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(posters) les Envahisseurs attaquent (Ishiro Honda – 1968)

A une époque où les studios Marvel font tourner à tour de bras des films de Super-Héros afin de pouvoir tous les concentrer dans les Avengers (le deuxième opus est évidemment déjà dans les cartons), il est bon de rappeler que les Japonais n’avaient pas attendu pour inventer cette idée d’un film somme spectaculaire où seraient réunis les non moins spectaculaires personnages de précédents films. Ainsi Kaiju Soshingeki (aka Destroy all Monsters, aka les Envahisseurs attaquent), neuvième film de la série des Godzilla. Sorti en 1968, il est aussi le dernier à réunir la fine équipe qui avait contribué à la célébrité internationale du monstre, à savoir Ishiro Honda à la caméra, Akira Ifubuke à la partition, Eiji Tsuburaya aux effets spéciaux et Tomoyuki Tanaka à la production. Une page s’apprête à être tourner mais avant cela, on sent derrière le projet la volonté d’en remontrer une dernière fois, de placer la barre très haut en montrer une palanquée de monstres s’évadant d’une « île des monstres » ayant mal joué son rôle de prison.

Sans aller jusqu’à le considérer comme un navet, la critique actuelle considère cet opus à sa juste mesure, c’est-à-dire comme un bon divertissement made in Tonton Honda mais loin de ses meilleurs opus notamment, cela va sans dire, son tout premier Godzilla. Il n’importe, il est amusant de voir à travers les affiches comment le projet était présenté, au Japon et de l’autre côté du Pacifique, de manière à faire comprendre au spectateur qu’attention ! ce qu’il allait voir, il n’aurait pas l’occasion de le voir deux fois dans sa vie. Ainsi l’affiche japonaise :

 

Pour le petit Japonais gavé de kaiju eiga, il y avait sans doute de quoi ouvrir de grands yeux et de regarder bouche bée la magnifique affiche trônant sur la façade de son cinéma préféré. Pas un seul n’est oublié : Godzilla, Minilla, King Ghidorah, Rodan, Gorosaurus, Anguirus, Kumonga, Manda, Baragon, Varan et Mothra, ouf! Et l’affiche peut bien être bordée d’une mignonne petite partition de musique (sic), on comprend rapidement que le film va être plus mouvementé qu’un concert de Gustav Leonardt jouant le Clavier bien tempéré à la salle Pleyel. On retrouve ici les motifs bien connus de l’appareil militaire tentant de stopper les kaiju, le ciel crépusculaire faisant craindre une fin du monde à cause des damnées bestioles et une ville à l’arrière-plan comme bouffée par l’écrasante présence des monstres, simple jouet qui ne va pas tarder à rejoindre le fameux monument au premier plan (pas de bol pour nous, c’est notre Arc !). Bref, l’affiche est basique, tape-à-l’oeil mais pour l’amateur de kaiju totalement jouissive car rendant possible ce qui n’était jusqu’alors possible qu’avec des jouets en plastique : des monstres célèbres qui vont être réunis et probablement se fritter entre eux (l’affiche donne clairement l’impression que des clans vont se faire à l’intérieur de cette dream team de kaijus).

Il existe une deuxième affiche japonaise :

C’est sensiblement la même idée de tout montrer avec cependant quelques différences. D’abord plus de traces de ville, comme si les monstres avaient déjà tout réduit en cendres. Peu importe en fait, puisque bien plus que la précédente qui ne faisait que suggérer, cette affiche semble clairement jouer la carte des kaijus qui vont manifestement s’envoyer des bourre-pifs. Chouette alors !

Traversons maintenant le Pacifique et voyons ce que les américains imaginèrent un an après la sortie du film au Japon :

On retrouve ici le goût des affiches qui ne plaisantent pas en montrant une humanité écrasée, piétinée, écrabouillée bref, une humanité franchement mal barrée. On aperçoit ainsi au premier plan une masse de civils en train de fuir précipitamment dans un mouvement de panique qui évoque par exemple l’affiche de Them! , mais surtout le motif des flammes qui ravagent les bâtiments avec une force qui semble inarrêtable (on songe ici aux affiches de la Guerre des Monde, très friandes en couleurs chaudes). Autre différence notable : la gueule de nos kaijus, ici grimaçants et franchement patibulaires, loin de leur habituelle inexpressivité. Le respect envers de nouvelles gloires d’une certaine culture populaire n’a ici pas lieu d’être. En revanche, un autre élément apparaît et cela va totalement de soi : la soucoupe volante, LE topos de la culture sciencefictionnesque des Etats-Unis.

