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Youkai Watch dans vos gueules !

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Tremblez, parents ! car le tsunami Youkai Watch est sur le point de déferler en France et de tout emporter sur son passage. À vrai dire, ça a déjà commencé. Vous vous êtes probablement aperçus que vos clampins revenaient de l’école avec ces mots à la bouche. Peut-être même sont-ils en train de vous tanner pour acheter un certain jeu vidéo. Eh bien si tel est le cas, sachez-le, vous n’avez pas fini d’en baver. Afin d’expliquer pourquoi, faisons une petite remontée dans le temps :

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Destination : Miyazaki. Epoque : été 2014.

Olrik jr faisait alors l’expérience de son 4ème séjour chez ses grands-parents japonais. Inscrit à l’école du quartier pour suivre quelques journées de cours avant l’arrivée des vacances estivales (au boulot, grosse larve !), je crois que c’est là qu’il a ramassé non pas des poux mais ce foutu virus Youkai Watch. Très vite il s’est retrouvé scotché sur un PC à mater des épisodes, et encore plus vite à écumer le vaste rayon jouet de l’Aeon du coin afin de trouver des trucs et des bidules en rapport avec la série. C’est que la vogue pour Youkai Watch battait alors son plein au Japon. Cette franchise multimédia comprenant un manga, un anime et un jeu vidéo avait su tout de suite trouver son public, reléguant l’ancêtre Pokemon en machin ringard désormais destiné à fasciner les moins de cinq ans. La qualité ? je vous avouerais que je n’ai jamais regardé un épisode en entier. A ce qu’il m’a semblé je ne pense pas que ce soit pire que Pokemon. Je dirais même sûrement meilleur, l’utilisation du youkai (le fantôme japonais) fleurant bon après tout les mangas de Shigeru Mizuki. Après, voilà, on est dans le marketing, le produit calibré fait pour séduire et il ne faut pas s’attendre à des trésors d’inventivité artistique. Ça fait le job, c’est-à-dire ça magnétise les mômes et… ça fait acheter des conneries pas possible !

Assez rapidement Olrik jr s’est procuré les mangas, bien secondé en cela par un Olrik the 3rd qui n’hésitait pas à dénicher et à montrer à son frère des merdouilles potentiellement achetables.

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Olrik jr et son mauvais génie.

Les haltes dans les convinis n’étaient pas non plus de tout repos. Il suffisait qu’il y ait un sachet de bonbons, un paquet de gâteaux ou une glace où apparaissaient certains personnages désormais bien connus pour que tout de suite arrivent les inévitables tentatives pour me corrompre. Je tins bon cependant, 80% des demandent récoltant une fin de non recevoir. Mais le séjour étant sur le point de s’achever, commençait la frénésie de l’achat des omiyage à rapporter et des souvenirs persos. Pour les enfants, c’était aussi le moment de l’ultime shopping vestimentaire et… de quelques jouets avec les billets généreusement donnés par Jichan et Bachan. Comme Olrik Jr n’est pas non plus comme l’atroce Cartman (voir deuxième partie de l’article) à faire des caprices en tapant du pied, et comme la possession d’un Graal lui tenait à cœur avant de rentrer au pays, j’accédai à sa requête, à savoir se procurer ceci :

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La montre Youkai Watch ! Je l’utilise désormais lorsque j’ai quelques réunions ennuyeuses, ça fait passer le temps.

Ne me demandez pas l’intérêt de cet objet, c’est au-dessus de mes compétences. En fait… vous verrez bien, quand le bidule sera mis en vente prochainement en France. Disons juste que ça renouvelle le procédé de la carte Pokemon, remplaçant les bouts de carton par des bouts de plastique que l’on insère dans la bête et restituant les voix des personnages, c’est tout. C’est tout mais ça marchait au Japon (et ça doit continuer) du feu de Dieu. A tel point qu’il nous a été impossible de nous en procurer un exemplaire (Aeon, Toys’r’us, tout a été fait) puisqu’il y avait pénurie de montres Youkai Watch dans tout le Japon (véridique) !

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Mais que diable faisait Shinzo Abe ?

