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Youkai Watch dans vos gueules !

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Tremblez, parents ! car le tsunami Youkai Watch est sur le point de déferler en France et de tout emporter sur son passage. À vrai dire, ça a déjà commencé. Vous vous êtes probablement aperçus que vos clampins revenaient de l’école avec ces mots à la bouche. Peut-être même sont-ils en train de vous tanner pour acheter un certain jeu vidéo. Eh bien si tel est le cas, sachez-le, vous n’avez pas fini d’en baver. Afin d’expliquer pourquoi, faisons une petite remontée dans le temps :

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Destination : Miyazaki. Epoque : été 2014.

Olrik jr faisait alors l’expérience de son 4ème séjour chez ses grands-parents japonais. Inscrit à l’école du quartier pour suivre quelques journées de cours avant l’arrivée des vacances estivales (au boulot, grosse larve !), je crois que c’est là qu’il a ramassé non pas des poux mais ce foutu virus Youkai Watch. Très vite il s’est retrouvé scotché sur un PC à mater des épisodes, et encore plus vite à écumer le vaste rayon jouet de l’Aeon du coin afin de trouver des trucs et des bidules en rapport avec la série. C’est que la vogue pour Youkai Watch battait alors son plein au Japon. Cette franchise multimédia comprenant un manga, un anime et un jeu vidéo avait su tout de suite trouver son public, reléguant l’ancêtre Pokemon en machin ringard désormais destiné à fasciner les moins de cinq ans. La qualité ? je vous avouerais que je n’ai jamais regardé un épisode en entier. A ce qu’il m’a semblé je ne pense pas que ce soit pire que Pokemon. Je dirais même sûrement meilleur, l’utilisation du youkai (le fantôme japonais) fleurant bon après tout les mangas de Shigeru Mizuki. Après, voilà, on est dans le marketing, le produit calibré fait pour séduire et il ne faut pas s’attendre à des trésors d’inventivité artistique. Ça fait le job, c’est-à-dire ça magnétise les mômes et… ça fait acheter des conneries pas possible !

Assez rapidement Olrik jr s’est procuré les mangas, bien secondé en cela par un Olrik the 3rd qui n’hésitait pas à dénicher et à montrer à son frère des merdouilles potentiellement achetables.

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Olrik jr et son mauvais génie.

Les haltes dans les convinis n’étaient pas non plus de tout repos. Il suffisait qu’il y ait un sachet de bonbons, un paquet de gâteaux ou une glace où apparaissaient certains personnages désormais bien connus pour que tout de suite arrivent les inévitables tentatives pour me corrompre. Je tins bon cependant, 80% des demandent récoltant une fin de non recevoir. Mais le séjour étant sur le point de s’achever, commençait la frénésie de l’achat des omiyage à rapporter et des souvenirs persos. Pour les enfants, c’était aussi le moment de l’ultime shopping vestimentaire et… de quelques jouets avec les billets généreusement donnés par Jichan et Bachan. Comme Olrik Jr n’est pas non plus comme l’atroce Cartman (voir deuxième partie de l’article) à faire des caprices en tapant du pied, et comme la possession d’un Graal lui tenait à cœur avant de rentrer au pays, j’accédai à sa requête, à savoir se procurer ceci :

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La montre Youkai Watch ! Je l’utilise désormais lorsque j’ai quelques réunions ennuyeuses, ça fait passer le temps.

Ne me demandez pas l’intérêt de cet objet, c’est au-dessus de mes compétences. En fait… vous verrez bien, quand le bidule sera mis en vente prochainement en France. Disons juste que ça renouvelle le procédé de la carte Pokemon, remplaçant les bouts de carton par des bouts de plastique que l’on insère dans la bête et restituant les voix des personnages, c’est tout. C’est tout mais ça marchait au Japon (et ça doit continuer) du feu de Dieu. A tel point qu’il nous a été impossible de nous en procurer un exemplaire (Aeon, Toys’r’us, tout a été fait) puisqu’il y avait pénurie de montres Youkai Watch dans tout le Japon (véridique) !

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Mais que diable faisait Shinzo Abe ?

