(The DC Archives) Bijin de la semaine (55) : Izumi Shima

(article paru sur Drink Cold le 2 octobre 2011)

Toc toc ! C’est l’heure de mater des roman porno des 80′s ! Faites comme Jack les aminches, entrez! entrez donc dans notre nouvelle salle de projection clandestine ! Les épongeurs de foutre ayant fini leur taf, vous pouvez désormais vous asseoir dans de vieux mais confortables fauteuils récupérés à un cinéma X d’à côté en passe d’être démoli. Les taches et les odeurs sont garantis 100% d’origine, de quoi se sentir comme à la maison. Avec un petit plus cependant, puisque nous devrions bénéficier pour la prochaine séance des services de cette ouvreuse :

Et là me dites pas que c’est aussi comme à la maison.

Yukari, bunny girl sosie d’Akane Hotaru qui se fera un plaisir de vous servir des ballons de villageoise douze ans d’âge (ouais, l’aménagement de cette salle a un peu amputé le budget boissons fraîches). En attendant sa venue, dites bonjour à Sylvain :


… bunny gay qui se fera un plaisir de vous servir son gros chocolat glacé. Dur à l’extérieur, fondant à l’intérieur à ce qu’on m’a dit. De quoi vous changer les idées si le film vous est par trop ennuyeux. Normalement ça ne devrait pas arriver mais enfin, sait-on jamais avec ces roman porno du début des 80′s, un bâillement est si vite arrivé ! Car il vous faut vous dire mes maîtres, que la bonne soupe de sévices en tout genre avec force morceaux de bijins dedans n’est plus ce qu’elle était, la Nikkatsu devant alors faire face à la popularité des premiers magnétoscopes et des AV. Reprochant à ces vidéos de sombrer dans un étalage de scènes de cul sans aucun souci scénaristique, la Nikkatsu n’est alors pas loin de tomber dans le même travers. Si la photographie des roman porno de cette époque peuvent prétendre sans problème à une esthétique qui se situe plusieurs coudées au-dessus des AV, le contenu donne l’impression de se contenter des mêmes recettes d’antan sur un mode volontiers plus trash. Il est vrai que cet aspect avait déjà commencé à sévir à la fin des 70′s avec un film comme Rope Cosmetology (1978). Vous avez aimé Naomi Tani dans le magnifique Ureta Tsubo ? Passez peut-être votre chemin, à moins que vous avez envie de voir la « Rose Noire » se faire enfiler par… un berger allemand ! Moi, je venais de manger une choucroute avec 3-4 verres de Riesling, j’ai connu mieux comme sensation.

Bref, la tentation du crapoteux que pouvait avoir la Nikkatsu devient dès les 80′s plus prégnante et un parfum de « début de la fin » commence à se mélanger aux odeurs de foutre et de cyprine. Heureusement pour Izumi Shima, l’heure de la retraite n’est pas loin de sonner car les deux films que nous allons évoquer ne permettent pas vraiment de clore en apothéose son règne de « SM Queen ». Après, j’imagine que vous n’allez pas vous arrêtez à cela et que du moment que l’on voit d’augustes tétons compressés entre deux cordes artistement ficelées hein, peu importe le flacon…

Allez, commençons avec le premier film de la soirée :

DAN ONIROKU HEBI NO ANA (Katsuhiko Fujii  -1983)

Bon, je ne vais pas présenter une énième fois Dan Oniroku ou alors c’est que vous êtes bigrement truffes et que vous n’avez rien entravé. Rapidement, le gus, c’est le romancier maîtres ès histoires de culs ficelées comme des jambons et avec des noeuds marins juste au milieu de la raie :


Le tout avec force éjac’ de cire comme il se doit.

Au programme de ce « Trou du serpent » : une épouse modèle qui est initiée malgré elle à des jeux pervers par son salopard de mari :


Qui – outre le fait de culbuter Izumi Shima – a au moins le mérite de boire frais.

Sans doute vous demandez-vous ici : comment diable feuger avec une histoire qui sent encore plus le réchauffé que GTO Shonan 14 days ? Il est vrai que si l’on attend la moindre originalité scénaristique, on l’a rapidement dans le baba, et ce n’est pas la structure en flashback et le drame final qui permettent de changer grand chose à l’affaire.  Subsiste tout de même dans cette resucée

… un savoir-faire dans la mise en valeur des corps à travers des compositions et des cadrages. Fujii joue à l’envi avec les plans : plongée, contre-plongée, plan rapproché, plan large, contre-jour, pas de doute, avec cette recherche de stylisation des scènes de cul on est bien dans un film de la Nikkatsu et non dans une AV, et cette variété permet finalement d’éviter au film de tomber complètement dans les abîmes de la répétition la plus soporifique.

