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	<title>Bulles de Japon &#187; Littérature</title>
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		<title>Bulles de Japon &#187; Littérature</title>
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		<title>Dousei Jidai, Lorsque nous vivions ensemble, Tome 2</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 10:43:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oluriku</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Dosei Jidai]]></category>
		<category><![CDATA[Kazuo Kamimura]]></category>

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		<description><![CDATA[
Lors de mon précédent article consacré à ce manga, j’avais suggéré que cette chronique de la vie d’un couple pouvait se savourer  par petites tranches, puisque finalement, on assistait à de petits épisodes de leur vie quotidienne, sans réelle ligne directrice. En fait, j’avais tout faux. Dans le deuxième tome qui vient de paraître, finis [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bullesdejapon.wordpress.com&blog=5396983&post=856&subd=bullesdejapon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/11/9782505005834.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-855" title="9782505005834" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/11/9782505005834.jpg?w=400&#038;h=568" alt="9782505005834" width="400" height="568" /></a></p>
<p>Lors de mon précédent article consacré à ce manga, j’avais suggéré que cette chronique de la vie d’un couple pouvait se savourer  par petites tranches, puisque finalement, on assistait à de petits épisodes de leur vie quotidienne, sans réelle ligne directrice. En fait, j’avais tout faux. Dans le deuxième tome qui vient de paraître, finis en effet ces petits moments, finies les scènes intimistes. Tout va mal : le lecteur assiste, impuissant, au fulgurant délitement de leur relation. Autant le premier tome est lumineux, avec parfois des moments de doute, autant ce tome est franchement sombre. Avortement, tentative de suicide, folie, asile psychiatrique, voilà, pour donner une idée, quelques épisodes qui permettent de composer les 700 pages du volume. C’est sinistre, mais en même temps fascinant. On aimerait que cela se passe mieux pour eux, mais cette descente aux Enfers, portée par le style toujours admirable de Kamimura, a quelque chose d’hypnotique.  Autant le premier tome peut effectivement se lire par petits bouts, autant celui-ci  peut se lire d’une traite, inquiet du sort de Kyoko, et curieux de l’évolution de Jirô, indéniablement le personnage principal de ce volume.</p>
<p>Pour ce qui est des audaces graphiques, Kamimura remet le couvert, rien ne change, rassurez-vous. Chaque planche est un éblouissement… ou, parfois,  un traumatisme. A ce titre, la scène d’avortement, avec son découpage minimaliste, possède une dureté sèche que j’ai rarement vue en bande dessinée. Et l’on comprend volontiers pourquoi Kyoko est durablement perturbée après cette épreuve.</p>
<p>La mécanique du couple est donc considérablement grippée durant ce tome. On termine la lecture un peu déçu, après tant d’épreuve, on aurait aimé que cela se termine un peu mieux pour ce qui est à mes yeux le couple le plus charmant, le plus réussi, le plus « vrai » de l’histoire de la bande dessinée. Petite consolation : ce n’est pas fini, un ultime tome (sans doute aussi un gros pavé de sept cents pages) nous attend, avec son lot de passages virtuoses graphiquement, d’érotisme, de moments durs et, espérons-le pour Kyoko et Jiro, de moments de tendresse retrouvée.</p>
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		<title>Obituari (un peu tardif) : Yoshito Usui</title>
		<link>http://bullesdejapon.wordpress.com/2009/11/04/obituari-un-peu-tardif-yoshito-usui/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 12:33:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oluriku</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Crayon Shin Chan]]></category>
		<category><![CDATA[Yoshito Usui]]></category>

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		<description><![CDATA[
Voilà une nouvelle qui n&#8217;en est pas vraiment une puisqu&#8217;elle date du mois de septembre. Mais à part auprès de ceux qui suivent l&#8217;actualité manga de très près (ou l&#8217;actualité japonaise), elle avait de fortes chances de passer inaperçue dans nos contrées. En tout cas, sa découverte aujourd&#8217;hui m&#8217;a attristé puisqu&#8217;elle signifie l&#8217;arrêt d&#8217;une série [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bullesdejapon.wordpress.com&blog=5396983&post=725&subd=bullesdejapon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/11/yoshito-usui.jpg"><img class="size-full wp-image-732 alignleft" title="Yoshito-USUI" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/11/yoshito-usui.jpg?w=234&#038;h=326" alt="Yoshito-USUI" width="234" height="326" /></a><a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/11/911f02a0.jpg"><img class="size-full wp-image-728    aligncenter" title="911f02a0" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/11/911f02a0.jpg?w=271&#038;h=323" alt="911f02a0" width="271" height="323" /></a></p>
<p>Voilà une nouvelle qui n&#8217;en est pas vraiment une puisqu&#8217;elle date du mois de septembre. Mais à part auprès de ceux qui suivent l&#8217;actualité manga de très près (ou l&#8217;actualité japonaise), elle avait de fortes chances de passer inaperçue dans nos contrées. En tout cas, sa découverte aujourd&#8217;hui m&#8217;a attristé puisqu&#8217;elle signifie l&#8217;arrêt d&#8217;une série sympathique et anti-conformiste : <em>Crayon Shin-Chan</em>.</p>
<p>Avant d&#8217;évoquer cette série, deux mots sur la disparition du mangaka. Son corps a été retrouvé sans vie le 19 septembre dans une montagne du centre du Japon. Une semaine auparavant, il avait annoncé à sa famille qu&#8217;il allait faire une excursion en montagne (chose habituelle pour lui)  et qu&#8217;il serait de retour dans la soirée. Ne le voyant pas revenir, ses proches ont évidemment rapidement alerté la police mais il aura fallu attendre une semaine pour qu&#8217;un alpiniste découvre son corps. L&#8217;endroit où il a été découvert et les nombreuses fractures ont indiqué qu&#8217;il a vraisemblablement été victime d&#8217;une chute mortelle. Il avait 51 ans.</p>
