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Bijin de la semaine (67) : mieux vivre le confinement avec le yoga de Yuuri Morishita

Et le confinement dura…

Avec ses avantages et ses inconvénients. Perso, je m’adapte assez bien à la situation. Culturellement, c’est la joya, gros quota de pages lues par jour, Breaking Bad avec Olrik jr, des de Funès avec Olrik the 3rd, Mad Men terminé, je ne vois pas le temps passer. C’est peut-être au niveau de l’activité physique que ça pêche un peu. J’avoue ne pas trop avoir la motivation pour faire un footing se limitant à un parcours avec un kilomètre de diamètre. Et puis le footing, c’est souvent par période, là je suis peut-être entré dans un moment où je n’ai tout simplement pas l’envie.

Par contre, en écoutant récemment un disque de Ravi Shankar, je me suis rappelé d’un doux moment lors de mes études. J’étais alors en licence, à moins que ce ne soit en maîtrise, en fait peu importe, j’avais entrepris de suivre les cours d’une des nombreuses activités physiques proposées par la fac. Mon dévolu s’était posé sur le yoga dont les cours étaient situées juste à un kilomètre de chez moi. A cette époque je crois que j’écoutais justement un peu de musique indienne et j’ai eu envie de découvrir la fameuse discipline millénaire du pays.

J’ai écrit « doux moment », c’est à relativiser. Ici pas de cours de yoga à la sauce new age où il s’agissait de rester mollement dans la position du lotus entouré de bâtons d’encens. Le professeur, le trentaine, était adepte d’un yoga pur et dur. Il allait régulièrement en Inde pour parfaire sa pratique auprès de vrais maîtres yogis. Avec lui le programme était simple : des asanas (postures), des asanas et encore des asanas. Durant une heure j’avais l’impression de faire de mon corps une serpillière que j’allais essorer au maximum par ces postures qui me brûlaient, qui parfois me faisait un peu mal mais qui, lorsque je quittais le gymnase après une heure très physique, me donnaient l’impression de marcher en lévitation, parfaitement détendu, tant physiquement que psychologiquement. J’étais alors parfaitement apte à rejoindre les amis à tel pub pour déguster une bonne grosse pinte de bière !

Bref, le yoga, c’est le bien et c’est en écoutant Ravi que je me suis dit qu’il serait bon de reprendre cela à la maison le temps du confinement, à raison d’une demi heure par jour. J’étudie cela sur différents sites afin de retrouver les postures que je pratiquais lors de ces cours. J’essaye aussi de retrouver leur ordre car je me souviens qu’elle ne s’enchaînaient pas n’importe comment. Et histoire de donner un coup de pouce supplémentaire à la motivation, j’ai décidé de retranscrire ces recherches à travers un article. Vous êtes tentés mais vous hésitez à pratiquer le yoga ? Toutes ces semaines de confinement passées à regarder Netflix en bâfrant de la junk food commencent à vous faire sentir un peu minable ? Il n’y a pas à hésiter, surtout que pour l’occasion j’ai fait venir deux instructrices de choc ! La première se nomme Yuko Shoji :

Elle a autrefois fait partie fugitivement d’Ebisu Muscats. Mais plutôt que ce sombre passé on préférera évoquer ses activités de maîtresse yogi. DVD, livres, cours en ligne, la bijin de 36 ans, toujours dans l’éclat d’une beauté sans cesse entretenue par la parfaite maîtrise d’asanas, se donne bien et sait parfaitement attirer le client mâle avec un DVD parfaitement adapté à ses goûts :

Les consignes qu’elle donne sont toujours très claires, Yuko ayant un sens de la pédagogie qui sait parfaitement mettre en valeur ses ananas euh… je veux dire ses asanas :

Je ne saurais donc que trop vous conseiller de voir les multiples liens sur youtube pour vous faire une idée :

Sinon, afin de bien profiter de la lecture de ce qui va suivre, mettez-vous à l’aise. Un short, un t-shirt, plus besoin de chaussettes, vous allez maintenant avoir votre premier cours de yoga. Pour cela j’ai fait venir une bijin dont je me doutais bien qu’elle aurait droit un jour à un épisode de ma série des « bijins de la semaine », j’ai nommé la sublime…

Yuuri Morishita !

On a souvent des pratiquants de yoga l’image d’êtres secs comme des coups de trique et on pouvait se demander si notre bijin allait être désavantagée par son mirifique 90/55/90 dans la pratique des asanas mais en fait pas du tout, vous allez voir que composer des postures avec des gros seins n’empêche absolument pas la pratique du yoga. 

Sur ce, vous êtes prêts ? Brûlez quelque part un bâton de patchouli, mettez la bande son du jour…

… et écoutez attentivement mes consignes tout ne matant (ce ne sera pas trop difficile je pense) leur illustration physique par dame Yuuri qui vous propose pour commencer en douceur la posture du nénuphar avec les mains sur le ventre pour bien sentir la respiration ventrale :

Comme Don Draper lors de l’ultime épisode de Mad Men, vous pouvez dire doucement « aum » pour marquer l’entrée dans notre séance yogistique. Vous allez voir, ça va être de la balle !

Après cinq minutes, relevez-vous pour me faire le vrishasana (posture de l’arbre) :

Le talon doit véritablement être au ras des couilles. Trouvez votre centre d’équilibre et essayez de tenir la pose une minute. Ah ! J’en vois déjà qui rament comme c’est pas permis, ça promet pour la suite de la séance ! Bon, pas de panique les gars, regardez bien sous un autre angle et appliquez-vous que diable ! ce n’est quand même pas bien compliqué :

Regardez comme les mains sont bien tendues vers le plafond, regardez les mains j’ai dit !

Une fois que vous tenu la posture sur une jambe, refaites-la sur une autre. Passons maintenant au garudasana (posture de l’aigle) :

Ne me demandez pas le rapport avec l’aigle, j’avoue que c’est chaud, là. Vous enchevêtrez vos membres comme Yuuri et essayez là aussi de tenir la pause une minute. Le premier qui se rétame la gueule n’aura pas le droit à sa kirin en fin de séance.

Pour terminer avec les postures debout, faisons maintenant le parsvottanasana (posture de la pyramide) :

Tout en maintenant l’angle des jambes, vous posez doucement votre front sur votre genou. Tenez la pose deux minutes en fredonnant Kaze wo atsumete de Happy End.

Comme je pense que vous devez commencer à transpirer un peu, vous pouvez faire comme Yuuri, à savoir porter des vêtements plus légers. Mettez-vous à quatre pattes, c’est parti pour le bidalasana (posture du chat) :

?!

Vous commencez à comprendre le pouvoir du yoga ? N’hésitez pas à le pratiquer avec Madame, l’essayer c’est l’adopter. Une fois que vous en avez marre d’imiter la plus salace des gourgandines de kabukicho, redressez-vous, renversez-vous et choppez vos chevilles de cette manière :

Ushtrasana (posture du chameau)

 

Evidemment, si vous avez abusé des apéros durant le confinement, je ne vous cache pas que c’est un peu dur. Allez, je vais être gentil, tenez la pause juste 45 secondes. Evitez de vomir, merci.

Relaxons-nous un peu maintenant avec le Shashankasana (posture du lièvre) :

J’avais bien un autre gif présentant la posture sous un autre angle mais je crois que je vais m’abstenir pour préserver la concentration. Remarquez comme la posture n’est pas désagréable (je parle ici de votre propre posture et de ce que vous ressentez).

Allez ! c’est fini pour les postures assises, terminons trois minutes avec le lotus. Inspirez et expirez doucement :

Si vous suintez désagréablement sous les aisselles, vous avez le droit de vous mettre en slip. Yuuri a décidé de se mettre en bikini, vous n’êtes pas obligé de l’imiter. Allongez-vous deux minutes et respirez calmement :

Nous allons maintenant passer aux postures allongées. Ne croyez pas que ça va être facile, c’est tout le contraire ! Commençons par une variante de la posture de la charrue :

Les quatre membres (et même cinq dans votre cas) tendus vers la droite, et vous me ferez le plaisir de garder les jambes bien raides (juste elles). Après deux minutes de ce régime, on passe à l’ardhashivasana :

Alors évidemment, ceux qui ont une toilette intime douteuse vont ici le sentir passer. C’est un peu de votre faute aussi, le confinement ne signifie pas que vos bijoux de famille doivent être confinés jour après jour dans le même calbute. Tout le long des 10 minutes 40 que doit tenir la posture, bougez de temps à autre votre main droite pour que je sache que vous ne vous êtes pas brisé la nuque.

Quand vous sentez que vous allez finir par être aussi handicapé que Hank Schraeder dans la saison 3 de Breaking bad, faites passer par dessus vos jambes et remettez-vous à plat lentement, vertèbre après vertèbre, en contrôlant avec vos bras au sol ramenés au niveau de la taille :

Voilààà, c’est ça, comme ça !

Nous n’en avons pas encore terminé avec les postures qui donnent un mal de chien, courage ! Voici le kandharasana (posture du demi-pont) :

Normalement, au bout de trente secondes vous devez avoir l’impression d’n chier sévère. Pour vous récompenser, un peu de repos avec le matsyasana (posture du poisson) :

ne prenez pas cette posture à la légère, le but est d’imagine que votre buste touche aux cieux pour aller saluer Hindra, le dieu du ciel :

Voilà, exactement comme ça.

Après quoi vous pourrez (enfin !) vous reposer avec le supta balasana (posture de l’enfant) :

Là aussi, j’ai l’asana sous un autre angle mais on va rester concentrés jusqu’au bout. Après cela mettez-vous en chien de fusil pour le matsya kridasana (posture du poisson qui bat des ailes) :

Le rapport avec un poisson qui bat des ailes ? Franchement, OSEF non ? On se détend et on admire, c’est tout. Ou plutôt on fait le vide. Attention ! Je n’ai pas dit piquer une ronflette, fixez votre esprit tout en faisant le vide, c’est tout le paradoxe et la difficulté. Essayer de vous déconnecter de l’image de l’épiderme de Yuuri, imaginez que vous êtes allongé au bord d’un bassin d’un onsen situé à quelques lieues du mont Fuji. Une légère brise vous caresse l’échine et provoque un doux murmure parme les feuilles d’un érable qui décore la proximité du bassin. Vous êtes bien. Vous aimeriez que cela dure toujours. Mais vous savez aussi que Yuuri vous attend dans votre chambre de ryokan. Elles vous a promis d’approfondir ensemble certains asanas, notamment la posture de la visite au cyclope, celle du petit ramoneur et surtout celle du grand-duc à moustaches et celle de…

Et voilà, c’est fini. Les petites cymbales indiquent que le cours est fini. Vous pouvez retourner à votre confinement le cœur léger. Et si jamais Madame est plus à prendre avec des pincettes à cause d’une promiscuité de tous les instants, vous saurez que vous n’aurez qu’une seule chose à lui proposer pour l’apaiser : « Chérie, fais donc le bidasalana, ça t’apaisera et je veux bien t’aider à le faire ».

En ce moment la formule à la mode est « prenez soin de vous ». Pour moi, ce sera que Krishna et les chakras soient avec vous !

 

Les bijins de la semaine (66) : Les bijins masquées

Bon, où en étais-je ? Pas simple de reprendre après quinze jours de break forcé. C’est que, voyez-vous, la Olrik Family a connu de sérieuse turbulences, une sorte d’expérience dans l’expérience du confinement. Sans entrer dans les détails, votre serviteur a méchamment dû se sortir les doigts, comprimer 48 heures dans des journées qui n’en ont malheureusement que 24 (à ce que l’on dit), être plus d’une fois au bord du burn out ou pire, du karoshi en sentant poindre des palpitations dans son cœur délicat mais généreux.

Olrik, tiens bon, tu vas surmonter l’épreuve !

Du coup, c’est vrai que l’on n’a pas eu le temps de psychoter avec le covid-19. Cela ne fait que quelques jours que la vie a repris son fleuve tranquille et que je suis avec un peu plus d’attention les infos. On a la chance d’avoir un jardin, et comme il fait beau, c’est reparti pour relire dans le transat, au soleil, le Côté de Guermantes avec un verre de cidre à portée de pogne, juste après avoir aidé Olrik the 3rd à faire ses devoirs du jour. Olrir jr, élève modèle, les fait tout seul et attend avec impatience le soir pour se mater avec moi deux épisodes de Breaking Bad. Quant à Madame, le pragmatisme incarné, elle se rend l’après-midi à son travail afin de continuer à faire tourner sa petite entreprise.

Et donc moi, j’ai un peu de temps pour reprendre BdJ en main. Et là, évidemment, impossible de n’en pas parler. A l’hystérie (un peu légitime, il est vrai) des masques portés disparus en France, je vais répondre en vous en offrant une pléthore, et fort bien portés encore !

Glp!

Délicieusement mystérieux même, car avouez-le, les bijins que l’on croise au Japon arborant cet appendice (d’ailleurs pas forcément pour ne pas répandre des microbes, d’après Madame c’est aussi parce que des femmes ne veulent pas montrer qu’elles ne sont pas maquillées), capte bien souvent le regard. On a la délicatesse des yeux en amandes, mais quels trésors se cachent sous ces masques ? Les bijins masquées, ce sont un peu les Shéhérazade des milieux urbains. Quand on tombe sur l’une d’elles, tel le roi Shahriar, le temps s’arrête et l’on a illico envie de déclamer un poème :

La lune est son visage ; le flexible rameau qui ondule, sa taille 

Son front est blanc comme la première lueur de la nouvelle lune

Ses yeux comme les yeux des gazelles

Ses sourcils comme le croissant du mois du Ramadan

Ses deux seins comme deux grenades jumelles

Son masque comme un voile de rosée recouvrant un lieu enchanteur

Mais où est la langue qui saurait décrire ce miracle : cette croupe ferme et vallonnée qui met mon zebb au supplice… ?