On en arrive maintenant aux inévitables affiches WTF?. Pour cela, ami lecteur, prends ton élan et suis-moi, nous allons bondir par-dessus l’Atlantique pour atterrir au pays du Calcio et des Lamborghinis :

 

La première, bien qu’assez peu intéressante avec son morcellement en quatre images, est finalement la plus honnête. Pour les autres, on salue le grand professionnalisme des distributeurs qui ont décidé de mettre l’accent sur King Kong… alors qu’il n’apparaît pas dans le film ! Après tout c’est vrai quoi ! à quoi bon se faire chier à représenter plein de monstres que personne ne connaît alors qu’il y a toujours ce bon vieux Kong pour attirer le chaland ? Un petit changement de titre au passage histoire de limiter quand même un poil la tromperie sur la marchandise (« gli eredi di King Kong » soit « les Héritiers de King Kong », ben voyons) et emballé c’est pesé, le film pourra être balancé sur les toiles. Les spectateurs auront bien droit à un petit sentiment de foutage de gueule mais cela dit, après avoir été gavé par des peplums décérébrant et des westerns spagetti tous plus ou moins aussi mauvais les uns que  les autres, nul doute que le spectateur lambda n’y aura rien trouvé à redire. Allez, on appréciera malgré tout la troisième affiche, assez réussi dans ce graphisme misant tout sur une terreur outrancière.

A côté d’elle, l’affiche française paraît du coup un peu pâlotte :

Mais à y regarder de plus près, elle est est intéressante en ce qu’elle semble synthétiser les styles des affiches japonaises, américaines et italiennes. japonaises parce qu’elle reprend avec une certaine fidélité l’apparence originale de ces chers kaijus. On retrouve par ailleurs la ville à l’arrière-plan et l’avion. Américaines parce qu’on y retrouve le motif des flammes tout comme celui de la soucoupe volante. Enfin italiennes parce que tout comme la précédente affiche évoquée, un pot de peinture rouge semble avoir été déversé sur l’affiche pour dramatiser les ravages perpétrés par les affreuses bêtes. Pas forcément originale mais finalement bien conçue.

Mais que dire de cette ultime affiche ?

J’en ai rêvé, les Studios Marbeuf l’on fait ! Je veux parler de l’affiche repoussoir. Un pauvre photogramme même pas en couleurs, un gros rectangle orange bouffant la moitié de l’affiche et une poignée d’informations en très gros caractères. Il y a un peu du syndrome Akira dans cette affiche, de celui qui nous fait nous demander si le graphiste habituel du studio n’était pas atteint d’une gastro et n’a pas dû céder la place à un stagiaire trisomique ou à une secrétaire sénile. Et pourtant, et pourtant, au contraire de celle d’Akira, je ne peux m’empêcher de la trouver sympa, cette affiche, renversante dans son rétro échevelé et anachronique en cette fin des 60’s. Et puis, il y a ce « Q » renversé dans le titre. L’affiche sent tellement l’amateurisme que l’on peut y voir une ultime conséquence de ce dilettantisme. Pour ma part, je préfère y voir autre chose : la conséquence de la furia des kaijus qui, quoique absents, n’en font pas moins trembler les caractères d’imprimerie de tous leurs membres.

(posters) Les guns and boobs du v-cinéma

Il fut un temps où j’aurais fait mes choux gras de ce genre de production. Mais le temps passe, les goûts changent, et je dois bien avouer que passer une heure et quart à regarder  une zèderie tient du challenge, voire du supplice. Mais rien de définitif, peut-être qu’un jour je reprendrai de plaisir à mater ces pellicules délicieusement décérébrantes peuplées de bijins zombis, de donzelles en bikinis virtuoses du katana et autres sailorfuku armées de flingues sur lesquels un John Rambo n’aurait sûrement pas craché.