On a même droit à une scène champêtre belle comme une toile de Caspar Friedrich.

Quelquefois, Fujii parvient même à créer des scènes intéressantes, comme celle où le personnages d’Izumi (l’épouse modèle, on l’aura deviné) coupe les branches d’un rosier. La scène est paisible mais la présence au premier plan de la femme de ménage (en réalité G.O. des jeux SM du mari), puis son image offerte en contre-champ sonnent comme une menace, une mauvaise influence prête à contaminer l’univers serein, traditionnel (dans une autre scène on voit l’épouse jouer du koto) de sa maîtresse. De fait, Izumi se coupe avec ses ciseaux et porte son doigt à la bouche pour lécher la plaie :


Geste équivoque qui donne l’impression que le personnage est prêt à recevoir une initiation des petits jeux de son mari. La scène ne dure qu’une poignée de secondes mais parvient parfaitement à rendre compte de cette frontière fragile sur laquelle se trouve Izumi Shima, entre rôle d’épouse modèle et celui de jouet sexuel.

Cela pour dire que malgré sa médiocre réputation, ce film propose par à coups des scènes, des plans susceptibles de retenir l’attention. Concernant Shima, rien à dire, la gueuse est toujours bien belle :

Alors âgée de 31 ans, Shima est parfaite dans ce rôle d’épouse fragile, toute à ses occupations d’épouse japonaise, mais aussi minée par une fascination involontaire par les petits spectacles que son mari lui impose de mater :

Exemple de « petit spectacle ». Et Guignol n’intervient pas avec son gros bâton.

Le gif un peu plus haut nous montre Izumi face à un miroir. On retrouvera le même motif quelques scènes plus tard, mais ce sera pour caresser un autre type de pilosité :

Le personnage de Shima est pris entre une attirance et une répulsion pour le sexe, répulsion qui a partie liée avec les objets de sa vie quotidienne :

La vue de la bougie agit comme un signe mémoratif qui remet à flot dans sa délicate âme de bijin des souvenirs refoulés. Bon, on a déjà vu ça plein de fois mais enfin, cela permet de fouetter (on est dans un film SM) l’intérêt du spectateur qui se demande pourquoi la bourgeoise ne peut pas voir une corde sans avoir la nausée. Finalement, Trou du serpent et Pas de Printemps pour Marnie, tout ça c’est kif-kif.

La fin sera la conjonction de deux histoires : celle du passé de la jeune femme  et celle de ses relations conjugales. Sans révéler le drame final, disons juste qu’il y aura du mieux :

Enfin de la tendresse bordel !

Mais cela, le spectateur s’en doutait un peu… ce qui n’est pas le cas pour cette scène :

Sans conteste la scène WTF?! du film : Izumi attachée, Izumi écartée et Izumi avec un gode télescopique à rotation de 360°  planté dans le schtroumpf  juste au moment ou un type (je vous laisse découvrir de qui il s’agit) pénètre dans sa chambrette. Le tout avec un plumeau violet artistement placé pour éviter toute censure disgracieuse. J’en ai rêvé, la Nikkatsu l’a fait !

Hebi to Muchi (Shigoro Ishimura – 1986)


Après l’honnête menu à 20 euros, voici maintenant celui à 5. Au programme : buffet SM et humiliations en tout genre à volonté. Regardez pas la qualité, y’en n’a pas ! Ici, on veut du gras, de l’érotisme adipeux, comme la poitrine de l’héroïne jouée par Ran Masaki :

La petite Ran a failli commencer sa carrière dans un remake érotique de la Vache et le Prisonnier (dans le rôle de la vache). Au lieu de cela, remarquée par les producteurs de la Nikkatsu, la bijin et son généreux 100 de tour de poitrine commencèrent à faire parler d’eux, d’abord dans « l’Enfer de la Sublime professeur » puis dans ce « Serpent et Fouet ». Succès assuré : en ce milieu des 80′s, le mâle japonais, après des siècles de menues poitrines enserrées dans des kimonos, commence tout à coup à trouver que les gros nichons, ben c’est pas si mal. Ça conjugué au fait que, selon Dan Oniroku, une actrice bondage se doit d’avoir du gras pour que les cordes laissent de jolies marques sur la chair, il n’en fallait pas plus pour que la drôlesse se voit propulsé 6ème SM Nikkatsu Queen !

Votre serviteur perplexe devant ce 6ème titre.

