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Bijin de la semaine (67) : mieux vivre le confinement avec le yoga de Yuuri Morishita

Et le confinement dura…

Avec ses avantages et ses inconvénients. Perso, je m’adapte assez bien à la situation. Culturellement, c’est la joya, gros quota de pages lues par jour, Breaking Bad avec Olrik jr, des de Funès avec Olrik the 3rd, Mad Men terminé, je ne vois pas le temps passer. C’est peut-être au niveau de l’activité physique que ça pêche un peu. J’avoue ne pas trop avoir la motivation pour faire un footing se limitant à un parcours avec un kilomètre de diamètre. Et puis le footing, c’est souvent par période, là je suis peut-être entré dans un moment où je n’ai tout simplement pas l’envie.

Par contre, en écoutant récemment un disque de Ravi Shankar, je me suis rappelé d’un doux moment lors de mes études. J’étais alors en licence, à moins que ce ne soit en maîtrise, en fait peu importe, j’avais entrepris de suivre les cours d’une des nombreuses activités physiques proposées par la fac. Mon dévolu s’était posé sur le yoga dont les cours étaient situées juste à un kilomètre de chez moi. A cette époque je crois que j’écoutais justement un peu de musique indienne et j’ai eu envie de découvrir la fameuse discipline millénaire du pays.

J’ai écrit « doux moment », c’est à relativiser. Ici pas de cours de yoga à la sauce new age où il s’agissait de rester mollement dans la position du lotus entouré de bâtons d’encens. Le professeur, le trentaine, était adepte d’un yoga pur et dur. Il allait régulièrement en Inde pour parfaire sa pratique auprès de vrais maîtres yogis. Avec lui le programme était simple : des asanas (postures), des asanas et encore des asanas. Durant une heure j’avais l’impression de faire de mon corps une serpillière que j’allais essorer au maximum par ces postures qui me brûlaient, qui parfois me faisait un peu mal mais qui, lorsque je quittais le gymnase après une heure très physique, me donnaient l’impression de marcher en lévitation, parfaitement détendu, tant physiquement que psychologiquement. J’étais alors parfaitement apte à rejoindre les amis à tel pub pour déguster une bonne grosse pinte de bière !

Bref, le yoga, c’est le bien et c’est en écoutant Ravi que je me suis dit qu’il serait bon de reprendre cela à la maison le temps du confinement, à raison d’une demi heure par jour. J’étudie cela sur différents sites afin de retrouver les postures que je pratiquais lors de ces cours. J’essaye aussi de retrouver leur ordre car je me souviens qu’elle ne s’enchaînaient pas n’importe comment. Et histoire de donner un coup de pouce supplémentaire à la motivation, j’ai décidé de retranscrire ces recherches à travers un article. Vous êtes tentés mais vous hésitez à pratiquer le yoga ? Toutes ces semaines de confinement passées à regarder Netflix en bâfrant de la junk food commencent à vous faire sentir un peu minable ? Il n’y a pas à hésiter, surtout que pour l’occasion j’ai fait venir deux instructrices de choc ! La première se nomme Yuko Shoji :

Elle a autrefois fait partie fugitivement d’Ebisu Muscats. Mais plutôt que ce sombre passé on préférera évoquer ses activités de maîtresse yogi. DVD, livres, cours en ligne, la bijin de 36 ans, toujours dans l’éclat d’une beauté sans cesse entretenue par la parfaite maîtrise d’asanas, se donne bien et sait parfaitement attirer le client mâle avec un DVD parfaitement adapté à ses goûts :

Les consignes qu’elle donne sont toujours très claires, Yuko ayant un sens de la pédagogie qui sait parfaitement mettre en valeur ses ananas euh… je veux dire ses asanas :

Je ne saurais donc que trop vous conseiller de voir les multiples liens sur youtube pour vous faire une idée :

Sinon, afin de bien profiter de la lecture de ce qui va suivre, mettez-vous à l’aise. Un short, un t-shirt, plus besoin de chaussettes, vous allez maintenant avoir votre premier cours de yoga. Pour cela j’ai fait venir une bijin dont je me doutais bien qu’elle aurait droit un jour à un épisode de ma série des « bijins de la semaine », j’ai nommé la sublime…

Yuuri Morishita !

On a souvent des pratiquants de yoga l’image d’êtres secs comme des coups de trique et on pouvait se demander si notre bijin allait être désavantagée par son mirifique 90/55/90 dans la pratique des asanas mais en fait pas du tout, vous allez voir que composer des postures avec des gros seins n’empêche absolument pas la pratique du yoga. 

Sur ce, vous êtes prêts ? Brûlez quelque part un bâton de patchouli, mettez la bande son du jour…

… et écoutez attentivement mes consignes tout ne matant (ce ne sera pas trop difficile je pense) leur illustration physique par dame Yuuri qui vous propose pour commencer en douceur la posture du nénuphar avec les mains sur le ventre pour bien sentir la respiration ventrale :

Comme Don Draper lors de l’ultime épisode de Mad Men, vous pouvez dire doucement « aum » pour marquer l’entrée dans notre séance yogistique. Vous allez voir, ça va être de la balle !

Après cinq minutes, relevez-vous pour me faire le vrishasana (posture de l’arbre) :

Le talon doit véritablement être au ras des couilles. Trouvez votre centre d’équilibre et essayez de tenir la pose une minute. Ah ! J’en vois déjà qui rament comme c’est pas permis, ça promet pour la suite de la séance ! Bon, pas de panique les gars, regardez bien sous un autre angle et appliquez-vous que diable ! ce n’est quand même pas bien compliqué :

Regardez comme les mains sont bien tendues vers le plafond, regardez les mains j’ai dit !

Une fois que vous tenu la posture sur une jambe, refaites-la sur une autre. Passons maintenant au garudasana (posture de l’aigle) :

Ne me demandez pas le rapport avec l’aigle, j’avoue que c’est chaud, là. Vous enchevêtrez vos membres comme Yuuri et essayez là aussi de tenir la pause une minute. Le premier qui se rétame la gueule n’aura pas le droit à sa kirin en fin de séance.

Pour terminer avec les postures debout, faisons maintenant le parsvottanasana (posture de la pyramide) :

Tout en maintenant l’angle des jambes, vous posez doucement votre front sur votre genou. Tenez la pose deux minutes en fredonnant Kaze wo atsumete de Happy End.

Comme je pense que vous devez commencer à transpirer un peu, vous pouvez faire comme Yuuri, à savoir porter des vêtements plus légers. Mettez-vous à quatre pattes, c’est parti pour le bidalasana (posture du chat) :

?!

Vous commencez à comprendre le pouvoir du yoga ? N’hésitez pas à le pratiquer avec Madame, l’essayer c’est l’adopter. Une fois que vous en avez marre d’imiter la plus salace des gourgandines de kabukicho, redressez-vous, renversez-vous et choppez vos chevilles de cette manière :

Ushtrasana (posture du chameau)

 

Evidemment, si vous avez abusé des apéros durant le confinement, je ne vous cache pas que c’est un peu dur. Allez, je vais être gentil, tenez la pause juste 45 secondes. Evitez de vomir, merci.

Relaxons-nous un peu maintenant avec le Shashankasana (posture du lièvre) :

J’avais bien un autre gif présentant la posture sous un autre angle mais je crois que je vais m’abstenir pour préserver la concentration. Remarquez comme la posture n’est pas désagréable (je parle ici de votre propre posture et de ce que vous ressentez).

Allez ! c’est fini pour les postures assises, terminons trois minutes avec le lotus. Inspirez et expirez doucement :

Si vous suintez désagréablement sous les aisselles, vous avez le droit de vous mettre en slip. Yuuri a décidé de se mettre en bikini, vous n’êtes pas obligé de l’imiter. Allongez-vous deux minutes et respirez calmement :

Nous allons maintenant passer aux postures allongées. Ne croyez pas que ça va être facile, c’est tout le contraire ! Commençons par une variante de la posture de la charrue :

Les quatre membres (et même cinq dans votre cas) tendus vers la droite, et vous me ferez le plaisir de garder les jambes bien raides (juste elles). Après deux minutes de ce régime, on passe à l’ardhashivasana :

Alors évidemment, ceux qui ont une toilette intime douteuse vont ici le sentir passer. C’est un peu de votre faute aussi, le confinement ne signifie pas que vos bijoux de famille doivent être confinés jour après jour dans le même calbute. Tout le long des 10 minutes 40 que doit tenir la posture, bougez de temps à autre votre main droite pour que je sache que vous ne vous êtes pas brisé la nuque.

Quand vous sentez que vous allez finir par être aussi handicapé que Hank Schraeder dans la saison 3 de Breaking bad, faites passer par dessus vos jambes et remettez-vous à plat lentement, vertèbre après vertèbre, en contrôlant avec vos bras au sol ramenés au niveau de la taille :

Voilààà, c’est ça, comme ça !