En attendant, je préfère contempler leurs belles affiches colorées peuplées de ces belles et dangereuses créatures. Avec ou sans gros flingues, les pin-up ont pour point commun d’arborer sans complexe une autre artillerie. Lourde elle aussi. Bien rembourrée. Et à chaque fois c’est pareil : quand je tombe devant ces charmants petits soldats du v-cinéma, il me prend tout de suite l’envie de rendre les armes et de me ruer sur le film, me disant que si le contenu est à la hauteur du contenant, ça va être un spectacle bien girond. Mais cette envie compulsive ne dure jamais : très vite d’obscurs souvenirs d’obscurs nanars à l’érotisme et à la photographies bien délavés me reviennent en tête et j’abandonne mon projet.

Reste donc cette esthétique de couleurs vives et de lignes agréablement arrondies qui répondent aux lignes droites des flingues, couteaux, katanas et autres tronçonneuses. J’ai ajouté à la collection des affiches où les armes ne sont que de simples costumes de maid ou des robes prêtes à exploser sous la pression des volumineux objets qu’elles essayent tant bien que mal de contenir. Je ne pense pas que vous vous en plaindrez…

Bref, cet « article » se veut être l’album Panini de cet art graphique régulièrement alimenté par des studios de troisième zone. A consulter régulièrement, je le compléterai au fur et à mesure des nouveautés et de mes découvertes. Lire la suite (posters) Les guns and boobs du v-cinéma

(poster) Cléopâtre, reine du sexe (Osamu Tezuka – 1970)

 

Pas facile d’apprécier ce Cléopâtre-là. Que ce soit du point de vue du simple racolage, le sous-titre du titre international (Cleopatra, queen of sex) s’avère bien décevant. Il est vrai qu’en 1972, date de sortie aux States, un phénomène s’apprêtait à débarquer sur les écrans : le génial Fritz the Cat de Ralph Bakshi. Sorti quelques jours auparavant, on sent la tentation de la part des distributeurs de rafler une part du public avec ce ronflant « queen of sex ». On se demande même si le classement « X » dû à un oubli d’enregistrement au comité de censure n’a pas été fait sciemment. En tout cas, le film, même si on éviterait de le montrer à des enfants trop jeunes, reste d’une grande sagesse en ce qui concerne les scènes de fesses.

Et puis, il y a Tezuka, le Dieu des mangas. Là aussi on se dit que l’on va avoir droit à un pur chef-d’oeuvre mais on déchante très vite. C’est poussif et assez laid et on préférera nettement se replonger dans ses courts, plus minimalistes mais bien plus prenants.

Reste malgré tout un dessin animé hors norme, que l’on aime ou que l’on déteste, finalement bien à l’image de son affiche (si vous avez envie de le voir…).

(poster) Akira (affiche française de 1991)

Quand le jeune Olrik s’engouffra dans la salle obscure en une après-midi du mois de mai 1991 pour voir Akira, il n’était guère inquiet, il savait que ce ce qu’il allait découvrir allait être fabuleux. Du coup, nul besoin de guider son choix par le biais hasardeux d’une affiche à l’entrée du cinoche. Et c’est tant mieux car pour le spectateur néophyte en matière d’animation japonaise, il était vraisemblablement difficile de risquer trente ou quarante francs pour aller voir ce machin :

gasp!

A une époque où introduire le manga dans le marché français de la BD, et présenter des films d’animation à un public peu averti était prendre un gros risque commercial, on se demande bien ce qui a pu passer dans la tête du distributeur pour valider une affiche aussi hideuse. Montage foireux, personnage qui semble avoir été reproduit sur papier calque et colorisé aux crayons de couleurs, voilà comment apparaissait sur les trottoirs ce qui était présenté comme le renouveau de l’animation japonaise, loin, très loin des séries bon marché déversées au Club Do’.

Las, les 10 pauvres copies ne suffirent évidemment pas à faire d’Akira un succès. Si je me souviens bien, les critiques dans la presse n’étaient dans leur ensemble pas si mauvaises. Après, de là à payer son ticket pour voir un film dont l’affiche donne l’impression d’avoir été torchée par deux collégiens faisant du fan art avant l’heure, il y avait un pas que bon nombre de badauds hésitant avant de choisir leur film n’ont pas franchi.