Imaginez la touche d’Olrik jr à qui j’avais promis que c’était bon, on l’achèterait sa saloperie de montre mais dans les ultimes jours du séjour ! Et là, pas de bol, rapano les tocantes en plastoque ! J’avoue avoir rigolé dans ma barbe mais pas longtemps. Lors d’un passage à Aeon, nous tombâmes sur ça une affiche nous informant d’une vile opération commerciale informait l’arrivée un prochain stock de jouets Youkai Watch mais qu’attention ! il n’y en aurait pas pour tout le monde. Pour mettre la main sur les saintes reliques, il fallait débouler tôt, un dimanche matin ! afin d’obtenir des tickets qui pourraient être échangés dans la semaine contre les jouets. Mon premier réflexe fut de répondre : no way ! Et puis, insidieusement, un dilemme me prit. Certes, se lever tôt un dimanche pour une vulgaire histoire de jouet, ce n’était pas la gloire. Ça m’assimilait à ces parents qui se font marcher sur la gueule par leurs gosses et qui cèdent au moindre de leur caprice.

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Un des coins Yokai Watch du rayon jouet d’Aeon. Au programme : jeux vidéo et distributeurs de médailles. Il y avait certes des enfants mais aussi des parents chargés de choper des médailles pour leur bien-aimée progéniture. Checkez au passage la maman et sa boite en plastique remplie d’une bonne centaine de médailles.

Après, je sais ce qu’il en est et, si vous êtes un habitué de Bulles de Japon, vous avez dû cerner ma personnalité et vous vous doutez bien que je ne mange pas de ce pain-là (voir à ce sujet ce merveilleux article qui résume toute ma pensée sur comment on doit éduquer des gosses). Pas question donc de me sentir péteux si je prenais la décision de me rendre à l’Aeon. Je ne suis pas comme les autres pères, moi, à coups de trique que ça fonctionne, et au garde-à-vous encore ! Et puis, j’avoue, toujours friand de nouvelles expériences, j’étais tenté par cette virée youkaiwatchesque à l’Aeon un dimanche matin.

Bref, arrive le dimanche en question et nous arrivons à Aeon sur les coups de 8H00 (oui, vous avez bien lu, 8H00, mais être matinal l’été au Japon est quelque chose qui se fait aisément) :

L’entrée est 50m plus loin à droite. Ah ! que j’ai hâte de retourner dans ce merveilleux complexe commercial !

Nous entrons, prenons de nouveau à droite, puis à gauche et là…

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Damned !

8H00 et déjà une file conséquente. Était-ce une bonne idée d’avoir donné mon accord ? Alors qu’Olrik jr poussait lui-même moult exclamations de surprise, je commençais déjà à échafauder des excuses pour rentrer à la base mais une nouvelle vision d’horreur m’interrompit. Car cent mètres plus loin, au tournant du bâtiment :

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Holy fucking Christ !

Aussitôt la fameuse musique de Bernard Herrmann pour Psychose retentit dans mon crâne. J’enfonçai à mort la pédale de frein et fis crisser les pneus sur le bitume. C’était peu discret mais plus prudent, le risque était de perdre la raison, de succomber au désespoir en s’encastrant volontairement dans la première voiture venue. Pris de spasmes, j’enclenchai à fond le climatiseur, cherchant à reprendre mes esprits, à retrouver cette force de caractère qui me caractérise. Assez rapidement je surmontai ce moment de faiblesse et au moment où je m’apprêtai à dire à Olrik jr qu’il n’était évidemment pas question de faire la queue, ce dernier me dit : « Euh… on va vraiment attendre ? ».

Brave petit ! Je savais qu’il était de la même trempe que son père. La guerre des jouets Youkai Watch n’aurait pas lieu et nous pourrions rentrer chez les beaux-parents pour siroter une boisson réconfortante après tant d’émotions. Mais avant cela, il fallait immortaliser cette scène de la furie japonaise ordinaire en descendant de voiture et en prenant, quasi hilares, une poignée de photos. Avec une question : qui était la personne qui s’était levé à une heure indue pour être sûre d’être la première de la file ? Comme de bien entendu, il s’agissait d’un vieux papy, apparemment soucieux plus que de raison de plaire à son Cartman de petit-fils.

