenique, alors on ne peut que lui reprocher de l’avoir fait avec une certaine lourdeur. Mais on peut y voir aussi un autre message : que les hommes, derrière toute leur communication entre eux, ne se comprennent jamais vraiment. Qu’en tout cas, il y a un domaine dans lequel ils sont particulièrement prompts à s’entendre : la violence, même si le motif est stérile. Enfin, on peut aussi y voir une sorte de vengeance de cette nature qui accueille l’homme en sein. Nature tropicale, chaude, lourde, qui travaille les individus jusque dans leurs nerfs et qui leur fait, à un moment, “péter un plomb”. Cette importance de la nature (primordiale dans son précédent film, la Forêt de Mogari), on la retrouve dans les ultimes images du film, que nous ne dévoileront pas, mais qui là aussi rappellent les dernières images de la Ligne Rouge.

     La fin sera plus apaisée. Sans la dévoiler complètement, disons juste que Kawase, comme dans Shara (il faut avouer d’ailleurs qu’à chaque fois elle ne rate pas ce genre de scène), utilise la parade musicale pour signifier le passage à quelque chose d’autre. Le petit-fils commence une nouvelle naissance, tout comme son père, et Saïko, admirable de beauté et de légèreté, saura, grâce à la Thaïlande et à sa comparaison avec son pays d’origine, mieux comprendre son mal et les désirs qui l’animent.

Quelques photos sur le site officiel :

http://www.nanayomachi.com/photo.html

Nanayo est disponible en DVD chez Pony Canyon.

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     Cette question, pour celui qui est allé au Japon peut sembler incongrue tant les Japonais, dans le métro ou ailleurs paraissent être des gens particulièrement courtois. Cependant, il faut croire que si cela est vrai aux yeux du gaijin de passage, cela l’est moins aux yeux de l’autochtone très sensible aux moindres dérives, aussi imperceptibles soient-elles, de la bonne éducation.

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     Ce qui  pour un français peut sembler banal, est jugé comme étant scandaleux pour un Japonais. Il fallait réagir, le métro était sur le point de devenir la scène d’un chaos indescriptible. C’est ce qu’a fait la compagnie du métro de Tokyo en commandant à l’artiste Bunpei Yorifuji une série d’affiches rppelant aux usagers quelques dérives à éviter. Cette campagne de sensiblisation a commencé en avril 2008. Chaque mois, une affiche jaune s’ajoutait à la collection pour remattre un peu d’ordre dans ce lieu de débauche. La démarche est toujours la même : titre accrocheur, compréhensible en une seconde, associé à une illustration immédiatement reconnaissable. Diffusés à chaque fois au nombre de 4000 exemplaires (700 dans les stations, 3300 dans les rames), ces posters mettent en scène un homme portant des lunettes – quelquefois une femme – dérangé par la comportement d’une personne, mis en valeur par le blanc, montrant par là qu’il est incapable de se fondre dans le décor. Pour les lunettes, l’artiste explique qu’elle permettent de cacher les sentiments, et par là de faire sentir qu’il y a un réel malaise chez le passager.

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     Concernant le message, Yorifuji a voulu éviter les messages du type “faites ceci”, “ne faites pas cela”. Il préfère dire “vous pouvez faire ceci (par exemple boire jusqu’à en devenir une loque) mais pas ici) ce qui est, estime-t-il, plus positif.

     Reste une question : pourquoi une telle campagne ? ou plutôt, n’est-ce pas un peu excessif compte tenu de cette politesse qui saute toujours aux yeux de l’étranger ? Il faut croire que non, si l’on en juge le fossé qui se creuse toujours davantage entre les générations. Les anciens ont tendance à penser que tout se perd, tout s’affadit, se détériore, notamment tout ce qui touche à la politesse.  Dixit un sondage organisé par le Asahi Shimbun. On pourrait penser que c’est un peu une découverte “tarte à la crême”, on sait que pour les anciens, c’était toujours mieux “avant”, mais, finalement, comment ne pas approuver un pays qui décide de faire quelque chose, de manière à la fois élégante et divertissante, en faveur du savoir vivre ? Et même, allons plus loin ? La RATP ne pourrait-elle pas passer commande auprès de Bunpei Yurifuji ? D’ailleurs pourquoi s’arrêter au métro parisien ? Pourquoi ne pas en mettre partout dans les rues ? La France a tellement l’air parfois d’être un gigantesque métro tokyoïte.