Ya Allah ! Ya Allah !  Qu’il est dur de se promener au Japon !

Sur ce je vous laisse. Tout cela m’échauffe l’esprit et je m’en vais retourner à mon Proust pour me calmer. A bientôt et n’oubliez pas :

Bijins de la semaine (65) : Les Nichigeki bijins

En cette période de confinement, il faut bien continuer à vivre, à se distraire, à rêver. Pour cela, quoi de mieux que la série des « bijins de la semaine » ? Et quoi de mieux que le music hall ? Charly l’a très bien chanté, souvenez-vous :

Ah ! Trénet ! Ça met tout de suite du baume à l’âme, n’est-ce pas ?

Et si en plus cela s’accompagne de délicates créatures aux yeux en amandes en train de se trémousser dans un appareil donnant à voir de fines gambettes ou d’autres délicates parties de leur anatomie, alors là, excusez-moi mais vous pouvez d’ores et déjà laisser tomber votre vulgaire Marc Dorcel et son libre accès pour cause de Coronavirus. Pour aujourd’hui, nous allons donc faire un bon dans le temps : directions les années 50 et 60 au Nichigeki Music Hall de Tokyo :

Situé à Yurakucho non loin de Ginza, la bâtiment a pu recevoir des artistes de jazz tels que Gene Krupa ou Ella Fitzgerald mais dans le cœur des séniors japonais, c’est pour un tout autre type de spectacle qu’il est connu. Un spectacle avec des paillettes et des plumes…

Beaucoup de plumes.

 

Faisant les délices des touristes mais aussi des bidasses américains alors en garnison, le Nichigeki proposait du burlesque de music hall de qualité et exclusivement topless. Car évidemment, vous vous en doutez, il ne s’agissait pas de proposer une nudité intégrale. A cause de la censure, impossible de montrer le moindre buisson ardent. Du coup on a compensé par des tenues extravagantes et mettant en valeur d’autres atouts de la plastique irréprochable des danseuses. Evidemment, à la fin des années 70, les goûts, davantage portés sur l’explicite avec le début de l’ère des JAV, ont eu tendance à délaisser le Nichigeki et c’est en, 1981 que le bâtiment a fermé ses portes (et détruit, bien dommage compte tenu de son architecture sortant de l’ordinaire) :

Mais tout n’a pas été perdu puisque subsistent de délicieuses brochures qui ont été publiées tout le long de l’existence du Nichigeki. A l’intérieur de jolies pin up dessinées par Noboru Ochiai mais surtout de somptueuses photos des différentes créatures qui ont animé le lieu et qui se sont fait plus d’une fois siffler par les bidasses ricains façon loup de Tex Avery.

Regardez attentivement puis fermez les yeux et imaginez : vous êtes subitement dans un lieu public, pas de vilain virus à craindre, lorsqu’apparaît subitement Mako Misaki, la fameuse « Reine du Nichigeki » et dont la plastique de déesse sera peu à peu découverte au gré de savants mouvements avec des plumes d’autruche. Oui, en imaginant cela, pas de doute, on peut nous aussi dire, comme Charly, que l’on aime le music hall.

Bijins de la semaine (64) : Deunan Knute et les Shirow girls

Il fut un temps où Masamune Shirow a été copieusement édité en France. Dans les années 90 précisément, Akira et Dragon Ball avait ouvert la voie – avec quelques titres plus confidentiels chez Tonkam – et bientôt allait suivre une pléthore d’œuvres d’une pléthore de genres. Parmi ces titres, ceux de Shirow : Appleseed, Black Magic, Orion puis, plus tard, Ghost in the Shell, porté par son adaptation au grand écran de Mamoru Oshii. Un peu comme un autre mangaka de sa génération, Ryoichi Ikegami, les rééditions ont eu tendance à se casse la gueule et l’on ne trouve plus guère que les derniers tomes de Ghost in the Shell en magasin, alors que les volumes d’Appleseed semblent être de plus en plus rares à dégoter. Peut-être que cela reviendra et il faut le souhaiter car en matière de cyberpunk en manga, on a rarement fait mieux depuis. O.K., il y a Boichi et son récent Origin qui n’est pas mal troussé (bien qu’il commence à m’ennuyer). Mais il faut savoir qu’à la fin des années 80, quand parurent les premières éditions américaines d’Appleseed chez Dark Horse, ce fut un choc pour le Olrik ado d’alors, ainsi que pour pas mal d’amateurs de BD exotiques venant d’Asie. Bien que je commençais à m’habituer à lire des mangas en anglais, je me souviens que ce titre était particulièrement ardu à décrypter de par la masse d’informations techniques qu’on y trouvait. Pas grave, l’intensité des scènes d’action était là pour me contenter.

En 1992 certains fanzines (le n°1 de Tsunami et le n°4 de Mangazone) y allèrent de leurs articles sur Shirow, découvrant un peu plus un univers bardé de mechas et de femmes d’action. Et c’est en 1994 que Glénat se décida à publier la première édition en français d’Appleseed. Je crois me souvenir que j’avais été interloqué par sa découverte. Je m’étais rendu à ma librairie de BD préférée lorsque je tombe sur une pile d’exemplaires du tome I d’Appleseed ! Comment diable ? Mais on ne m’avait pas prévenu ! Et avec en plus en couverture ceci :

Un putain de cyborg, une héroïne pulpeuse en diable dotée d’un gros flingue, c’était tout Shirow ça. Sortant un billet de cent francs, je m’emparai d’un précieux exemplaire pour le lire illico chez moi. J’allais enfin comprendre la complexité de l’histoire que je n’avais fait qu’effleurer chez Dark Horse. Enfin ça, c’est ce que je croyais car même en français, il faut bien reconnaître qu’Appleseed est encore un peu obscur. C’est ce qui peut plaire à l’amateur de Hard S-F et de cyberpunk compliqué, mais c’est ce qui peut aussi parfois rebuter. C’est ce qui d’ailleurs ne m’a pas fait acheter les récentes publications de Ghost in the Shell : Man Machine Interface : trop verbeux, trop fumeux.

Fumeux d’ailleurs comme le goût de Shirow pour les héroïnes. Pourquoi n’a-t-il jamais opté pour un héros ? Voici la réponse qu’il donne dans le n°1 de Tsunami quand on lui demande pourquoi ses protagonistes sont toujours des femmes :

Je pense que ce ne sont pas des femmes au sens propre du terme. Je les traite plutôt comme des idéogrammes. Avec un héros masculin, on peut donner l’impression que l’œuvre est stable et bien ordonnée. Cependant, il existe alors un risque de créer un style lourd et banal. Pour empêcher cela et pour donner à la BD une sensibilité neuve, il faut faire ressortir la personnalité du héros. Dans ce cas, le héros à un poids, une densité trop importante ce qui est impossible dans mes BD car, du point de vue de la structure, elles sont basées sur le principe du multiplexage et de la multiplicité des informations. D’autre part, j’ai pensé qu’il serait plus original de prendre une femme pour héros plutôt que comme accessoire d’un personnage masculin, qui n’apparaîtrait dans quelques scènes que pour la satisfaction des lecteurs mâles. Bien sûr, si je dessine des héroïnes, c’est aussi pour satisfaire mes lecteurs et moi-même, en tant qu’hommes.

Légère contradiction, d’un côté, je dis que je ne veux pas faire d’un personnage féminin une potiche. De l’autre j’avoue volontiers qu’il y aura volontiers du fan service avec une héroïne. Une chose est sûre cependant, ses héroïnes n’ont rien de cruches. C’est ce qui a d’emblée frappé à la lecture d’Appleseed. La couverture du tome 1 de l’édition français mettait l’accent sur le fan service, mais les couvertures des autres tomes étaient plus en accord avec le contenu : l’héroïne, Deunan Knute, n’a rien d’une poupée Barbie s’adonnant à un cosplay hi-tech. C’est une femme d’action, une pure et dure, une tatouée, du genre à en remontrer aux plus velues des Big Jim. Porter des bijoux ? Connais pas ! Elle, son truc, c’est porter un lourd blouson en Kevlar, des rangeots et un flingue à côté duquel le Magnum .44 de l’inspecteur Harry fait figure de jouet pour jouer aux cow-boys et aux indiens dans la cour de récré. Se maquiller ? Le seule maquillage que la bijin connaisse c’est le maquillage de camouflage pour des opérations commando ultra risquées.

Bref, pour le fan service, vous l’avez compris, ce n’est pas du côté de Deunan qu’il faut aller le chercher. Du moins au début. Ironiquement, les deux premières cases dans lesquelles elle apparaît nous la montre comme une inoffensive femme au foyer :

Mais cet aspect gentillet ne dure pas. Très vite les flingues et les regards torves vont être dégainés et il faudra rechercher le fan service plus du côté de la mignonnette Hitomi. Dans la section « data book » qui accompagne le tome 5 on y apprend, outre que « ses mensurations sont top-secret ! », que Deunan « est droitière mais s’est entraînée à être ambidextre en cas de besoin » et qu’ « elle a toujours sur elle deux couteaux. ». Une John Rambo avec des seins, quoi. Et un brin impulsive avec ça !

Cependant, comme bombarder son lecteur de scènes d’action et d’une avalanche d’informations technologiques et géopolitiques pourrait être lassant pour lui, Shirow n’oublie pas d’assaisonner parfois son récit de temps de pause. Et au fur et à mesure que progresse Appleseed, on découvre une Deunan dans la sphère intime. Ainsi ces planches dans lesquelles elle accompagne Hitomi dans un sento futuriste :

Mais aussi ces cases où l’on découvre que la belle a un amoureux en la personne de…

Briareos !

Briareos, son coéquipier, mentor, homme dont le corps n’est plus maintenant qu’une machine à 95% (seul le cerveau est d’origine), et donc amant. Ne demandez pas comment ça se passe au lit, je n’en sais rien. Une chose est sûre, la belle est bien amoureuse de la bête, ce qui permet au passage à Shirow de ne pas s’encombrer avec une histoire d’amour traditionnelle. En tout cas cela participe d’une féminisation du personnage qui, même lorsqu’elle sera représentée « en service », sera parfois dessinée de manière à mettre en valeur sa plastique :

On la vu plus haut, quitte à choisir de représenter des personnages féminins, autant se faire plaiz’. D’ailleurs, il se fait tellement plaisir avec cet aspect, Shirow, qu’il ne dessine plus que ça ! Car à côté de ses mangas, le larron est connu pour avoir une multitude d’artbooks plus ou moins érotiques. Cela a commencé avec Intron Depot, en 1992. On le trouvait en import à l’époque. Je me souviens l’avoir feuilleté fébrilement dans je ne sais plus quelle librairie, à la fois ébahi par la joliesse des dessins, la qualité de l’impression, mais aussi frustré devant le prix salé dû à l’importation. A l’intérieur différentes sections consacrés aux différents mangas de l’auteur. Dans celle consacrée à Appleseed on y découvrait une Deunan étrangement tout sourire et moulée dans des combinaisons faites pour laisser apparaître ces mensurations pourtant censées être « top secret » :

Le reste de l’artbook est à l’avenant, on y trouve une multitude de poupées de chair bien pourvues par dame Nature et délicatement insérées dans des mechas d’acier :

Par la suite, l’érotisme s’amplifiera avec d’autres artbooks. Dans Intron Depot 2 – Blades, les noces de la chair et de l’acier se feront dans un univers de fantasy peuplé de bijins dotées de grosses lames :

Avec une différence notable par rapport au premier opus : Shirow tente désormais les poitrines libérées des contraintes textiles. Dans Intron Depot 3 – Ballistics, retour à l’univers cyberpunk. La maîtrise des techniques informatiques, initiée dans Intron Depot 2, est confirmée. Shirow créé des compositions parfois sages, parfois plus sexy :

Les corps se font plus allongés et plus huilés. Ceci rappelle peut-être aux connaisseurs de Ghost in the Shell une certaine scène censurée dans l’édition française, celle où l’on voit des androids lesbiennes faire des choses. De même dans GITS : Man Machine Interface, le lecteur japonais avait eu droit à une scène de cul qui détonnait fortement avec l’emballage cyberpunk. C’est apparemment un des fantasmes (et une facette de son fond de commerce) de Shirow qui a initié dès 2002 une collection de mangas et de posters intitulée Galgrease (gal pour jolie fille et grease pour l’effet huilée qui recouvre leur corps). Les univers représentés tiennent aussi bien de l’archéologie, de la piraterie ou du far west :

Avec à chaque fois deux constantes : des corps longilignes bien huilés donc, mais aussi des scènes de marécage spermatique renvoyant au tout venant ennuyeux de l’hentai actuel. On peut penser que cela ravit l’otaku de base écumant les librairies d’Akiba. Pour l’amateur d’Appleseed, cela fait regretter le temps où Shirow s’essayait à faire autre chose que de dessiner des gros seins huileux et des culs rebondis, à savoir raconter des histoires exigeantes. Pour cela, malheureusement, je crains qu’il ne faille davantage lorgner du côté de la relève (avec Boichi) ou des différentes adaptations anime ou cinéma de son oeuvre. En attendant un improbable sursaut, n’hésitez pas : replongez-vous ou découvrez Appleseed. C’est parfois sacrément prise de tête, mais qu’est-ce que c’est chiadé comme univers !

 

 

 

 

Bijins de la semaine (63) : Nao Omura et ses copines surfeuses

Certes, l’été va laisser la place à l’été indien mais rien n’y fait : en ce moment, ça pue quand même méchamment la rentrée. La nourriture pue la rentrée, les lectures puent la rentrée, et même l’apéro pue la rentrée. A cela il convient bien sûr de trouver des remèdes. A chacun sa méthode, faire du sport comme un ouf’, picoler aussi comme un ouf’, voir le dernier Tarantino (excellent !), plonger dans les photos de vacances prises durant l’été, se mater l’intégrale de la filmo de Hisayasu Sato, regarder un épisode de Motto Onsen ni ikou, que sais-je encore ?