<p>Commencée en 1987 dans l&#8217;hebdomadaire<em> Weekly Manga Action</em>, <em>Crayon Shin Chan</em> est de très loin son manga le plus connu. De très loin car il est vendu dans le monde entier et on ne compte pas, un peu à l&#8217;instar d&#8217;un Doraemon, ses nombreuses adaptations pour le petit ou le grand écran. Pourtant, c&#8217;est bien là le seul point commun avec le petit chat robot. Car pour ce qui est du contenu et, surtout, de l&#8217;esprit du manga, on est à des années lumières. &#8220;Shin Chan&#8221; est en fait le diminutif (chan étant une particule affective que l&#8217;on peut placer après un prénom) du personnage principal, Shinnosuke Nohara, un garçonnet de cinq ans. C&#8217;est le prototype du sale gosse, le cauchemar sur pattes que tout parent redoute d&#8217;avoir : impertinent, provocateur et&#8230; obsédé. C&#8217;est un tel mauvais exemple que beaucoup de mères japonaises interdisent leur progéniture de lire le manga ou de regarder l&#8217;anime. Il faut dire que la mimique la plus célèbre du Shin Chan est tout simplement de baisser son froc pour montrer son derrière.</p>
<p>A côté de cet aspect qui est somme toute assez réjouissant, le manga trouve aussi son intérêt, comme avec <em>Mes Voisins les Yamada</em>, dans son ancrage dans la vie quotidienne japonaise. Le père est un salary man, la mère est au foyer, il y a une petite soeur, un chien et une gallerie de personnages (l&#8217;institutrice, le docteur&#8230;) qui gravitent autour. Cela donne lieu à une multitude de variations dans les situations et évite unen lassitude qui aurait inévitablement pu s&#8217;installer avec ce type de personnage.</p>
<p>Ce manga a commencé sa carrière avec une édition assez calamiteuse chez J&#8217;ai Lu. Elle a été depuis reprise de manière plus heureuse par Casterman.</p>
<p><a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/11/shin_chan_p_161.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-731" title="shin_chan_p_16" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/11/shin_chan_p_161.jpg?w=341&#038;h=500" alt="shin_chan_p_16" width="341" height="500" /></a></p>
<div><span style="font-size:x-small;"> </span></div>
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		<title>Dousei Jidai, Lorsque nous vivions ensemble, de Kazuo Kamimura</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Sep 2009 21:43:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oluriku</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Dosei Jidai]]></category>
		<category><![CDATA[Kazuo Kamimura]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
        Attention chef d&#8217;oeuvre ! A l&#8217;heure où les éditeurs français semblent s&#8217;être donnés le mot pour inonder le marché de shôjo mangas pour jeunes pucelles en mal d&#8217;émotion, Kana tire magnifiquement son épingle du jeu en proposant une sublime histoire d&#8217;amour. Et lorsque l&#8217;on sait que le créateur de cette histoire n&#8217;est autre que [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bullesdejapon.wordpress.com&blog=5396983&post=685&subd=bullesdejapon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p><img class="size-full wp-image-691        alignleft" title="45326300-1" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/45326300-1.jpg?w=149&#038;h=210" alt="45326300-1" width="149" height="210" /><a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/45326300-1.jpg"><img class="size-full wp-image-692    alignleft" title="43805759-1" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/43805759-1.jpg?w=143&#038;h=210" alt="43805759-1" width="143" height="210" /></a><a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/45326300-1.jpg"><img class="size-full wp-image-690    alignnone" title="40892580-1" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/40892580-1.jpg?w=146&#038;h=211" alt="40892580-1" width="146" height="211" /></a> </p>
<p>        Attention chef d&#8217;oeuvre ! A l&#8217;heure où les éditeurs français semblent s&#8217;être donnés le mot pour inonder le marché de shôjo mangas pour jeunes pucelles en mal d&#8217;émotion, Kana tire magnifiquement son épingle du jeu en proposant une sublime histoire d&#8217;amour. Et lorsque l&#8217;on sait que le créateur de cette histoire n&#8217;est autre que Kazuo Kamimura (l&#8217;auteur de <em>Lady Snowblood</em>, entre autres), on peut se douter que ce ne sera pas une bluette fade mais une histoire d&#8217;amour teintée d&#8217;érotisme à destination d&#8217;un public plutôt adulte.</p>
<p>    De fait, <em>Dousei Jidai</em> s&#8217;attarde sur l&#8217;histoire de deux jeunes gens, Jirô et Kyokô. Ils ne sont pas mariés mais, choix courageux au regard des mentalités de l&#8217;époque, ont décidé de vivre ensemble dans un petit appartement. Il n&#8217;y a pas à proprement parler de fil conducteur dans leur histoire. Nous suivons en fait différents épisodes de leur vie, sans réels connections entre eux. Certains se suivent chronologiquement, mais d&#8217;autre forment un tout indépendant. Nous sommes en fait dans une chronique amoureuse, face à une liaison qui se tend et se distend. A tout moiment elle semble pouvoir se rompre.  Jalousie, doute succèdent régulièrement au plaisir et au bonheur de vivre ensemble.</p>
<p>     On pourrait penser que le manga tombe alors un peu dans la monotonie. C&#8217;est sans compter sans les talents de conteur de Kamimura. Pour donner de l&#8217;intérêt à l&#8217;histoire des deux protagonistes, l&#8217;auteur s&#8217;échine toujours à inventer une trame, à travers un troisième personnage (un jeune homme handicapé rencontré à la plage, la soeur de Kyokô, un collègue de travail, un prêtre&#8230;) qui permet de déboucher sur une leçon de vie.</p>