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     J’ai beau cherché dans ma mémoire et je ne trouve pas. Rien à faire. Longtemps, à l’époque où j’était gamin et un poil en pré-adolescence, j’achetais chaque semaine, le mercrdi, Spirou. Des numéros de ce magazine, j’en ai feuilletés des dizaines, des cinquantaines, de centaines. Eh bien, non, je ne crois pas avoir jamais vu de jolies filles en couverture. Et ça ne risquait pas d’arriver, lorsque l’on sait que dans cet hebdomadaire, une charmante série telle que Bidouille et Violette, de Bernard Hislaire, avait attiré les foudre de M. Charles Dupuis, juste à cause de quelques cases dans lesquelles la peu de l’héroïne s’affichait un peu trop dénudée. Des dfilles nues, c’est mal dans un illustré pour la jeunesse.

     Au Japon, on n’a pas autant de scrupules. Diable ! On sait ce que c’est quand on est un garçon, hein ! arrivé à une cartaines période de la vie… les filles… c’est… c’est intéressant quoi ! Aussi il n’est pas rare (pour ne pas dire systématique) de voir sur la couverture de ces magazines de jolies donzelles en bikini. Certes, certain n’ont pas cette particularité mais, dès que le magazine vise une tranche d’âge bien particulière (disons à partir de onze ans), on lâche les maillots de bain ! Sur la couverture, et à l’intérieur puisque que ces magazines épais, au papier de mauvaise qualité, possède toujours quelques feuilles en papier glacé et en couleurs, dans lesquelles on retrouve le sympathique frimousse de couverture en train de frétiller dans diverses poses (mais jamais dénudée, hein !) pour le plus grand plaisir du lecteur collégien qui s”est aperçu confusément que les filles de sa classe commencent à ressembler à autre chose qu’à Chie la petite peste (film d’animation d’Idéo Takahata).  Les temps changent, autrefois, on s’intéressait à cela :

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Maintenant on se rue chaque semaine chez son libraire pour acheter ça :

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Heureux les ados japonais qui ont la chance d’avoir une presse qui sait se pencher sur leurs tracas !

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Circle, de Kimura Kaela

Voici juste un clip vidéo sur lequel je suis tombé hier par hasard. Ca s’appelle Circle et la chanteuse se nomme Kimura Kaela. Je ne connaissais absolument pas mais ce mélange de pop et de sonorités électroniques m’a paru plutôt réussi et le clip, très original, m’ont donné envie de faire partager cette petite découverte.

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     Le Japon, c’est bien connu, c’est un peu connu le pays des fétichistes de tout poil. Ainsi ces tristement fameuses boutiques dans lesquelles on peut acheter des sous-vêtements usagés de jeunes filles. Sur ce sujet je ne m’étendrai pas, Agnès Giard l’a largement fait dans son remarquable ouvrage sur l’érotisme au Japon.

     Mais cela dit, autant certains fantasmes peuvent être glauques, autant certains semblent inoffensifs et assez amusants au bout du compte. ZenRyoku Zaka, émission de la chaîne TV Asahi, est de ceux-là. De quel fantasme s’agit-il ? Regardez bien l’image qui ouvre cet article : vous ne voyez-pas ? Il s’agit du fantame … des jolies jeunes femmes qui courent dans les rues ! Oui, oui, vous avez bien lu, chaque programme (environ cinquante seconde) suit le parcours (quelques centaines de mètres) d’une jolie fille, bien habillée (ici, pas de hideux survêtement), courant subitement de toutes ses forces dans un quartier de Tokyo. Comment une telle idée saugrenue a-t-elle pu venir à l’esprit du producteur de cette émission ? Ca, grande question ! Je l’imagine volontiers se promenant un jour et croisant une splendide jeune fille en train de courir. Bouleversé par des courbes sensuelles rebondissant agréablement, il s”est sans doute dit que le “fantasmes des jeunes filles courant dans les rues” était son truc et qu’il fallait faire quelque chose pour le cultiver. D’où l’idée géniale de cette émission, qui dure, qui dure, puisqu’elle en est, je crois, à plus de 500 épisodes !