Imaginez la touche d’Olrik jr à qui j’avais promis que c’était bon, on l’achèterait sa saloperie de montre mais dans les ultimes jours du séjour ! Et là, pas de bol, rapano les tocantes en plastoque ! J’avoue avoir rigolé dans ma barbe mais pas longtemps. Lors d’un passage à Aeon, nous tombâmes sur ça une affiche nous informant d’une vile opération commerciale informait l’arrivée un prochain stock de jouets Youkai Watch mais qu’attention ! il n’y en aurait pas pour tout le monde. Pour mettre la main sur les saintes reliques, il fallait débouler tôt, un dimanche matin ! afin d’obtenir des tickets qui pourraient être échangés dans la semaine contre les jouets. Mon premier réflexe fut de répondre : no way ! Et puis, insidieusement, un dilemme me prit. Certes, se lever tôt un dimanche pour une vulgaire histoire de jouet, ce n’était pas la gloire. Ça m’assimilait à ces parents qui se font marcher sur la gueule par leurs gosses et qui cèdent au moindre de leur caprice.

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Un des coins Yokai Watch du rayon jouet d’Aeon. Au programme : jeux vidéo et distributeurs de médailles. Il y avait certes des enfants mais aussi des parents chargés de choper des médailles pour leur bien-aimée progéniture. Checkez au passage la maman et sa boite en plastique remplie d’une bonne centaine de médailles.

Après, je sais ce qu’il en est et, si vous êtes un habitué de Bulles de Japon, vous avez dû cerner ma personnalité et vous vous doutez bien que je ne mange pas de ce pain-là (voir à ce sujet ce merveilleux article qui résume toute ma pensée sur comment on doit éduquer des gosses). Pas question donc de me sentir péteux si je prenais la décision de me rendre à l’Aeon. Je ne suis pas comme les autres pères, moi, à coups de trique que ça fonctionne, et au garde-à-vous encore ! Et puis, j’avoue, toujours friand de nouvelles expériences, j’étais tenté par cette virée youkaiwatchesque à l’Aeon un dimanche matin.

Bref, arrive le dimanche en question et nous arrivons à Aeon sur les coups de 8H00 (oui, vous avez bien lu, 8H00, mais être matinal l’été au Japon est quelque chose qui se fait aisément) :

L’entrée est 50m plus loin à droite. Ah ! que j’ai hâte de retourner dans ce merveilleux complexe commercial !

Nous entrons, prenons de nouveau à droite, puis à gauche et là…

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Damned !

8H00 et déjà une file conséquente. Était-ce une bonne idée d’avoir donné mon accord ? Alors qu’Olrik jr poussait lui-même moult exclamations de surprise, je commençais déjà à échafauder des excuses pour rentrer à la base mais une nouvelle vision d’horreur m’interrompit. Car cent mètres plus loin, au tournant du bâtiment :

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Holy fucking Christ !

Aussitôt la fameuse musique de Bernard Herrmann pour Psychose retentit dans mon crâne. J’enfonçai à mort la pédale de frein et fis crisser les pneus sur le bitume. C’était peu discret mais plus prudent, le risque était de perdre la raison, de succomber au désespoir en s’encastrant volontairement dans la première voiture venue. Pris de spasmes, j’enclenchai à fond le climatiseur, cherchant à reprendre mes esprits, à retrouver cette force de caractère qui me caractérise. Assez rapidement je surmontai ce moment de faiblesse et au moment où je m’apprêtai à dire à Olrik jr qu’il n’était évidemment pas question de faire la queue, ce dernier me dit : « Euh… on va vraiment attendre ? ».

Brave petit ! Je savais qu’il était de la même trempe que son père. La guerre des jouets Youkai Watch n’aurait pas lieu et nous pourrions rentrer chez les beaux-parents pour siroter une boisson réconfortante après tant d’émotions. Mais avant cela, il fallait immortaliser cette scène de la furie japonaise ordinaire en descendant de voiture et en prenant, quasi hilares, une poignée de photos. Avec une question : qui était la personne qui s’était levé à une heure indue pour être sûre d’être la première de la file ? Comme de bien entendu, il s’agissait d’un vieux papy, apparemment soucieux plus que de raison de plaire à son Cartman de petit-fils.

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A noter par ailleurs que la distribution des précieux tickets se faisait d’une manière toute japonaise : rigoureuse, rapide, disciplinée. Je crois me souvenir qu’après l’obtention des billets, il fallait entrer pour s’acquitter de la somme correspondante à des guichets.