<p>     Autre atout majeur, et qui éclate à chaque planche, le style graphique de Kamimura. On a pu parler de style cinématographique. C&#8217;est vrai si l&#8217;on en juge de par la variété des plans dans le découpage. Mais sa virtuosité apparaît aussi par ses audaces graphiques, ses métaphores visuelles. Ainsi cet épisode dans lequel Kyôko, alors qu&#8217;elle se trouve dans un train bondé, se fait peloter par un inconnu. Tout le malaise, le côté sale, poisseux de la situation, est alors symbolisé sur les planches par la trace laissée par un escargot. C&#8217;est un exemple parmi d&#8217;autres. Pour faire court, disons simplement que Kamimura est passé maître dans le non-dit. Dousei Jikai n&#8217;est pas ce que l&#8217;on pourrait appeler un manga bavard. On parle peu car il n&#8217;y a pas forcément besoin de beaucoup parler pour se comprendre. Un enchaînement bien senti de cases est tout aussi clair qu&#8217;un dialogue explicite mais lourd. C&#8217;est aussi somme toute illustratif de cet amour à la japonaise (j&#8217;ai oublié le terme exact), cette façon de se communiquer son amour sans utiliser la parole.</p>
<p>     Enfin, terminons avec ce qui donne à mes yeux à ce manga un charme décisif : le fait que l&#8217;histoire se passe dans les années 70.  Si vous êtes un peu cinéphile, peut-être avez-vous vu des films japonais se passant à cette époque. Il y a je trouve toujours un charme particulier qui se dégage de cette époque. On retrouve celui-ci à chaque planche, que ce soit dans des détails graphiques (par exemple ceux liés aux vêtements) ou dans les détails liés aux mentaltés de l&#8217;époque. Un autre aspect qui renvoie vraiment à cette époque est l&#8217;érotisme, omniprésent, qui n&#8217;est pas sans faire rappeler les &#8220;pinku eiga&#8221; (les films érotiques), alors très en vogue. C&#8217;est un érotisme souvent léger, mais parfois étonnamment cru (ainsi cet épisode dans lequel une femme mourante décide de s&#8217;offrir aux plaisir SM de son mari).</p>
<p>     Pour finir (cette fois-ci pour de bon) ajoutons que ce manga fut en son temps un véritable phénomène de société : 3 millions d&#8217;exemplaires vendus, une adaptaion en long métrage, puis en une série télévisée. Les jeunes, éprouvant une certaine inquiétude au sujet de l&#8217;évenir, ne prenaient pas moins la vie avec une certaine légèreté et ont su se reconnaître dans ce magnifique couple formé par Jiro et Kyoko.</p>
<p> </p>
<div id="attachment_698" class="wp-caption aligncenter" style="width: 337px"><a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/kamimurakazuo1.jpg"><img class="size-full wp-image-698" title="kamimurakazuo" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/kamimurakazuo1.jpg?w=327&#038;h=499" alt="Kazuo Kamimura" width="327" height="499" /></a><p class="wp-caption-text">Kazuo Kamimura</p></div>
<div><em> </em>  <a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/b0100078_2143856.jpg"></a></div>
<p style="text-align:center;"><img class="size-full wp-image-699 aligncenter" title="b0100078_2143856" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/09/b0100078_2143856.jpg?w=361&#038;h=351" alt="Pochette du 45tours de la chanson utilisée pour l'adaptation cinématographique" width="361" height="351" /></p>
<div><em> </em></div>
<p> <em>Lorsque nous vivons ensemble</em> est donc édité chez Kana. La collection fera trois tomes. A noter que si le volume peut paraître cher pour un manga (18 euros), cela est largement compenser par le nombre de pages (700 !) et par la qualité de l&#8217;édition qui offre un format supérieur aux éditions habituelles de mangas.</p>
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		<title>&#8220;Mes Voisins les Yamada&#8221; débarquent en France !</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2009 20:10:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oluriku</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Ishii Hisaichi]]></category>

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		<description><![CDATA[    
 Tonari no Yamada, le célèbre manga de Hisaichi Ishii, adapté au cinéma par Isaho Takahata, vient de sortir aujourd&#8217;hui en librairie. C&#8217;est une excellente surprise, et ce pour plusieurs raisons. Tout d&#8217;abord, il s&#8217;agit d&#8217;un classique et cela manque en France où l&#8217;édition, ciblée essentiellement vers un public ado, ne prend pas toujours de risques [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bullesdejapon.wordpress.com&blog=5396983&post=540&subd=bullesdejapon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:center;"><em><a href="http://www.bedetheque.com/Couvertures/85298_c.jpg"></a><a href="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/04/voisins-yamada_01.jpg"><img class="size-full wp-image-678  aligncenter" title="voisins-yamada_01" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2009/04/voisins-yamada_01.jpg?w=351&#038;h=500" alt="voisins-yamada_01" width="351" height="500" /></a>    </em></p>
<p><em> Tonari no Yamada</em>, le célèbre manga de Hisaichi Ishii, adapté au cinéma par Isaho Takahata, vient de sortir aujourd&#8217;hui en librairie. C&#8217;est une excellente surprise, et ce pour plusieurs raisons. Tout d&#8217;abord, il s&#8217;agit d&#8217;un classique et cela manque en France où l&#8217;édition, ciblée essentiellement vers un public ado, ne prend pas toujours de risques avec ce type de titre susceptible de plaire surtout à un public adulte.<br />
     Autre point positif : la qualité de l&#8217;édition. Un gros pavé de plus de 300 pages, grand format (pour un manga), papier de qualité : l&#8217;ouvrage est un peu cher (15 euros) mais on en a pour son argent. Sinon la traduction est excellente (enfin, à ce qu&#8217;il m&#8217;a semblé après avoir lu quelques pages), aucune tentative d&#8217;adaptation hasardeuse pour un public française. Si on devait pinailler, on pourrait regretter que l&#8217;éditeur n&#8217;ait pas choisi une typographie un peu foireuse, enfantine, comme celle de la version japonaise.<br />