Allez, pour se laver les yeux, l’affiche japonaise et la B-A jap’ d’origine :

(poster) Doshaburi (Noboru Nakamura – 1957)

Doshaburi c’est-à-dire « averse ». Ou plutôt « douche froide » puisque c’est ce que vont connaître les deux personnages de film, Matsuko et Kazuo, jeunes fiancés mais dont le mariage va être empêché par la mère du jeune homme du fait que la donzelle serait une enfant illégitime. Après une séparation qui les laissera – on s’en doute – un peu amers, ils se retrouveront par hasard un peu plus tard et et essayeront de vivre ensemble en cachant leur liaison à la société. C’est que nous sommes dans les années 50 et qu’effectivement, vivre en concubinage ne se fait pas.

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(Poster) Banana (Minoru Shibuya – 1960)

Bon, entre deux fêtes je cherchais une nouvelle belle affiche à poster, du genre colorée, avec de la neige, des couleurs chaudes et de bienfaisantes illuminations de Noël mais voilà, en fait de cotillons de saison il faudra se contenter de la bouche sensuelle, de la peau veloutée et des yeux de biche de l’épouse de Kiju Yoshida, j’ai nommé bien sûr Mariko Okada. Ce qui finalement ne nous fait pas vraiment perdre au change.

Comme toujours avec cette rubrique, difficile d’obtenir des infos satisfaisantes sur ce film de la Shochiku. Après avoir farfouillé sur la toile, je n’ai pu trouver qu’un pauvre os à ronger, il faudra vous en contenter. Le réalisateur est Minoru Shibuya, auteur de plusieurs dizaines de films mais dont les titres ne sont pas vraiment passés à la postérité. Tout au plus un Gendai-jin présenté au festival de Cannes de 1953 et un Daikon to Ninjin (le Radis et la Carotte !) « connu » pour être le film qu’Ozu aurait dû tournée avant qu’il ne casse sa pipe. A part ça, à moins d’être le Michel Ciment du cinéma japonais de papa, je ne vois pas vraiment ce que je pourrais vous dire de plus. Ah si ! Qu’il y est question d’un jeune homme voulant s’offrir une précieuse console (le meuble, pas une nintendo) et d’un oncle qui fait dans le commerce de bananes. Et de Mariko Okada donc, jouant ici une jolie musicienne :

Et ma foi, rien que voir Mariko Okada en chandail jouer de la guitare tout en fumant négligemment une cigarette, ça peut valoir le coup de bouffer de la banane pendant une heure et demie.

(Poster) Hirusagari no jōji: uwasa no kangofu (Katsuhiko Fujii – 1974)

Voici pour aujourd’hui la belle affiche d’un film de Katsuhiko Fujii (souvenez-vous) où il est question d’une sombre histoire de viol en milieu hospitalier (et même pas pris en charge par la sécu !). Précision sans doute inutile car de quoi pourrait-il être question dans un roman porno de la Nikkatsu se passant dans un hôpital, je vous le demande ?

Bref, voici l’affiche : Lire la suite (Poster) Hirusagari no jōji: uwasa no kangofu (Katsuhiko Fujii – 1974)

(Poster) Semi Document : Sukeban Yojimbo (1974)

A l’origine, la section « poster » devait uniquement présenter des affiches classieuses et colorées, loin de la facilité clinquante de celles des roman porno et autres pinkus. Ça a bien changé depuis puisque je constate qu’après une poignée d’articles, mes bonnes résolutions ont été oubliées plus vite qu’un film de Luc Besson. Mais comment faire autrement ? Oui, comment faire face à tant d’inventivité graphique où de gros kanjis jetés à la taloche le disputent à de somptueuses bijins dont le croupion rebondi et les roberts voluptueux vous donnent l’impression d’être face à un chef-d’oeuvre de l’érotisme… alors qu’il s’agit bien trop souvent d’un obscur étron irregardable.

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas vu le film proposé.  Mais quand on aime les high kicks façon Peggy Matsuyama, difficile de rester insensible à une posture qui réinvente l’expression « partie de jambes en l’air ». Pas hyper élégant, mais diablement efficace, on a tout de suite envie de mettre la pogne au larfeuille pour aller voir au cinoche l’apparence de ce que cache ce troupeau imbécile de lycéennes loubardes.