Bref, vous avez compris, Youkai Watch est de ces séries ayant un pouvoir infernal, au Japon en particulier, certes, mais ne doutons pas que l’hystérie s’installe en France. Les échanges de médailles vont peu à peu s’installer dans les cours de récré et cela va durer. De retour en France, Olrik jr a reçu la précieuse montre quelques semaines plus tard. Elle était évidemment envoyée par ses grands-parents. Tout fier de l’arborer à son poignet, c’est limite s’il ne dormait pas avec. Et puis, comme tant d’autres jouets, elle a été mise dans un coin et a commencé à prendre la poussière. L’intérêt pour Youkai Watch s’est estompé (d’un autre côté, comment continuer à s’enthousiasmer pour une série lorsque vous ne pouvez pas la partager avec vos camarades français ?) et Olrik jr finissait même par arborer une moue méprisante lorsque le sujet était évoqué. Et puis, voilà, tremblement de terre, la série débarque en France, des copains en parle, le jeu vidéo apparaît et bientôt les fameux jouets et là, changement de fusil d’épaule, revoilà mon Olrik jr exhumant sa montre et créer sur sa 3DS un fan club Youkai Watch où tous ses copains l’ont rejoint ! S’il y a en lui un mépris certain pour la version française de l’anime (les noms des personnages et les coups spéciaux francisés lui déplaisent souverainement, tout comme les génériques en français), l’intérêt pour le jeu vidéo (au passage je ne remercie pas ses cousins japonais qui lui ont montré ce jeu lors du dernier séjour) est une véritable obsession. Surfant sur un bulletin trimestriel de first class, il a bien tenté de me soutirer quelques biftons mais je tiens bon, il n’a qu’à être patient, attendre l’argent de poche lors de la visite prochaine de ses grands-parents voire à revendre les jeux qu’il n’utilise plus. Je ne doute pas que l’arrivée de « Yo-Kai (sic) Watch 3ds » dans notre foyer soit une question de jours. Bon, après, tant qu’il ne s’agit pas de tomber dans cette folie :

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Qui veut acheter ma médaille collector à 37000 yens ?

… je crois que la mode Youkai Watch restera supportable. Mais restons vigilant malgré tout.

Allez, avant de passer à la deuxième partie, un peu de musique pour se détendre :

LA chanson que l’on a entendue des dizaine de fois durant l’été 2014. On ne l’entendra pas en France mais je ne pense pas qu’il faille pavoiser, les génériques français étant souvent assez tartes.

***

Et maintenant, retour à nouveau sur un vieil épisode de South Park. Après le fabuleux épisode hommage aux kaiju, coup de projecteur sur l’épisode 10 de la saison 3, épisode intitulé Chinpokomon. Dans cette histoire, Stone et Parker s’en prennent aux dessins animés débilitants type Pokemon dont le seul objectif est d’installer une mode pour vendre un maximum de produits dérivés. La scène d’ouverture nous montre Cartman devant la télé en trains de déguster des beignets de poulet pour son quatre heures et tombant sur un spot publicitaire qui va déclencher chez lui et ses copains une envie compulsive d’acheter tout et n’importe quoi en rapport avec cette nouvelle série :

Matraqués, abrutis par des spots et des épisodes auxquels il n’y a rien à comprendre à part qu’il faut acheter les nouveaux personnages, Cartman et sa bande deviennent peu à peu d’étranges specimens d’enfants occidentaux lobotimisés et ressemblant aux héros de leur série favorite :

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Les parents sont médusés, tout comme le vendeur du magasin de jouets qui reconnaît cependant que « ces Japonais, ils savent comment vendre aux enfants ». Intrigué, ce dernier ira d’ailleurs mener l’enquête pour rencontrer les patrons de l’entreprise fabriquant les jouets. Ces derniers se contenterons d’adopter une posture humble tout en flattant l’ego américain en précisant que leur pénis est bien plus avantageux que le vermisseau qui leur sert d’organe génital. Il apparaît peu à peu que l’enjeu est d’envahir culturellement le pays, manière de prendre sa revanche de l’américanisation liée à l’occupation américaine.