     Evidemment – dois-je le préciser ? -  il existe des DVD proposant une compilation de l’émission. Voir plusieurs dizaines d’épisodes à la suite doit d’ailleurs être quelque chose d’assez hypnotique. Il faut dire que ces courses dans le milieu urbain de Tokyo ont un quelque chose d’étrange. Il n’y a aucune raison à ces courses, elles courent sur une distance donnée, c’est tout et, mis à part quelques bruitages au début, il n’y a aucune musique qui accompagne la course, on entend juste le bruit des pas et les halètements des sportives (hum, cela fait partie du fantasme  j’imagine). Pas de doute : ZenRyoku Zaka est un programme totalement inutile mais totalement japonais dans son originalité incongrue.

À vos marques… prête…

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Partez !

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Evidemment, une image fixe fait moins d’effet qu’une vidéo.

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 Petit split screen de derrière les fagots. Quadruple dose de jolie fille courant dans les rues !

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 Dans ce programme, on aime faire preuve d’inventivité en trouvant des angles intéressants :

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Autre point positif de ce show : cela permet de mettre un peu d’attrait dans la vie quotidienne des petits grands-pères qui se promènent : 

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Oui, je sais, ne vous inquiétez pas, vous aurez une vidéo à la fin.

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Eh oui, faire un effort violent quand on est plus habituée à visiter les boutiques d’Harajuku peut donner envie de vomir.

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Allez, maintenant des courbes en action :

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Candies : fameux girls band japonais des années 70 composé de Ran Ito, Yoshiko Tanaka et de Miki Fujimura. En 1977, au sommet de leur popularité, elle décident de quitter le monde du showbusiness musical en disant à leur public, lors de leur dernier concert : “nous voulons redevenir des filles ordinaires”, phrase qui a marqué au fer rouge plus d’un fan à l’époque. 

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   Actuellement sur les écrans en France, la Tour au-delà les nuages permet enfin de faire découvrir l’univers de Makoto Shinkai. Enfin car le succès constant mais finalement étouffant de Miyazaki a tendance à occulter le fait que les productions Ghibli ne sont que l’arbre qui cache la forêt et que non, l’animation japonaise, en dehors de ce studio, n’est pas synonyme de médiocrité.

     La Tour au-delà les nuages le montrera aisément. Néanmoins, je suis un peu déçu par ce choix. J’aurais aimé que, quitte à jouer la carte de la nouveauté, on choisisse une autre des oeuvres de Shinkai : 5 centimètres par seconde. On peut cependant comprendre pourquoi il n’a pas été retenu : trop simple dans l’histoire qu’il raconte, pas assez mouvementé, etc. L’histoire ? Tout simplement le récit d’une histoire d’amour déçue. La première partie, Okasho (”essence de fleur de cerisier), racontre la rencontre puis la séparation (à cause d’un déménagement) à la fin du collège de deux amis semblant faits l’un pour l’autre.  La seconde, Cosmonaut, suit le parcours du jeune garçon, devenu lycéen, et l’amour platonique et douloureux qu’il inspire à l’une de ses camarades de classe. La troisième, Byōsoku 5 Senchimētoru (”5 centim-tres par seconde”), raconte sur un registre amer l’entrée du héros dans la vie active, et son sentiment d’avoir raté les plus belles années de sa vie.