     Enfin, et c&#8217;était un point sur lequel j&#8217;avais quelques craintes, il s&#8217;agit du premier tome (sur trois) d&#8217;une édition qui constituera l&#8217;intégrale de la série. Rappelons que Tonari no Yamada était une BD de type &#8220;strip&#8221; qui était publiée chaque jour dans un quotidien japonais. Delcourt aurait pu se contenter d&#8217;un &#8220;Best of&#8221;, il n&#8217;en est rien. En comparant avec le tome 1 d&#8217;une édition japonaise (petit format, un peu plus de 150 pages), j&#8217;ai pu constater avec plaisir que tous les strips avaient été reproduits.<br />
     L&#8217;histoire ? Juste la chronique d&#8217;une famille japonaise type, avec le père, la mère, le fils, la fille, la grand-mère et le chien. On y suit leurs petits tracas de la vie quotidienne, tracas qui sont comme le reflet de la société japonaise. C&#8217;est drôle, sans prétention, parfois caustique, toujours tendre. Une sorte de <em>Simpsons</em> japonais, l&#8217;acide et l&#8217;humour déjanté en moins.</p>
<p>     A lire avec modération cependant. Bien sûr, le bouquin peut se lire  rapidement. Mais ce serait dommage. Je conseillerais plutôt de lire une dizaine de pages par jour (il y a deux strips par page) afin de savourer ces moments passés avec la famille Yamada comme une friandise quotidienne, finalement un peu comme le lecteur japonais des années 90, lorsqu&#8217;il découvrait un strip des Yamada dans son journal. Et puis, à la longue, on a un peu l&#8217;impression de faire partie de la famille, de partager leur intérieur, de faufiler nos jambes sous une kotatsu pour savourer des mochis tout en écoutant avec délices les prises de bec quotidiennes de cette adorable famille.</p>
<p>Pour une présentation plus exhaustive du manga :</p>
<p><a href="http://www.yamada-no-manga.fr/">http://www.yamada-no-manga.fr/</a></p>
<p>Enfin, pour donner une idée de l&#8217;esprit du manga, voici la bande annonce japonaise du film ainsi qu&#8217;un extrait d&#8217;une dizaine de minutes :</p>
<p><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://bullesdejapon.wordpress.com/2009/04/16/mes-voisins-les-yamada-debarquent-en-france/"><img src="http://img.youtube.com/vi/ypkKe6BAt3o/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://bullesdejapon.wordpress.com/2009/04/16/mes-voisins-les-yamada-debarquent-en-france/"><img src="http://img.youtube.com/vi/Q3Ebq61pMAA/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
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	</item>
		<item>
		<title>Katsuhiro Otomo décoré par un ministre otaku</title>
		<link>http://bullesdejapon.wordpress.com/2008/12/08/katsuhiro-otomo-decore-par-un-ministre-otaku/</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Dec 2008 12:41:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oluriku</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Otomo]]></category>

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		<description><![CDATA[  
   Je sais bien, ce n&#8217;est pas vraiment une nouvelle, l&#8217;information date de 2005. Je l&#8217;ai retrouvée par hasard sur internet. Il s&#8217;agit de la remise à Otomo des insignes de chevalier des Arts et des Lettres. Quand j&#8217;avais appris la nouvelle, cela m&#8217;avait paru on ne peu plus normal. Otomo est un créateur, un [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bullesdejapon.wordpress.com&blog=5396983&post=275&subd=bullesdejapon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:center;">  <img class="size-full wp-image-276 aligncenter" title="otomo" src="http://bullesdejapon.files.wordpress.com/2008/12/otomo.jpg?w=354&#038;h=234" alt="otomo" width="354" height="234" /></p>
<p>   Je sais bien, ce n&#8217;est pas vraiment une nouvelle, l&#8217;information date de 2005. Je l&#8217;ai retrouvée par hasard sur internet. Il s&#8217;agit de la remise à Otomo des insignes de chevalier des Arts et des Lettres. Quand j&#8217;avais appris la nouvelle, cela m&#8217;avait paru on ne peu plus normal. Otomo est un créateur, un véritable artiste qui a su se constituer un univers personnel, original et novateur. Pour beaucoup d&#8217;amateurs éclairés, il y a un avant et un après <em>Akira</em>. Seuls les indécrottables rétrogrades ennemis de la bande dessinée (et encore plus des mangas, quelle horreur!) ont dû grincer des dents à cette nouvelle.</p>
<p>     Normal donc&#8230; mais aussi un peu surréaliste. Et ce n&#8217;est pas le fait d&#8217;Otomo mais du ministre de la culture d&#8217;alors, Renaud Donnedieu de Vabres. Voici l&#8217;intégralité de son dicours, le 31 mai 2005.</p>
<p><em>     Cher Katsuhiro Otomo,<br />
     Je suis très heureux de rendre ce soir l’hommage de la France, non seulement à l’un des plus illustres « mangaka », l’un des plus grands auteurs de la bande dessinée japonaise, reconnu dans le monde entier, et notamment dans notre pays, mais aussi à un très grand artiste, créateur d’un univers qui, au-delà de la science fiction, l’a fait entrer dans notre monde quotidien. </em></p>
<p><em>     Voilà pourquoi, lorsqu’on prononce votre nom ici, en France, mais aussi en Europe et dans le monde, l’on rencontre aussitôt une réelle fascination, un véritable engouement. Vous n’avez cessé de suivre votre propre voie, d&#8217;une manière radicale, singulière, courageuse, en approfondissant, et en renouvelant un univers imaginaire et familier, qui nous saisit immédiatement, par sa perfection stylistique, par son alliance unique de force et d&#8217;élégance, de puissance et de raffinement, d&#8217;audace fantastique et de minutie réaliste, d&#8217;ampleur onirique et d&#8217;exactitude quasi scientifique. Ne vous placez-vous pas, dans l’ensemble de votre œuvre, au carrefour de la légende et de la réalité, que vous n’avez cessé d’explorer depuis cette journée ensoleillée d’août 1973 où vous publiez Juusei, adaptation libre de la nouvelle de Prosper Mérimée Mateo Falcone ? Bienvenue, cher Katsuhiro Otomo, dans la maison de Prosper Mérimée, dans la maison des arts et des lettres !</em></p>