Nous n’en avons pas encore terminé avec les postures qui donnent un mal de chien, courage ! Voici le kandharasana (posture du demi-pont) :

Normalement, au bout de trente secondes vous devez avoir l’impression d’n chier sévère. Pour vous récompenser, un peu de repos avec le matsyasana (posture du poisson) :

ne prenez pas cette posture à la légère, le but est d’imagine que votre buste touche aux cieux pour aller saluer Hindra, le dieu du ciel :

Voilà, exactement comme ça.

Après quoi vous pourrez (enfin !) vous reposer avec le supta balasana (posture de l’enfant) :

Là aussi, j’ai l’asana sous un autre angle mais on va rester concentrés jusqu’au bout. Après cela mettez-vous en chien de fusil pour le matsya kridasana (posture du poisson qui bat des ailes) :

Le rapport avec un poisson qui bat des ailes ? Franchement, OSEF non ? On se détend et on admire, c’est tout. Ou plutôt on fait le vide. Attention ! Je n’ai pas dit piquer une ronflette, fixez votre esprit tout en faisant le vide, c’est tout le paradoxe et la difficulté. Essayer de vous déconnecter de l’image de l’épiderme de Yuuri, imaginez que vous êtes allongé au bord d’un bassin d’un onsen situé à quelques lieues du mont Fuji. Une légère brise vous caresse l’échine et provoque un doux murmure parme les feuilles d’un érable qui décore la proximité du bassin. Vous êtes bien. Vous aimeriez que cela dure toujours. Mais vous savez aussi que Yuuri vous attend dans votre chambre de ryokan. Elles vous a promis d’approfondir ensemble certains asanas, notamment la posture de la visite au cyclope, celle du petit ramoneur et surtout celle du grand-duc à moustaches et celle de…

Et voilà, c’est fini. Les petites cymbales indiquent que le cours est fini. Vous pouvez retourner à votre confinement le cœur léger. Et si jamais Madame est plus à prendre avec des pincettes à cause d’une promiscuité de tous les instants, vous saurez que vous n’aurez qu’une seule chose à lui proposer pour l’apaiser : « Chérie, fais donc le bidasalana, ça t’apaisera et je veux bien t’aider à le faire ».

En ce moment la formule à la mode est « prenez soin de vous ». Pour moi, ce sera que Krishna et les chakras soient avec vous !

 

Les bijins de la semaine (66) : Les bijins masquées

Bon, où en étais-je ? Pas simple de reprendre après quinze jours de break forcé. C’est que, voyez-vous, la Olrik Family a connu de sérieuse turbulences, une sorte d’expérience dans l’expérience du confinement. Sans entrer dans les détails, votre serviteur a méchamment dû se sortir les doigts, comprimer 48 heures dans des journées qui n’en ont malheureusement que 24 (à ce que l’on dit), être plus d’une fois au bord du burn out ou pire, du karoshi en sentant poindre des palpitations dans son cœur délicat mais généreux.

Olrik, tiens bon, tu vas surmonter l’épreuve !

Du coup, c’est vrai que l’on n’a pas eu le temps de psychoter avec le covid-19. Cela ne fait que quelques jours que la vie a repris son fleuve tranquille et que je suis avec un peu plus d’attention les infos. On a la chance d’avoir un jardin, et comme il fait beau, c’est reparti pour relire dans le transat, au soleil, le Côté de Guermantes avec un verre de cidre à portée de pogne, juste après avoir aidé Olrik the 3rd à faire ses devoirs du jour. Olrir jr, élève modèle, les fait tout seul et attend avec impatience le soir pour se mater avec moi deux épisodes de Breaking Bad. Quant à Madame, le pragmatisme incarné, elle se rend l’après-midi à son travail afin de continuer à faire tourner sa petite entreprise.

Et donc moi, j’ai un peu de temps pour reprendre BdJ en main. Et là, évidemment, impossible de n’en pas parler. A l’hystérie (un peu légitime, il est vrai) des masques portés disparus en France, je vais répondre en vous en offrant une pléthore, et fort bien portés encore !

Glp!

Délicieusement mystérieux même, car avouez-le, les bijins que l’on croise au Japon arborant cet appendice (d’ailleurs pas forcément pour ne pas répandre des microbes, d’après Madame c’est aussi parce que des femmes ne veulent pas montrer qu’elles ne sont pas maquillées), capte bien souvent le regard. On a la délicatesse des yeux en amandes, mais quels trésors se cachent sous ces masques ? Les bijins masquées, ce sont un peu les Shéhérazade des milieux urbains. Quand on tombe sur l’une d’elles, tel le roi Shahriar, le temps s’arrête et l’on a illico envie de déclamer un poème :

La lune est son visage ; le flexible rameau qui ondule, sa taille 

Son front est blanc comme la première lueur de la nouvelle lune

Ses yeux comme les yeux des gazelles

Ses sourcils comme le croissant du mois du Ramadan

Ses deux seins comme deux grenades jumelles

Son masque comme un voile de rosée recouvrant un lieu enchanteur

Mais où est la langue qui saurait décrire ce miracle : cette croupe ferme et vallonnée qui met mon zebb au supplice… ?

Ya Allah ! Ya Allah !  Qu’il est dur de se promener au Japon !

Sur ce je vous laisse. Tout cela m’échauffe l’esprit et je m’en vais retourner à mon Proust pour me calmer. A bientôt et n’oubliez pas :

Bijins de la semaine (65) : Les Nichigeki bijins

En cette période de confinement, il faut bien continuer à vivre, à se distraire, à rêver. Pour cela, quoi de mieux que la série des « bijins de la semaine » ? Et quoi de mieux que le music hall ? Charly l’a très bien chanté, souvenez-vous :

Ah ! Trénet ! Ça met tout de suite du baume à l’âme, n’est-ce pas ?

Et si en plus cela s’accompagne de délicates créatures aux yeux en amandes en train de se trémousser dans un appareil donnant à voir de fines gambettes ou d’autres délicates parties de leur anatomie, alors là, excusez-moi mais vous pouvez d’ores et déjà laisser tomber votre vulgaire Marc Dorcel et son libre accès pour cause de Coronavirus. Pour aujourd’hui, nous allons donc faire un bon dans le temps : directions les années 50 et 60 au Nichigeki Music Hall de Tokyo :

Situé à Yurakucho non loin de Ginza, la bâtiment a pu recevoir des artistes de jazz tels que Gene Krupa ou Ella Fitzgerald mais dans le cœur des séniors japonais, c’est pour un tout autre type de spectacle qu’il est connu. Un spectacle avec des paillettes et des plumes…

Beaucoup de plumes.

 

Faisant les délices des touristes mais aussi des bidasses américains alors en garnison, le Nichigeki proposait du burlesque de music hall de qualité et exclusivement topless. Car évidemment, vous vous en doutez, il ne s’agissait pas de proposer une nudité intégrale. A cause de la censure, impossible de montrer le moindre buisson ardent. Du coup on a compensé par des tenues extravagantes et mettant en valeur d’autres atouts de la plastique irréprochable des danseuses. Evidemment, à la fin des années 70, les goûts, davantage portés sur l’explicite avec le début de l’ère des JAV, ont eu tendance à délaisser le Nichigeki et c’est en, 1981 que le bâtiment a fermé ses portes (et détruit, bien dommage compte tenu de son architecture sortant de l’ordinaire) :

Mais tout n’a pas été perdu puisque subsistent de délicieuses brochures qui ont été publiées tout le long de l’existence du Nichigeki. A l’intérieur de jolies pin up dessinées par Noboru Ochiai mais surtout de somptueuses photos des différentes créatures qui ont animé le lieu et qui se sont fait plus d’une fois siffler par les bidasses ricains façon loup de Tex Avery.

Regardez attentivement puis fermez les yeux et imaginez : vous êtes subitement dans un lieu public, pas de vilain virus à craindre, lorsqu’apparaît subitement Mako Misaki, la fameuse « Reine du Nichigeki » et dont la plastique de déesse sera peu à peu découverte au gré de savants mouvements avec des plumes d’autruche. Oui, en imaginant cela, pas de doute, on peut nous aussi dire, comme Charly, que l’on aime le music hall.

Mika Madoka’s baby

Mika Madoka : Wet Fingers
Mika Madoka: Yubi o nurasu onna – 美加マドカ 指を濡らす女
Tatsumi Kumashiro – 1984

Encore un film de Kumashiro sur la dure vie d’une strip-teaseuse. Et finalement encore un roman porno accrocheur, même si ce titre peut paraître un cran au-dessous de films ultérieurs. On y suit le dilemme de Kimiyo, strip-teaseuse qui, comme l’indique le titre original, fait sur scène des choses magiques avec ses doigts. Elle a du succès auprès des meutes mâles et salivantes qui viennent l’admirer, mais aimerait bien passer à autre chose, par exemple devenir idol pour susurrer des chansons sucrées. Moins fatigant et plus habillée, elle risquerait moins une fluxion de poitrine à tout moment.