 À noter que le réa est Tadashi Yoyogi, surnommé « le père de l’Adult Video ». Un monstre dans son genre : âgé de 74 ans, le vieux briscard en est encore à lécher le corps d’actrices en chaleur avec son gros objectif :

« Tu la vois ma grosse caméra ? Hein dis ! Tu la vois ? »

Plus de 500 films à son actif, et l’on peut penser que le vieil homme continuera héroïquement jusqu’à son dernier souffle. Moi aussi, j’aimerais faire ce beau métier jusqu’à 80 ans…

Pour en revenir à l’affiche, nous sommes en 1974, et Yoyogi n’en est pas encore à filmer des coïts sans trucages, engagé qu’il est par la Nikkatsu pour surfer sur la vague des roman porno avec des titres arborant le terme « documento » pour donner une touche réaliste. Bon, comme on ne voit pas non plus tous les jours de tels high kicks prodigués par une bijin à jupette, on peut penser que le père Yoyogi s’est senti obligé d’ajouter un « semi » eu titre.

Puisque l’on parle de documentaire, difficile de ne pas évoquer celui sorti l’année dernière sur Yoyogi himself : Yoyochu : Sex to Yoyoi Tadashi no sekai. Apparemment, cette incursion dans la carrière de Yoyogi et le monde de l’AV a suscité d’excellentes triques euh… critiques :

(Poster) Chikan Shintai Kensa (Shinya Yamamoto – 1977)

Un problème de poids ? En cette période estivale où le principal problème des midinettes est d’arborer un bikini sur la plage sans attirer l’attention sur de vexantes poignées d’amour, cela pourrait être. Mais avec Shinya Yamamoto, réalisateur de roman porno, le motif de la balance implique un tout autre problème. Car chez lui, lorsqu’une femme (nue, cela va de soi) monte sur une balance, ce n’est pas tant pour mater la félonne petite aiguille mais pour se faire mater à son insu par derrière : Lire la suite (Poster) Chikan Shintai Kensa (Shinya Yamamoto – 1977)

(Poster) Denki Kurage Kawaii Akuma (1970)

Profitons du retour du soleil pour dégainer les bikinis et plus si affinités avec les belles affiches de Denki Kurage : Kawaii Akuma (la Méduse électrique : l’Adorable Démon) de Yasuzo Masumura. La méduse en question est interprétée par Atsumi Mari qui joue le rôle de Yumi, une fille de geisha. Fierté de cette dernière, la jeune femme se fait un jour violenter par son amant. Fort opportunément, la maman n’est pas loin et surine illico l’agresseur. En enfer le fâcheux, mais en taule la maman ! Durant son incarcération, sa fille se fait hôtesse dans un night club où elle utilise son talent de joueuse pour plumer les clients aux cartes. Précisons pour elle qu’elle ne ne met pas en jeu de l’argent mais son propre corps. La suite du film raconte assez plaisamment les déboires amoureux de la belle, notamment avec son patron.

Ce film a une particularité : je n’ai jamais vu une actrice défendre avec autant d’adresse le dévoilement complet de ses lolos. Il y a toujours une main, un bras ou un objet pour empêcher la vue des précieux atouts – parmi tant d’autres – de Mari. A ce titre les affiches reflètent parfaitement cette sensualité du film qui ne montre que pour mieux refuser. Pas de tromperie sur la marchandise, il faudra attendre l’ultime scène, apothéose sur lit circulaire tournant à 360° pour apercevoir l’objet chéri quelques dixièmes de seconde entre les bras des amants :

Le temps de cligner deux fois des yeux, le globe sera recouvert par la pogne du gars qui ne le lâchera plus ! Puisse la méduse le couvrir de cloques et de bouffissures, le ladre !