<p><em>     Le manga a d&#8217;abord été votre grande, votre belle histoire. Vous l&#8217;avez merveilleusement défendu, illustré, incarné dans de si nombreux récits, qui sont autant de chefs-d’œuvre, jusqu&#8217;à Domu, ce Rêve d&#8217;enfants qui nous éblouit encore. Nous n’oublierons jamais cette lutte envoûtante, à la fois grandiose et proche, entre deux occupants d&#8217;un gratte-ciel, un vieillard et une petite fille, tous deux doués de pouvoirs paranormaux. Mais vous avez su aussi renouveler, bouleverser l&#8217;art du manga, en accomplissant une subversion en douceur du genre, de tous ses codes, en le faisant échapper à son irréalité, à sa magie parfois convenue, à sa féerie attendue, à son merveilleux presque obligé pour l&#8217;ouvrir vers la modernité, le tourner vers la science, l&#8217;ancrer dans toutes les préoccupations contemporaines, l&#8217;irriguer de vos propres questions sur la violence urbaine, sur les no man&#8217;s land de notre monde, sur le destin de notre société, en dessinant ce que pourraient être le futur et ses couleurs. </em></p>
<p><em>     Après avoir parodié, pour notre plus grand plaisir, les plus grands contes de Grimm et de Charles Perrault, mais aussi de Lewis Caroll, après voir narré, entre bien d’autres histoires fascinantes, les aventures d’un karatéka japonais au cœur de Manhattan, puis celles d’une bande de poulpes extra-terrestres, vous avez magistralement développé votre vision unique du sort de l’humanité, dans Akira. Cette représentation d’une forme d&#8217;épopée contemporaine vous a fait connaître et reconnaître du monde entier. Initialement prévue, le 20 décembre 1982, pour raconter l’histoire d’un groupe de jeunes confrontés à un problème qu’ils ne peuvent comprendre, cette saga, en près de 2200 planches et 120 épisodes, jusqu’au 25 juin 1990, relate le récit d’un adolescent ayant subitement acquis le pouvoir sur le temps, l’espace et la matière. Et vous ne vous contentez pas de mettre en scène des explosions post-atomiques, vous y menez la véritable critique d’une science irresponsable, face à ses découvertes. Votre récit épique est aussi, en ce sens, éthique. Cette œuvre devenue mythique, culte, est exemplaire de votre conception exigeante de la bande dessinée. Elle n&#8217;est pas seulement pour vous le reflet, en images, de notre temps, des temps qui viennent. Elle est, aujourd&#8217;hui, l’une des meilleures manières d&#8217;être universel, de changer le regard des hommes sur le monde. C&#8217;est ainsi tout naturellement, que vous êtes venu au cinéma. Dès 1982, vous faites vos débuts dans l&#8217;animation, que vous aimez passionnément et qui vous doit beaucoup. Vos premières armes officielles, vous les faites en compagnie de Rintaro sur le long métrage Armaggedon. En 1987, vous êtes à l&#8217;origine de deux films à sketches qui marquent votre carrière, Arrêtez le travail ainsi que le début et la fin de Robot Carnival. En 1988, vous vous lancez avec la même équipe dans l&#8217;adaptation d&#8217;Akira en un long métrage. Tous vos noms, Otomo, Rintaro, Kawajiri, Morimoto et Kawamori sont indissociables. Car vous aimez le travail en équipe. C&#8217;est pour vous la preuve, la manifestation de la solidarité créatrice, d&#8217;un élan commun vers quelque chose qui vous élève ensemble, comme si vous étiez des explorateurs s&#8217;aventurant côte à côte sur les terres nouvelles de l&#8217;imagination humaine. On ne compte plus vos réalisations, ces dernières années, citons seulement Perfect Blue et Spriggan, deux dessins animés qui, tous deux, feront date dans l&#8217;histoire de l&#8217;animation. </em></p>
<p><em>     Pour l&#8217;intensité de votre engagement artistique, pour la splendeur intrépide de vos créations, pour la beauté particulière, devenue familière, de toute votre œuvre, j&#8217;ai le plaisir et la fierté de vous rendre hommage aujourd&#8217;hui.</em></p>
<p><em>     Katsuhiro Otomo, au nom de la République, nous vous faisons chevalier dans l&#8217;ordre des Arts et des Lettres</em></p>
<p>     Evidemment, on se doute que le ministre ne fait pas lui-même ses discours. Ce qui est d&#8217;ailleurs, à mon humble avis, un tort. Puisqu&#8217;il est censé incarner la culture dans la vie politique, il serait normal de faire état de sa culture et de sa capacité à l&#8217;exprimer. Mais il semblerait que le fait qu&#8217;un ministre délègue cette tâche à un collaborateur soit admissible aujourd&#8217;hui. Admettons mais on ne pourra alors nier tout la cocasserie, pour ne pas dire le ridicule, de ce discours.  <em>Domu, Akira, Robot Carnival</em>, Rintaro, <em>Armaggedon</em>, Kawajiri, Morimoto, Kawamori, <em>Perfect Blue</em>, <em>Spriggan</em>, n&#8217;en jetez plus, on se croirait dans un article d&#8217; <em>Animeland</em> ! Et quelle assurance dans les affirmations, dans cettes petites phrases qui donne l&#8217;illusion que oui, le ministre est un otaku pur jus qui se regarde sûrement tous les soirs deux ou trois épisodes de <em>docteur Slump</em> en dégustant des ramen : &#8220;Vous l&#8217;avez merveilleusement défendu, illustré, incarné dans de si nombreux récits, qui sont autant de chefs-d’œuvre, jusqu&#8217;à Domu, ce Rêve d&#8217;enfants qui nous éblouit encore&#8221;, ou encore : &#8220;Après avoir parodié, pour notre plus grand plaisir, les plus grands contes de Grimm et de Charles Perrault&#8221;. N&#8217;oublions pas non plus les approximations, car résumer l&#8217;histoire d&#8217;<em>Akira </em>au &#8220;le récit d’un adolescent ayant subitement acquis le pouvoir sur le temps, l’espace et la matière&#8221;, si ce n&#8217;est pas complètement faux, est tout de même bien lacunaire. Le personnage de Tetsuo est important mais n&#8217;est pas non plus le pilier du manga. On a plutôt l&#8217;impression que le nègre du ministre a ici eu en tête le film d&#8217;animation qui, effectivement, se concentre plus sur ce personnage.</p>
<p>     Bref, cette décoration d&#8217;un illustre mangaka était une démarche sympathique, témoignant d&#8217;une ouverture culturelle originale, mais qui débouchait aussi sur une certaine loufoquerie. Moins de certitudes plus ou moins ampoulées dans le discours aurait été préférable.  Mais bon, si le but était de nous faire rire, pourquoi pas ?</p>
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		<item>