Même si elle fait bien tout pour en avoir puisqu’elle est dans son appartement 90% du temps en tenue d’Ève. Pas sérieux, ça.

Surtout, elle aimerait y voir plus clair concernant sa vie privée qui est partagée entre deux hommes : l’un, Shun, est un acteur prometteur, tellement prometteur qu’il va recevoir à Cannes la Palme du meilleur acteur. Le problème est que le type est du genre chaud lapin et qu’il ne voit dans Kimiyo qu’une femme übersexy avec laquelle il est sympa d’avoir des passades de temps à autre.

Shun, en voyage d’affesses après son prix à Cannes. Phallocrate 100% Adèle Heanel disapproved mais c’est pas grave, chambre tatamisée, yukata, gestion de la posture et du coup de téléphone, j’apprécie le style.

L’autre amant, Yûji, est assez joli garçon et aime profondément Kimiyo. En un mot, elle est sa déesse et il est prêt à tout sacrifier pour lui rendre service, à commencer par s’occuper de l’adorable bébé qu’elle trimbale comme une malédiction pour le bon déroulement de sa vie et de sa carrière.

Kumashiro ose le bébé trognon dans un de ses films !

Bien plus choupinou que le bébé de Rosemary, ce bébé joufflu n’est d’ailleurs pas loin d’être le principal personnage du film. C’est que ça a toujours une forte présence, un bébé à l’écran, et celui-ci tout particulièrement. Devenu véritablement homme au foyer pour rendre service à Kimiyo et surtout pour avoir l’occasion d’être au maximum près d’elle (quand ce n’est pas à l’intérieur d’elle, doux moment qu’il a maintes fois l’occasion de reproduire), Yuji va s’occuper du poupon lorsqu’il ne s’occupera pas du plaisir de sa déesse.  Cela donne lieu à des transitions un rien surprenantes, par exemple un nettoyage de couche entre deux scènes à poil ou encore un changement de couche sur un lit encore tout chaud de certains ébats conjugaux.

D’un point de vue sonore, ce sont des pleurs de tous les instants. Alors que Yuji et Kimiyo prennent un bain ensemble, un cri du bébé dans la maison rappelle illico Yuji à son instinct maternel pour aller voir tout de suite si bébé va bien. On devine assez bien ce que symbolise ce bébé qui aurait besoin d’un peu plus de cohésion parentale. Dans l’inconscient de Yuji, il est en tout cas l’incarnation de son désir de fonder une vie stable, un foyer avec Kimiyo. Mais pour cela, il faudrait que cette dernière parvienne à oublier Shun et là ce n’est pas gagné, surtout avec son foutu caractère. Si vous n’appréciez pas forcément les roman porno BDSM dans lesquels des personnages féminins se font quelque peu malmenés, sachez que là, c’est tout l’inverse qui se produit. Yuji se fait littéralement marcher sur la gueule par sa déesse et se fait même à un moment foutre dehors à coups de pied au cul. Ce n’est pas non plus la Vénus à la fourrure mais on n’en est pas loin.

Entre deux tartes dans la gueule, Kimiyo sait tout de même se faire câline.

A noter que la « Mika Madoka » du titre est le nom de l’actrice jouant Kimiyo, dans la vie réelle une véritable strip-teaseuse. Pas une actrice de métier donc mais ce n’est pas grave, il y a dans ses nombreuses éruptions de colère quelque chose d’aussi agaçant que réjouissant. Et concernant la plastique, il n’y a rien à y redire, voir Mika Madoka se trémousser sur scène dans les années 80 devait valoir le détour. A apprécier en tout cas sans modération puisque la bijin n’a joué que dans ce film, merci Kumashiro d’avoir fréquenté plein de lieux sulfureux pour dénicher cette perle !

KUMASHIRO – Attends, tu sais que tu as du potentiel cocotte ? Je vois bien un film qui s’intitulerait euh, attends, je cherche… voilà : Mika Madoka les doigts humides !

MIKA – Euh, je ne sais pas si…

KUMASHIRO – Tu déconnes ? Ça va faire un tabac ! Amène-toi demain au bureau de la Nikkatsu, je te prépares recta un contrat !

C’est d’ailleurs le moment d’imaginer ce que pourrait donner un making of du film…

KUMASHIRO – Bon, dans cette scène tu promènes bébé dans la poussette. C’est une des rares scènes habillées du film, profite bien de ton imper car après tu vas cailler, c’est 90% de  scènes dénudées.

 

KUMASHIRO – Alors voilà, tu pelotes Mika avant que celle-ci se mette en pétard et te défonce la gueule à coups de tatane. Tu es prêt, on le fait en une seule prise !

TAKASHI NAITO – Euh attends, on ne peut pas changer un peu le script ?

KUMASHIRO – Impossible, cette scène est la pierre angulaire de l’histoire !

MIKA – Oh ! Qu’il est chou !

KUMASHIRO – Prends-le le plus souvent dans tes bras pour le cajoler. Il faut que tu aies très vite une montée de lait pour une scène finale à laquelle j’ai pensé.

MIKA – Hi hi ! t’es con !

KUMASHIRO – Non non, je ne déconne pas.

KUMASHIRO – Quand tu fous une mornifle à Yuji, n’hésite pas à y aller franchement, comme ça, paf ! avec le plat de la main, les doigts bien raides, bien fort !

Pour compléter cette section bonus de l’article, évoquons enfin cette curiosité :

Oui, quand on voit Mika Madoka chanter lors d’une scène, il est très probable qu’il s’agisse d’une chanson provenant de ce LP. Chanteuse, actrice, strip-teaseuse (et gravure idol ! j’ai vu qu’il existait un photobook tout à sa gloire), décidément une bijin pleine de ressources que cette Mika Madoka qui aura bien mérité son gâteau d’anniversaire à la fin du tournage :

KUMASHIRO – Joyeux anniversaire Mika chan ! J’en profite d’ailleurs pour te parler de mon prochain projet : « les doigts humides dans la froidure d’Hokkaido ». Ça te dit ?

MIKA – Ça va aller, je vais me limiter à la chanson maintenant.

Mika Madoka : Wet Fingers a été édité au Japon dans une chouette copie blu-ray. Dommage que l’éditeur Elephant ne l’ait pas intégré dans son récent coffret de dix films consacré aux roman porno. Peut-être un jour pour un deuxième volume ?

7,5/10

 

Une belle-fille aux dents aiguisées

Afin de bien commencer la lecture du premier article pinku de l’année, je vous propose de le lire tout en écoutant cette chanson :

Pas de choix plus approprié en effet puisque Yôko Hatanaka est une de ces idoles qui ont succombé à un moment de leur carrière aux sirènes du roman porno pour varier les plaisirs (et gagner un peu plus de sous). Elle participa au film qui nous intéresse aujourd’hui en ne décrochant pas moins le rôle principal dans un des tout meilleurs roman porno de l’année 1980. Bon, genre je fais celui qui s’est maté les 68 roman porno de cette année pour dire cela, j’avoue humblement que je m’avance peut-être un peu. En tout cas, ce titre fait partie de ceux auxquels un minimum de soin a été apporté dans le script, le choix des actrices et leur interprétation, ce qui fait que le titre se regarde avec plaisir, voire intérêt, en particulier si on aime la cruauté car c’est un des plus tordus, des plus cruels – notamment dans sa conclusion – qui m’ait été donné de voir.

愛の白昼夢 (Ai no Hakuchûmu soit Rêves d’amour)

Kôyû Ohara – 1980

La cruauté apparaît de plusieurs manières dans le monde merveilleux du roman porno. On songe évidemment aux scènes de viol, aux meurtres (parfois) ou au bondage et son folklore. Si vous goûtez peu à ce dernier cas, je vous rassure tout de suite : Ai no hakuchumu ne mange pas de ce pain-là, et c’est tant mieux. Sa cruauté est plus subtile car incarnée par le joli minois rond de Hatanaka, alors âgée de 21 ans :

Une jolie petite gueule d’amour mais ne vous y fiez pas, cette fille-là, comme dirait l’autre, elle est terrible.