J’essaye un peu de tout cela mais parfois je me dis qu’après avoir rencontré Madame, j’aurais mieux fait de tout plaquer en France pour commencer une carrière de surfeur à Okinawa. Ah ! Avoir un corps sculpté par les embruns, être un trait d’union entre la mer et la vastitude du ciel, profiter le soir de la douceur de la plage en faisant un yakiniku sur la plage avec des amis, faire l’amour la nuit comme Burt Lancaster de Deborah Kerr dans Tant qu’il y aura des hommes, et le jour glisser sur les vagues en compagnie de sirènes adeptes du surf telles que Kyoko Fukada ou Nao Omura !

La première, vous la connaissez sans doute de nom, c’est une actrice/modèle. Elle joue actuellement dans le drama Daughter of Lupin et a joué entre autres dans le pénible Kamikaze Girls ainsi que dans le Dolls de Kitano. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que la bijin a un goût prononcé pour les joies de la planche :

La deuxième, c’est encore un cran au-dessus puisqu’il s’agit d’une surfeuse pro qui espère bien participer aux J.O. de 2020 -puisque le surf fera partie du programme de la compétition – il s’agit de Nao Omura :

Fresh fruits

Je suis allé faire un tour du côté de sa chaîne Vimeo et de son compte Instagram, rien à dire si ce n’est que c’est charmant, positivement charmant. Le sourire est éclatant, le bikini bien porté, le jarret à la fois souple et ferme, la croupe flexible permet de garder l’équilibre et de dompter les vagues les plus retorses, y’a pas, je saurai qui supporter pour les J.O. On sent tout de suite la jeune femme bien dans sa peau :

… en bonne santé :

… mangeant plein de bons yasai japonais pour garder la ligne :

… respectueuse de la tradition familiale, bien élevée, toujours souriante et sociable :

… faisant preuve de bon goût dans le choix de ses bikinis :

Et par-dessus le marché s’occupant volontiers de Youki, son épagneul breton, l’amenant avec elle à la plage plutôt que de le laisser à se morfondre dans son petit appartement :

Youki à droite, Butty à gauche.

Quand on la voit, on a tout de suite envie de fréquenter son meilleur spot, de l’aider à mettre de la wax, de chauffer avec elle les lèvres en layback et de faire un re-entry dans le tube.

Après cela, il n’y aura plus qu’à siroter un cocktail multicolore en écoutant Tropical Dandy de Hosono. Allez, en imaginant cela et en regardant les photos récoltées, ça pue un peu moins la rentrée…

 

 

 

 

Bijins de la semaines (62) : Les bijins de « Motto Onsen ni Ikou ! »

Le concept de Onsen ni Ikou !, émission diffusée sur Fuji TV de 2004 à 2009 est génial. Chaque numéro de l’émission a en effet pour but de présenter deux, parfois trois onsens dans un coin du Japon. Un narrateur, sobre, nous donne un certain nombre d’informations sur les établissement choisis tandis que défilent sous nos yeux de magnifiques images des différents bassins, des chambres, des paysages alentours ainsi que des plats servis.

Et alors ? me direz-vous. Les émissions de cet type sont légions sur les chaînes japonaises et concernant les onsen, TV Tokyo avait récemment diffusé une émission de ce type, 厳選いい宿 (Gensen ii ya do):

A ceci, je réponds certes, mais  ce qui rend Onsen ni ikou (et sa déclinaison Motto onsen ni ikou, diffusée à partir de 2009,dont les images de l’articles sont tirées) unique en son genre est que… bon, attendez, vous allez comprendre.

Voici le topo, histoire d’aider le spectateur à bien imaginer ce que serait son séjour dans le onsen choisi, on suit les pas d’une cliente (avenante, la cliente, notez-le bien, ceci a son importance, si si!). On la voit au début marcher pour se rendre à son onsen. Le décor est parfois naturel, parfois un peu pittoresque, dans tous les cas on sent la bijin heureuse et décontractée, fin prête pour mettre la clim à l’établissement sur lequel elle a jeté son dévolu :

Juste pour info, l’actrice se nomme Kaori Gunji.

Puis elle arrive à l’onsen. A l’entrée, il faut faire le check in et comme il y a un peu d’attente, elle s’installe dans un petit salon pour y admirer un charmant jardin tout en savourant un matcha qu’une employée lui sert gracieusement. Y’a pas, la jeune femme se sent de mieux en mieux (et le spectateur aussi, grâce aux gros plans qui permettent d’apprécier la beauté de la créature) :

Elle entre dans la chambre qu’elle a réservée. Bon, pas dégueu, la chambre :

Et là, ami lecteur, j’endosse le costume de Jean-Pierre pour te proposer un jeu ! A chaque étape de ce qui va suivre, je te propose quatre possibilités avec une seule valide.

Tu es prêt ? Alors c’est parti !

Tout d’abord, la bijin décide-t-elle de…

  1. Se servir un macha ?
  2. D’ouvrir la fenêtre pour admirer le paysage ?
  3. Se faire les ongles ?
  4. D’ôter sa jupe ?

Pour le savoir, clique sur ta réponse, tu vas voir, tu vas vite y prendre goût.

Par la suite, décide-t-elle de…

  1. S’offrir un petit en-cas ?
  2. Augmenter la clim’ ?
  3. Regarder sa messagerie sur son keitai ?
  4. D’enlever le haut car il fait décidément un peu trop chaud ?

Troisième étape. Va-t-elle…

  1. Regarder le koshien sur la TV ?
  2. Faire un petit somme réparateur ?
  3. Appeler l’accueil pour se faire apporter une boisson ?
  4. Retirer son soutien-gorge ?

Enfin, pour finir, choisit-elle subitement de…

  1. Faire un Twerk ?
  2. Chanter Riquita jolie fleur de Java ?
  3. Faire le poirier ?
  4. D’enlever sa culotte ?

Voilà, vous commencez sans doute à comprendre (et si vous avez fait un sans faute, c’est que vous être digne de lire mes articles « bijins de la semaine »). A chaque épisode la recette est immuable, imparable et fascinante :

  1. Check in à l’entrée.
  2. Arrivée dans la chambre. Désappage en règle afin d’enfiler le yukata.
  3. Si la bijin a les cheveux longs, on la voit alors se faire artistement un chignon.
  4. Rapide déambulation dans les corridors de l’hôtel pour rejoindre les vestiaires permettant d’accéder aux bains.
  5. Dans les vestiaires, re-désappage (ça ne mange pas de pain).
  6. Baignade en tenue d’Eve (évidemment le passage le plus important).
  7. Retour dans les vestiaires pour s’habiller.
  8. Ici, soit la belle enchaîne avec un autre bassin, soit on présente la nourriture qui est servie à l’hôtel.

A ceci s’ajoute parfois d’autres étapes, comme le passage entre les mains expertes d’une masseuse…

Avec, comme on peut le voir, une parfaite maîtrise des points vitaux.

 

… ou l’utilisation d’un fauteuil masseur :

Certains plans nous confirmeront qu’il possède bien la fonction « good vibrations ».

En tout, il y a quatre baignades par épisode, la bijin se rendant souvent à la moitié à un autre onsen du coin. Monotone pensez-vous ? Franchement c’est à voir. Car ce qui frappe quand on regarde Motto onsen ni ikou!, c’est l’ambition de plonger le spectateur dans un monde d’élégance et de raffinement. Beauté des paysages, beauté des chambres, beauté des plats, beauté des bassins et, bien sûr, beauté des bijins choisies. Ici il y en a pour tous les goûts puisque à chaque numéro de Motto Onsen correspond une bijin. Et il ne s’agira pas de la mettre à nue pour la filmer de manière vulgaire comme la dernière des gourgandines issues du monde des JAV. Là aussi, élégance est le maître mot car deux contraintes ont été adoptées : ne jamais montrer le moindre mamelon, et encore moins le moindre poil de pubis. Vous pourrez scruter, faire autant d’arrêts sur image que vous voulez, vous n’en trouverez pas. Parfois on se dit que ça y est ! on va avoir droit à des tétons oubliés au montage mais en fait non, le photographe de l’émission semblent s’être échiné à faire preuve d’imagination pour cacher ces seins que l’on ne saurait voir sur une chaîne familiale :

Quand Anasthasie a l’apparence de jolies fleurs…

Il faudra donc se contenter de demi-globes, de cadrages au taquet pour ne pas trop se rapprocher de certaines toisons. Et se « contenter » de postérieurs. Beaucoup de postérieurs en fait puisque là, aucune contrainte ne semble avoir été imposée, si ce n’est certains plans que l’on retrouve d’un numéro à l’autre, comme celui où la bijin se poste près d’un bassin pour s’asperger avec le senmenki (ce petit seau en bois que l’on utilise pour s’asperger avant d’entrer dans le bain. Appréciez au passage le côté documentaire de l’article) :

Deux gifs, juste pour vous montrer à quoi ressemble un senmenki.

Pour le reste, chaque photographe donne libre cours à son imagination pour mettre en valeur la bijin et éviter une impression de répétition d’un bassin à l’autre. Bassins d’ailleurs là aussi choisis pour donner l’impression d’une certaine variété. 

Vous le voyez, malgré l’érotisme soft, pas de quoi être déçus. Et puis, à une époque du porno le plus trash accessible en un clic de souris, les gracieuses souris de Motto Onsen sont particulièrement rafraîchissantes. Et même hypnotisantes. Il y a dans ce programme un peu de Slow TV, vous savez, ces programmes qui diffusent non stop pendant des heures des images apaisantes (une plage, une forêt, un feu de cheminée…). On vient à ce programme évidemment pour se rincer l’œil (et entre les bassins et les bijins, il l’est doublement) mais pas que. Accompagné par une musique relaxante qui fait forcément bon ménage avec des images présentant de fabuleux onsens (réellement, les établissements n’ont pas été choisis à la va-vite et donnent envie de se renseigner pour un futur voyage), le programme a de quoi déstresser et vous ramollir l’âme après une rude journée de travail. J’imagine en tout cas que plus d’un salary man ont dû apprécier de visionner Motto onsen dans leur fauteuil massant et une kirin à la main après avoir passé une journée de cauchemar. Il y a dans Motto onsen une sorte de relaxation communicative faite pour supprimer de votre esprit le moindre tracas. Bon, c’est vrai, certains plans vous font un peu baver comme Kame Sennin devant un programme d’aérobic, mais d’autres vous aident à mettre de l’ordre dans votre esprit. C’est que nous sommes ici dans un monde de beauté et d’harmonie qui, tout en permettant le délassement de la chair, conserve cette maîtrise de soi et cette recherche d’ordre toute japonaise. Ce n’est pas parce qu’une bijin porte un string ou une lingerie affriolante (là aussi, grande variété concernant ces précieux bouts de tissu) qu’il faut la jeter dans un coin une fois qu’elle les a ôtés. Là aussi, après la beauté du lieu, il convient de respecter la beauté des objets et de les ranger avec la méticulosité qu’il leur est dû :

Voilà, comme ça, c’est mieux.

Vous l’aurez sans doute compris, Motto onsen ni ikou est un précieux programme pour qui se sent l’âme d’un esthète érotomane de bon aloi. Vous pouvez foncer pour admirer tout votre soûl, 73 épisodes ont été réalisés. Moi, je vous laisse, j’ai Meru Amamiya dans un onsen du côté de Yunohama qui m’attend…

 

 

 

 

Bijins de la semaine (61) : Les tennis bijins

Mais où sont donc passées les tenniswomen d’antan ? A l’heure où la WTA se plaint que les demi-finales dames n’aient pas eu les honneurs du court central à Roland Garros, il faut bien aussi reconnaître que la compétition chez les femmes a rarement été aussi ennuyeuse. Autant j’ai tendance à considérer comme plutôt plaisant le foot féminin, autant là, pour le peu que j’ai vu cette année à RG, ça ne m’a pas franchement emballé. Il faut dire que je sortais d’un des matchs entre les Golden State Warriors et les Toronto Raptors, ainsi que du match épique entre Wawrinka et Tsitsipas. Autant dire que mes yeux ont un peu saigné. Trop poussif, trop de fautes directes et surtout une absence totale de vista et de charisme sur le court. Les joueuses sont soignées, très proprettes, mais bordel qu’est-ce qu’on se fait chier ! Où est le tempérament, l’arrogance, la fierté, l’envie de montrer qu’on est la merluche de sa catégorie ? Si l’on met de côté Serena Williams (très Robert Crumb approved), qui a certes ses défauts mais qui au moins le mérite de rendre les rencontres un peu plus épicées, on a vite l’impression d’assister à une gentille sarabande de joueuses interchangeables.

Du coup je n’ai pas regardé la finale dames hier, préférant suivre le match bizarre mais prenant entre Djokovic et Thiem, et surtout rassembler toutes les belles images pour ce numéro 61 des « Bijins de la semaine ».

?!

« Coucou Olrik san ! Bon, on fait un double ou une triplette ? »

Car non, ne nous laissons pas désespérer par le morne désert que nous propose actuellement le tennis féminin. En attendant des jours meilleurs, nous pouvons en effet toujours compter sur une espèce particulière de joueuses. Ce ne sont pas les « tenniswomen » mais les « tennis bijins ». Tenant ferme le manche, elles virevoltent dans tous les sens, laissant parfois rebondir des formes qui pourraient être perçues comme un handicap dans ce sport, répandant autour d’elle une douce odeur de fleurs de cerisier, pour à la fin gicler un smash puissant qui ne manquera pas de soulever le frêle morceau de tissus qui leur sert de jupette afin de faire apparaître un autre tissu immaculé que les otakus présents dans les gradins ne manqueront pas de saisir au vol grâce au zoom de leurs puissants reflex. Je m’arrête là, la phrase comment à être trop longue, je m’emporte un peu, comme si j’étais embarqué dans un de ces rodéos sur terre battue. Et ce n’est jamais bon, ça, on est au bord de l’apoplexie et il faut reprendre son souffle un moment si l’on veut reprendre la partie.