     Pas d’happy end donc. Et pourtant, pourtant, on sort de ce film totalement ébloui et heureux. Ebloui par les images, heureux d’avoir assisté à un échantillon de vie empli de sensibilité. Makoto Shinkai a souvent dans son pays été qualifié de “nouveau Miyazaki”. Ce surnom est un peu idiot car les deux réalisateurs ne poursuivent pas les mêmes buts. Cela dit, ce surnom est intéressant car il sous-entend chez Shinkai la capacité à parfaitement maîtriser la technique pour concrétiser un univers aussi onirique que personnel. C’est ce qui est fascinant dans ce film : il y a une sorte d’hyperréalisme lyrique que je n’ai vu nulle part ailleurs. Le moindre décor, le moindre plan, le moindre détail vous font entrer dans une réalité quotidienne japonaise ébourrifante de beauté. On en vient d’ailleurs à se demander le but de ce réalisme. Est-ce le pouvoir de l’amour, qui tend à tout magnifier ? Ou bien une façon de montrer ce terrible et ironique ancrage dans la réalité, alors que l’on aimerait être dans un autre sphère avec celle que l’on aime ?  Il y a sans doute un peu des deux. Les personnages du film ont à la fois un côté aérien et un côté englué dans la vie quotidienne. On hésite donc à la fin entre un sentiment de tristesse ou une impression de plénitude. A l’image finalement du morceau de Yamazaki Masayoshi (”One more time, One more chance”) qui vient royalement conclure le film, dans une séquence où l’on assiste sur un rythme saccadé à une partie de la vie des personnages.

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Pour finir, voici le passage dans laquelle on entend la belle chanson de Yamazaki Masayoshi :

Pour une vue plus globale du film, le clip de “One more time, one more chance”

Ah ! j’oubliais le clip original (et après je m’arrête) :

Tomoko Kei

C’est avec le moral plutôt en berne que j’écris cet article. Au début, je voulais parler de Soudain le Vide, après tous les différents comptes rendus critique. Je vais faire court : il faudra le voir soi-même tant le film semble avoir laissé perplexes les spectateurs.  Certains critiques y sont évidemment allés de jeu de mots bien lourds et pas du tout répétitifs sur le titre. D’autres ont insisté sur le côté expérience du film. Pour ma part, je pense que la représentation sensorielle et hypnothique du Tokyo underground devrait me plaire. Wait and see donc.

Je m’arrête donc là avec le film de Noé. La raison ? Diable, ceux qui ont un jour perdu un disque dur avec des tonnes de données personnelles (notamment des photos) dedans, savent dans quel pénible état d’esprit on se trouve. Pourtant, ça pourrait être pire. J’aurais pu être renversé par une voiture, choper la tuberculose, me faire une Claude François dans ma baignoire. Vu comme cela, ça relativise un peu… mais vraiment juste un peu. Heureusement, toutes mes photos n’ont pas été perdues. La majorité avaient été sauvegardées ailleurs. Reste que cela me console pas vraiment d’en avoir perdu bien d’autres. Je garde espoir quand même. Je conserve mon disque dur dans un coin, en espérant que dans un avenir proche les services de récupartion de données soient plus abordables. L’espoir fait vivre.

Bref, pour ne pas me laisser abattre, pour me mettre un peu de baume au coeur, j’ai décidé de commencer une nouvelle rubrique qui sera intégrée dans la catégorie simplement intitulée “Les Japonaises”. Frédéric Boilet, auteur de BD vivant au Japon, les a évoquées avec autant de délicatesse que d’humour dans de délicieux articles, il faudra que j’en parle un jour. Chaque semaine, j’évoquerai plus ou moins rapidement une japonaise qui sera élue “bijin de la semaine” (bijin veut dire “belle femme”). Il n’y aura rien de graveleux ou de complaisant. Ici, pas d’actrices de JAV (Japan Adult Video), je ferai plutôt dans le vintage, le divertissant, avec quelquefois un zest d’érotisme.

Je commence donc avec Tomoko Kei dont le geste sur la première photo semble me consoler d’avoir perdu mon disque dur. Qui est Tomoko Kei ? Eh bien… Tomoko Kei est une actrice et… euh… une chanteuse et… Ah ! n’ai-je pas écrit serait plus ou moins développée ? Allez, contentez-vous des images et des liens youtube pour vous plonger, le temps d’un instant, dans le Japon des 60’s.