L’épisode est enlevé et finalement réussi dans sa volonté de caricaturer la manipulation consumériste de nos chères petites têtes blondes. Leur montrer cet épisode peut même être un acte pédagogique salvateur ! Avec cependant un risque pour les pères, celui d’avoir une envie compulsive de se procurer ce jouet collector :

Pour le cas où l’un d’entre vous serait prêt à se séparer de son exemplaire, qu’il n’hésite pas à me contacter. Je suis prêt à débourser une somme rondelette afin de pouvoir utiliser ce magnifique jouet avec ma figurine collector de Godzilla…

Bijins de la semaine (48) : les beer girls

Les Allemands ont les vulgaires fêtes de la bière où les dégueulis le disputent à des frauleins montrant leurs gros seins dans des tenues bavaroises de mauvais goût. Les Japonais ont les biru garu. Bel exemple encore une fois de la supériorité japonaise sur notre folklore décadent. Et belle preuve d’un certain génie commercial. J’ignore quand les publicitaires nippons ont eu pour la première fois l’idée d’associer bière et bijin. Et j’ignore aussi qui en a eu l’idée. Une chose est sûre : ce type est un génie bien supérieur à Don Draper tant ces publicités, pour répétitives qu’elles soient, n’en sont pas moins d’une efficacité redoutable. Aucune créativité là-dedans. On choisit un modèle, une bière avec une couleur attractive bien mise en valeur dans une grosse chope, la bijin regarde le passant avec un joli sourire et le tour est joué, on a l’affiche et l’effet souhaité : une irrépressible envie de s’enquiller une bière.

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C’est si gentiment proposé.

Par quel miracle, par quelle alchimie mentale déviante cet effet est-il rendu possible ? Les mystères des bijins étant parfois insondables, difficile de se risquer à une explication définitive. Essayons tout de même un peu. Tout d’abord, il y a sans doute la volonté perverse de créer une réaction physique qui mécaniquement appelle à la consommation de ce type de breuvage. C’est qu’avoir une plantureuse gravure idol sur une affiche c’est à la fois très bien mais forcément un peu déplaisant, surtout l’été. Les glandes salivaires se mettent illico à marcher à plein rendement, les tissus érectiles commencent à durcir dangereusement, vous commencez à avoir chaud, à transpirer bref, vous avez tout à coup foutrement besoin d’une…

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bière bordel !

Prix à payer pour revenir à la normale et ne pas risquer de crever bêtement sur le bitume à cause de mauvaises palpitations. Redoutables créatures que ces bijins !

Autre explication : on peut voir dans ces affiches deux des composants archétypaux de ce qui constitue le repos du guerrier. Une boisson alcoolisée, une délicate mousmé qui s’offre au regard et c’est bon, tous les tracas de la journée sont oubliés. Après tout c’est très con un homme, hein !

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La publicité suivante ne dit d’ailleurs pas autre chose :

Matez un peu les plans suggestifs, regardez ce que la bijin utilise comme oreiller. Assurément le type va passer une bonne soirée. Après, qu’en est-il si l’on n’a pas la chance d’avoir une Emi Kobayashi qui vous attend à la maison ? Car les heureux élus à pouvoir se targuer d’être le compagnon d’une de ces gravures idoles sont après tout assez peu nombreux. C’est là qu’intervient ma fulgurante troisième et dernière explication : la bière est l’objet de substitution ultime ! Comme avec votre bouille vous ne pouvez imaginer que la belle Haruka Igawa vous offre un jour sa bouche pulpeuse, au moins vous pouvez compenser ce manque tragique en entrant dans le premier convini venu et en vous offrant une canette de bière. Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras quoi ! Vous la prenez délicatement, l’ouvrez, la posez un moment contre votre joue en marmonnant un réconfortant « Ah ! tsumetai ! » qui vous fera oublier un moment la chaleur caniculaire qui vous environne ; vous n’avez alors plus qu’à glisser le précieux breuvage à vos lèvres. A cet instant, vous l’aimez votre bière. Je dirais même plus : vous la domptez, la matez, cette chienne n’attendant d’ailleurs que cela. Et lorsque l’acte est consommé, vous hésitez : dois-je jeter cette canette à la poubelle ? N’est-ce pas un peu trop cruel ? Après tout nous avons vécu un bon moment ensemble. Mais au fond de vous-même, vous le savez : il existe une malédiction qui voue l’homme à n’être qu’un fieffé salopard. Pour le bien de votre maîtresse d’un instant, il vaut mieux couper tout lien pour qu’elle puisse refaire sa vie ailleurs après une opération de recyclage. Et vous le savez aussi, il suffira d’une autre affiche avec une nouvelle biru garu pour succomber à nouveau. Vous n’aimez pas cela, vous sentez que cette idée vous ronge mais tant  pis, vous le faites quand même. Glissant l’objet à la poubelle, vous reprenez votre chemin, les machoires serrées par le forfait que vous venez de commettre mais aussi excité par les nouvelles aventures qui vous attendent.

Otoko wa tsurai yo !