 

?!

« Ça va mieux Olrik san ? Tu as fini de vomir ? Bon, on reprend la partie ? »

Bref, jouer contre les bijins à raquettes, c’est un peu comme jouer contre Nadal et Federer en même temps. Le taureau de Manacor parce que les émotions face à ce que vous prenez sont si puissantes que vous en oubliez de respirer normalement et que vous vous retrouvez rapidement à avoir la gerbe. Federer parce que la joliesse de leurs mouvements évoquent infailliblement la grâce que les thuriféraire humides ne manquent jamais de faire remarquer chez l’Helvète (qui du coup pourrait jouer avec une jupette). Bref, si un jour vous vous retrouvez face à ce genre de créature, bon courage ! C’est le 6-0 6-0 6-0 assuré pour vous. Numériquement parlant, ce sera une défaite cuisante, mais il y aura malgré tout de fortes chances pour que vous quittiez le court le cœur léger et satisfait du moment passé… finalement un peu comme Federer avant-hier après s’être fait une nouvelle fois désanusser par Nadal.

Bijins de la semaine (60) : Les nonnes bijins prient pour Notre-Dame

Lundi soir, alors que je m’apprêtais à me mater avec les enfants La Poursuite infernale, un bon vieux John Ford avec Henry fonda, je tombe sur cette terrible nouvelle : un incendie est en train de ravager Notre-Dame ! Le cœur serré, je regarde les images, me remémorant ces heures délicieuses passées à explorer la marchandise des bouquinistes des quais de la scène, avec en arrière plan, présence rassurante et magnifique, la vieille dame qui me semblait à chaque fois me donner sa bénédiction pour dégoter de précieux achats.

Tout cela n’est plus. Du moins pour le moment. J’ai confiance, Notre-Dame reviendra, j’en ai la certitude, et je pourrai un jour chiner dans les étals des bouquinistes tout en l’admirant.

Après, une fois la stupeur passée, vient le moment de se poser les bonnes questions, notamment celle-ci :

Qui est le responsable ?

Aussitôt la grosse machine journalistique qu’est Bulles de Japon s’est mise en branle, tous les réseaux, – officiels, officieux et underground – ont été réactivés afin de répondre à cette épineuse question. D’emblée, mon flair rejeta les sous-entendus islamophobes d’un Ducon-Aignan. Même choses pour les délires frelatés au mauvais pastaga des gilets jaunes selon lesquels c’était Macron lui-même qui, avec un briquet Dupont, aurait foutu le feu afin de ne pas faire ses propositions au JT de 20 heures. Au passage, les mecs, selon les règles de la dramaturgie, le nombre d’actes maximum, c’est 5, pas 23 ! Il y a d’autres moyens pour vérifier que l’on sait compter, je dis ça, je dis rien.

Bon, sinon, je viens bien admettre la piste d’un objet électrique made in China mal connecté et qui aurait créé une fatale étincelle. Mais les probabilités semblent vraiment très minces. Bref, j’étais dans l’impasse. Je songeai à la fameuse phrase de Sherlock Holmes :

Une fois qu’on a éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité.

Mais si on éliminait toutes ces pistes, de quoi pouvait-il s’agir, bon sang de bois ?

C’est alors qu’arriva dans ma boite mail un message d’un de ces reporters amateurs amoureux du Japanisthan et souvent pourvoyeurs d’infos intéressantes pour la vie du site. A l’intérieur, un message laconique : « j’ai trouvé la cause Olrik ! » et une photo :

?

Puis un post scriptum : « j’ai eu le temps de pousser mon 400mm pour une photo plus lisible. Je te l’envoie. »

Deux minutes plus tard, arriva en effet un autre email avec cette stupéfiante photo :

?!

Bon dieu, mais c’était bien sûr ! Cet « improbable » ne pouvait être qu’une bijin ! Et une de ces gilètes jaunes encore ! Mais que diable… pardon, évitons de blasphémer pour cet article, je voulais dire Seigneur tout puissant ! que faisait-elle donc en haut de Notre-Dame ? Selon toute vraisemblance, la facétieuse jeune femme avait dû faire un pari avec des copines dont l’objet était de montrer aux usagers des bouquinistes de la Seine une certaine partie de son anatomie. D’accord, mais pourquoi un incendie quelques minutes après ?

Me ruant sur Photoshop, isolant numériquement son visage, je l’entrai dans ma base de données afin de connaître son identité : il s’agissait de l’AV idol Maria Takagi, née à Chiba en 1978, 88/60/87, 1m61, 48 kg, groupe sanguin A. Cinq prix récoltés au X City Grand Prix Awards de 2003 : meilleure nouvelle actrice, meilleure actrice, plus joli visage, meilleure vidéo et meilleure conversation (sic). Première expérience sexuelle à 18 ans (expérience à trois). Hobbys : le snowboard, l’encens et la natation. Aime le curry au poulet et le café Boss. Putain mais OSEF quoi ! Un coup d’œil sur sa filmographie : Mangues juteuses à Miyazaki, Prisonnière d’une forêt de gros bambous, OL perverse et régime de bananes, Le Con de l’infirmière Thai, L’Onsen du vice, Le Bullet train du chef de gare sifflera trois fois, etc. etc.

Une AV idol, c’était limpide. Une de ces jeunes femmes bien connues pour mettre le feu partout où elles vont, souvent dans un endroit du pantalon de ces messieurs, mais pas que. Un autre titre de sa filmographie attira mon attention : La stagiaire du combini a le feu au derrière.

Et là, en regardant attentivement son postérieur sur la photo,  je compris : galbées, apparemment bien fermes, du genre à pouvoir servir de casse-noix, ces deux fesses, en s’entrechoquant alors que la belle marchait au milieu de la charpente, avaient dû produire une étincelle, un peu à la manière de deux silex en fait. Et une étincelle dans « la forêt » de Notre-Dame, ça ne pardonnait pas.

Du coup je suis un peu gêné de cette révélation car j’imagine que Maria chan va bientôt avoir affaire à la maréchaussée. Mais on a beau apprécier ces rudes travailleuses que sont les AV idol, que voulez-vous, la vérité journalistique avant tout ! Mais nous ne t’abandonnerons pas Maria chan, et même chose pour Notre-Dame. Comment ? Manifestement pas en faisant un don pour la reconstruction, car ce serait mal connaître les finances de ce site au bord du seppuku financier. Notre moyen sera moins monétaire que spirituel. Au gros argent des grosses fortunes de France, nous préférons faire appel non pas à l’abbé Bethléem mais à…

Eh oui ! Elles sont belles, se parfument à l’eau bénite et seraient capable de faire bander un crucifix, ce sont les nonnes bijins. Les amateurs de nunsploitation les connaissent bien. Je me souviens encore avec émotion de ma découverte du Couvent de la Bête sacrée, film de Norifumi Suzuki qui m’a subitement redonné foi en Dieu. En joignant nos prières à celles de ces prêtresses de l’amour et du don de soi, nous pourrons faire en sorte que les astres s’alignent au plus vite afin de favoriser une reconstruction qui nous rendra Notre-Dame plus belle que jamais. Allez, avec moi…

♫ Ô Seigneur, je viens vers toi, je viens vers toi ♫
♫ Je te cherche mon Dieu. ♫
♫Ô Seigneur, écoute-moi, écoute-moi, ♫
♫ Je t’espère mon Dieu. ♫

Bijins de la semaine (59) : les jitensha bijins

Les beaux jours arrivent, et avec eux l’envie non pas de rejoindre les gilets jaunes le samedi (j’étais parti pour un article intitulé « More Gilètes jaunes » avec tout plein de documents pulmonés avant de finalement laisser tomber) mais de rechausser les chaussures de sports afin de perdre des kilos superfétatoires, après un hiver passé à me la couler douce en lisant du chef-d’œuvre tout en grignotant des machins sucrés. Objectif : courir chaque jour 45 minutes. Oui, je sais, le chiffre fera ricaner les lecteurs-coureurs les plus chevronnés mais mon corps est ainsi fait que si je cours disons, 1 heure et quart, je suis sûr de me niquer un genou ou une cheville et j’en suis alors quitte pour un repos forcé de plusieurs semaines le temps que la douleur s’estompe. Déjà, l’été dernier, je m’étais fait avoir en bourrinant juste avant d’aller au Japon, et j’avais dû faire une croix sur mes footings matinaux là-bas because une cheville droite branlante. Un vrai crève-cœur tant j’aime courir le matin dans mes endroits préférés.

Après, quand ça ne va pas fort, ou quand Olrik the 3rd exprime le désir de faire une promenade en vélo, il y a justement ce moyen pour se dépenser gentiment. Les vieux lecteurs de ce site l’ont compris depuis longtemps. Votre serviteur, sans être non plus un passionné de cyclisme, raffole depuis toujours de la pratique de ce moyen de locomotion en milieu japonisant. Il peut faire dehors une chaleur à crever, mettez-moi sur un bicloune, à pédaler gentiment quelle que soit la direction, que ce soit au milieu de rizières, dans des rues de centre ville truffées de pancartes en kanji annonçant ici un bar, là un resto ou tout simplement dans les ruelles du quartier où habite la belle-famille, c’est à chaque fois le même plaisir. Et quand en plus on a celui de croiser des bijins à bicyclette, alors là, on se sent pousser des ailes. Le jarret devient subitement plus ferme, on se sentirait capable de suivre Nanard le blaireau tout en haut du col du Tourniquet, dans les Pyrénées. Bon, j’exagère un peu, après avoir dépassé la quarantaine j’avoue que j’ai apprécié l’aide électrique du vélo Panasonic acheté par beau-papa. Mais c’est vrai que croiser une bijin à vélo est à chaque fois un instant très « Ô temps suspend ton vol ! » souvent vivifiant. Un beau visage fixant droit devant lui, une mèche au vent, une allure gracile, des gambettes courts vêtues qui essayent subitement de pédaler tout en empêchant maladroitement de voir ce qu’il y a au niveau de la selle, je reconnais qu’à chaque fois je retiens mon souffle et me repais de la vision.

Mieux qu’une gilète jaune, une gilète jaune à vélo.

Petite sélection donc aujourd’hui de ce qui se fait mieux en matière de bijins montées sur deux roues. Bon, il est plutôt rare d’en rencontrer en bikini, c’est vrai, mais je préfère tout de suite vous en donner des exemples, histoire de vous préparer si jamais cela arrivait alors que vous êtes en train de pédaler. Un accident cardio-vasculaire est si vite arrivé avec ces diables de machines…

Bijins de la semaine (58) : les « chemisiers blancs »

Il faut bien le reconnaître, après mon scepticisme par rapport aux agissements d’une meute éructante supposée représenter « le peuple », je commence presque à les apprécier, moi, ces gilets jaunes. C’est que je me suis aperçu en fait qu’ils avaient un sens indéniable du spectacle. Pas celui consistant à fracasser des vitrines de magasins d’honnêtes commerçants qui n’ont rien demandé à personne, non, entendons-nous bien, il s’agit plutôt de celui visant à effectuer des numéros de danse. Pas sophistiqués les numéros, ça non, on ne le tient pas encore le Nijinsky des gilets jaunes, mais des numéros faits « à la bonne franquette » pour s’en payer une bonne tranche. Et quand en plus certains gilets jaunes ont la bonne idée d’organiser entre eux des fights clubs (voir mon immense respect pour ce film) :

… là, moi je dis banco ! Je file me prendre un paquet de pop-corn et je mate, tout en faisant défiler leurs derniers délires complotistes sur Twitter en me disant : « Y’a bon ! Mais jusqu’où iront-ils ? ».

Mais je sais, on peut ne pas toujours goûter les facéties des gilets jaunes. La semaine dernière, j’avais présenté les mirifiques « gilètes jaunes » pour essayer hypnotiser les plus réfractaires en leur faisant aimer cette belle couleur.

Allez, juste pour le plaisir. Après tout, il pleut et il fait froid dehors, on le mérite bien.

Las ! si votre esprit n’est pas aussi déviant que le mien et ne vous a pas amenés à apprécier les numéros de danse des gilets jaunes ou leur fight club, si les bikinis jaunes n’y ont rien fait, c’est que le jaune n’est définitivement pas votre couleur ! Aussi, afin de vous aider à vous purger les mirettes, ai-je décidé aujourd’hui d’enchaîner avec un deuxième article « bijin de la semaine » (assez rare pour être noté, je crois que c’est une première) ! Laissons les Gilètes Jaunes se trémousser en bikini sur la plage, faisons place aux…

chemisiers blancs !

Je m’étonne d’ailleurs qu’elles n’aient pas eu droit plus tôt à un numéro de ma collection. Version bijinisée de nos cols blancs, ces chemisiers blancs sont évidemment ce que l’on appelle là-bas les « office ladies » (aka OL, オーエル), ces femmes tirées à quatre épingles travaillant dans des bureaux, payées parfois pour apporter simplement le café à leurs collègues masculins, mais ayant de plus en plus un cursus universitaire leur permettant de poser leur main gracile sur des postes importants, voire de devenir de véritables « career women ». Bref, attention, un chemisier blanc, ce n’est pas qu’une potiche avec un sourire de façade, cela peut aussi être une sérieuse concurrente et même une redoutable meneuse à qui il faudra bien un jour accepter d’apporter le café :

-Hmm, ton café est de jour en jour meilleur, mon petit Tanaka kun, mes compliments !