(Poster) Shojo Kankin (1977)

Troisième article relativement court d’affilée. La faute à un dernier article pour DC qui mine de rien m’a pris du temps. Mais la faute aussi à une séance de bricolage qui promet d’être intense. Je taquinais dernièrement Haran Banzai à propos de parquet flottant. Eh bien c’est à mon tour maintenant de m’y coller, et pas moyen d’y échapper : j’avais promis de longue date que la moquette pourrie dans la chambre d’Olrik Jr serait virée durant les vacances. Il faut donc bien s’y mettre, même si je n’ai pas d’aptitudes particulières en bricolage. Autant être clair : tandis que vous serez la loche à l’air à surfer sur le net, soyez certains que je serai à en chier comme un Turc (d’où vient cette expression d’ailleurs ?) avec mon parquet flottant.

Du coup, j’envoie encore un article « Poster » et, vu la gueule de l’affiche, je pense que vous ne vous en plaindrez pas. N’attendez pas non plus une masse d’infos gigantesque à propos du film, pour la bonne et simple raison qu’il y a gros à parier que je fasse très prochainement soit un article sur l’actrice principale (Nami Misaki), soit carrément une critique du film (puisqu’il est en ma possession). Stay tuned comme on dit, moi je retourne à mon infâme parquet.

(Poster) Sakariba: Nagarebana (1972)

Sakariba: Nagarebana (Night Spot : Drifting Flower en anglais, je n’ose traduire en français) est un roman porno de 1972 réalisé par Akihiko Yatsumaki et interprétée par Yûko Katagiri. Yatsumaki est totalement inconnu au bataillon, il n’est d’ailleurs même pas évoqué dans le livre de Jasper Sharp. Pour Katagiri, en revanche, c’est autre chose : plusieurs dizaines de films au compteur (essentiellement durant les 70’s), la plupart des roman porno. Et si j’ajoute qu’elle fut l’épouse de Masaru Konuma, grand faiseur du genre, vous comprendrez que la belle est quelqu’un de bien. Je n’en dis pas plus, c’est bien le diable si je ne lui consacre pas un jour un article dans ma section bijinesque.

(Poster) Aoi Sanmyaku Sei Camp (1977)

J’ai remarqué un truc quand je poste une de ces vieilles affiches pinku : il y a un énorme décallage entre la qualité du poster et la réputation du film. Sa réputation et celle de ceux qui l’ont fait. Ainsi, devant la belle illustration pour ce Aoi Sanmyaku Sei Camp, je me suis précipité sur le net et mon exemplaire de Behind the Pink Curtain, la bave aux lèvres, pour avoir plus d’infos sur ce réalisateur, Kensuke Sawa, et ces trois jolies naturistes (Kiyomi Yasuda, Kayo Matsubara et Yoko Kita), en vain. Voici par exemple ce que l’on trouve sur jmdb.

C’est là qu’on comprend quelle invraisemblable masse de films érotiques a été réalisée et que, non, cette masse n’a pas qu’été tournée par des Konuma ou des Hasebe, ni jouée par des Tani ou des Asahina, mais bien souvent par d’illustres inconnus.

Du coup, il y a fort à parier que ce Sei Camp est une petite chose, très loin de cette prometteuse affiche. Celle-ci témoigne en tout cas d’une chose que l’on ne peut contester : le grand talent des graphistes de l’époque qui essayait d’appâter le chaland.  Nous sommes à la fin des 70’s, les affiches sont colorées et les situations parfois bien plus explicites, avec leur lot de malheureuses bijins malmenées par d’ignobles individus. En comparaison je préfère ces belles formes roses, les tétons au vent et le sourire aux lèvres. Impossible de résister, faut que je vois ça. Un ticket pour Aoi Sanmyaku Sei Camp siouplaît! Merci.

(Poster) Document : Pervert Woman’s Onsen Peeping (1975)

Shinya Yamamoto aime les femmes nues. Shinya Yamamoto aime les onsens et les bains publics. De 1969 à 1979, Shinya Yamamoto a aimé réaliser des pinkus (cinq au total) montrant de belles jeunes femmes nues dans les onsens et les bain publics. Dokyumento : chikan onna-yu Nozoki est l’un de ceux-là :

Voilà ce que j’appelle se rincer l’œil plutôt deux fois qu’une : une fois bien rincées par l’atmosphère vaporeuse de ce bain public, les pupilles ont le plaisir d’admirer ce lieu de tous les fantasmes que sont les bains publics féminins.