Bijins de la semains (20) : les girls triomphantes de chez Triumph

« C’est le hasard qui conduit nos plumes. […] cette liberté est assez commode, on ne va pas chercher bien loin le sujet de ses lettres »

C’est ce qu’écrivait Mme de Sévigné. Eh bien, pour moi, dans mon activité de blogueur (que ce mot est laid !) c’est comme la marquise, toutes proportions gardées bien sûr (ben ouais, moi j’ai pas de seins). Ce matin, par exemple alors que j’étais sur le ouèbe afin de trouver pour un ami une édition rare d’un livre de Maurice Blanchot, je tombe sur ceci :

Incroyable non ?

Un peu distrait quelques secondes, je me remets mes émotions et reprends mes recherches blanchotesques lorsqu’une curieuse vidéo me saute à la gueule :

Deux jolies publicités sur de la lingerie en moins d’un quart d’heure, il fallait que je fasse quelque chose.  Et à tous ceux qui pensent que ce « quelque chose » correspondait à une brèche dans la braguette pour faire dieu sait quoi, eh bien, je vous conchie les mecs.

Non, ce quelque chose était tout simplement une petite recherche historique des différentes pubs japonaises de cette marque anglaise, Triumph la bien nommée. Et après trois critiques de films un brin longues, c’était surtout le moyen de m’aérer agréablement les neurones en dénichant les…

TRIUMPH IMAGE GIRLS !

Les « images girls » sont une des particularités intéressantes de la publicité japonaise. Pour un peu, même un truc aussi peu sexy qu’une marque de bidon d’huile pour moteur diesel aurait sa mascotte bijinesque. Réellement, on peut tomber sur des trucs vraiment incongrus, j’en donnerai quelques exemples plus tard. Pour ce qui est de Triumph, point d’incongru, juste de la bijin élégante, sans la moindre trace de graisse superflue, et dont la chair déborde agréablement de très jolis écrins en dentelle. C’est frais, c’est beau, pas vulgaire bref, on en redemande. D’ailleurs, tenez, voilà pour vous :

Seulement voilà : dans cette rage de la sophistication et de l’originalité à tout crin, on en vient trop facilement, surtout dans le domaine de la mode, à ces dérives à cause desquelles les défilés vous donnent subitement l’impression d’assister à un épisode de Fraggle Rock en live :

Et malheureusement, Triumph ne fait pas exception à la règle.

Perversion de notre époque qui veut que de la simplicité à la plus hideuse originalité, il y a parfois autant de distance qu’entre la balloche droite et celle de gauche. C’est désespérant, je sais, mais dans ces cas-là, j’ai la solution imparable : un rail de vintage, de simplicité atemporelle qui vous font oublier les vicissitudes du monde moderne. Allez, une dernière fournée de Triumph :

Un peu léger vous trouvez ? Pas de quoi fouetter un chat ? Et ça, ça ne vous donne pas une frénétique envie de vous la jouer James pour entreprendre une partie d’effeuillage à cinq en écoutant un disque de John Barry ?

Et que dire de cette dernière dont on ne sait si l’on doit admirer les jambes, les seins en filigrane, le visage cheveux légèrement au vent, rayonnante de beauté et renvoyant les ama au rang de nageuses hommasses tout juste bonnes à pêcher du bigorneau en eaux troubles :

Cerise sur la bijin : ces chaînes brisées dont cette Andromède nipponne (mais très bonne) s’est sans doute débarrassé sans effort, tellement étrangère qu’elle est à toute idée d’asservissement au foyer, à subir les caprices d’un salary man de mari aussi inculte qu’abruti. Louées soyez-vous les image girls de  Triumph ! Vous êtes indeed le triomphe de la publicité de lingerie gracieuse et élégante. Si Mme de Sévigné était parmi nous, elle kifferait sûrement Triumph.

Bon, allez c’est pas tout ça, j’ai mon bouquin de Blanchot à dégotter…

Buvez SuntoryH, l’incroyable boisson érectrice !

Cette fois, c’est la bonne. Fini de rire, les vacances s’achèvent, il va bien falloir songer à retourner au taf. Dommage, j’étais si bien à enfiler les posts comme des perles. Je me sens vidé tout à coup, ma borne d’arcade Golgo 13 a beau me faire de l’oeil pour essayer de me redonner un coup de fouet, j’ai pas envie. Un café? C’est chiant, il faut mettre la kawa dans le doseur, attendre que l’eau chauffe, pas le courage…

Heureusement, c’est dans ces moments difficiles que je sais que mon frigo a toujours à m’offrir une bonne bouteille de…

SuntoryH!