– Glp !

Quant au potentiel érotique, je l’ai perso tout de suite compris quand cette vieille pub pour les biscuits Mikado est un jour apparue sur nos écrans :

Cela fait partie des trucs que j’ai vus aux alentours des années 2000 et qui n’ont pas peu contribué à me donner envie de me rendre un jour au Japon. Dans l’univers aseptisé des bureaux fait de sonneries de téléphone, de tonnes de dossiers à gérer, d’ordres émanant de kacho pas toujours bien amènes, elles sont la petite touche sensuelle qui apporte un peu de chaleur au cœur… ou dans une certaine zone du pantalon :

Dans mes rêves les plus fantasmatiques, c’est le genre de scène que j’imagine quand je rêve que je suis devenu un salary man.

Evidemment, on est loin d’une Gilet Jaune dansant le Madison sur un péage d’autoroute tout en bramant des insultes aux véhicules passant sans arborer du jaune sur leur tableau de bord. A noter cependant un point commun. Car en effet, lorsqu’un groupe de chemisiers blancs passe aux abords d’un carrefour (rappelons qu’il n’y a pas de ronds-points au Japon), on observe illico un ralentissement de la circulation :

Plus d’un conducteur s’est ainsi vu être la cause d’un accident pour avoir voulu appuyer trop fort sur la pédale de frein afin de bien profiter de la vue. Mais là s’arrête la comparaison avec les Gilets Jaunes. Récompensées de leur dur labeur, elles disposent à la fin du mois d’un salaire confortable leur permettant de s’acheter ce qu’elles veulent, d’aller manger où elles le désirent, bref de se faire plaiz, sans que la nécessité de se trouver un homme pour fonder un foyer tourne à l’obsession. Contre une idiote pression familiale, contre les vieux barbons de l’etablishment, les chemisiers blancs opèrent une révolution douce (1) tout en compensant agréablement la grisaille du paysage urbain fait de bitume, d’enseignes criardes et de câbles électriques disgracieux. Pour cela grâce leur en soit rendue. Combien de fois, lors de mes promenades japonaises en plein cagnard, ai-je été subitement ragaillardi par une douce effluve et la vision d’une silhouette élégante en tailleur et trottant de manière à hypnotiser illico mon esprit ? Et ce sans jaune fluo ! En vérité les salary men ne connaissent pas leur bonheur…

(1) Voir l’excellent essai d’Anne Guarrigue, Japonaises, la révolution douce.

 

 

Bijins de la semaine (57) : les « gilètes jaunes »

Imaginez : vous êtes dans votre caisse et vous vous approchez d’un rond point. Ça avance péniblement. Très péniblement même, du genre un mètre par minute. Mais vous avancez malgré tout et vous commencez à apercevoir enfin le rond point. Vous voyez qu’il a l’air d’être encombré par des individus avec sur eux un vêtement d’un jaune hideux. Encore des lycéens à la con, pour sûr ! Quelle engeance ! Vous vous promettez bien de les engueuler un bon coup au passage, quand viendra votre tour de franchir le rond-point. D’ailleurs, ça ne va pas tarder, après les deux caisses devant vous, ce sera votre tour. Vous méditez mentalement le massage d’insultes que vous allez leur brailler quand tout à coup, une de leur congénère s’approche de votre voiture, s’appuie sur doucement sur votre capot pour vous demander :

Conducteur sama, accepteriez-vous de vêtir votre gilet jaune pour passer ? C’est un petit geste pour vous mais cela compte beaucoup pour nous. Je serais en tout cas totemo contente que vous le fassiez, onegai !

Bon, ça, c’est le rêve que j’ai fait la nuit dernière. Car pour ce qui est de la réalité, on peut effectivement toujours rêver. Mines patibulaires, haleines douteuses, grossiers tutoiements et, pour les moins chanceux, remarques racistes, vannes homophobes et violences physiques. A tel point que la couleur jaune n’est plus très loin de me donner la chiasse, à moi, moi qui ai passé une grande partie de ma vie à Nantes et pour qui c’est tout juste si j’ai envie maintenant de continuer à suivre les canaris du FCN. Ma vieille vignette panini dédicacée par Coco Suaudeau me fait limite horreur !

Epoque bénie où le FCN claquait régulièrement du 3-0 au PSG ! C’était le bon temps !

Je crois que cette nausée du jaune doit venir de ma répulsion pour toutes ces réactions de masse décérébrées (on dit « populaires » quand on est gentil) qui s’organise autour d’un symbole graphique (je parle de ce gilet jaune hein ! pas du glorieux maillot du FCN !). Mais bon, on dit cela et on se fait aussitôt limite traiter de vendu du macronisme. On va donc ne pas trop insister et se contenter de faire marcher les affaires. Soyons opportuniste que diable ! Profitons du fait que les mots « gilets jaunes » vont être les plus googlisés dans les heures qui viennent pour tenter de faire venir un max de nouveaux visiteurs ! Vous aimez ou détestez les gilets jaunes, peu m’importe, car vous allez maintenant leur version bijinisée. Elles ont l’épiderme soyeux, sentent bon, sont aimables et ne cherchent pas à tout casser, Mesdames et Messieurs, voici les…

Gilètes jaunes !

Elles constituent le 57ème opus de ma série des bijins de la semaine. Elles sont sans doute moins engagées politiquement, elles ont probablement moins de soucis de fins de mois (encore que) mais OSEF, très éloignées de l’inquiétant lisier idéologique de notre époque, elles vont vous permettre de guérir lentement mais sûrement de votre détestation subite de la couleur jaune.

Allongez-vous confortablement sur le lit, tout va bien se passer.

Et si par hasard vous vous êtes vous-mêmes un gilet jaune et que vous vous êtes pris plein de coups de matraque dans la gueule (au moment où je tape ces lignes, ça a déjà commencé) parce que vous avez trouvé bon de vandaliser quelques tableaux au Louvre (de toute façon, y’a que des richards de touristes qui peuvent y aller, c’est dégueulasse !), vous pourrez avoir un peu de baume consolatif en contemplant mes bijins. Qu’est-ce qu’on dit, hmm ?

Fuper ! Merfi Olrik !

Y’a pas de quoi mon garçon. Au passage je signale que la section Roman porno no Tengoku en est à son 276ème titre et est complète concernant l’année 1974. Allez y jeter un œil, il y a plein de posters avec du jaune dedans !

Kyaaa ! Je cours voir ça !

Bonus : Chika Yuuki en gilète jaune consciencieuse sur la plage :

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Bijin de la semaine (56) : Kyoko Otonashi

Revoir Maison Ikkoku en VO lorsqu’on l’a découvert adolescent sous le titre insipide de « Juliette je t’aime » et avec l’atroce générique de Bernard Minet (nulle affection pour ce machin, certains l’ont, moi pas), c’est la promesse d’une authentique redécouverte avec pour fil conducteur ce mot, « seinen », mot qui l’époque de cette fin des 80’s ne disait rien aux téléspectateurs et que de toute façon ils ne risquaient pas de découvrir le caviardage de la série par AB productions.

Le magique deuxième générique de la série (Alone again, de Gilbert O’Sullivan). On est tout de suite un peu à un autre niveau que les Musclés.

Actuellement, à la Maison Oluriku, on se mate chaque soir, au moment du dîner un épisode en V.O., et je dois dire que c’est un pur délice. Je savais bien à quoi m’attendre, le visionnage de la VF m’avait tout de même marqué, comme nombre d’autre séries à l’époque, mais je ne pensais pas que ce serait aussi bon. D’abord grâce à cette plongée dans un Japon quotidien riche en détails. La forme d’une bouteille de whisky qui évoque une certaine bouteille de la marque Suntory, les trois notes de musique résonnant dans le quartier et évoquant le marchand ambulant de tofu, les conbinis et leur rayon magazines de charme, les enseignes des petites échoppes, les furin (clochettes) tintant grâce au vent… interminable serait la liste de tous ces objets, de tous ces moments appartenant au Japon et sans cesse renouvelés de par le rythme des journées et celui des saisons (que la série s’attache aussi à joliment retranscrire). Lorsqu’on tombe sur un épisode faible (ou en tout cas qui nous plait moins, le terme paraît un peu dur tant les épisodes offrent une qualité minimale dans leur histoire), c’est là un aspect qui permet de s’accrocher en dispensant un plaisir certain à se plonger dans un Japon modeste et contemporain, où la beuverie avec force verres de spiritueux typiquement japonais alternera avec une visite au temple ou une simple promenade dans le calme d’un quartier populaire à la fin de la journée.


Et puis il y a donc toutes les histoires égrenées tout le long de ces 96 épisodes à travers des personnages dès le début irrésistiblement sympathiques. Takahashi aurait pu se perdre en créant une multitude de personnages dans cette pension Ikkoku. Judicieusement, elle a opté pour une base limitée à six êtres (Kyoko Otonashi, Yusaku Godai, Hanae Ichinose et son fils, Yotsuya et Akemi Roppongi), permettant de les rendre extrêmement familiers au spectateur. On a assez vite un sentiment de promiscuité, une impression de connaître sur le bout des doigts ces personnages en faisant partie nous aussi de cette pension Ikkoku. Et pour éviter toute lassitude, Takahashi fait intervenir des personnages secondaires (le beau prof de tennis, la jeune Kozue amoureuse de Gyodai, les propres parents de Kyoko…) qui permettent de pimenter les rapports et les discussions du sextuor. Pendant 96 épisodes, c’est toujours pareil, et en même temps toujours différent. Et avec en ligne de mire l’éternelle question : Godai kun va-t-il réussir à faire renoncer Kyoko et son veuvage pour se marier avec lui ?

Et là, il faut reconnaître à la série une autre grande qualité, celle de ne pas avoir raté son personnage féminin principal. Surtout en VO car débarrassés de la voir de cruche en VF, on redécouvre là aussi le personnage de Kyoko à travers une approche plus seinen. Evidemment, on n’est pas au même niveau qu’une chronique amoureuse telle que Quand nous vivions ensemble de Kamimura ou du Club des divorcés (dont le personnage se prénomme d’ailleurs lui aussi Kyoko et doit faire face non pas à un veuvage mais à un divorce). Mais on retrouve dans Ikkoku chez tous ces personnages parfois un peu guignols des préoccupations totalement adultes. Il y a chez Takahashi un art du sous-entendu qui pourra passer inaperçu chez le jeune spectateur encore un peu candide mais qui fera les délices du spectateur plus âgé. C’est par exemple une grivoiserie de bon aloi dont j’imagine que les quelques scènes bien innocentes ont dû être coupées lors de leur diffusion en France. Ainsi le personnage de Kyoko est-elle gentiment sexualisé, accentuant le contraste entre cette femme cherchant perpétrer jusqu’à sa mort une dignité de femme dans son veuvage, et un corps d’une petite vingtaine d’années fait pour continuer à être désiré.

Oups !

Et puis, il y a la personnalité de Kyoko. Ou plutôt son petit caractère. Là aussi, je crois que la voix de la doubleuse française a pas mal contribué à me faire de Kyoko une image de potiche insipide. Or, Kyoko, c’est tout sauf ça. Si, comme Godai, on peut être aussi attentif à déceler une posture kawai ou sexy de Kyoko, on pourra aussi faire ses délices de certaines sautes d’humeur volcaniques que la jeune femme laisse parfois exploser ou manifestera dans une posture totalement sukeban style :

Aussi bien Kyoko ne pouvait qu’apparaître un jour dans cette série des « bijins de la semaine ». Aux midinettes, aux petites-amies pas toujours très intéressantes des héros des shonens, elle est le trait d’union, le chaînon manquant entre Bulma et une héroïne de Kamimura. Une femme encore adolescente dans ses réactions de fille unique et gâtée qui veut malgré tout faire sa propre vie, mais aussi une femme adulte, tout simplement, avec ses désirs et ses interrogations, rendue magiquement accessible et sympathique à un public aussi bien d’enfants et d’adolescents, garçons comme filles, et qui découvrent, de par l’art génial de dame Takahashi (1), une chronique amoureuse entre deux adultes, chronique attachante sans être cucul, profonde sans être ennuyeuse. Une perfection de série (et de manga) portée par une perfection de bijin.

(1) Au fait à quand un couronnement à Angoulême ? Après Otomo et Toriyama, un Grand Prix pour la grande mangaka n’aurait rien de scandaleux.

(The DC Archives) Bijin de la semaine (55) : Izumi Shima

Drink Cold toujours, avec aujourd’hui rien moins que quatre articles pour le prix d’un ! Après Natsuko Yashiro et Christina Lindberg, je devais consacrer le troisième (et je ne le savais pas encore, mais aussi le dernier) numéro de la Grande Encyclopédie Bijinesque consacrée aux starlettes de la Nikkatsu. Comme Drink Cold devait succomber aux attaques informatiques de fans de K-pop n’ayant pas apprécié certains articles à charge contre leur zik préférée (on réexpliquera cette sombre affaire plus tard), ce numéro devait être le dernier. Après un ravalement de façade, je l’intègre donc à ma série des « bijins de la semaine ». Cela n’a pas été sans mal puisque cette notice filmographique bat le record de gifs animés dans un article (plus de 40 !). A tel point que pour rendre plus fluide la visionnage de l’article, vous trouverez en bas de cette page, les numéros des autres pages permettant de visualiser tous les articles consacrés à la belle Izumi.

(article paru sur Drink Cold le 13 mai 2011)

8 mois après le premier opus de l’Encyclopédie Bijinesque, voici le troisième article. Pas d’inquiétude, tout va bien, je gère parfaitement le rythme de parution de cette grande œuvre in progress qui devrait, selon mes calculs, s’achever en 2052 pour animer notre libido quand nous ne serons plus que des vieux barbons en maison de retraite, tout juste bons à reluquer les croupes des infirmières et à se tirer la nouille en regardant les bijins que j’aurais durant toutes ces années collectionnées pour vous. So, are you ready pour la troisième livrée…

Or not ?