		<title>Love Hotel</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Nov 2008 11:15:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oluriku</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Boilet]]></category>
		<category><![CDATA[Sapporo]]></category>

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		<description><![CDATA[
     Love Hotel est une bande dessinée française qui possède plusieurs points communs avec les polars de Romain Slocombe. Dans les deux cas, leurs auteurs sont des français fascinés par le Japon, tout comme les deux héros respectifs : Gilbert Woodbrooke et David Martin. Le mot &#8220;héros&#8221; n&#8217;est d&#8217;ailleurs à prendre qu&#8217;au sens de &#8220;personnage [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bullesdejapon.wordpress.com&blog=5396983&post=126&subd=bullesdejapon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="text-align:center;"><em><img class="aligncenter" src="http://tricotbd.free.fr/bd/bdgalerie/ddd/images/DavidM1TokyoLoveHotel.jpg" alt="" width="270" height="368" /></em></p>
<p><em>     Love Hotel</em> est une bande dessinée française qui possède plusieurs points communs avec les polars de Romain Slocombe. Dans les deux cas, leurs auteurs sont des français fascinés par le Japon, tout comme les deux héros respectifs : Gilbert Woodbrooke et David Martin. Le mot &#8220;héros&#8221; n&#8217;est d&#8217;ailleurs à prendre qu&#8217;au sens de &#8220;personnage principal&#8221; car ils ne brillent pas vraiment par leurs qualités : maladroits, obsédés par les japonaises, disposant d&#8217;un coeur d&#8217;artichaut qui les met parfois dans des situations embarassantes, ils ont tôt fait de transformer leur séjour au Japon en potentielle catastrophe. On retrouve par ailleurs la figure de l&#8217; &#8220;ami&#8221; européen encombrant. Chez Slocombe, c&#8217;est Julius B. Hacker, dans la BD de Boilet, c&#8217;est Roger Simonin, un authentique beauf français.</p>
<p>     Dans les deux cas, on retrouve ce mélange d&#8217;humour et de gravité. Donnons ici un aperçu de l&#8217;histoire de <em>Love Hotel</em>. David Martin, fonctionnaire au ministère de la jeunesse et des sports, est envoyé au Japon pour une mission quelconque. David n&#8217;a rien d&#8217;un carriériste, non, utiliser ce voyage pour booster sa carrière n&#8217;est pas son genre. Son but est en fait de rapidement se débarrasser des corvées professionnels pour retrouver l&#8217;élue de son coeur : Junko, sa petite amie&#8230; lycéenne.  Malheureusement pour lui, le lecteur sent d&#8217;emblée que quelque chose cloche avec cette gamine. Les gloussements, les sourires entendus qu&#8217;elle adresse à sa copine en présence de David semblent lourds de signification. La seule chose que l&#8217;on apprend au début, c&#8217;est qu&#8217;elle s&#8217;apprête à participer à un jeu télévisé, un &#8220;concours pour les écolières&#8221; pour reprendre ses mots. Cela tombe évidemment un peu mal : les doux moments en tête-à-tête vont se faire bien rares pour David. Pour passer le temps, il y a la vie nocturne dans les petits bars de Sapporo (où il y aura bien sûr un accrochage avec quelques yakuzas locaux, esprit de Gilbert Woodbrooke, es-tu là ?) et la découverte des love hotels en solitaire. En deux mots à propos de ce type d&#8217;établissement, ce sont des hôtels spécialisés dans la location de chambre &#8211; souvent à l&#8217;heure &#8211; destinée aux ébats intimes.  La décoration peut souvent être assez spectaculaire. Ainsi, la chambre de David, lors d&#8217;une scène au milieu de l&#8217;album, fait tout pour évoquer Venise, jusqu&#8217;au lit qui représente une grosse gondole. Devant les images d&#8217; &#8220;Adult Video&#8221; que lui balancent la télé de sa chambre, David sombre peu à peu dans un rêve acide qui préfigure la descente vers la douloureuse désillusion qui va suivre. Sans trop révéler la suite, disons-juste, en ce qui concerne Junko, que David découvrira que le jeu télévisé en question, est un jeu particulièrement douteux dans lequel des jeunes filles participent à des épreuves aussi drôles que lècher lascivement des boules de glace ou que montrer la plus belle culotte possible. Comme pour Woodbrooke, le héros est en décalage entre une image idéalisée du Japon (et de sa petite-amie) et ce qu&#8217;il en est réellement.</p>
<p>     Si vous aimez donc les histoires douces amères mettant des gaijins maladroits avec un Japon déconcertant, <em>Love Hotel</em> a de quoi attirer votre attention. En sachant cependant que le style graphique, très particulier, ne doit pas être perçu comme rebuttant. Passées les premières pages, on s&#8217;y habitue très vite et, si l&#8217;on prend en compte le fait que l&#8217;histoire se passe dans un Sapporo enneigé, on ne peut que trouver que ces &#8220;taches noires blanches&#8221; (dixit Jean-Paul Jennequin) font merveille, comme si elles étaient le symbole du constant balancement entre les scènes nocturnes et les scènes diurnes sous la neige.</p>
<p><em>Love hotel</em> est paru chez Casterman et aux éditions Ego comme X.</p>
<p style="text-align:center;"><a href="http://www.boilet.net/images2/love_hotel01.jpg"><img class="aligncenter" src="http://www.boilet.net/images2/love_hotel01.jpg" alt="" width="480" height="344" /></a>    <img class="aligncenter" src="http://www.boilet.net/images2/love_hotel04.jpg" alt="" width="480" height="383" /></p>
<p style="text-align:center;"><img class="aligncenter" src="http://www.boilet.net/images2/love_hotel09.jpg" alt="" width="490" height="474" /></p>
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		<title>Brume de printemps</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Nov 2008 12:41:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oluriku</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[fétichisme]]></category>
		<category><![CDATA[Romain Slocombe]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>

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     Brume de printemps est le deuxième volet de la Crucifixion en jaune, la tétralogie de Romain Slocombe consacrée à Gilbert Woodbrooke, photographe gaffeur, fétichiste et spécialiste du Japon.