Voici en quelques mots l’histoire :

Yôko, apprentie peintre se destinant peut-être à faire les Beaux Arts, est inquiète : son papa, veuf célibataire plein de fric et qui aime à tringler de la gueuse intéressée sur son yacht, a décidé de reprendre sa vie en main et de s’assagir. Il projette de se marier avec Akiko (Yuki Kazamatsuri), bijin directrice d’une galerie d’art. Or, cela déplaît fortement à Yuko qui aimerait bien garder son papounet rien que pour elle et qui ne va pas forcément chercher à bien  accueillir sa nouvelle belle-mère…

Hatanaka est parfaite dans le rôle de Yuko. Son visage, son sourire, sa voix, tout concourt à donner à la minette le bon dieu sans confession. Face à la belle-doche, en apparence elle joue l’accalmie, avec des intonations et une manière de parler qui ne laisse jamais passer dans la voix un moment de défaillance, une irruption de colère. Ce qui n’est évidemment pas des plus rassurants, surtout lorsque l’on connaît la gueule de ses tableaux :

Dans une scène où elle montre la toile à son père, elle lui dit qu’il comprend sûrement l’interprétation que l’on peut faire de l’image. Alors que le film s’ouvre sur une fiesta à bord de son yacht (une d’une première partie de jambes en l’air pour monsieur, dans une cabine, avec une fraîche donzelle qui pourrait être sa fille), on pourrait penser que ce vieux requin (vieux car un peu édenté) n’est autre que le père qui passe son temps à croquer des bijins sur mer. Néanmoins, quand on voit la tournure que prend la relation entre Akiko et sa belle fille, on peut se demander si le requin ne serait pas plutôt cette dernière, ange gardien du père qui ne va pas hésiter à s’occuper des importunes voulant un peu trop se l’accaparer.

Le cheptel de poufs qui profitent bien du pognon du papa de Yoko.

D’autant que Yoko a l’air d’avoir un complexe d’Electre carabiné. Témoin cette scène au début dans laquelle Yoko aperçoit au dos du père un peu de sang (sortant de la fameuse cabine des plaisirs, il s’agit de griffures laissées par la pouf’ du jour). Aussitôt elle entreprend…

de lécher la plaie !

Plus tard elle explique à son père qu’il n’y pas besoin d’un remariage puisqu’elle pourrait parfaitement remplacer sa défunte maman. Gros yeux du père qui se dit qu’il y a au moins une chose pour laquelle ce serait tout de même un peu coton de la remplacer.

Mais cela ne convainc pas Yoko qui ne semble pas décidée à partager le père avec sa deuxième mère. Surtout que cette dernière est encore jeune (Yuki Kazamatsuri a alors 27 ans), belle, dinstinguée et cultivée bref, une concurrente plus sérieuse que les jeunes grognasses que s’envoie le père habituellement.

Vous avez été traumatisé par une horrible belle-mère ? Imaginez si vous aviez eu à la place Yuki Kazamatsuri !

Si Yoko Hatanaka est parfaite dans le rôle de la midinette bourgeoise perverse, Kazamatsuri l’est tout autant dans celui de cette belle-mère désireuse à la fois de se faire bien voir par la belle fille et de reprendre en main son éducation. Ce double aspect est visible dès la scène de leur rencontre. Sachant que Yoko est intéressé par l’art, elle lui offre un livre sur William Blake qui lui sera peut-être utile pour ses examens. Et comme le livre est en anglais, cela lui permettra en plus de travailler la langue. Moue ennuyée de Yoko qui ne sait pas si elle aura le temps de le lire. Mais Akiko insiste et lui tend fermement le livre, avec un regard qui ne souffre aucune contestation.

Ce sera le point de départ d’une relation orageuse dans laquelle Akiko alternera les moments de compréhension à ceux d’agacement, voire de colère.

Il faut dire que Yoko fait tout pour provoquer sa belle-mère. Acoquinée avec une bande de jeunes qui passent leur temps à baisotter et à se droguer sur la plage, elle se fait un jour épinglée par la maréchaussée venue faire un débarquement dans leur repaire :

Autant dire que dans ce repaire, c’est un peu la fête au slip (et au soutien-lolos)

Alors qu’Akiko vient la chercher au poste et qu’elles repartent à la maison, Yoko oblige sa belle-mère à prendre un jeune surfeur qui faisait de l’auto-stop. Elle va plus loin en l’invitant à crécher chez elle et, se sachant épiée par Akiko, elle rentrera sans façon dans la salle de bain pour donner une serviette au jeune homme qui a alors popol à l’air.

– Tiens ! c’est pour bien t’essuyer.

– Euh… Thank you !

Un peu plus tard, elle n’hésite pas à se rueur sur lui pour feindre une embrassade enfiévrée sur le plumard juste au moment où Akiko s’apprêt à entrer dans la chambre.

Doux Jésus !

Et ce n’est que le prélude à une multitude de tentatives pour tenter d’écoeurer et de faire fuir la concurrente.

Entre les deux, il y a le père qui ne voit rien, qui ne comprend rien et qui pue la vrille en fait. Manifestement papa gâteau du genre incapable d’éduquer fermement sa merdeuse (le genre mornifles dans le beignet accompagné d’un « tu fais ce que je dis et pas autre chose, OK ? », c’est clairement pas trop son truc), il remet les clés de l’éducation ferme à sa nouvelle épouse. Or, on comprend tout de suite qu’en dépit de sa bonne volonté, ce ne sera pas gagné avec ce petit scorpion de Yoko. Surtout, malgré ses belles paroles prônant dans sa vie l’accalmie, la raison, alors qu’il commence à prendre de l’âge, il ne peut s’empêcher de succomber non pas à l’appel de la mer mais à celui…

Des gros seins !

Les gros seins en question sont ceux de Kyoko Aoyama jouant le rôle de Keiko, grande amie de Yoko. Alors qu’elle a besoin d’argent (elle fréquente un garçon bien incapable de bosser sérieusement), Yoko lui propose tout simplement d’en demander à son père. Et pas besoin de le rembourser plus tard, il lui suffira tout simplement de lui offrir son jeune corps le temps d’une étreinte passionnée. Le père est d’abord offusqué par la proposition et menace de quitter la chambre d’hôtel dans laquelle Yoko a organisé le rendez-vous mais finalement, les flatteries de Yoko et la plastique de Keiko aidant, le papounet accomplit la besogne sans trop barguigner. Evidemment, Yoko en profite pour donner rendez-vous à sa belle-mère dans un resto dans les parages pour qu’elle tombe nez-à-nez avec son mari accompagné, bras dessus, bras dessous, avec une belette – ce qui arrivera.

Enfin, Yoko n’hésite pas à balancer au visage de sa belle-doche l’argument de la jeunesse. N’est-elle pathétique, la vieille, à faire la morale à une jeunette comme elle ? Et d’ailleurs qu’est-ce qu’elle peut bien comprendre aux jeunes ? Et pourquoi s’est-elle mariée avec un homme bien plus vieux qu’elle ? Ne serait-ce pas pour une sombre histoire d’argent ?

A tout cela Akiko répond par le mépris, arguant qu’il y a des choses qui se passent entre des adultes et que les enfants comme Yoko ne peuvent comprendre.

Là, Akiko touchera la morveuse qui a beau fréquenter des jeunes passant leur temps à baisoter entre deux portes…

(ou dans la moiteur d’une voiture sur un parking, comme Keiko et son copain)

… il s’avère en fait qu’elle est toujours vierge. Pour les fans de l’idole Yoko Hatanaka, ce sera évidemment l’espérance de voir leur chanteuse préférée dans le plus simple appareil, le temps d’une scène torride. Cela arrivera en compagnie du jeune surfeur qui permettra à Yoko de devenir femme c’est-à-dire de devenir un peu plus « mère » et donc de revenir à un pied d’égalité avec sa belle-mère.

Avant la fameuse scène, les amateurs de « bikini idols » auront la satisfaction de voir Hatanaka s’essayant aux joies du surf dans un joli bikini bleu.

S’ensuivra alors l’estocade finale pour régler définitivement le cas de la concurrente. Et là, je m’abstiens de donner le moindre indice sur les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Je rappellerai juste le mot évoqué au début de l’article : cruauté.

Si vous êtes friands des roman porno présentant des situations triangulaires dramatiques et cruelles, dites-vous qu’avec Ai no Hakuchumu vous serez servis. La dernière confrontation entre Akiko et Yoko, dans la chambre de cette dernière, jouera la carte de la surprise traumatique. Une petite abjection qui donne tout de suite après d’écouter la bonne humeur des Beach Boys pour se laver l’esprit de ce cauchemar balnéaire.

7,5/10

Les joies du bini-bon avec Junko Mabuki

Toujours dans l’optique de poursuivre les sentiers explorés par The Naked Director, après Dynamite Graffiti, on enchaîne avec Zoom Up : the Beaver book girl, roman porno de 1981 :

Zûmu appu: Binîru-bon no onna ズームアップ ビニールほんの女  (soit Zoom sur la fille de revues olé olé !)

Le « bini bon », ceux qui ont vu The Naked Director se le rappellent sans doute, sont ces magazine érotiques qui dans les années 70 ont pullulé encore plus que des morpions dans les toisons pubiennes des pires gueuses de Kabukicho. Le film suit le travail très professionnel de Kimura, photographe mérité flanqué de son assistant Kôichi. Les deux vont photographier la capricieuse Mako mais aussi l’étudiante Yoshie dans des situations alternant le scabreux et l’acrobatique.

