(The DC Archives) Bijin de la semaine (55) : Izumi Shima

(article paru sur Drink Cold le 27 juin 2011)

Marre de votre travail, envie de vous suicider devant les collègues ? Incessants problèmes de couple, vous aimeriez divorcer mais ne savez comment vous y prendre ? Pas de soucis, le bon doktor Olrik est là ! Voici comment faire, vous allez voir, c’est très simple. Vous souvenez-vous du précédent film, celui avec la cheftaine nazie ?  Oui ? Eh bien figurez-vous que j’ai retrouvé dans ma malle au trésor un document fort rare, collector comme on dit : rien moins qu’un doublage alsacien d’Aoi Onna ! Le fichier audio qui suit en est un extrait. Aussi, avant de cliquer sur play, vérifiez que vos collègues de travail (votre patron de préférence) ou votre femme sont alentour, montez à fond vos enceintes, voilà, vous êtes parés pour un seppuku professionnel ou relationnel :



Étonnant, non ?

Allez, passons maintenant aux choses sérieuses avec Rope and Breasts :

4

Rope and Breasts (Masaru Konuma – 1983)

Au programme ce soir : jeux aquatiques, pause cigarette, usage particulier de la grenadine et de la bonne manière d’utiliser un masque de tengu. Performante la mère Shima ? Pas tant que ça en fait. Car il en va du roman porno comme de beaucoup de choses : difficile de rester au top à 31 ans, surtout lorsque l’on joue dans la catégorie bondage. Prenez la jolie Junko Mabuki. On la croyait partie pour durer et nous faire une carrière à la Naomi Tani. En fait non : deux brillantes années à essuyer les pires traitements, et puis c’est tout, la pauvrette, un peu fatiguée d’endurer des ennuis de santé et de voir sa beauté péricliter à force de respirer l’air nauséeux de sombres donjons SM, décida de prendre sa retraite à seulement 26 ans. Imaginez alors à 31 ! Pas facile de rester une pimpante fleur de cerisier dans l’univers impitoyable du roman porno. Le titre de « SM Queen » est une chose, concurrencer les jeunes pousses en est une autre. Le passage de relais n’est plus très loin et il n’est finalement pas étonnant de voir Izumi partager l’affiche pour ce film avec la 4ème SM Queen de la Nikkatsu, j’ai nommé Nami Matsukawa (1) :

Woopee !

Oniroku Dan n’était pas très satisfait du choix de la drôlesse (2). Toujours les mêmes griefs : pas assez de formes, les chairs n’allaient pas suffisamment être mises en valeur lorsqu’elles seraient comprimées par un savant réseau de cordes. N’importe, on ne peut nier à Matsukawa d’avoir faire don de sa personne au point de s’accaparer la scène la plus WTF? du film. Voici le topo : dans ce film Matsukawa joue une spécialiste des jeux SM (le scénariste a dû bien se prendre la cafetière pour pondre cette idée) qui sillonne le Japon en compagnie de son amant pour faire de stupéfiants spectacles devant un public de mâles déchainés. A ce sujet, petite parenthèse, si vous êtes attentif lors de la scène d’ouverture, vous apercevrez dans le public un vénérable photographe qui n’est en fait autre que…

Clarence Boddicker déguisé en Japanisthanais !

Et oui, déjà à cette époque notre Clacla écumait les bouibouis et autres mastroquets poisseux en quéquette de sensations fortes. Ne nous moquons pas : sans toutes ces expériences hors norme, il n’y aurait sans doute pas de Drink Cold. Bref, que photographie donc notre boss bien aimé ? Ceci :

Un gros clystère rempli de grenadine et enfoncé dans le repaire de Charlus.

Non, il ne s’agit pas d’une pub Teisseire pour infiltrer le marché japonais des 80’s. Il s’agit en fait de faire un tableau d’art moderne vivant. On flanque notre 4ème SM Queen dans un gros bol transparent rempli d’eau :

Nos sympathiques salary men sont tout à coup aussi jouasses qu’une bande de lardons devant Ronald Mac Donald à un goûter d’anniversaire. On pousse un peu, han ! et zou d’la route ! c’est parti mon kiki :

Et d’ici à ce que la grenadine ait été récupérée et vendue dans des petites bouteilles à des fans fétichistes, y’a pas des kilomètres.