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A noter par ailleurs que la distribution des précieux tickets se faisait d’une manière toute japonaise : rigoureuse, rapide, disciplinée. Je crois me souvenir qu’après l’obtention des billets, il fallait entrer pour s’acquitter de la somme correspondante à des guichets.

Bref, vous avez compris, Youkai Watch est de ces séries ayant un pouvoir infernal, au Japon en particulier, certes, mais ne doutons pas que l’hystérie s’installe en France. Les échanges de médailles vont peu à peu s’installer dans les cours de récré et cela va durer. De retour en France, Olrik jr a reçu la précieuse montre quelques semaines plus tard. Elle était évidemment envoyée par ses grands-parents. Tout fier de l’arborer à son poignet, c’est limite s’il ne dormait pas avec. Et puis, comme tant d’autres jouets, elle a été mise dans un coin et a commencé à prendre la poussière. L’intérêt pour Youkai Watch s’est estompé (d’un autre côté, comment continuer à s’enthousiasmer pour une série lorsque vous ne pouvez pas la partager avec vos camarades français ?) et Olrik jr finissait même par arborer une moue méprisante lorsque le sujet était évoqué. Et puis, voilà, tremblement de terre, la série débarque en France, des copains en parle, le jeu vidéo apparaît et bientôt les fameux jouets et là, changement de fusil d’épaule, revoilà mon Olrik jr exhumant sa montre et créer sur sa 3DS un fan club Youkai Watch où tous ses copains l’ont rejoint ! S’il y a en lui un mépris certain pour la version française de l’anime (les noms des personnages et les coups spéciaux francisés lui déplaisent souverainement, tout comme les génériques en français), l’intérêt pour le jeu vidéo (au passage je ne remercie pas ses cousins japonais qui lui ont montré ce jeu lors du dernier séjour) est une véritable obsession. Surfant sur un bulletin trimestriel de first class, il a bien tenté de me soutirer quelques biftons mais je tiens bon, il n’a qu’à être patient, attendre l’argent de poche lors de la visite prochaine de ses grands-parents voire à revendre les jeux qu’il n’utilise plus. Je ne doute pas que l’arrivée de « Yo-Kai (sic) Watch 3ds » dans notre foyer soit une question de jours. Bon, après, tant qu’il ne s’agit pas de tomber dans cette folie :

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Qui veut acheter ma médaille collector à 37000 yens ?

… je crois que la mode Youkai Watch restera supportable. Mais restons vigilant malgré tout.

Allez, avant de passer à la deuxième partie, un peu de musique pour se détendre :

LA chanson que l’on a entendue des dizaine de fois durant l’été 2014. On ne l’entendra pas en France mais je ne pense pas qu’il faille pavoiser, les génériques français étant souvent assez tartes.

***

Et maintenant, retour à nouveau sur un vieil épisode de South Park. Après le fabuleux épisode hommage aux kaiju, coup de projecteur sur l’épisode 10 de la saison 3, épisode intitulé Chinpokomon. Dans cette histoire, Stone et Parker s’en prennent aux dessins animés débilitants type Pokemon dont le seul objectif est d’installer une mode pour vendre un maximum de produits dérivés. La scène d’ouverture nous montre Cartman devant la télé en trains de déguster des beignets de poulet pour son quatre heures et tombant sur un spot publicitaire qui va déclencher chez lui et ses copains une envie compulsive d’acheter tout et n’importe quoi en rapport avec cette nouvelle série :

Matraqués, abrutis par des spots et des épisodes auxquels il n’y a rien à comprendre à part qu’il faut acheter les nouveaux personnages, Cartman et sa bande deviennent peu à peu d’étranges specimens d’enfants occidentaux lobotimisés et ressemblant aux héros de leur série favorite :

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Les parents sont médusés, tout comme le vendeur du magasin de jouets qui reconnaît cependant que « ces Japonais, ils savent comment vendre aux enfants ». Intrigué, ce dernier ira d’ailleurs mener l’enquête pour rencontrer les patrons de l’entreprise fabriquant les jouets. Ces derniers se contenterons d’adopter une posture humble tout en flattant l’ego américain en précisant que leur pénis est bien plus avantageux que le vermisseau qui leur sert d’organe génital. Il apparaît peu à peu que l’enjeu est d’envahir culturellement le pays, manière de prendre sa revanche de l’américanisation liée à l’occupation américaine.