Période de Noël oblige, je tenais à ce que la Passion du Christ soit évoquée dans cet article.

Le problème est que l’on apprend qu’autrefois, alors qu’il était simple étudiant, Kimura était surnommé Gauguin. Non qu’il préférait alors le pinceau au reflex. En fait, le sobriquet célébrait son côté artiste du viol qui avait pour pouvoir de subjuguer ses victimes et de les rendre par la suite accro à sa personne. Une sorte de Hanzo the Razor bis si vous voulez. Et oui, pour filer la métaphore, on peut penser qu’il devait donner de vigoureux coups de pinceau sur la toile de chair qu’il avait à disposition.

Kimura est à droite. Pourquoi toutes ces bouteilles de bière sur la table ? La réponse se trouve dans un gif caché dans cette page.

Bref, lorsque déboule une femme mystérieuse prénommée Nami (prénom qui fleure bon l’œuvre de Takashi Ishii et c’est bien normal puisque l’histoire est tirée d’un de ses mangas), qui accepte de se faire prendre en photo dans les pires situations, et gratis encore ! on se dit que cette femme magnifique (ai-je dit qu’elle était jouée par Junko Mabuki ?) a peut-être à voir avec le sulfureux passé de Kimura.

Nami habillée (en cliquant sur la photo vous aurez la version définitivement moins poupée Barbie).

Comme pour Lesbians in uniform chroniqué la semaine dernière, Zoom up : binîru-bon no onna est un roman porno que l’on peut recommander. D’abord parce qu’il y a Junko Mabuki, alors dans la splendeur de ses 26 ans et dans les ultimes feux de sa carrière courte mais intense chez la Niquatsu. Intronisée « SM Queen » après le retrait de Naomi Tani, la bijin s’est pas mal employée sous l’égide de Dan Oniroku (qui a d’ailleurs une vie sexuelle avec elle très intense si l’on en croit son autobiographie Season of Infidelity: BDSM Tales from the Classic Master. Hé ! Les éditions Akatombo ! ce serait sympa d’avoir ce titre !).1981 est donc une année prolixe avec pas moins de sept films au compteur.

Dans Zoom Up, c’est peut de dire qu’elle sait capter les regards. Avec ou sans manteau de fourrure, avec ou sans ficelles de shibari, elle est une sorte de grande prêtresse du bini-bon qui renvoient illico à leur vie insignifiante Mako et Yoshie. Avec en prime ce plan fameux dans lequel elle en met (littéralement) plein la vue à Kimura en train de la photographier de face.

Bref, il y a Mabuki donc, mais il ne faut pas oublier les cinq autres personnages qui constituent une galerie croquignolette et permettant de passer sans ennui (toujours un risque avec les roman porno) les 65 minutes du film. Kumiko Hayano dans le rôle de Mako est d’une espièglerie aussi insupportable qu’amusante, Hikida, l’assistant de Kimura et amant de Mako, est un maladroit qui a bien du mal à garder la tête froide durant les shootings…

D’un autre côté, un shooting avec Junko Mabuki, je voudrais bien vous y voir aussi.

…tandis que Kawamoto, le propriétaire du magazine pour lequel travaille Kimura, est dans le rôle du gay en costard et aux mains très entreprenantes avec ses collègues mâles. Tout ce petit monde fonctionne, et associé aux apparitions aussi mystérieuses que bandatoires de Nami ainsi qu’une certaine imagination visuelle (mention spéciale au final dans un entrepôt désaffecté et poussiéreux !), il devient donc difficile de ne pas recommander ce titre qui – j’ai omis de le préciser – peut aussi être vu comme un hymne grandiose à l’ondinisme (actif ou passif, tout le monde a droit à sa rasade). Très rafraîchissant.

6,5/10

Les joies du tribadisme en sailor fuku

Rude soirée cinéma hier pour votre serviteur : en première partie de soirée, la brutalité avec Rambo : Last Blood (j’avoue faire partie de ceux qui ont kiffé le spectacle) et en deuxième la douceur avec un roman porno de 1983 :

セーラー服 百合族 / Sêrâ-fuku: Yurizoku (proposition de titre : les goungnotteuses du lycée)

Hiroyuki Nasu – 1983

A vrai dire c’est le genre de film que je préfère critiquer en période estivale, d’autant que l’histoire se passe dans une station balnéaire mais enfin, à force d’accumuler les journées avec un temps de merde, j’ai craqué et après le jeu de massacre à la fin de Rambo j’ai cédé à l’appel de la plage et des jolies filles aux doigt graciles et à la langue agile. Et je ne l’ai pas regretté. Comme les amateurs du genre le savent, le roman porno c’est souvent une chance sur deux de s’emmerder ferme mais là, impossible d’avoir une réserve, ce titre entre direct dans mon top 10 personnel. Pourquoi ? C’est ce que je vous propose de voir, mes maîtres. Donnez-moi votre main et projetons-nous ensemble dans la station balnéaire du film où je vais d’abord vous présenter les deux héroïnes du film, héroïnes que l’on voit ici gambadant avec insouciance, telles les Jeunes Filles en fleurs de Balbec :

♫ La, la, la schtroumpf la la ! ♫

Elles sont belles, joyeuses, et possèdent des capacités athlétiques permettant de faire des bonds d’un mètre :

Plus sérieusement, elles sont jouées par Kaoru Oda et Natsuko Yamamoto. L’une a alors 22 ans, l’autre juste 18 ans :

Images purement informatives, si si !

La plastique non entravée par les vêtements est sympathique, mais aussi le jeu d’actrice. Bon, n’attendez pas évidemment d’avoir du Lady Macbeth mais le duo d’amies (elles s’appellent Naomi et Miwako) fonctionne et apparaît souvent plein de fraîcheur. Naomi, jouée par Oda, est la plus âgée, la plus dégourdie des deux sur le plan sexuel. Avec son petit ami, Ippei, elle a déjà goûté au dépucelage et explore maintenant les joies du Kama Foutra avec son partenaire bogoss. Au grand dam de Miwako qui en pince depuis toujours pour son amie et qui n’en a pas grand chose à faire, de ces abrutis de mecs.

Abruti d’Ippei que l’on voit en train de faire sa bronzette tranquillou avec ses lunettes de soleil alors que bon, il y aurait peut-être ici mieux à faire…

Nous voilà donc en présence d’un trio amoureux classique, qui ne demande d’ailleurs qu’à se transformer en quatuor avec l’arrivée d’un abominable binocleux pervers, Kimio :

Que fait-il avec une télécommande sur un passage piéton aussi encombré que celui de Shibuya ? Il pilote un sac à roulettes télécommandé destiné à prendre des photos :

Vingt années plus tôt, c’est déjà Love Exposure !

Le petit pervers s’aperçoit un beau jour qu’il en pince pour Miwako et qu’il aimerait bien se déniaiser une bonne fois pour toutes avec elles. Bref, récapitulons :

Kimio aime Miwako qui aime Naomi qui aime Ippei (qui n’aime finalement que lui-même). Et pour être complet, il faudrait évoquer la grande sœur de Miwako (jouée par le splendide Kazuyo Ezaki), maîtresse d’un patron de restaurant, patron qui est d’un autre côté sollicité par une cougar (jouée par la sublime Asako Kurayoshi, décidément quel casting !) qui ne répugne pas non plus à déniaiser les petites oies comme Miwako.

Bref, vous l’aurez compris, en 70 minutes on a largement le temps d’être émoustillé avec tout plein de scènes belles et variées. Exploiter exclusivement la thématique du lesbianisme eût été par trop lassant, du coup Nasu alterne avec une régularité d’horloger homosexualité et hétérosexualité en combinant au maximum parmi sa réserve de personnages.

Autant vous dire que le mécanisme labio-buccal est constamment en action dans ce film !

Le tout avec un sens du cadre qui rend le spectacle là aussi très attrayant. Après avoir vu récemment un bien terne Zoom up : Graduation Photo (1983), cela m’a donné envie de voir un peu ce que Nasu propose d’autres dans sa filmographie (il faut dire aussi que je l’ai vu dans une belle copie HD alors que le Zoom up vient de chez Impulse, connu pour ses copies à la qualité limite VHS). C’est torride, imaginatif…

Du bon usage des lutins kitsch qui « décorent » une table de chevet.

… parfois brutal…

« Euh… che peux plus rechpirer là. »

… avec ici et là un zest de mauvais goût…

Ce plan, était-ce bien utile ?

… mais globalement le travail sur l’érotisme est de la belle ouvrage.