     Il s&#8217;agit du plus volumineux des quatre romans (700 pages), mais comme pour les autres opus, Slocombe, avec son art de la narration parfaitement maîtrisé, le [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bullesdejapon.wordpress.com&blog=5396983&post=71&subd=bullesdejapon&ref=&feed=1" />]]></description>
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<p>     <em>Brume de printemps</em> est le deuxième volet de <em>la Crucifixion en jaune</em>, la tétralogie de Romain Slocombe consacrée à Gilbert Woodbrooke, photographe gaffeur, fétichiste et spécialiste du Japon.</p>
<p>     Il s&#8217;agit du plus volumineux des quatre romans (700 pages), mais comme pour les autres opus, Slocombe, avec son art de la narration parfaitement maîtrisé, le fait passer comme une lettre à la poste. D&#8217;autant qu&#8217;il y a une petite originalité par rapport aux autres volumes : si l&#8217;histoire trouve sa conclusion à tokyo, la majorité du roman se situe dans la Japon provincial de Kagoshima, au sud de Kyushu. J&#8217;ai jusqu&#8217;à présent cru que ce qui contribuait largement au charme de ses polars de Slocombe était la restitution de la vie nocturne électrique de Tokyo. Avec <em>Brume de printemps</em>, on regrette finalement que Slocombe n&#8217;ait pas davantage exploité d&#8217;autres zones géographiques du Japon. Car les pérégrinations provinciales de Woodbrooke, cette fois-ci enrôlé pour faire un reportage télévisé foireux à propos de l&#8217;amour immodéré des japonais pour leurs bêtes à poils, ont un quelque chose de particulièrement réjouissant. Ainsi cette bouffe dans laquelle on lui propose de goûter une spécialité locale : la viande de cheval crue !</p>
<p>     A côté de cette nouveauté, on retrouve un autre procédé : l&#8217;évocation d&#8217;une facette sombre du Japon. En l&#8217;occurence la secte Aum de sinistre mémoire, qui avait perpétré un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Du coup, la narration va entremêler (procédé exploité dans <em>Averse d&#8217;Automne</em>) deux intrigues, l&#8217;une bouffonne, l&#8217;autre plus grave, jusqu&#8217;à les faire rejoindre dans un final aux allures de petite apocalypse. Encore une fois, on ne saurait trop mettre en avant les mérites de narrateur de Slocombe. Tout est parfaitement géré, on ne ressent à aucun moment un sentiment de lassitude.</p>
<p>     L&#8217;humour, domaine où Slocombe n&#8217;excelle pas nécessairement mais arrive à tirer habilement son épingle du jeu, est lui aussi toujours présent. Woodbrooke, avec ses obsessions fétichistes, attire toujours la sympathie et continue de faire sourire le lecteur. Mais la vedette lui est volée par l&#8217;insupportable Bertie Myers. C&#8217;est le journaliste chargé par une chaîne de télévision anglaise, Channel Four, de faire ce reportage débile et clichéesque à souhait sur les Japonais et leurs animaux domestiques.  Supérieur direct de Woodbrooke, il ne rate jamais une occasion d&#8217;utiliser son (léger) avantage pour utiliser son photographe-traducteur comme entremetteur. En fait, il n&#8217;est qu&#8217;un beauf grossier, veule, vulgaire et raciste. c&#8217;est le genre de type à utiliser le manque de connaissance des autochtones dans les langues étrangères pour faire des remarques insultantes à leur nez et à leur barbe. Je dois dire que plus d&#8217;une fois j&#8217;ai espéré qu&#8217;il lui arrive quelques bricoles pour lui apprendre la politesse (souhait qui sera, Ô combien ! exaucé à la fin du roman).  Finalement, où se trouve l&#8217;humour avec un tel personnage ? Evidemment dans l&#8217;improbable tandem qu&#8217;il forme avec Woodbrooke. Celui-ci avouera qu&#8217;il ne pouvait pas y avoir de duo plus catastrophique pour le reportage que la paire Woodbrooke-Myers.</p>
<p>     Terminons avec l&#8217;érotisme qui est aussi un domaine dans lequel Slocombe fait preuve d&#8217;un certain talent. Il peut être tout à la fois cru, touchant et pathétique. Ou bouffon. Ainsi, dans l&#8217;une de ces drôlatiques &#8220;scènes de la vie de province&#8221; dans laquelle nos deux anti-héros commencent à partouzer gentiment dans le coin d&#8217;un bar avec deux japonaises un peu nympho sur les bords (&#8220;Ne craignez rien, les rassure en substance une des donzelles, on connaît le patron du bar, tout va bien!&#8221;) jusqu&#8217;à ce que ne débarque un groupe de yakuzas &#8211; évidemment &#8211; faussement effarouchés et leur demandant brutalement de leur rendre des comptes &#8211; et des yens &#8211; à propos de leur scandaleuse attitude. Inénarrable. Lorsque j&#8217;ai rencontré Slocombe au petit festival du roman policier de Cognac, je lui ai demandé s&#8217;il n&#8217;y avait pas un projet cinématographique en cours sur un de ses films. Il m&#8217;a répondu que non mais qu&#8217;il aimerait bien. Et nous aussi. Ce mélange de truculence et de gravité en plein Japon aurait de quoi créer quelque chose d&#8217;intéressant sur grand écran.</p>
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		<title>Averse d&#8217;Automne</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Nov 2008 12:37:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>oluriku</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[fétichisme]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Romain Slocombe]]></category>
		<category><![CDATA[roman noir]]></category>
		<category><![CDATA[Tokyo]]></category>

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     Maladroit, fétichiste, obsédé sexuel, adultère et anglais, voilà les tares dont Romain Slocombe a affublé le sympathique héros de sa tétralogie japonaise intitulée « la Crucifixion en jaune ».