Une gorgée de SuntoryH et on se sent tout de suite l’âme en érection :

Et si cela ne suffit pas, il y a toujours la possibilité de mater cette deuxième version. Une gorgée de SuntoryH, et on se sent tout de suite l’âme en éjaculation :

Hmmmm… Mandom.

« Hmmm… Mandom », telle est la phrase minimale non verbale que lance à la fin de spots publicitaires des 70’s un Bronson vautré dans une virilité heureuse d’elle-même. Phrase minimale mais qui suffit amplement à faire comprendre que l’on se trouve devant une lotion in-dis-pen-sable au mâle moderne et je ne remercierai jamais assez le staff de Drink Cold de m’avoir fait découvrir ces perles. Grâce à elles je me sens fier d’être un homme et fredonner sur le chemin du travail la chanson de Jerry Wallace qui accompagnent ces pubs est devenu plus qu’une habitude : un besoin. Lire la suite Hmmmm… Mandom.

Les tentes Taiyo

DANS VOS RANDONNÉES, PENSEZ À SORTIR COUVERT : UTILISEZ LES TENTES TAIYO.

« Depuis que j’utilise les tentes Taiyo, les randonnées sont de véritables parties de plaisir. »

Publicité de 1970. On appréciera au passage le symbolisme tout en finesse de la tente pointue entre les jambes.

Mon ami, Peugeot

La prime à la casse, c’est bien. Mais en 1975, au Japon, Peugeot avait inventé le concept de prime au popotin. De préférence moulé dans un mini short en laine, tant qu’à faire. Tu m’étonnes après que Peugeot soit mon ami ! Ce n’est qu’une pub pour vélo de course, Peugeot aurait pu choisir une célébrité du keirin ou notre « blaireau » national. Mais non, les publicitaires choisissent le décallage en représentant une gracile jeune femme tout sourire, à vrai dire sans doute bien contente de monter pour la première fois de sa vie sur un vélo de course. Dieu ! quelle poésie bordel ! Cela me fait d’ailleurs penser que j’ai toujours trouvé que les Japonaises en offraient un spectacle charmant sans cesse renouvelé. Faudra que je compulse mes photos pour commencer une nouvelle série… Lire la suite Mon ami, Peugeot

Les publicités pour Colgate

Ce site me laisse parfois perplexe. Surtout lorsque j’examine la page statistiques et, plus particulièrement les critères de recherche qui ont amené un internaute sur ce blog. Bon, lorsqu’une personne tape « Reiko Ike », « Yuriko Hishimi » , je me dis, fort bien ! que voilà un intéressant nouveau lecteur ! Quelle sûreté de goût en matière d’érotisme ! Cela me va car je reconnais bien volontiers que « Bulles de Japon » est un blog qui a parfois… comment dire ? la cuisse légère quoi ! Mais cela est en tout bien tout honneur, un peu comme on lit un San Antonio. C’est un peu obsédé sexuel, mais au fond ça déborde d’affection pour le beau sexe. Lire la suite Les publicités pour Colgate

Publicités des 60’s de matériel photographique

Inauguration d’une nouvelle rubrique, la rubrique pub. Mais entendons-nous bien : moi, la pub, d’habitude, j’en ai pas grand chose à cirer.  Mais il faut reconnaître que lorsque la patine du temps a fait son effet, il y a des choses intéressantes, pour ne pas dire admirables. On peut aussi ressentir une  impression d’âge d’or révolu, un peu comme dans un film de Tati. Cet aspect, on le retrouve dans les vieilles publicités japonaises. Mais plutôt que Tati, ce serait plutôt Ozu. Lorsque l’on regarde ces pubs, on se sent projetés dans le confort, au ras des tatamis, de l’intérieur d’une famille japonaise lambda (les petits tracas en moins). Les gens sont heureux, ils consomment, et l’observateur n’a pas la force de le leur reprocher. Il se sent happé par ces petites bulles de bonheur consumériste, représentées par d’agréables minois souriants, des gestes emplis de candeur, des couleurs vives mais pas agressives et, surtout, un refus de toute sophistication esthétique. On est finalement dans la lignée de la Vache qui Rit de Rabier : simple, sans prétention, mais redoutable face au temps.

Pour ouvrir cette rubrique, j’ai tout naturellement opté pour un thème qui m’est cher : la photographie. Dans les 60’s pour commencer, les 70’s devrait probablement suivre…