Et en cette période troublée par le #Metoo, on se dit en voyant ce film que les femmes auraient bien raison de se la jouer Lysistratas pour faire marron ces messieurs incapables de comprendre le sens du mot « douceur ». Signalons ici que le film peut être vu comme un brûlot violemment anti-sodomie. A voir si la suite tournée la même année et avec le même casting (Les gougnotteuses du lycée 2) permettra de combiner lesbianisme euphorique et hétérosexualité respectueuse. J’avoue qu’il me sera assez difficile d’attendre l’été pour aller vérifier cela.

7,5/10

Bijins de la semaine (64) : Deunan Knute et les Shirow girls

Il fut un temps où Masamune Shirow a été copieusement édité en France. Dans les années 90 précisément, Akira et Dragon Ball avait ouvert la voie – avec quelques titres plus confidentiels chez Tonkam – et bientôt allait suivre une pléthore d’œuvres d’une pléthore de genres. Parmi ces titres, ceux de Shirow : Appleseed, Black Magic, Orion puis, plus tard, Ghost in the Shell, porté par son adaptation au grand écran de Mamoru Oshii. Un peu comme un autre mangaka de sa génération, Ryoichi Ikegami, les rééditions ont eu tendance à se casse la gueule et l’on ne trouve plus guère que les derniers tomes de Ghost in the Shell en magasin, alors que les volumes d’Appleseed semblent être de plus en plus rares à dégoter. Peut-être que cela reviendra et il faut le souhaiter car en matière de cyberpunk en manga, on a rarement fait mieux depuis. O.K., il y a Boichi et son récent Origin qui n’est pas mal troussé (bien qu’il commence à m’ennuyer). Mais il faut savoir qu’à la fin des années 80, quand parurent les premières éditions américaines d’Appleseed chez Dark Horse, ce fut un choc pour le Olrik ado d’alors, ainsi que pour pas mal d’amateurs de BD exotiques venant d’Asie. Bien que je commençais à m’habituer à lire des mangas en anglais, je me souviens que ce titre était particulièrement ardu à décrypter de par la masse d’informations techniques qu’on y trouvait. Pas grave, l’intensité des scènes d’action était là pour me contenter.

En 1992 certains fanzines (le n°1 de Tsunami et le n°4 de Mangazone) y allèrent de leurs articles sur Shirow, découvrant un peu plus un univers bardé de mechas et de femmes d’action. Et c’est en 1994 que Glénat se décida à publier la première édition en français d’Appleseed. Je crois me souvenir que j’avais été interloqué par sa découverte. Je m’étais rendu à ma librairie de BD préférée lorsque je tombe sur une pile d’exemplaires du tome I d’Appleseed ! Comment diable ? Mais on ne m’avait pas prévenu ! Et avec en plus en couverture ceci :

Un putain de cyborg, une héroïne pulpeuse en diable dotée d’un gros flingue, c’était tout Shirow ça. Sortant un billet de cent francs, je m’emparai d’un précieux exemplaire pour le lire illico chez moi. J’allais enfin comprendre la complexité de l’histoire que je n’avais fait qu’effleurer chez Dark Horse. Enfin ça, c’est ce que je croyais car même en français, il faut bien reconnaître qu’Appleseed est encore un peu obscur. C’est ce qui peut plaire à l’amateur de Hard S-F et de cyberpunk compliqué, mais c’est ce qui peut aussi parfois rebuter. C’est ce qui d’ailleurs ne m’a pas fait acheter les récentes publications de Ghost in the Shell : Man Machine Interface : trop verbeux, trop fumeux.

Fumeux d’ailleurs comme le goût de Shirow pour les héroïnes. Pourquoi n’a-t-il jamais opté pour un héros ? Voici la réponse qu’il donne dans le n°1 de Tsunami quand on lui demande pourquoi ses protagonistes sont toujours des femmes :

Je pense que ce ne sont pas des femmes au sens propre du terme. Je les traite plutôt comme des idéogrammes. Avec un héros masculin, on peut donner l’impression que l’œuvre est stable et bien ordonnée. Cependant, il existe alors un risque de créer un style lourd et banal. Pour empêcher cela et pour donner à la BD une sensibilité neuve, il faut faire ressortir la personnalité du héros. Dans ce cas, le héros à un poids, une densité trop importante ce qui est impossible dans mes BD car, du point de vue de la structure, elles sont basées sur le principe du multiplexage et de la multiplicité des informations. D’autre part, j’ai pensé qu’il serait plus original de prendre une femme pour héros plutôt que comme accessoire d’un personnage masculin, qui n’apparaîtrait dans quelques scènes que pour la satisfaction des lecteurs mâles. Bien sûr, si je dessine des héroïnes, c’est aussi pour satisfaire mes lecteurs et moi-même, en tant qu’hommes.

Légère contradiction, d’un côté, je dis que je ne veux pas faire d’un personnage féminin une potiche. De l’autre j’avoue volontiers qu’il y aura volontiers du fan service avec une héroïne. Une chose est sûre cependant, ses héroïnes n’ont rien de cruches. C’est ce qui a d’emblée frappé à la lecture d’Appleseed. La couverture du tome 1 de l’édition français mettait l’accent sur le fan service, mais les couvertures des autres tomes étaient plus en accord avec le contenu : l’héroïne, Deunan Knute, n’a rien d’une poupée Barbie s’adonnant à un cosplay hi-tech. C’est une femme d’action, une pure et dure, une tatouée, du genre à en remontrer aux plus velues des Big Jim. Porter des bijoux ? Connais pas ! Elle, son truc, c’est porter un lourd blouson en Kevlar, des rangeots et un flingue à côté duquel le Magnum .44 de l’inspecteur Harry fait figure de jouet pour jouer aux cow-boys et aux indiens dans la cour de récré. Se maquiller ? Le seule maquillage que la bijin connaisse c’est le maquillage de camouflage pour des opérations commando ultra risquées.

Bref, pour le fan service, vous l’avez compris, ce n’est pas du côté de Deunan qu’il faut aller le chercher. Du moins au début. Ironiquement, les deux premières cases dans lesquelles elle apparaît nous la montre comme une inoffensive femme au foyer :

Mais cet aspect gentillet ne dure pas. Très vite les flingues et les regards torves vont être dégainés et il faudra rechercher le fan service plus du côté de la mignonnette Hitomi. Dans la section « data book » qui accompagne le tome 5 on y apprend, outre que « ses mensurations sont top-secret ! », que Deunan « est droitière mais s’est entraînée à être ambidextre en cas de besoin » et qu’ « elle a toujours sur elle deux couteaux. ». Une John Rambo avec des seins, quoi. Et un brin impulsive avec ça !

Cependant, comme bombarder son lecteur de scènes d’action et d’une avalanche d’informations technologiques et géopolitiques pourrait être lassant pour lui, Shirow n’oublie pas d’assaisonner parfois son récit de temps de pause. Et au fur et à mesure que progresse Appleseed, on découvre une Deunan dans la sphère intime. Ainsi ces planches dans lesquelles elle accompagne Hitomi dans un sento futuriste :

Mais aussi ces cases où l’on découvre que la belle a un amoureux en la personne de…

Briareos !

Briareos, son coéquipier, mentor, homme dont le corps n’est plus maintenant qu’une machine à 95% (seul le cerveau est d’origine), et donc amant. Ne demandez pas comment ça se passe au lit, je n’en sais rien. Une chose est sûre, la belle est bien amoureuse de la bête, ce qui permet au passage à Shirow de ne pas s’encombrer avec une histoire d’amour traditionnelle. En tout cas cela participe d’une féminisation du personnage qui, même lorsqu’elle sera représentée « en service », sera parfois dessinée de manière à mettre en valeur sa plastique :

On la vu plus haut, quitte à choisir de représenter des personnages féminins, autant se faire plaiz’. D’ailleurs, il se fait tellement plaisir avec cet aspect, Shirow, qu’il ne dessine plus que ça ! Car à côté de ses mangas, le larron est connu pour avoir une multitude d’artbooks plus ou moins érotiques. Cela a commencé avec Intron Depot, en 1992. On le trouvait en import à l’époque. Je me souviens l’avoir feuilleté fébrilement dans je ne sais plus quelle librairie, à la fois ébahi par la joliesse des dessins, la qualité de l’impression, mais aussi frustré devant le prix salé dû à l’importation. A l’intérieur différentes sections consacrés aux différents mangas de l’auteur. Dans celle consacrée à Appleseed on y découvrait une Deunan étrangement tout sourire et moulée dans des combinaisons faites pour laisser apparaître ces mensurations pourtant censées être « top secret » :

Le reste de l’artbook est à l’avenant, on y trouve une multitude de poupées de chair bien pourvues par dame Nature et délicatement insérées dans des mechas d’acier :

Par la suite, l’érotisme s’amplifiera avec d’autres artbooks. Dans Intron Depot 2 – Blades, les noces de la chair et de l’acier se feront dans un univers de fantasy peuplé de bijins dotées de grosses lames :