Après la suédoise Christina Lindberg, retour donc aux bercailles avec Izumi shima, née Keiko Ishida et surnommée « la plus belle actrice de la Nikkatsu ». Petite précision : cette réputation n’est pas le fait des spectateurs mais des producteurs de la Nikkatsu eux-mêmes, désireux de lancer la carrière en fanfare d’Izumi en 1977 avec…

1

Lady Chatterley in Tokyo (Katsuhiko Fujii, 1977)

Comme c’est souvent le cas, on remarque un gouffre immense entre les promesses d’une belle affiche et le contenu un peu affligeant du film. « Plus belle actrice de la Nikkatsu »… peut-être, pourquoi pas ? Malheureusement, si le minois et la plastique d’Izumi peuvent tirer vers le haut certaine extrémité du spectateur mâle, en faire de même avec le film est une autre histoire. L’histoire a du mal à décoller, on nage dans l’impotence scénaristique, finalement un peu à l’image du mari de cette Lady Chatterley japonaise (le gus est paraplégique, c’est con hein ?).

On aimerait bien feuger façon trique d’acier mais rien à faire, popaul ne répond pas. Les seules choses dures sont les tétons d’Izumi…

… et ce qu’elle regarde avec cet air effaré (et sans doute un poil envieux) :

Pour le savoir, clique sur l’image. Chez notre ami Hisayasu Satô, nulle doute que la châtelaine eût trouvé son compte.

Avec cette soupe servie sur fauteuil roulant, aux antipodes des subtilités psychologiques du roman de Lawrence (il est vrai qu’on s’en balance un peu dans un roman porno), inutile de dire que cette première prestation d’Izumi, en débit de son surnom bien ronflant, ne fit pas vraiment mouche dans l’esprit des romanpornomaniaques. Il faut dire que le mélange des genres n’aidait pas vraiment. On s’attend à quelque chose d’erotico-romantique, un truc comme ça :

Mais, horreur !  on tombe finalement sur ça :

Eh oui, l’amant qui permet à notre héroïne de voir enfin à quoi ressemble un vit en état de marche est un vil manœuvre aux paluches sales et à la sudation malodorante. Fi donc ! Et le spectateur de se demander alors s’il n’est pas en train de regarder un film d’horreur au lieu d’un pinku. Ça débande sec (enfin, pour les quelques veinards) et on est à deux doigts, un brin écœuré, d’éjecter fissa la VHS pour la flanquer à la poubelle. Lady Chatterley in Tokyo ou comment écorner d’emblée l’aura d’une belle actrice en la faisant s’accoupler avec quelqu’un du bas peuple !

Heureusement, il n’y aura pas ce problème avec ce film…

2

Tomei Ningen : Okase ! (Isao Hayashi, 1978)

Film tout en finesse, quelque part entre une pécasserie et un film de la Hammer, qui nous présente un personnage de scientifique s’offrant de généreuses rasades d’un produit lui permettant de devenir invisible. Au programme : viols (mais c’est pour rigoler donc ça va, si, si !), mekuri en toute tranquillité, intrusion dans les bains publics féminins, essuyage de fesses d’une bijin venant de faire popo et désappage en public d’une plantureuse conférencière en train de parler de la présence de la philosophie heideggerienne dans 2001 : l’Odyssée de l’espace.

 Un des beaux dessins du générique.

Vous l’aurez compris, on est face à un étron forcément indispensable. D’abord parce que le casting présente une réjouissante profusion de starlettes de l’époque (Yuko Asuka, Mari Maria, Erina Miyai et Izumi Shima, excusez du peu), ensuite parce que les effets spéciaux sont réjouissants de médiocrité. Qui n’a pas vu une capote flotter dans les airs pour atteindre sa cible n’a rien vu en fait de trucages bidonnants.

 Invisible Man : Rape ! ou comment donner tout à coup des allures de Ray Harryhausen à Ed Wood…

Izumi Shima ? Assez belle dans le rôle de l’épouse du scientifique :

Et confondante de réalisme dans la scène de sexe dans laquelle elle doit faire croire qu’un gros goumi invisible lui fait atteindre le 7ème ciel :

Il y a dans cette scène comme un côté Téléchat, on imagine Grouchat avec Micmac demandant au gluon de l’édredon ce qu’il est bien en train de foutre (syllepse !). Izumi est possédée, pénétrée de son rôle et du vit de son incube de mari. C’est tout-à-coup Polterfesse, ou l’Exorvice, et l’on a envie d’entrer dans le petit écran, le crucifix à la pogne en hurlant :

 SORS DE CE CORPS SATAN !

Bon, vous aurez pigé que Tomei Ningen : Okase ! est ce que l’on pourrait appeler un pinku popcorn. Aucun soin dans la mise en scène, aucune subtilité scénaristique, juste des jolies actrices, des scènes de cuisses en l’air sous un bon gros coulis d’humour hénaurme. Après tout, ce n’est pas pire que certains  roman porno engoncés dans une prétention et une prétendue sophistication ennuyeuses à périr.

Pour d’autres films d’Izumi, ben vous attendrez la suite non pas dans huit mois mais dans une poignée de jours seulement, le temps de faire une ou deux exégèses de films pour compléter ce troisième opus. Promis, je vous envoie le paquet très bientôt…

Et sans gravier encore !

(The DC Archives) Bijin de la semaine (54) : Christina Lindberg

Aujourd’hui, on ne se casse pas trop la tête, réupload d’un vieil article publié sur Drink Cold (pour les retardataires, lire la présentation de cet article) que je vais recycler pour ma série des « bijins de la semaine ». Il m’en reste encore quelques uns, j’essaierai de les mettre en ligne dans l’année. Concernant l’article du jour, il s’agissait de faire le pendant roman porno à ma série des « bijins de la semaine ». Cette série d’articles s’intitulait sobrement L’Encyclopédie bijinesque et devait être tout à la gloire des starlettes de la Nikkatsu. Mais le projet a tourné court, la série n’est pas allée plus loin que la troisième bijin ! C’est que – croyez-moi – c’est épuisant aussi d’écrire de tels articles. On a l’impression de devenir l’intime de la beauté dont on est en train de raconter les exploits sur pellicule, on transpire, on a le palpitant qui bat à tout rompre, bref, mieux valait que je ne m’aventure pas trop dans l’entreprise si je voulais vivre vieux. Bref, voici donc le deuxième opus de cette éphémère série. Le premier avait été republié ici.

(article publié le 13 août 2010)

Eh oui ! Au moment où je tape cet article, je me trouve dans le hall d’un hôtel à Stockholm. Forcément, cela donne tout de suite envie de consacrer le deuxième opus de la GEB (Grande Encyclopédie Bijinesque) à l’égérie du cinéma érotique suédois des 70’s, la nymphette aux gros seins, je veux parler bien sûr de Christina Lindberg.

Là je vous vois venir : hein ? Quoi t’est-ce ? Un article sur une Suédoise ? Et pourquoi pas non plus un article sur Bjon Börg entre deux articles punk de Megane pendant que t’y es ? Olrik, escroc ! Ordure !… Grosse pouffe !

Allons, on se calme et on boit frais, z’allez comprendre. Et puis merdre ! Vous commencez à me connaître quoi ! Me suis-je jamais payé votre fiole, hein ? Croyez-vous vraiment que cela va commencer avec cet article, hmm ?

Foutage de gueule ? Matage de meules ouais !

Donc laissez-vous faire, détendez-vous, je vous garantis que tout va bien se passer et que c’est tout ébaubis que vous allez faire la connaissance avec la somptueuse Christina. Ne perdons pas de temps, commençons par le commencement :

Née le 6 décembre 1950 d’une maman femme de ménage et d’un père ouvrier alcoolique, la petite Britt Christina Marinette Lindberg arbore dès l’adolescence des formes assez étonnantes pour son âge. À 15 ans, entrer en discothèque n’est par exemple guère un souci pour elle. Très vite, sa plastique  et sa frimousse se font remarquer par un photographe de Fib aktuelt, un grand magazine suédois. Les couvertures et les photos de charme vont alors se succéder à vitesse grand V. Autant il peut être difficile de trouver des photos de telle ou telle obscure bijin, autant là je n’ai eu aucun problème. De l’aveu même de Christina il y en aurait des milliers dont une quantité non négligeable en sa possession et qu’elle compte bien un jour publier.

Tenez, en voilà une, c’est cadotch’. C’est quand même un plus sympa qu’un meuble Ikea hein ?

C’est à partir de 1969 que commence sa participation dans de nombreux films. Je ne vais pas m’étendre ici, vous comprendrez en voyant les titres : Maid in Sweden, Ma Femme est une Putain, Qu’est-ce que tu fais après l’orgie ?, la Dépravée, Chattes suédoises, le Reine Rouge, la Chasse aux Pucelles, Bacchanales érotiques, Les Indécentes (en 3D !), etc. 

Des nanars, certes. Mais des films absolument indispensables si l’on est du genre à frétiller du camarade Duzob lorsqu’il s’agit de sexploitation 70’s pure et dure. Tous ces films ont en tout cas assis l’image de petite bombe sexuelle de Christina. Tout comme les revues qui continuent à cette époque de balancer régulièrement des photos de notre bijin débridée (uh, uh !). Petite consécration : elle est « Pet of the Month » du numéro de juin 1970 de Penthouse.

Une des photos du numéro en question.

1971 est une année importante en ce qui nous concerne. Christina est à Cannes où est présenté son dernier film, Exposed. Le petite est un peu pâlotte, un peu déprimée pour tout dire. Il n’y a pourtant pas de quoi, on la voit partout : au cinéma, dans les magazine, sur les boîtes de cornflakes, les pots de moutarde Amora et même en surprise Kinder ! Mais c’est là tout le problème, elle en a un peu marre de ne se voir qu’à travers son image dénudée, pour tout vous dire ça la dégoute un peu. C’est dans cet état d’esprit qu’elle se trouve dans l’avion qui doit la ramener à Stockholm. C’est alors que  deux hommes, manifestement des asiatiques, s’approchent poliment d’elle et lui font dans un anglais quasi incompréhensible cette étrange proposition :

« Euh… sumimasen mais vous être bonne… très connue Japon… vous vouloir venir là-bas pour faire plein de films à poil ? »

 

Il s’agissait d’employés de la Toei, la compagnie étant alors intéressée à l’idée d’utiliser des pin up étrangères en vogue pour donner à ses films une touche d’exotisme avec un peu d’envergure. Évidemment, au vu des circonstances ce n’était pas vraiment la meilleures des propositions à faire à notre bijin perturbée. Mais la discussion s’est poursuivie à Stockholm avec l’aide pour la traduction d’une Japonaise vivant avec un Suédois et, pour le plus grand bonheur des fans de Pinky Violence, Christina accepta ! Maintenant :

DESTINATION JAPON !

Autant vous prévenir : sa carrière y sera fulgurante : une année pour tourner deux films, et ce sera tout, la belle, malgré la proposition de la Toei de poursuivre  là-bas sa carrière, préférera regagner ses pénates suédoises. Mais dans ces deux films, il n’y a pas n’importe lequel puisque ce n’est rien moins que …

…Sex and Fury de Norifumi Suzuki, sans doute un des tout meilleurs Pinky Violence avec dans le rôle principale Reiko Ike plus pulmonée que jamais. En cette année 1973, la concurrence est rude avec la Nikkatsu puisque sort au même moment Lady Snowblood avec Meiko Kaji, excellente adaptation du fabuleux manga de  Kazuo Kamimura. Dans les deux cas, on a affaire à un personnage de femme dangereuse à souhait cherchant à se venger. D’un côté la classe de Kaji, de l’autre les gros lolos de Reiko Ike et de notre SuédoiseSex and Fury accuse certes des défauts, mais on s’amuse une fois de plus devant l’univers bigarré d’un Suzuki qui enchaîne avec une belle constance les scènes dénudées. Et avec le duo Ike / Lindberg, il a fort à faire le bougre ! Deux actrices, deux ethnies radicalement opposées, deux réputations de sexy queens (vous connaissez la reine Christina de Suède ? Putain, j’en sors des bonnes en ce moment moi !) et des formes bien rembourrées à ne plus savoir quoi en faire ! Seules, ensemble, debout, allongées, actives, passives, tatouées, pas tatouées, en kimono, fouettées ou pas, n’en jetez plus ! On a compris Norifumi, t’es le meilleur ! On a même droit à une de ces scènes de pet qui tombent comme une couille dans le potage. Le père Suzuki, c’est un peu le coussin péteur de la Toei, mais c’est aussi pourquoi on l’aime.

Bref, pour en revenir à Lindberg, on pourrait dire qu’elle apparaît à elle seule comme une sorte de catalogue ambulant à fantasmes. Démonstration en images. Vous fantasmez sur les personnages de Ryoko ikeda (Rose de Versailles, Très Chers frères...) ? Hop là :

Babes with guns aficionados ? Banco !

L’idée d’une séduisante gaijin en kimono vous humidifie le cortex et d’autres zones ?  Y’a qu’à demander :


De temps en temps vous ne dites pas non à de l’interracial lesbien ? Ça tombe bien, y’en a plein  dans la hotte de papa Suzuki :


Dans la famille Threesome je demande la tendance bisexuelle avec doigt dans la bouche :

Fana de bondage tendance « costume de cow girl 60’s » ? Pas de soucis, bien mieux que l’épicier arabe du coin, avec Suzuki, tout est possible ! Vous trouverez tout !