L’épisode est enlevé et finalement réussi dans sa volonté de caricaturer la manipulation consumériste de nos chères petites têtes blondes. Leur montrer cet épisode peut même être un acte pédagogique salvateur ! Avec cependant un risque pour les pères, celui d’avoir une envie compulsive de se procurer ce jouet collector :

Pour le cas où l’un d’entre vous serait prêt à se séparer de son exemplaire, qu’il n’hésite pas à me contacter. Je suis prêt à débourser une somme rondelette afin de pouvoir utiliser ce magnifique jouet avec ma figurine collector de Godzilla…

L’otokorashii de la semaine (1) : le salary man bourré

Attention, nouvelle série d’articles sur Bulles de Japon ! J’étais parti aujourd’hui pour balancer une nouvelle critique d’un film de Nomura où il était question d’un meurtre. Et puis, je ne sais pas pour vous, mais après les événements d’hier, les mots « meurtre », « cadavre », « criminel » ou « victime »,  je les ai un peu trop entendus et n’ai pas vraiment envie de les revoir aujourd’hui. Histoire de ne pas me morfondre et de passer à un truc plus gai, je mets de côté cette critique et inaugure en grande pompe une nouvelle série qui fera le pendant à la légendaire collection des « bijins de la semaine ». Battez tambour, sonnez trompettes ! voici venu le temps de « l’otokorashii de la semaine », c’est-à-dire « le viril de la semaine ».

ken takakura

Oss !

A toutes celles qui pensent que BdJ n’est réservé qu’à des hordes de jeunes gens assoiffés de films japonais peuplés de créatures gracieusement dotées par la nature, je dis ceci : dorénavant vous allez vous aussi être servies mesdemoiselles ! Finies les photos de bonnets M bien remplis ou de croupes provoquant de fatales epistaxis. Place aux poils – des vrais, aux regards à la Ken Takakura, aux biceps en fer forgé mais aussi à une capacité à surmonter le regard des autres. Notre premier spécimen illustre d’ailleurs ce superpouvoir puisqu’il s’agit d’un individu que tout touriste au Japon a forcément croisé un jour sur son chemin…

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Le salary man bourré.

Et à tous ceux qui tout de suite m’objecteraient qu’en fait de virilité on peut trouver mieux, je rétorquerais ceci : il faut tout de même une admirable dose de folie, d’abnégation, de refus de toute prudence bref, de courage pour, sachant pertinemment qu’ils ne tiennent pas l’alcool, accepter d’en boire des doses déraisonnables et se mettre minable aux yeux de tous. Peut-être est-ce là la clé de la véritable virilité : accepter d’annihiler en soi toute dignité, devenir une sous-merde qui va joncher les trottoirs ou les quais des gares pour accéder à un statut suscitant pitié chez les ignares, respect et admiration chez les connaisseurs. Car je les ai toujours admirés, moi, ces hommes que l’on trouve errants dans les rues, le regard vitreux et la bave aux lèvres, lorsque vient la nuit. Bien plus qu’un ryokan traditionnel en plein centre ville, ils participent de cette aura, de ces petites choses  atemporelles qui sont toujours là, qui n’ont pas disparu, qui ne disparaîtront jamais, et qui en cela rassurent. Comme les petites échoppes de l’ère Showa que l’on trouve encore çà et là, on prend plaisir à les voir, eux et leur détestable manie d’imposer leurs postures et leurs odeurs douteuses à des bijins dans les métros :

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Les autorités ferroviaires l’on parfaitement compris puisque beaucoup de gares ont décidé de positionner les bancs des quais non plus parallèlement mais perpendiculairement aux voies. Pourquoi ? Tout simplement pour les protéger en évitant éviter que nos héros du jour se lèvent pesamment à l’arrivée de leur train, avancent dangereusement et se viandent lamentablement sur la voie (avant de se faire écrabouiller par le train, chose apparemment pas si rare).

salary man gare salary man gare (2)

Véritables yokais urbains des temps modernes, on aimerait presque les aider à se relever et à engager une conversation avec eux pour comprendre par quel mystérieux secret des temps anciens ces misérables loques parviennent à se transformer en quelque chose située entre les contorsions du buto et les tableaux de Picasso. Et puis, on se retient car il en est de ce genre d’aura comme du statut de star. Tout cela est parfois fragile et il convient de garder une distance respectueuse, comme devant une sainte image :

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Bref, mesdemoiselles, si vous êtes désespérées à l’idée de trouver l’âme sœur dans notre pays préféré, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Fuyez ceci :

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Préférez ça :

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Là se trouve la véritable virilité (et ipso facto l’épanouissement conjugal, n’en doutons pas un seul instant).