Avec une différence notable par rapport au premier opus : Shirow tente désormais les poitrines libérées des contraintes textiles. Dans Intron Depot 3 – Ballistics, retour à l’univers cyberpunk. La maîtrise des techniques informatiques, initiée dans Intron Depot 2, est confirmée. Shirow créé des compositions parfois sages, parfois plus sexy :

Les corps se font plus allongés et plus huilés. Ceci rappelle peut-être aux connaisseurs de Ghost in the Shell une certaine scène censurée dans l’édition française, celle où l’on voit des androids lesbiennes faire des choses. De même dans GITS : Man Machine Interface, le lecteur japonais avait eu droit à une scène de cul qui détonnait fortement avec l’emballage cyberpunk. C’est apparemment un des fantasmes (et une facette de son fond de commerce) de Shirow qui a initié dès 2002 une collection de mangas et de posters intitulée Galgrease (gal pour jolie fille et grease pour l’effet huilée qui recouvre leur corps). Les univers représentés tiennent aussi bien de l’archéologie, de la piraterie ou du far west :

Avec à chaque fois deux constantes : des corps longilignes bien huilés donc, mais aussi des scènes de marécage spermatique renvoyant au tout venant ennuyeux de l’hentai actuel. On peut penser que cela ravit l’otaku de base écumant les librairies d’Akiba. Pour l’amateur d’Appleseed, cela fait regretter le temps où Shirow s’essayait à faire autre chose que de dessiner des gros seins huileux et des culs rebondis, à savoir raconter des histoires exigeantes. Pour cela, malheureusement, je crains qu’il ne faille davantage lorgner du côté de la relève (avec Boichi) ou des différentes adaptations anime ou cinéma de son oeuvre. En attendant un improbable sursaut, n’hésitez pas : replongez-vous ou découvrez Appleseed. C’est parfois sacrément prise de tête, mais qu’est-ce que c’est chiadé comme univers !

 

 

 

 

Bijins de la semaine (63) : Nao Omura et ses copines surfeuses

Certes, l’été va laisser la place à l’été indien mais rien n’y fait : en ce moment, ça pue quand même méchamment la rentrée. La nourriture pue la rentrée, les lectures puent la rentrée, et même l’apéro pue la rentrée. A cela il convient bien sûr de trouver des remèdes. A chacun sa méthode, faire du sport comme un ouf’, picoler aussi comme un ouf’, voir le dernier Tarantino (excellent !), plonger dans les photos de vacances prises durant l’été, se mater l’intégrale de la filmo de Hisayasu Sato, regarder un épisode de Motto Onsen ni ikou, que sais-je encore ?

J’essaye un peu de tout cela mais parfois je me dis qu’après avoir rencontré Madame, j’aurais mieux fait de tout plaquer en France pour commencer une carrière de surfeur à Okinawa. Ah ! Avoir un corps sculpté par les embruns, être un trait d’union entre la mer et la vastitude du ciel, profiter le soir de la douceur de la plage en faisant un yakiniku sur la plage avec des amis, faire l’amour la nuit comme Burt Lancaster de Deborah Kerr dans Tant qu’il y aura des hommes, et le jour glisser sur les vagues en compagnie de sirènes adeptes du surf telles que Kyoko Fukada ou Nao Omura !

La première, vous la connaissez sans doute de nom, c’est une actrice/modèle. Elle joue actuellement dans le drama Daughter of Lupin et a joué entre autres dans le pénible Kamikaze Girls ainsi que dans le Dolls de Kitano. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que la bijin a un goût prononcé pour les joies de la planche :

La deuxième, c’est encore un cran au-dessus puisqu’il s’agit d’une surfeuse pro qui espère bien participer aux J.O. de 2020 -puisque le surf fera partie du programme de la compétition – il s’agit de Nao Omura :

Fresh fruits

Je suis allé faire un tour du côté de sa chaîne Vimeo et de son compte Instagram, rien à dire si ce n’est que c’est charmant, positivement charmant. Le sourire est éclatant, le bikini bien porté, le jarret à la fois souple et ferme, la croupe flexible permet de garder l’équilibre et de dompter les vagues les plus retorses, y’a pas, je saurai qui supporter pour les J.O. On sent tout de suite la jeune femme bien dans sa peau :

… en bonne santé :

… mangeant plein de bons yasai japonais pour garder la ligne :

… respectueuse de la tradition familiale, bien élevée, toujours souriante et sociable :

… faisant preuve de bon goût dans le choix de ses bikinis :

Et par-dessus le marché s’occupant volontiers de Youki, son épagneul breton, l’amenant avec elle à la plage plutôt que de le laisser à se morfondre dans son petit appartement :

Youki à droite, Butty à gauche.

Quand on la voit, on a tout de suite envie de fréquenter son meilleur spot, de l’aider à mettre de la wax, de chauffer avec elle les lèvres en layback et de faire un re-entry dans le tube.

Après cela, il n’y aura plus qu’à siroter un cocktail multicolore en écoutant Tropical Dandy de Hosono. Allez, en imaginant cela et en regardant les photos récoltées, ça pue un peu moins la rentrée…

 

 

 

 

Bijins de la semaines (62) : Les bijins de « Motto Onsen ni Ikou ! »

Le concept de Onsen ni Ikou !, émission diffusée sur Fuji TV de 2004 à 2009 est génial. Chaque numéro de l’émission a en effet pour but de présenter deux, parfois trois onsens dans un coin du Japon. Un narrateur, sobre, nous donne un certain nombre d’informations sur les établissement choisis tandis que défilent sous nos yeux de magnifiques images des différents bassins, des chambres, des paysages alentours ainsi que des plats servis.

Et alors ? me direz-vous. Les émissions de cet type sont légions sur les chaînes japonaises et concernant les onsen, TV Tokyo avait récemment diffusé une émission de ce type, 厳選いい宿 (Gensen ii ya do):

A ceci, je réponds certes, mais  ce qui rend Onsen ni ikou (et sa déclinaison Motto onsen ni ikou, diffusée à partir de 2009,dont les images de l’articles sont tirées) unique en son genre est que… bon, attendez, vous allez comprendre.

Voici le topo, histoire d’aider le spectateur à bien imaginer ce que serait son séjour dans le onsen choisi, on suit les pas d’une cliente (avenante, la cliente, notez-le bien, ceci a son importance, si si!). On la voit au début marcher pour se rendre à son onsen. Le décor est parfois naturel, parfois un peu pittoresque, dans tous les cas on sent la bijin heureuse et décontractée, fin prête pour mettre la clim à l’établissement sur lequel elle a jeté son dévolu :

Juste pour info, l’actrice se nomme Kaori Gunji.

Puis elle arrive à l’onsen. A l’entrée, il faut faire le check in et comme il y a un peu d’attente, elle s’installe dans un petit salon pour y admirer un charmant jardin tout en savourant un matcha qu’une employée lui sert gracieusement. Y’a pas, la jeune femme se sent de mieux en mieux (et le spectateur aussi, grâce aux gros plans qui permettent d’apprécier la beauté de la créature) :

Elle entre dans la chambre qu’elle a réservée. Bon, pas dégueu, la chambre :

Et là, ami lecteur, j’endosse le costume de Jean-Pierre pour te proposer un jeu ! A chaque étape de ce qui va suivre, je te propose quatre possibilités avec une seule valide.

Tu es prêt ? Alors c’est parti !

Tout d’abord, la bijin décide-t-elle de…

  1. Se servir un macha ?
  2. D’ouvrir la fenêtre pour admirer le paysage ?
  3. Se faire les ongles ?
  4. D’ôter sa jupe ?

Pour le savoir, clique sur ta réponse, tu vas voir, tu vas vite y prendre goût.

Par la suite, décide-t-elle de…

  1. S’offrir un petit en-cas ?
  2. Augmenter la clim’ ?
  3. Regarder sa messagerie sur son keitai ?
  4. D’enlever le haut car il fait décidément un peu trop chaud ?

Troisième étape. Va-t-elle…

  1. Regarder le koshien sur la TV ?
  2. Faire un petit somme réparateur ?
  3. Appeler l’accueil pour se faire apporter une boisson ?
  4. Retirer son soutien-gorge ?

Enfin, pour finir, choisit-elle subitement de…

  1. Faire un Twerk ?
  2. Chanter Riquita jolie fleur de Java ?
  3. Faire le poirier ?
  4. D’enlever sa culotte ?

Voilà, vous commencez sans doute à comprendre (et si vous avez fait un sans faute, c’est que vous être digne de lire mes articles « bijins de la semaine »). A chaque épisode la recette est immuable, imparable et fascinante :

  1. Check in à l’entrée.
  2. Arrivée dans la chambre. Désappage en règle afin d’enfiler le yukata.
  3. Si la bijin a les cheveux longs, on la voit alors se faire artistement un chignon.
  4. Rapide déambulation dans les corridors de l’hôtel pour rejoindre les vestiaires permettant d’accéder aux bains.
  5. Dans les vestiaires, re-désappage (ça ne mange pas de pain).
  6. Baignade en tenue d’Eve (évidemment le passage le plus important).
  7. Retour dans les vestiaires pour s’habiller.
  8. Ici, soit la belle enchaîne avec un autre bassin, soit on présente la nourriture qui est servie à l’hôtel.