On devine des films légers et de fait, Yamamoto, considéré comme un des pères fondateurs du pinku eiga, a commencé sa carrière en réalisant des films érotiques divertissants, très éloignés de l’atmosphère glauque des FOUR DEVILS évoqués récemment.

Je n’ai malheureusement vu aucun de ces 5 films où dominent les savonnettes et les corps de femmes barbotant allégrement dans des bassins. Mais j’imagine bien volontiers le grand intérêt « documentaire » comme évoqué dans le titre.

(Poster) La série des Nihon kyôkayu-den

En 1963, le public japonais est accaparé par le petit écran. À tel poin que la même année, l’affluence dans les salles obscures diminue de moitié. Le cinéma japonais doit revoir sa stratégie afin d’être plus conforme au goût populaire et refaire revenir les spectateurs. C’est ainsi que la Toei décide de délaisser ses jidaigeki (films historiques) pour les films de yakuzas, plus contemporains. Le temps fort de cette stratégie fut les 11 films de Nihon kyôkayu-den (Histoire des yakuzas japonais), sortis entre 1964 et 1971.

Rien de révolutionnaire dans ces films, on assiste à l’habituelle confrontation entre yakuzas à l’ancienne, c’est-à-dire avec encore un code de l’honneur, et les modernes, plus voyous. Beaucoup de clichés, peu de risques, on a pu reprocher à cette série d’être un peu terne par rapport à d’autres productions du même genre. Mais si on est sensible à ces vieilles recettes, nul doute que le visionnage de ces films peut procurer un certain plaisir, surtout si l’on est un inconditionnel du Clint Eastwood Japonais, Ken Takakura.

Voici la liste des 11 films et leurs affiches (cliquez pour agrandir).

1. Nihon kyokaku-den. (1964)

2. Nihon kyokakuk-den: Naniwa-hen. (1965)

3. Nihon kyokakuk-den: Kanto-hen. (1965)

4. Nihon kyokakuk-den: Ketto Kanda-matsuri. (1966)

5. Nihon kyokakuk-den: Kaminari-mon no Ketto. (1966)

6. Nihon kyokakuk-den: Shiraha no Sakazuki. (1967)

7. Nihon kyokaku-den: Kirikomi. (1967)

8. Nihon kyokaku-den: Zetsuen-jo. (1968)

9. Nihon kyokaku-den: Hana to Ryu. (1969)

10. Nihon kyokaku-den: Nobori-ryu. (1970)

11. Nihon kyokaku-den: Dosu. (1971)


(Posters) Les métamorphoses suggestives de Momoe Yamaguchi

Mine de rien, Momoe Yamaguchi aura tourné dans pas mal de films (plus d’une dizaine). Elle (on ?) aura bien su exploiter sa popularité tant derrière les micros que devant les caméras. Pour l’instant, je n’ai vu que Tenshi o yuwaku (la Tentation de l’Ange), romance qui m’a d’abord fait penser au manga Dosei Jidai de Kamimura dans lequel on raconte le quotidien de deux jeunes gens vivant en concubinage, choix de vie alors courageux. Le manga n’hésite pas à délivrer un lot de scènes crues, notamment au début quand le couple est à la plénitude de sa relation.

En regardant ce film, je me doutais bien que je n’allais pas assister à un pinku, mais je me demandais jusqu’où une idole pouvait jouer avec son image d’idole intouchable. L’affiche était prometteuse : au blanc virginal du gilet s’opposent une main masculine fermement posée sur l’épaule, comme un signe d’appartenance, et cette rose déflorée qui laisse songeur.

En réalité, le film, sans être mauvais, baigne dans un ronron aux antipodes du manga de Kamimura. L’ennui s’installe peu à peu et ce n’est pas la présence de Momoe Yamaguchi qui y changera grand-chose. Le film est sage, très sage en dépit d’un vernis sulfureux (le concubinage).

Finalement, cette suggestion du souffre se remarque dans bon nombre d’affiches. On laisse entendre que… ça y est, Momoe va…  comment dire ? « devenir femme » mais cela demande à être vérifié au cinéma.

À chaque fois, c’est le même mécanisme :

– Gros plan de l’idole pour bien montrer qu’attention ! c’est bien de Momoe Yamaguchi, LA Momoe Yamaguchi dont il s’agit.