Tout cela dès les premières minutes du film ! Et je passe sur les coups de fouets et le traditionnel égouttage de chandelles sur les tétons. D’emblée Matsukawa, dans la folle insouciance de sa jeunesse, place la barre très haut (et très raide). Comment diantre rivaliser avec ça quand on a dépassé la trentaine ? C’est très simple : on jouant non plus la vache à ficeler mais la peau de vache qui va torturer les impudentes starlettes. Comme toujours, ça commence de manière rassurante avec le rôle de l’épouse en kimono qui a l’air de ne pas y toucher :

Juste une petite fascination pour les chaînes mais bon, pas de quoi non plus fouetter un chat hein !

Reste que derrière cette apparence se cache une fieffée gueuse dont l’inextinguible soif de sexe se manifeste par une violence que son mari a parfois du mal à contrôler. Après avoir engagé le jeune couple pour un spectacle privé à domicile (appréciez au passage la profondeur du scénario), la partie fine ne tarde pas à dégénérer plus vite que le match entre Tyson et Holyfield. Matsukawa fait bien de se raser les aisselles :

Dans quelques instants ce seront les poissons qui pourront constater si Nami est une jeune femme qui se néglige ou non :

Et oui, Rope & Breasts vous fait assister à un épisode de la Roue de l’infortune, sans Philippe Risoli mais avec Izumi Shima en maîtresse de cérémonie habillée tout spécialement pour l’occasion en dominatrix d’exception :

Dans cette tenue, Izumi est méchante, très méchante même. Elle commence gentiment en écrasant son clope sur le torse du jeune homme :

Puis elle n’hésite pas à l’utiliser comme un vulgaire cunninlinger (les lecteurs de Shôzo Numa comprendront) :

Certes, au bout d’un moment il y a une petite récompense mais ce n’est que pour mieux briser son nouveau jouet :

On remarquera au passage que le fundoshi s’avère être un sous-vêtement bien plus pratique qu’un boxer.

Une vraie teigne vous dis-je. Et relativement convaincante dans son hystérie sadique et ses moments de fureur utérine. Le scénario me direz-vous ? C’est bien ça le meilleur, y’en a pas. Certes, que Masaru Konuma soit derrière la caméra aurait pu laisser présager un contenu intéressant à la Madame Yoshino, mais nous sommes dans les 80’s, c’est-à-dire à une époque où les roman porno brûlent de leurs derniers feux et n’ont d’autre but narratif que de montrer un maximum de scènes de cul. Croyez bien que je suis le premier à le déplorer (si, si),  mais il y a d’un autre côté un je ne sais quoi de fascinant de voir ces deux SM Queens se donner à fond les manettes durant ces 20 minutes d’actions non stop. Ça rentre et ça sort tous azimuts, les messieurs défouraillent leur six coups à queue mieux mieux et Konuma fait preuve de son habituel imagination graphique pour alterner les situations et les compositions. Après tout cela, à quoi bon aller voir un film de Tsui Hark ? Je vous le demande. Le paquet de popcorn à la pogne, on savoure ce duel au sommet de deux SM Queens, l’une dans dans le registre du « fais moi mal ! », l’autre dans celui du « prends ça dans ta gueule ! ». Et si Matsukawa avait une longueur d’avance sur sa concurrente avec le coup du sirop Teisseire, Izumi parvient miraculeusement à égaliser en fin de match avec là aussi un truc long et rouge :

Le nez d’un masque de Tengu !

D’une certaine manière, Rope and Breasts est le dernier film où Izumi Shima paye un peu de sa personne. Enfin non, l’avant-dernier précisément puisqu’il nous reste encore à découvrir deux autres pépites pour clore cet article : le Trou du Serpent (1983) ainsi que Serpents et Coups de Fouet au Cul (1986). Ne dites pas non, je sais que vous en redemandez, que…

… ma bijin vous tient bel et bien par la racine bande de salopiauds !

(1) Ironie de l’histoire, malgré la fraîcheur de son règne de SM Queen, Matsukawa prendra sa retraite après ce film.

(2) D’un autre côté, Konuma s’en foutait un peu car Oniroku, malgré la thématique toute SM, n’était pas l’auteur de cette histoire. Il a en revanche bien écrit un scénario pour un film du même nom datant de 1967 et réalisé par Yamabe Pro.

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