The DC Archives : plus fun que la poire à lavement : le kancho

J’étais tellement sous le coup de l’émotion avec cette histoire de site piraté qu’il m’a fallu quinze jours pour entraver que mes vieux articles pour DC étaient devenus invisibles sur le net. Comment ? Quoi ! l’humanité n’allait donc plus avoir accès à mes perles, à mes articles sur le kancho, à mes chroniques footballistiques, à mon magnifique roman feuilleton inachevé et à mes critiques de roman porno poisseux ? Il fallait réagir !

J’ignore ce que deviendra le futur de DC mais en attendant, je vais exhumer progressivement ces bibelots et les republier sur ce site avec quelques menues améliorations, ou pas, quitte à les republier plus tard sur DC, ou pas. Cerise sur les gâteau : les merveilleux commentaires de mes merveilleux lecteurs seront eux aussi rétablis.

A tout seigneur tout honneur, je commence avec l’article qui en son temps battit des records de stats. Preuve s’il en est que les lecteurs ont bon goût et savent priser comme il se doit un article où il est question de doigts dans le trou de balle….

Plus fun que la poire à lavement : le kancho !

(fabuleux article paru sur DC le 19 août 2010)

Vous vous promenez tranquillement dans une rue au Japon lorsque vous ressentez tout à coup une fulgurante douleur au niveau de l’anus ! Du calme ! Ne paniquez pas ! Inutile de vous rendre chez un proctologue, il y a de fortes chances pour qu’un galopin vous ait tout simplement fait le coup du kancho.

Nos petites têtes blondes poussent le crétinisme jusqu’au jeu du foulard. Au Japanisthan, on a su s’arrêter au stade anal. De quoi s’agit-il exactement ? C’est très simple : vous joignez vos index, vous croisez entre eux les autres doigts puis, armé de ce redoutable pistolet à dargifs, vous vous approchez en taminois près d’une victime de votre choix et, sans crier gare (ou alors en criant « kan-CHO ! ») vous donnez un vigoureux coup dans son fondement. Exactement comme ceci :

Intellectuel, non ?

Tel le poinçonneur de Shibuya, vous allez vite voir que « faire des trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous » est particulièrement farce. Tout comme le sens du mot kancho d’ailleurs puisqu’il signifie « lavement ». Cocasse, non ?

D’une manière générale, ce sont plutôt les écoliers qui pratiquent cette petite facétie. Les garçons  surtout, bien que les fillettes ne crachent pas nécessairement sur ce jeu :

Le petit Toshio kun, 7 ans, en gardera une misogynie prononcée toute sa vie

Mais la précédente vidéo nous montre que cela peut perdurer jusqu’à l’adolescence, voire même à l’âge adulte :

Le grand Yamada san, 42 ans, en gardera quant à lui des séquelles toute sa vie

Que ce soit entre potes de fac ou entre collègues, il semblerait que s’enfoncer des index dans l’anus entretienne un sentiment de camaraderie. Essayez donc demain à votre travail, vous me direz si c’est juste, moi, je ne peux pas, je suis en vacances.

Il est par ailleurs volontiers pratiqué dans les milieux sportifs, très efficace paraît-il pour donner un esprit de corps à une équipe :

♫ Nous sommes les Marseillais ! Et nous allons gagner ! ♫

Et là, je ne saurais que trop conseiller au nouveau sélectionneur de l’équipe de France d’instituer cette pratique dans les vestiaires avant chaque rencontre et à chaque mi-temps. Au point où en sont les Bleus, je ne vois guère que cette solution pour revenir du gouffre où ils sont tombés. D’ailleurs, ça n’aurait peut-être pas fait de mal à Anelka, un p’tit coup dans le fignedé.