Là, il faut ici préciser que Christina fouette jusqu’au sang une Reiko Ike nue et ligotée. Les tatouages et les chairs replètes débordent de partout, rien à dire, c’est fort beau. C’est le point d’orgue de cette confrontation Orient Vs Occident, confrontation dont la première partie est une excellente partie de poker où les flushs répondent aux carrés de rois.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce film mais ce n’est pas le propos. Pour en finir sur la prestation de Christina, disons que si elle joue quand même comme une cruche (et je dois malheureusement dire que c’est une constante chez elle), sa présence plastique et ses interventions toutes en variations fantasmatoires ne contribuent pas peu à faire de Sex and Fury un pur joyau de divertissement.

Passons maintenant au deuxième film, moins rigolo celui-là (encore que…) :

Journey to Japan , The Pornstar Travels Around Japan, de Sadao Nakajima (1973)

Titre débile et racoleur à souhait puisque Christina y interprète non pas une hardeuse mais une “mule”, c’est-à-dire une personne chargée de faire passer discrétos de la drogue. Suite à un quiproquo à son arrivée à l’aéroport, elle tombe dans les griffes d’un puceau (qui le vit assez mal puisqu’il a pour hobby la fabrication de bombes) un peu simplet sur les bords. Il s’avérera que le gus n’est pas si mauvais et Christina, enfin « Ingrid Jakobsson » se prendra peu à peu d’affection pour son ravisseur. Et pour ceux qui pensent que je vais dégainer un jeu de mots facile en évoquant le syndrome de Stockholm, c’est mal me connaître, je laisse ça à d’autres. Par contre, je peux vous donner des screenshots visqueux du film, ne dites pas non bande de salopiauds, vous me faites honte !

Le héros du film, qui boit frais, certes, mais qui n’a aussi aucune classe.

 

Mais alors vraiment aucune !

 

Il arrive assez bien cependant  à réchauffer les relations suédo-japanisthanaises.

 

Voire même carrément bien !

 

Tellement bien même, que l’on raconte qu’en voyant cette scène, l’ambassadeur de Suède au Japon y alla de sa petite larme.

 

Quant à la prestation de Christina, ben, une nouvelle fois c’est pas gégène. Mais elle donne ce qu’après tout attendent d’elle les spectateurs japanisthanais : un exotisme sexy de qualité qui vous en donne pour votre argent :

Fantasme de la poupée à domicile avec laquelle on peut faire des trucs à volonté :

Alors ce soir on fait les postures 4, 22, 36, 45…

 

Bondage avec gros seins qui débordent :

– Bon, on la fait cette prise, oui ou non? – Attends, j’arrive pas à cadrer, je voudrais bien t’y voir, moi !

 

Viol de gaijin par d’horribles hippies wakamatsesques :

Tu viens chez moi ? J’ai les œuvres complètes de Trotsky!

 

Enfin séquences érotiques tout droit sorties d’une vidéo de Hustler qui aurait été réalisée par un David Hamilton sous acide :

Ceci termine de façon chicos un article qui n’a plus lieu de continuer puisque Christina décidera donc de rentrer aux bercailles où l’attend le tournage du cultissime They call her one eye, film qui est loin d’être inconnu au bataillon chez un certain Tarantino. J’aimerais bien vous parler de cette histoire de cette jeune femme borgne, traumatisée dans son enfance par le viol d’un vieux dégueulasse trisomique, vous parler surtout  d’une scène d’énucléation,  de la maîtrise innée de Christina du close combat, des grotesques scènes de ralentis filmées avec une caméra de l’armée suédoise filmant à 500 images/seconde ainsi que des inserts pornographiques pleins de finesse pour faire croire que christina « le fait vraiment », mais cela, encore une fois, serait hors sujet. Surtout, je viens de m’apercevoir que ma femme vient de débarquer dans le hall de l’hôtel et se dirige dans ma direction. Vite, j’ai pas trop envie qu’elle voit ce que je fabrique sinon je vais encore en chier des ronds de chapeau ! Vite bordel ! sauvegarde.. publier… foutu matériel suédois à la con, que c’est lent !… viiite, vite, dépêc

Bijins de la semaine (53) : les supportrices de la Sakkā Nippon Daihyō

A chaque fois c’est pareil. Lorsqu’arrive une coupe du monde, je clame que cette fois-ci, c’est sûr, je m’en désintéresserai totalement, je ne suivrai aucun match. Et puis je m’aperçois rapidement combien j’apprécie ces premières journées de matchs de poules proposant des oppositions de style originales. j’ai tenu bon deux journées mais dès la troisième j’ai commencé à regarder et là, je n’en sors plus ! Fort heureusement, j’ai un rythme spartiate depuis trois mois niveau footing. Avec cinq heures hebdomadaires, je maintiens le forme et le corps, ce qui me permet d’éliminer sans problème les bières japonaise qui accompagnent les nombreuses heures passées devant le petit écran.

Tout sauf ressembler à ça !

Sinon, si vous suivez la compétition, il ne vous aura pas échappé qu’aujourd’hui est une veillée d’armes avant LE match qui, s’il est bien négocié, devrait permettre aux Samurai Blue de connaître pour la troisième fois les joies des huitièmes de finale en coupe du monde. Pour cela, le calcul est simple : un match nul contre la Pologne et c’est le ticket assuré pour les huitièmes. Une défaite peut même le permettre, à l’unique condition que les Lions de la Teranga battent la Colombie. Bon, le plus simple sera de battre les Polonais qui depuis le début ont été d’une rare médiocrité. Allez, je tente un prono, pour moi ce sera…

En attendant, il faut faire gentiment monter la pression. Après le soporifique match de la France contre la Pologne, on pourra suivre aujourd’hui le match du voisin coréen contre la Mannschaft, en espérant (sans trop y croire non plus) que cette dernière se prenne les pieds dans le gazon et permette à son poursuivant suédois de la coiffer au poteau dans la qualification (ce serait rigolo). Suivre aussi le match Brésil-Serbie. Voir cette tête à claques de Neymar et son horrible coiffure sortir par la petite porte ne serait pas pour me déplaire. Après cela, il faudra veiller à se coucher pas trop tard, histoire d’avoir des forces pour bramer tout son soûl lors du match de demain, en espérant que le spectacle sera tout autant sur le terrain que…

…dans les gradins ! 

On pourra apprécier les trajectoires courbées des missiles de Honda et Cie. Mais les courbes proposées par nos bijins supportrices seront tout aussi intéressantes. Certes, il ne faudra pas s’attendre à ce genre de scène :

Le mec à gauche ne fait pas trop supporteur brésilien. Il a sans doute compris que certains ballons bien gonflés et à grosses rustines sont plus intéressants que celui disputé par les 22 gugusses sur le terrain.

Trop Copacabana, trop exubérant, trop vulgaire. Le jour où l’on verra des AV idols dans les tribunes se trémousser seins nus n’est pas encore arrivé. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? Regardez bien les supporteurs japanisthanais dans les tribunes, vous verrez combien l’ambiance est détendue, familiale et bon enfant. Ici, point de « ho hisse enculé ! » quand le gardien dégage un six mètres, point d’insultes hurlés à l’arbitre et encore moins de bananes balancées à tel joueur de couleur. Et quand il s’agit de décaniller, tout le monde travail pour récupérer les déchets et laisser la place aussi nette que sur les washlets à la maison. Donc bon, avoir de la gueuse vicelarde en train d’exhiber ses nibes, c’est hors de question.

Allez, à la rigueur ce genre de décolleté. Peut-être qu’à chaque nouvelle coupe du monde et le réchauffement climatique aidant il s’abaissera d’un centimètre. Du coup, vivement la coupe du monde de 2050 !

Il n’empêche, les Japonaises ont su trouver un style de jeunes filles propres sur elles et gentiment festives. La petite seleção ci-dessous permettra d’en juger et s’étoffera au fur et à mesure des coupes du mondes ultérieures. Du coup tenez bon même si le foot ne vous intéresse pas. En 2050 ce sera du tout bon ! d’ici là, ganbare Samurai Blue !

 

Bijin de la semaine (52) : Eri Ishida

Si vous avez vu Distant Thunder, la scène du love hotel (souvenez-vous) vous a peut-être donné envie d’explorer un peu plus la riche carrière d’Eri Ishida. Ça tombe bien puisque la pimpante (Ô combien !) quinquagénaire  constitue aujourd’hui le 52ème numéro de notre glorieuse série des « bijins de la semaine ».

Pour ce faire, j’ai dû faire cependant un tri draconien. Jetez un œil à son site, vous comprendrez qu’il était matériellement impossible de rendre compte de tout en un seul article . L’essentiel, la substantifique moelle de notre bijin du jour, voilà qui sera amplement suffisant (avec en plus une partie interdite aux moins de 18 ans car je me refus toute barrière liée à la bienséance. Eh oui, je suis comme ça, moi). Sur ces sages paroles, commençons :

Ses débuts se font en 1978 avec un film que je n’ai pas vu, Tsubasa wa kokoro ni tsukete. Elle a alors 17 berges et son beau visage tout rond laisse espérer que ce premier rôle sera suivi de plein d’autres :

A côté du cinéma, elle connut bien sûr les joies du drama. Là, impossible de passer à côté de l’un des tout premiers rôles, celui qui lui a permis d’incarner Emi Jouno dans Ultraman 80 :

Unique belette de l’UGM (Utility Government Members), elle apparaît pour le plus grand plaisir du téléspectateur tout le long de 43 épisodes. Totalement craquante dans son costume orange, on imagine qu’elle devait constituer la principale motivation qui devait inciter les pères de famille à regarder Ultraman avec fiston :

On a connu plus dégueulasse comme coéquipière à un héros.

Après, il faut bien le reconnaître, ce costume ne rendait pas non plus justice aux formes voluptueuses de notre bijin. Pour cela, il faut attendre l’ultime épisode dans lequel elle apparaît pour assister à une séance de corde à sauter :

1… 2… 3… 4… 5… 6… Vas-y Eri, t’occupes pas de moi, continue, fais comme si j’étais pas là.

S’entraînant avec une autre bijin dans une salle de gymnastique, Eri se donne bien, fait mouiller ses aisselles et va même jusqu’à faire des galipettes au sol avec son professeur de gym. Euh… de vraies galipettes, des roulades avant si vous préférez.

– Ha ! Ha ! Mais qu’il est con cet Olrik !

– Oui, mais tellement drôle !

– C’est vrai !

Emi meurt tragiquement à la fin de cet épisode. En visionnant la scène, on se dit qu’il est très probable que Marion Cotillard ait vu l’épisode 43 d’Ultraman 80 et qu’elle y ait puisé là son inspiration pour son rôle dans The Dark Knight Rises :

Aïe ! Je me meurs ! Sayonara ! « Couic ».

Après cet épisode, Eri Ishida est prête à effectuer sa mue en laissant derrière elle ce type de rôle enfantin ne lui permettant pas de donner la pleine mesure de ses moyens phys… de ses moyens dramatiques. Elle fait une ultime apparition dans la série « dans la peau » d’un robot, Android Emi :

Dans une tenue de space disco (très Pink Lady) et une voix métallisée garantie 100 % WTF. Oui, il est définitivement temps de se barrer de ce genre d’univers.

En 1980, nous l’avons vu la semaine dernière, elle joue le rôle de dans Distant Thunder. Outre une présence physique qui se fixe sur les rétines du spectateur à   36’21 exactement et qui le hantera jusqu’à sa mort, elle y montre qu’elle est parfaitement capable de composer un personnage. Le couple qu’elle forme avec Toshiyuki Nakashima est, nous l’avons déjà dit, absolument touchant et convaincant.

Je passe malheureusement sur un film que je n’ai pas vus : Ah! Nomugi toge – Shinryokuhen (1982). Passons aussi sur Daiamondo Wa Kizutsukanai (1982), dans lequel elle expérimente une nouvelle coupe de cheveux. On s’attardera en revanche sur  Double Bed (1983) puisque oui, Eri Ishida a un jour joué dans un roman porno ! On l’y voit entre autres joyeusetés érotiques frotter le dos de sa colocataire dans un sento…

1… 2… 3… 4… 5… 6… Non non Eri, comme tout à l’heure continue, fais comme si j’étais pas là.

… mais aussi accueillir un jet liquide dans sa bouche accueillante ou encore tromper son ennui quand elle se trouve en panne d’amant. Roman porno inhabituel car d’une longueur d’une heure quarante (et relativement léger dans ses scènes friponnes). Petite curiosité : on y découvre un Ittoku Kishibe alors jeune, seulement âgé de 37 ans.

L’année suivante, elle jouera dans Chinpira pour y interpréter la bonne amie d’une petite frappe. Rôle finalement assez sage, on aurait pu imaginer une rôle de type « repos du guerrier » permettant à son petit ami de yakuza de la faire monter aux rideaux tous les quarts d’heure mais non, mise à part une scène de bain (et encore, on ne voit rien !), Eri reste habillée et dans l’ombre des deux personnages principaux puisqu’elle apparaît dans peu de scène.

Petit rôle sinon dans un film de Yoji Yamada, Downtown Heroes (1988). De 1987 à 1993, elle jouera sinon le même personnage dans six épisodes dans la franchise des Tsuri Baka Nishi, série fleuve dans l’esprit des Tora san et dans laquelle joue Toshiyuki Nishida dans le rôle principal de ce salary man fan de pêche. Ishida y joue le rôle de son épouse Michiko. Je n’ai pas encore eu le temps de visionner un peu cette série. Mais d’après le peu de scènes que j’ai pu voir dans le premier film, Ishida et Nishida semblent assez bien restituer une complicité espiègle au sein de leur couple. A voir, notamment concernant le deuxième opus puisqu’elle a été récompensée pour son rôle grâce à ce film.