– Une présence masculine, parfois en contact avec la star

– Une petite touche qui érotise : au Japon, quoi de mieux qu’un costume ? À chaque fois il est blanc, synonyme de pureté bien sûr, mais assez souvent aussi il renvoie à un état susceptible d’annuler cette pureté. Jeune mariée :

Courtisane :

ou ama :

À chaque fois on est sur le fil : succombera ? Succombera pas ? Et le corollaire : rinçage de mirettes  ou pas ? Mention spéciale ici pour la dernière affiche tant le métier est annonciateur de poitrines dénudées (merci la série des ama senshu de la Nikkatsu). Mais il ne faut pas rêver : les seins de Momoe sont couverts d’une chaste tunique blanche. Et l’idolâtre ne pourra que fantasmer sur les trésors anatomiques cachés ou rêver de ces gouttes perlant sur la délicate peau de son idole, pour son plus grand plaisir, sans doute.

(Poster) Gendai Kunoichi : niku jigoku (1968)

Ça n’en a pas l’air mais ce film est un film de ninja érotique. Réalisé en 1968 par Kan Mukai, ce Gendai Kunoichi : niku jigoku (la ninja des temps modernes : dans l’enfer de la chair) met en scène une société secrête de femmes ninja dans le Tokyo contemporain. L’une d’entre elles est kidnappée par des marchands d’esclaves. Ses camarades vont essayer de la secourir. Si ça c’est pas du scénario en béton, j’y connais rien.

Kan Mukai est un des pionniers du cinéma érotique nippon. Après avoir commencé avec des documentaires, il se lance dans le pinku en 1965 avec Flesh. Coup d’essai et coup de maître puisque Mukai fut tout de suite considéré par la critique (notamment via la magazine de cinéma Kinema Junpo) comme un metteur en scène « à suivre », comme on dit. À tel point d’ailleurs qu’on alla jusqu’à voir en lui un possible concurrent à Koji Wakamatsu.

Le film partage d’ailleurs avec ceux de Wakamtsu ce goût pour l’alternance entre séquences en couleurs et séquences en N&B. D’après le Weisser (ne grince pas des dents Martin), Niku Jigoku offrirait un mélange des genres particulièrement divertissant.

(Poster) Jyokousei Sei-Hakusho : Nikutai Shuyojo (1976)

Alors voilà, il s’agit de Jyokousei Sei-Hakusho : Nikutai Shuyojo, film d’Akihiko Yamaki, avec Natsuko Yashiro et Tamaki Katsura :

Et c’est tout pour les informations.

Ben oui, aucune trace sur IMDB, dans le bouquin de Jasper Sharp ou le Weisser. Trouver des infos sur un obscur Pinky Violence est parfois plus délicat que d’aller chouraver l’Arche Sacrée des mains des Nazis, moi je vous le dis.

Et pourtant,  en tombant sur Natsuko Yashiro, une des starlettes du Roman Porno, je me suis dit que je n’aurais aucun mal à dégotter quelques os à me mettre sous la dent. À tort.

C’est dommage car franchement, que fait-elle en petite culotte et en bas sur un tas de pneus, les seins nus, avec une veste de lycéen sur ses  délicates épaules et posant telle une version décontractée et sexy du Penseur de Rodin? Je vous le demande.

(Poster) Ankokugai no kaoyaku – juichinin no gyangu (1963)

Réalisé par Teruo Ishii, ce Boss of the Underworld : eleven gangsters appartient au cycle des gyangu, une série de 11 films réalisés dans les 60’s. Ceux-ci prennent place à l’ère Showa pour servir aux spectateurs un programme simple mais efficace : yakuza chevaleresques, petites pépés et combats au flingue.

Teruo Ishii et Kenji Fukasaki se firent les dents avec ce cycle en réalisant 8 des films (surtout Ishii en fait puisqu’il en réalisa à lui seul 8 !).

En plus d’être marqués par la patte de ces maîtres du cinéma de genre, ces films eurent pour particularité le gratin en matière d’acteurs spécialisés dans le yakuza eiga. Ainsi, pour ce film, ce n’est rien moins que Koji Tsuruta, Tetsuro Tamba et Ken Takakura qui offrent aux spectateurs ravis leurs gueules viriles prêtes à en découdre.