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     J-1 avant la projection de Soudain le Vide (titre international : Enter the Void) à Cannes. Il est rare que j’attende la sortie d’un film avec autant d’impatience. Le dernier était peut-être Eyes Wide Shut. Ici, certain vont peut-être sourire à l’idée que je mets au même plan Noé et Kubrick. Ceci serait absurde et pourtant, avec ses trois films (Carne, Seul contre tous et Irréversible), Noé m’a toujours donné l’impression d’avoir l’étoffe d’un grand. Et le visionnage tout récemment d’Irréversible en écoutant la piste audio des commentaires du réalisateur (chose que je ne fais jamais habituuellement lorsque je regarde un DVD) m’a confirmé que Noé était loin d’être un imbécile. Ce gars-là a une parfait connaissance de sa grammaire cinématographique et une non moins parfaite conscience de ses effets sur la pellicule. Et je ne parle pas de sa culture cinémtagraphique. En l’écoutant, je me suis aperçu combien il fallait relativiser l’image de provocateur stérile qu’on lui a souvent donné. Et j’espère que cette image tombera demain avec son quatrième opus, Soudain le Vide

     Pourquoi en parler sur ce blog ? Tout simplement parce que Noé est un amoureux de Tokyo et qu’il a décidé de tourner son film là-bas. Et là, évidemment, on peut s’attendre à quelque chose de moins clichetonneux que Lost in Translation de Sofia Coppola. Les quelques photogrammes du film que l’on peut trouver sur le net qu’on sera très loin de National Geographic. Cela risque plutôt d’être 2H30 en caméra subjective non stop dans le Tokyo underground. Quant à l’histoire, elle est originale mais aussi risquée :

     Oscar et sa soeur Linda habitent depuis peu à Tokyo. Oscar survit de petits deals de drogue alors que Linda est stripteaseuse dans une boîte de nuit. Un soir, lors d’une descente de police, Oscar est touché par une balle. Tandis qu’il agonise, son esprit, fidèle à la promesse faite à sa soeur de ne jamais l’abandonner, refuse de quitter le monde des vivants. Son esprit erre alors dans la ville et ses visions deviennent de plus en plus chaotiques et cauchemardesques. Passé, présent et futur se mélangent dans un maelstrom hallucinatoire. (résumé venant du site officiel).

    Indéniablement, c’est un film ambitieux. Reste à savoir si Noé a eu les épaules assez larges pour le supporter. On aura la réponse demain, enfin une partie de la réponse car comme à peu près tout le monde, je vais le découvrir par procuration, à travers les critiques de journalistes plus ou moins compétents. Si vous suivez de près comme moi l’actualité cannoise, vous avez dû vous rendre compte combien il est difficile de trouver un critique de cinéma qui parle uniquement des films sans chercher à se mettre en valeur par une ironie imbécile. Antoine Guillot, sur France Culture, n’est pas de ceux-là. Sa chronique quotidienne, juste trop brève, est souvent assez instructive. J’espère aussi que l’équipe de Mauvais Genres (toujours sur France Cul, je me souviens qu’ils avaient consacré il y a quelques années une excellent émission sur Noé lors de la sortie d’Irréversible en DVD) évoquera Soudain le Vide samedi soir.

Pour finir, voici d’autres photogrammes du film et un teaser, en espérant qu’ils vous donneront l’eau à la bouche. Désolé, il n’y a pas grand chose car Noé a un autre point commun avec Kubrick, la volonté de garder le plus grand secret sur ses films. Ce qui n’est peut-être pas plus mal.

Vous trouverez plus d’infos sur ce film sur l’excellent site non officiel (une vraie bible) consacré à Gaspar Noé : http://www.letempsdetruittout.net/

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Dossier de presse : Soudain le Vide

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     Photo prise derrière un bâtiment de pachinko, si mes souvenirs sont exacts, dans le centre ville de Miyazaki.

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