En 1988, elle croise de nouveau la route d’un grand nom : après Yamada, c’est carrément Kiju Yoshida, un des maîtres de la nouvelle vague japonaise, qui l’embauche pour jouer le personnage de Tae dans son adaptation des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Ah ! Wuthering Heights ! Que de souvenirs ! Alors que j’étais encore puceau, je me souviens combien sa lecture enfiévrée m’avait fait rêver sur cette histoire cruelle et passionnée. De la passion et de la cruauté, Ishida en connaîtra avec le personnage de Tae qui va devoir subir toute la brutalité d’Onimaru / Heatcliff :

Aucune tendresse, ce Heatcliff, un vrai butor.

Accélérons maintenant car les années 1990 seront moins prolifiques. Passons volontiers sur Aya, film australien dans lequel elle joue l’épouse justement d’un Australien poilu et malodorant. L’activité reprend dans les années 2000 avec Female (2005), films à sketch où elle apparaît dans l’histoire concoctée par le père Shinya Tsukamoto, Jewel Beetle. Elle y joue la maîtresse d’un vieil homme qui l’offre à un jeune invité. Si le visage commence à laisser apparaître le poids des années, le corps, lui, reste toujours aussi désirable, ce qui permet à Ishida de se situer dans un curieux entre-deux, entre-deux accentué par ceci :

Pas de crainte à avoir, vous pouvez voir Jewel Beetle, je rappelle que c’est Tsukamoto derrière la caméra (du reste l’ensemble des sketchs présents dans Female sont à voir).

La même année sort Gina K. Pas vu mais je demande à voir puisque l’histoire développe la relation entre une jeune femme qui tente de percer dans la musique et une maman encombrante, vieille gloire du noble art du strip tease et encore en activité. Vous l’aurez compris, Ishida joue bien sûr le personnage de la bonne maman :

Sinon, je demande aussi à voir un jour Acacia puisque le personnage principal est joué par Antonio Inoki ! Inoki, pour ceux qui ne connaîtrait pas la bête, est une vieille gloire du catch japonais. Quand on voit son visage, on ne l’oublie pas : il m’a toujours évoqué une sorte d’Averel Dalton sous stéroïdes. Sa marque de fabrique est la « Inoki slap », gifle qu’il distribue à l’envi pour apprendre le respect mais aussi pour offrir un peu de son aura combative (le gus faisait son apparition dans un de mes vieux articles). Espérons qu’il ne balance pas une mornifle à Eri lors de cette scène :

En tout cas voir Inoki interprété un rôle sensible en compagnie d’Ishida, je veux voir cela.

Terminons avec deux participations intéressantes (encore une fois, c’est un tri, il y a plein d’autres films mais où elle semble n’avoir eu qu’un rôle secondaire) : un film de Shinji Aoyama en 2007, Sad Vacation, et surtout l’excellent My House (2012) de Yukihiko Tsutsumi. Preuve s’il y en avait encore besoin qu’Ishida s’est toujours efforcée de varier ses rôles puisqu’elle y campe le personnage d’une SDF.

Pour en terminer avec les films, il faudrait évoquer deux étranges objets filmiques non identifiés. Mais là, achtung ! Âmes sensibles s’abstenir. Si vous êtes comme moi persuadé que les bijins sont des êtres purs qui sont nés dans des roses, qui ont des pouvoirs magiques et qui n’ont jamais besoin d’aller à la selle, ne cliquez pas sur ce qui suit. Gardez en vous une image d’Eri Ishida auréolée de sa grâce divine, ça vaudra mieux. Après, si vous êtes un fichu pervers complétiste, vous pouvez cliquer mais ne dites pas que je ne vous ai pas prévenu. Moi, c’est différent, j’ai dû analyser certains objets pour la sacro sainte déontologie journalistique. Bref, si le cœur vous en dit, welcome to the Hentai Zone :

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D’abord, une obscure vidéo porno intitulée その女変態につき 石田えり. Ayant appris l’existence de cette sombre pelloche, n’écoutant que mon désir de vérifier des infos avant de les confier à mes lecteurs, je me suis illico empressé de me procurer cette bande dans une obscure échoppe de Kabukicho. Le nom d’Eri Ishida et les captures cloaqueuses de la jaquette du DVD annonçaient la couleur : notre bijin avait bien cedé un jour aux sombres sirènes des JAV ! Tout de même un peu dubitatif, j’ai inséré la galette dans mon lecteur DVD pour me pogn… pour vérifier cela. J’avoue que cela a été dur (non, pas où vous croyez), plus d’une fois j’ai cru abandonner le visionnage tant le spectacle était par trop vil ! A deux doigts (et seulement deux) j’ai été d’abandonner ma foi envers les bijins. Comment Eri avait-elle pu accepter de se faire filmer dans toutes ces positions lubriques et surtout d’accepter de recueillir dans sa bouche la répugnante semence de son hideux partenaire ?! L’avait-on droguée ? Avait-elle alors beaucoup trop de factures à payer ? Je n’avais pas de réponse. Et puis, en faisant quelques arrêts sur image, le doute m’a saisi : était-ce bien Eri Ishida que je vais là ?  Certes, il y avait un air de ressemblance mais n’était-ce pas plutôt une obscure tâcheronne des JAV qui lui ressemblait et que l’on avait essayé de faire passer pour notre bijin afin de faire vendre le plus de VHS crapoteuses possible ? J’ai un peu hésité et finalement j’en suis arrivé à cette conclusion, aidé à mon œil de quasi terminator qui me permet d’analyser les moindres détails d’une plastique de bijin : cette vidéo est une arnaque (enfin, je voulais dire un soulagement), la fille n’est pas Eri Ishida !

En revanche on n’en dira pas autant de la deuxième vidéo carrément présentée comme une sex tape ! Dès les premières images, le doute n’est pas permis : c’est bien Eri ! Le nez, le sourire, les seins (bons seins ne sauraient mentir) et plus loin la découverte d’un gros grain de beauté entre la bassin et le pubis, impossible de douter !

On la voit d’abord danser langoureusement devant la caméra avant de faire ce qu’elle doit faire avec son partenaire. C’est très loin de la sensualité de la scène dans la serre à tomates de Distant Thunder. C’est beaucoup plus « raw life ». Le partenaire l’attache gentiment et lui cache les yeux avec un masque pour donner un effet SM bon marché de prisunic. A part cela, le monsieur lime comme un lapin Durracel et se fait éventuellement un peu prendre en bouche tout en sirotant un verre de shochu. Pas très glamour d’ailleurs le type, une sorte d’ostrogoth moustachu squelettique. Vérification faite, il est très probable qu’il s’agisse de Yoshino Fujimaru, chanteur de J-rock et conjoint dans la vie d’Ishida :

La vidéo date donc de l’époque de leurs jeunes et folles années et l’un des deux a déconné en ne planquant pas suffisamment bien cette vidéo que l’on trouve maintenant un peu partout sur le net. Je donne le lien pour info, je me doute bien que vous n’allez pas quitter cet article pour aller recta le mater, vous êtes des gens bien au-dessus de ce genre de chose.

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Su ce, reprenons l’article avec… les photobooks bien sûr puisque notre bijin s’est illustrée dans quatre ouvrages de ce genre.

Son premier,  勝手に TOO LATE, date de 1984 et a été photographiée par la chanteuse/photographe Nanako Sato :

Pas le plus connu, j’essaierai de dégoter cela lors d’un prochain voyage.

En 1993, Boum ! Ishida colabore avec Helmut Newton pour sortir (Immorale). Au programme : salon distingué, bonshommes masqués en costard et japonaise plus ou moins dénudée et arborant éventuellement une cravache. Chicos et photographiquement réussi :

En 1997 apparaît son plus connu : 1997 + NOW. Le photobook, fruit du travail de Kishin Shinoyama (excusez du peu), est sans doute LE photobook de la belle à posséder. On y voit une Ishida dans ses plus belles années. Shinoyama la photographiquement dans une atmosphère champêtre ou balnéaire, mettant parfaitement en valeur ses formes et ce beau visage auréolé d’une magnifique crinière. Quand on y pense, bel enfoiré que ce Yoshino Fujimaru.

Dans les années 2000 et 2010, on a pu voir d’autres photos dénudées d’Ishida, photos qui montraient qu’elle ne craignait pas de s’exposer malgré le poids des années. Mais il faudra attendre 2017 pour avoir son ultime (enfin, peut-être pas) photobook : 56, de Peter LindberghPourquoi ce chiffre ? Tout simplement parce qu’en 2017 Ishida fêtait ses 56 ans. L’affaire devient encore plus surprenante quand on sait qu’il s’agit d’un photobook de nu. Déballer une plastique de bijin décatie, était-ce bien raisonnable ? Assez peu de photos circulent sur le net mais avec cet échantillon, vous comprendrez combien notre bijin de 56 ans, se porte bien, merci pour elle :

C’est qu’Ishida est l’une des égéries de RIZAP, le groupe vendant des programmes de fitness amincissant. On la voit dans cette pub. Qui donc est cette siène en bikini en train de surfer ? La nouvelle gravure idol du moment ? Non, c’est Eri Ishida, 56 ans, qui du coup va limite pouvoir tourner dans un film érotique de Sion Sono !

Êtres formidables que ces bijins, capables après la ménopause d’effectuer une ultime métamorphose pour presque revenir à l’état premier de leurs jeunes années. Même Ovide n’a osé imaginer cela !

Bijins de la semaine (51) : Les Santa bijins

Cela faisait plus d’un an que je n’avais pas ajouté d’article à la section « bijin de la semaine ». Je crois, ami lecteur, que tu penses comme moi, à savoir que cette situation ne pouvait décemment pas perdurer. Quant à toi, amie lectrice, j’espère que tu me sauras gré d’avoir été sage durant un an et que tu me pardonneras un nouvel article hautement bikinisé, donnant une image de la femme certes peu appréciées des fourches caudines actuelles d’un certain féminisme hystérique, mais image tout de même bien inoffensive et sans laquelle ce site ne serait pas ce qu’il est. Car les stats sont formelles : si des visiteurs pénètrent en ce lieu pour y découvrir de nouvelles critiques de films, des mini-récits de mes aventures japanisthanaises ou des articles sur la photographie, ils savent aussi qu’il y a toujours moyen de tomber sur une de ces créatures avenantes et dotés d’un pouvoir aussi fascinant (du latin fascinare, « jeter un sort ») que celui de la Gorgonne (avec la aussi la possibilité de transformer en pierre votre corps, en tout cas une certaine partie de son anatomie – saviez-vous par ailleurs que fascinum en latin signifie aussi bien sortilège que bite ? Magie de l’étymologie !).

Bref, Noël arrive, et comme je n’avais pas d’idées d’article et que je n’avais guère de temps because préparatifs pour le réveillon, c’est sans crier gare qu’une idée s’est subitement immiscée dans mon cerveau malade : et si je faisais un article sur les Santa Bijins ?

Contre les plus réfractaires au bel esprit de Noël, voici sans nul doute le plus efficace des remèdes. Plus sucrée qu’un toffee, plus raffinée qu’une tranche de foie gras, plus délicate qu’une huître, plus pétillante qu’un verre de champ’ mais, attention ! en aucune façon plus fourrée qu’une dinde de Noël (je ne tolérerai en aucun cas ce genre d’insulte envers mes précieuses bijins !), la Santa bijin réchauffe immédiatement les coeurs des âmes les plus chagrines, leur donnant illico envie de croire au père au Noël et de se ruer sur le cadeau qu’ils ont sous les yeux pour le déballer et découvrir le beau jouet infiniment plus intéressant qu’une PS4 ou une Nintendo Switch. À contempler avec en fond sonore les chansons de Noël de Dean Martin ou de Nat King Cole. Tellement « fascinant » qu’on jurerait presque entendre retentir au loin les grelots des rênes du Père Noël (non, ne cherchez pas, nul calembour et nulle contrepèterie dans cette phrase).

Il s’agit de l’avant-dernier article de l’année. En attendant le dernier, je vous souhaite un…

Bijin de la semaine (16) : Kay

Avec ma 50ème bijin de la semaine, il semblerait que j’ai quelque peu fanfaronné trop tôt ! C’est en effet ce qui m’est apparu en concevant ma nouvelle section « Bijinorama » (clique, et admire). En faisant les comptes, Megumi Kagurazaka ne pouvait arborer le numéro 50 sur sa plantureuse poitrine mais plutôt le numéro 48 ! Manifestement, grisé par tous ces articles, rendu totalement abruti par la contemplation de ces courbes généreuses et ces yeux en amande, j’avais sauté deux bijins (si j’ose dire) et quelque peu merdé dans la numérotation :

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D’un autre côté, garder la tête froide avec toutes ces merveilles, je voudrais vous y voir.

Bref, plutôt que de renommer tous les articles et surtout afin de permettre à Megumi de garder son prestigieux numéro 50 amplement mérité, je vais insérer une bijin (one more time, si j’ose dire) à la place laissée libre, en l’occurrence l’article n°16.

Et comme il manque sacrément de bijins issues du manga dans cette collection, j’ai choisi une jeune femme qui en a marqué plus d’un lors de son adolescence, j’ai nommé…

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Kay

La silhouette est fine et élégante mais le ragard farouche est là pour nous faire comprendre que ce sera pas vraiment le style à s’exhiber en bikini. On sera très loin de Fujiko Mine ou des Cobra Girls, et pourtant, lorsqu’on lit Akira au moment de l’adolescence, il y a quelque chose de très attirant chez cette fille, membre d’un groupuscule visant à révéler les expérimentations de l’armée sur les enfants mutants. Lors de sa première apparition, on n’est pas franchement impressionné devant ce personnage au style un peu trop pop idol 60’s et pour laquelle la réaction enthousiaste de Kaneda et sa bande semble un peu démesurée :

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Mais quelques planches plus tard, on la regarde d’une tout autre manière lorsqu’arrive la première mort violente du manga (début d’une longue série), mort qui est le fait de la jeune femme :<