     Avec un tel personnage, on comprend que très vite que l’on ne va pas se trouver dans un univers à la Ellroy. L’humour est très présent. L’incapacité [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=bullesdejapon.wordpress.com&blog=5396983&post=10&subd=bullesdejapon&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="MsoNormal" style="text-align:center;"><span style="font-size:small;font-family:Times New Roman;"><img class="aligncenter" src="http://ecx.images-amazon.com/images/I/51K9H7RX6HL._SL500_AA240_.jpg" alt="" width="240" height="240" /></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;">     Maladroit, fétichiste, obsédé sexuel, adultère et anglais, voilà les tares dont Romain Slocombe a affublé le sympathique héros de sa tétralogie japonaise intitulée « la Crucifixion en jaune ».</p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;">     Avec un tel personnage, on comprend que très vite que l’on ne va pas se trouver dans un univers à la Ellroy. L’humour est très présent. L’incapacité du personnage (au fait, il s’appelle Gilbert Woodbrooke) de sentir combien certaines de ses décisions peuvent être dangereuses pour lui y est pour beaucoup. Très vite, chacun de ses voyages au Japon (chaque roman de cette tétralogie correspond à un voyage fait durant une saison) vire très vite au cauchemar. Par ailleurs, son fétichisme a de quoi faire sourire. Remarquez, le fétichisme est en soi un sujet plutôt bouffon, mais celui de Woodbrooke l’est peut-être un peu plus. Il est en fait le génial inventeur de « l’art militaire », comprenez l’art de photographier de jeunes et jolies japonaises en uniforme, militaire de préférence, mais tout autre tenue (d’infirmière, de lycéenne &#8230;) fait l’affaire. Si en plus le modèle à pris soin de s’ajouter au maquillage de fausses ecchymoses ou d’arborer un bras dans un faux plâtre, c’est l’érection assurée pour Gilbert. Enfin, le côté obsédé sexuel du personnage, incapable de se rappeler qu’une épouse (Japonaise) l’attend en Angleterre, donne lui aussi lieu à de savoureux passages. La narration à la première personne le fait comprendre dès les premières pages : il ne pense qu’à ça, surtout lorsque ce « ça » prend la forme d’une maîtresse hôtesse de l’air joliment prénommée « Akiko ».</p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;">     De l’humour donc, il y en a. Mais du sérieux, de la noirceur, du glauque, il y en a tout autant. Tout le long de ces cinq cents pages, Slocombe fait en effet un va-et-vient constant entre les pérégrinations de Woodbrooke et des rapports historiques concernant les barbaries perpétrées par les criminels de guerre de la tristement célèbre « Unité 731 ». Ce contraste n’est d’ailleurs pas sans créer parfois un certain malaise. Imaginez un polar qui ferait la même chose en évoquant les atrocités d’Heichmann ou de Mengélé. Mais ce contraste s’atténue au fil des pages puisque l’intrigue historique se confond peu à peu avec l’intrigue woodbrookesque. Le photographe anglais doit alors faire face à des personnes d’extrême-droite, pas vraiment aidé par son « ami » Julius B. Hacker, galeriste dano-polonais, géant musculeux chauve à la libido décontractée (« Mon crâne ne ressemble pas à un pénis, il est mon pénis », dit-il en substance pour amuser une de ses prochaines conquêtes. Dans un autre roman, il appelle certaines Japonaises faciles et habituées des boîtes de nuit les « yellow cabs », c’est-à-dire les taxis jaunes, car on peut monter dedans très facilement).</p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;">     Le ton devient donc plus grinçant et l’engluement du personnage dans ses problèmes amuse de moins en moins. D’amusant Woodbrooke devient pathétique et le douloureux retour en Angleterre apparaît surtout comme une délivrance&#8230; que viendra gâcher un stupéfiant fait divers donné en annexe.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;">     Pour terminer, ce roman trouve un intérêt supplémentaire dans la restitution des impressions que peut ressentir le voyageur qui se ballade la nuit dans les rues animées de Shibuya ou de Shinjuku. On sent l’animation, le côté électrique de tels endroits. Par petites touches de « couleur locale » (par exemple Woodbrooke qui va prendre une cannette de pocasweat dans un distributeur), Slocombe parvient parfaitement à faire sentir cette déambulation affairée très particulière qui a fait mes délices lors de mes ballades à Tokyo. On sent aussi à travers cela son amour du Japon. Bien sûr, il y a un certain réalisme mais aussi, je pense, un plaisir à évoquer au détour de l’intrigue toutes ces choses. Slocombe est allé au Japon dix-neuf fois (je n’invente rien, il me l’a confié il y a quinze jours lors du salon du roman policier de Cognac, personne très sympathique d&#8217;ailleurs, soit dit en passant), s’est marié deux fois avec une Japonaise, parle japonais couramment, autant d’indices qui donnent à penser que, finalement, entre lui et son personnage (amoureux fou du Japon) il n’y a peut-être pas beaucoup de différences. D’ailleurs pour s’en convaincre, il suffit de savoir que Slocombe est un (talentueux) photographe dont une des spécialités est les photographies de jeunes japonaises (mais l’auteur n’est pas non plus sectaire) la tête enturbannée et les bras dans le plâtre. Espérons que lors de ses voyages au Japon, romain Slocombe n&#8217;ait pas aussi morflé que son personnage&#8230;</p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;"><span style="font-size:small;font-family:Times New Roman;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;"><span style="font-size:small;font-family:Times New Roman;">Plus d’information sur l’espace Myspace que Slocombe a consacré au « medical art »:</span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;"><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman;"><a href="http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&amp;friendid=289612065">http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&amp;friendid=289612065</a></span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin:0;"> </p>
<p style="text-align:center;">
<div><span style="font-size:small;"></span></div>
<p><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman;"></p>
<div class="wp-caption aligncenter" style="width: 226px"><img class="  " src="http://www.marcgantier.com/dc/images/Portraits/09%20Slocombe.jpg" alt="Portrait de Romain Woodbrooke, enfin de Romain Slocombe en plein trip fétichiste" width="216" height="324" /><p class="wp-caption-text">Portrait de Romain Woodbrooke, enfin de Romain Slocombe en plein trip fétichiste. Je vous rassure, il n&#39;était pas accompagné de ses deux infirmières lors du petit salon littéraire de Cognac.</p></div>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p></span></span></p>
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