Evidemment, sur le papier on se dit que le spectacle est prometteur. Mais il ne l’est pas. Pour plusieurs raisons. A cause du réalisateur d’abord, Ishimura, pisseur de pellicules chez la Nikkatsu, est connu entre autres chefs-d’oeuvre pour avoir réalisé le fascinant les Femmes sont toutes des Putains (Hakui Nawa Jigoku – 1980). Avec un tel titre on se doute que l’on ne va pas avoir affaire ici à de beaux portraits de femmes façon Stefan Zweig. En fait, tous les paramètres sont réunis pour que le film parte rapidement en balloche : le réalisateur, Ran « human cow » Masaki en tête d’affiche, une Izumi Shima que l’on n’aperçoit qu’une dizaine de minutes et une époque qui  fait sentir depuis quelque temps au spectateur que la Nikkatsu, ben c’est plus trop ce que c’était. On est en train de tourner une page en matière d’érotisme, et la glorieuse esthétique du roman porno est en train de brûler de ses derniers feux. Enfin, « brûler de ses derniers feux », façon de parler. Car pour ceusses qui s’imagineraient que l’on va avoir droit à un Crépuscule des Dieux du roman porno avec une classe toute viscontienne :

Ce style-là quoi.

Eh bien ceux-là seront déçus puisque en fait de Götterdämmerung ils auront de ce genre de scène qui vous asperge la gueule d’une vulgarité totalement débandatoire ! Si vous avez le cran pour en voir un exemple, cliquez donc sur Romy. Z’avez pigé ? Ce film est une purge, un lavement, une colique, une chiasse (et je ne parle même pas de la scène où la bouche de Misaki sert de pissotière) ! Tenez, on est un peu comme le frère de l’héroïne :

Non ! Arrêtez ! laissez-moi mater un vrai bon roman porno !

On a beau se dire que c’est le fignedé d’une SM Queen, merde ! rien à carrer de la confiture qui en sort ! Certes, Ran Masaki a des gros seins :

Article interactif ! Clique sur ces généreux bonnets pour dévêtir la belle.

… mais que son visage est moins agréable et moins expressif que celui d’une Izumi shima ! Et puis, on a l’impression que leur grosseur est finalement là pour compenser la minceur du scénar’. Jugez plutôt : un chef d’entreprise décide de transformer sa plantureuse secrétaire en une esclave sexuelle… et c’est tout. le piège pour attirer la secrétaire intervient au bout d’une demi heure, le reste n’est qu’une longue série de sévices distribuées par un méchant très méchant :

Le méchant

… et une méchante très méchante :

La méchante

Et entre ce quatuor de personnages, on n’a bien peu de place pour notre chère Izumi qui doit apparaître une petite dizaine de minutes dans tout le film. Et lorsqu’on la voit enfin dans une partie de bilboquet…

… eh bien c’est pour se farcir le gros cul d’un yakuza obèse, bien joué les mecs !

Reste malgré tout un joli plan dans lequel notre bijin de 34 ans offre au spectateur le spectacle d’une beauté qui n’a pas à se trimbaler des nibards en saindoux pour en imposer :

Mais pour ce qui est des performances sextraordinaires que l’actrice avaient pu fournir les années précédentes, on repassera. La santé un peu fragile du fait justement de ces performances, l’actrice se contente du minimum à savoir montrer ses seins, faire la bête à deux dos sans trop de passion et…

… jouer la peau de vache.

Registre dans lequel Shima s’était illustrée dans Rope and breast. Pourquoi pas finalement ? Surtout quand la boite à gifles se met à fonctionner plein pot :

« T’as intérêt à voter François Hollande aux Primaires p’tit con ! »

Sympa mais hélas ! trois fois hélas! le rôle est repris au milieu du film par la méchante déjà évoquée. Ne restent alors plus pour le spectateur qu’à se farcir des lavements et des ricanements…

Hin ! Hin ! Hin ! (X 50)

Ah tiens ?!  la lumière s’est rallumée ! Le film est donc fini ? Ouf ! c’est pas trop tôt ! Finir le survol de la carrière de Shima avec une telle bouse n’est pas une faute de goût mais carrément une souillure, un péché, une profanation à la mémoire de notre bijin ! Après ça, plus qu’une chose à faire pour se purger l’âme : descendre au sous-sol de la buvette que j’ai transformé hier en crypte pour honorer sainte Izumi :

Avec réplique en cire !

Allez les enfants, faites-moi 10 patenôtres et 20 avé devant ce bel autel, et allez en paix, soyez bénis pour la semaine, et n’oubliez pas de boire frais. Dieu vous le rendra.

Olrik, damnateur et rédempteur.

Ainsi s’achève cet article fleuve. Pour faire bonne mesure, j’ajoute quelques belles images :

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