Attention toutefois : certains sportifs à tendance bi ou homo, voire carrément exhibitionnistes, peuvent être tentés de se laisser aller :

Exemple de kancho que la morale et le bon goût réprouvent. Je déconseille.

Autre exemple sportif : souvenez-vous de machine, la Coréenne qui a remporté la médaille d’or avec son programme sur James Bond. Beaucoup ont cru qu’à la fin elle mimait 007 tenant un flingue.

Quelle naïveté !

Il s’agissait tout simplement d’un kancho à l’adresse de sa concurrente japonaise pour lui faire comprendre…  ben, qu’elle l’avait dans l’os. J’affabule ?

Et ça, c’est du boudin ?

D’un point de vue purement photographique, vous noterez au passage combien ce geste est photogénique en plus d’être rigolo. On se donne l’impression d’être une sorte de kancho assassin, d’agent secret façon goldfingers. Y’a pas, c’est la classe et l’on comprend mieux pourquoi les lycéennes aiment à montrer leurs doigts dans les purikuras :

Le kancho, c’est fun

Tellement fun d’ailleurs que certains n’hésitent pas à décorer leur caisse ainsi pour rendre hommage à une pratique qui, en leur ôtant leur virginité anale, a sûrement à jamais changé leur vie :

Vite Robin! Courons à la Kanchomobile!

Bien sûr, au royaume des pervers on peut craindre des dérives. Sous couvert de la plaisanterie potache, on se doute que les otakus puceaux pervers (mettez les mots dans l’ordre qui vous plaît) s’en donnent à cœur joie.

Tu l’as dit bouffi !

Et que cela donne des choses parfois un peu limite lorsque la victime est une personne inconnue du kanchotateur :

Le jeune femme a l’air de franchement souffrir. D’un autre côté, on ne peut pas savoir à l’avance si la victime a des hémorroïdes ou non. Et puis quoi! Si on ne peut plus déconner! Tenez, c’est comme cette émission de la NHK, Nanmon Keisatsu, qui en février 2006 est allée carrément jusqu’à dire que le kancho était une cause indirecte de l’existence des chikan, ces pauvres salary men qui dans le métro, aux heures d’affluence où l’on est forcément les uns sur les autres, ne peuvent faire autrement que d’effleurer l’anatomie de leurs voisines et d’aussitôt se faire accuser des pires saloperies. La société est impitoyable…

Moi, j’ai une autre théorie : en plus de lâcher les soupapes pour ne pas connaître une nervous breakdown, ce beau geste est une façon de rabattre l’orgueil de certains. Toujours ces fâcheux déjà évoqués dans mon article sur Golgo 13. Ça méprise mais ça ne sait pas. Dès lors, quoi de mieux qu’un vigoureux kanchô au cul pour dégonfler ces baudruches, hmm ? Finalement, de la tarte à la crème façon Noël Godin au kancho, il n’y a qu’un pas que l’on peut allégrement franchir.

Et maintenant, c’est l’heure de…

DC

7

JEUX!

 En effet, terminons cet article avec un jeu pour voir si vous avez bien compris et si vous êtes aptes à kanchotiser votre prochain. Regardez attentivement les images qui suivent puis, pour chacune d’elle, ditesKANCHO ! ou PAS KANCHO ! Vous êtes prêts ? c’est parti :

1

Ce pompier sort de son hélicoptère : kancho ou pas kancho ?

O

KANCHO !

Bonne réponse ! Une petite plaisanterie entre collègues ne fait jamais de mal. Cela prend deux secondes et ne tuera pas le brûlé au troisième degré qui se trouve à l’intérieur.

2

Cette jeune femme, avec son lourd et encombrant popotin (tellement encombrant que je ne suis pas parvenu à faire tenir la photo dans les marges de cet article), semble avoir du mal à monter l’escalier. Kancho ? Pas kancho ?

O

KANCHO !

Bingo ! Non seulement vous amuserez la dame mais en plus vous lui ferez faire un bond qui lui permettra d’achever facilement sa pénible ascension. Eh ! Qui sait si elle ne vous remerciera pas en vous permettant de faire l’ascension de son derrière dans un endroit plus calme ?

3

Dans sa hâte de se rendre à sa salle d’arcade préférée, ce gros hard gamer a oublié de mettre son pantalon! Ah ! Vous avez l’air d’hésiter ! Alors ?

X

PAS KANCHO !

Ouf ! Vous m’avez fait peur ! Il y avait effectivement un piège ! Dans ce genre de cas, ne jamais au grand jamais faire de kanchô, à moins que vous n’ayez envie d’avoir le doigt qui pue pour toute la journée.

4

Suzuka Miyashita, pimbêche fille à papa. Arrogante, sûre d’elle, elle est connue pour changer d’homme comme de culotte. Verdict ?

O
KANCHO !

Of course ! C’est l’exemple typique des fâcheux dont je vous parlais. Mais dites-moi, vous avez l’air d’avoir pigé le truc ! Je suis fier de vous. Mais voyons si vous allez briller avec le cas suivant.

5

Cette jeune femme apparemment inoffensive est en réalité une athlète bien connue pour sa maîtrise du coup de boule rotatif. D’un autre côté, elle a l’air bien occupée à sauter à la corde. Alors ?

KANCHO !

NOOON ! SURTOUT PAS !

X

PAS KANCHO !

Le risque ici est de vous empêtrer dans la corde et de perdre de plusieurs secondes, secondes durant laquelle notre championne de K-1 aura tout loisir de jouer au xylophone avec vos dents. Règle n°1 : veiller à ce qu’aucun obstacle n’entrave votre fuite.

6

Ici, pas de description superflue, la photo parle d’elle-même :

KANCHO !

NOOOOOOON!

X

PAS KANCHO!

Ben voui ! A priori, on croit que c’est la situation idéale : occupée à barboter sur sa bouée rose, la fille aura bien du mal à venir vous frotter les oreilles.  Le problème, c’est que vous n’avez pas été discret avec vos deux doigts en érection et que, surtout, vous n’avez pas fait attention au maître nageur (assez costaud) qui se trouvait juste derrière vous. Vous finissez la journée au poste avec le nez cassé, deux dents en moins et une plainte au cul pour harcèlement sexuel.

Terminons enfin :

7

Vous êtes dans un onsen et vous tombez sur ces trois personnes :

X

PAS KANCHO!

Banco! Effectivement, à moins que vous ne soyez las de votre chienne de vie, je vous déconseille absolument de fourrager avec vos doigts l’anus de messieurs arborant au dos ce type de tatouage

Deux erreurs, allez, c’est malgré tout pas si mal et je pense que vous êtes parés pour passer à la pratique. Qui sait si avec un peu d’entraînement vous ne serez pas capable de faire des kancho de cet acabit :

Ultimate kancho réalisé sans cheat code

Ah! J’allais oublier : si par hasard certains parmi vous ont perdu leur virginité culienne et qu’ils le vivent très mal, qu’ils n’hésitent pas à nous contacter à:

S.O.S. KANCHO

0820 888 888

Nous ne sommes pas des bêtes que diable! et la rédaction se fera un plaisir de vous conseiller afin de retourner au Japanisthan sans serrer les fesses.

Les Japonais sont-ils de gros malpolis dans le métro ?

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     Cette question, pour celui qui est allé au Japon peut sembler incongrue tant les Japonais, dans le métro ou ailleurs paraissent être des gens particulièrement courtois. Cependant, il faut croire que si cela est vrai aux yeux du gaijin de passage, cela l’est moins aux yeux de l’autochtone très sensible aux moindres dérives, aussi imperceptibles soient-elles, de la bonne éducation. Lire la suite Les Japonais sont-ils de gros malpolis dans le métro ?

Les Corbeaux de Tokyo

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Parmi les mille et une surprises qui assaillent le touriste lorsqu’il débarque pour la première fois à la capitale japonaise, il y en a qui ne sont pas particulièrement spectaculaires mais qui participent efficacement à construire cette impression que vous êtes bien arrivé dans un monde hors norme. Qui a été réveillé par des corbeaux croassant à sa fenêtre ou qui a vu des hordes de ces mêmes volatiles éventrer des sacs poubelles pour se nourrir voit de quoi je parle. Animal rural chez nous, le corbeau est au Japon un indécrottable citadin. Et évidemment, pour le français habitué des gentils pigeons, ça ne lasse pas de surprendre. Lire la suite Les Corbeaux de Tokyo