A ceci s’ajoute parfois d’autres étapes, comme le passage entre les mains expertes d’une masseuse…

Avec, comme on peut le voir, une parfaite maîtrise des points vitaux.

 

… ou l’utilisation d’un fauteuil masseur :

Certains plans nous confirmeront qu’il possède bien la fonction « good vibrations ».

En tout, il y a quatre baignades par épisode, la bijin se rendant souvent à la moitié à un autre onsen du coin. Monotone pensez-vous ? Franchement c’est à voir. Car ce qui frappe quand on regarde Motto onsen ni ikou!, c’est l’ambition de plonger le spectateur dans un monde d’élégance et de raffinement. Beauté des paysages, beauté des chambres, beauté des plats, beauté des bassins et, bien sûr, beauté des bijins choisies. Ici il y en a pour tous les goûts puisque à chaque numéro de Motto Onsen correspond une bijin. Et il ne s’agira pas de la mettre à nue pour la filmer de manière vulgaire comme la dernière des gourgandines issues du monde des JAV. Là aussi, élégance est le maître mot car deux contraintes ont été adoptées : ne jamais montrer le moindre mamelon, et encore moins le moindre poil de pubis. Vous pourrez scruter, faire autant d’arrêts sur image que vous voulez, vous n’en trouverez pas. Parfois on se dit que ça y est ! on va avoir droit à des tétons oubliés au montage mais en fait non, le photographe de l’émission semblent s’être échiné à faire preuve d’imagination pour cacher ces seins que l’on ne saurait voir sur une chaîne familiale :

Quand Anasthasie a l’apparence de jolies fleurs…

Il faudra donc se contenter de demi-globes, de cadrages au taquet pour ne pas trop se rapprocher de certaines toisons. Et se « contenter » de postérieurs. Beaucoup de postérieurs en fait puisque là, aucune contrainte ne semble avoir été imposée, si ce n’est certains plans que l’on retrouve d’un numéro à l’autre, comme celui où la bijin se poste près d’un bassin pour s’asperger avec le senmenki (ce petit seau en bois que l’on utilise pour s’asperger avant d’entrer dans le bain. Appréciez au passage le côté documentaire de l’article) :

Deux gifs, juste pour vous montrer à quoi ressemble un senmenki.

Pour le reste, chaque photographe donne libre cours à son imagination pour mettre en valeur la bijin et éviter une impression de répétition d’un bassin à l’autre. Bassins d’ailleurs là aussi choisis pour donner l’impression d’une certaine variété. 

Vous le voyez, malgré l’érotisme soft, pas de quoi être déçus. Et puis, à une époque du porno le plus trash accessible en un clic de souris, les gracieuses souris de Motto Onsen sont particulièrement rafraîchissantes. Et même hypnotisantes. Il y a dans ce programme un peu de Slow TV, vous savez, ces programmes qui diffusent non stop pendant des heures des images apaisantes (une plage, une forêt, un feu de cheminée…). On vient à ce programme évidemment pour se rincer l’œil (et entre les bassins et les bijins, il l’est doublement) mais pas que. Accompagné par une musique relaxante qui fait forcément bon ménage avec des images présentant de fabuleux onsens (réellement, les établissements n’ont pas été choisis à la va-vite et donnent envie de se renseigner pour un futur voyage), le programme a de quoi déstresser et vous ramollir l’âme après une rude journée de travail. J’imagine en tout cas que plus d’un salary man ont dû apprécier de visionner Motto onsen dans leur fauteuil massant et une kirin à la main après avoir passé une journée de cauchemar. Il y a dans Motto onsen une sorte de relaxation communicative faite pour supprimer de votre esprit le moindre tracas. Bon, c’est vrai, certains plans vous font un peu baver comme Kame Sennin devant un programme d’aérobic, mais d’autres vous aident à mettre de l’ordre dans votre esprit. C’est que nous sommes ici dans un monde de beauté et d’harmonie qui, tout en permettant le délassement de la chair, conserve cette maîtrise de soi et cette recherche d’ordre toute japonaise. Ce n’est pas parce qu’une bijin porte un string ou une lingerie affriolante (là aussi, grande variété concernant ces précieux bouts de tissu) qu’il faut la jeter dans un coin une fois qu’elle les a ôtés. Là aussi, après la beauté du lieu, il convient de respecter la beauté des objets et de les ranger avec la méticulosité qu’il leur est dû :

Voilà, comme ça, c’est mieux.

Vous l’aurez sans doute compris, Motto onsen ni ikou est un précieux programme pour qui se sent l’âme d’un esthète érotomane de bon aloi. Vous pouvez foncer pour admirer tout votre soûl, 73 épisodes ont été réalisés. Moi, je vous laisse, j’ai Meru Amamiya dans un onsen du côté de Yunohama qui m’attend…

 

 

 

 

Bijins de la semaine (61) : Les tennis bijins

Mais où sont donc passées les tenniswomen d’antan ? A l’heure où la WTA se plaint que les demi-finales dames n’aient pas eu les honneurs du court central à Roland Garros, il faut bien aussi reconnaître que la compétition chez les femmes a rarement été aussi ennuyeuse. Autant j’ai tendance à considérer comme plutôt plaisant le foot féminin, autant là, pour le peu que j’ai vu cette année à RG, ça ne m’a pas franchement emballé. Il faut dire que je sortais d’un des matchs entre les Golden State Warriors et les Toronto Raptors, ainsi que du match épique entre Wawrinka et Tsitsipas. Autant dire que mes yeux ont un peu saigné. Trop poussif, trop de fautes directes et surtout une absence totale de vista et de charisme sur le court. Les joueuses sont soignées, très proprettes, mais bordel qu’est-ce qu’on se fait chier ! Où est le tempérament, l’arrogance, la fierté, l’envie de montrer qu’on est la merluche de sa catégorie ? Si l’on met de côté Serena Williams (très Robert Crumb approved), qui a certes ses défauts mais qui au moins le mérite de rendre les rencontres un peu plus épicées, on a vite l’impression d’assister à une gentille sarabande de joueuses interchangeables.

Du coup je n’ai pas regardé la finale dames hier, préférant suivre le match bizarre mais prenant entre Djokovic et Thiem, et surtout rassembler toutes les belles images pour ce numéro 61 des « Bijins de la semaine ».

?!

« Coucou Olrik san ! Bon, on fait un double ou une triplette ? »

Car non, ne nous laissons pas désespérer par le morne désert que nous propose actuellement le tennis féminin. En attendant des jours meilleurs, nous pouvons en effet toujours compter sur une espèce particulière de joueuses. Ce ne sont pas les « tenniswomen » mais les « tennis bijins ». Tenant ferme le manche, elles virevoltent dans tous les sens, laissant parfois rebondir des formes qui pourraient être perçues comme un handicap dans ce sport, répandant autour d’elle une douce odeur de fleurs de cerisier, pour à la fin gicler un smash puissant qui ne manquera pas de soulever le frêle morceau de tissus qui leur sert de jupette afin de faire apparaître un autre tissu immaculé que les otakus présents dans les gradins ne manqueront pas de saisir au vol grâce au zoom de leurs puissants reflex. Je m’arrête là, la phrase comment à être trop longue, je m’emporte un peu, comme si j’étais embarqué dans un de ces rodéos sur terre battue. Et ce n’est jamais bon, ça, on est au bord de l’apoplexie et il faut reprendre son souffle un moment si l’on veut reprendre la partie.

 

?!

« Ça va mieux Olrik san ? Tu as fini de vomir ? Bon, on reprend la partie ? »

Bref, jouer contre les bijins à raquettes, c’est un peu comme jouer contre Nadal et Federer en même temps. Le taureau de Manacor parce que les émotions face à ce que vous prenez sont si puissantes que vous en oubliez de respirer normalement et que vous vous retrouvez rapidement à avoir la gerbe. Federer parce que la joliesse de leurs mouvements évoquent infailliblement la grâce que les thuriféraire humides ne manquent jamais de faire remarquer chez l’Helvète (qui du coup pourrait jouer avec une jupette). Bref, si un jour vous vous retrouvez face à ce genre de créature, bon courage ! C’est le 6-0 6-0 6-0 assuré pour vous. Numériquement parlant, ce sera une défaite cuisante, mais il y aura malgré tout de fortes chances pour que vous quittiez le court le cœur léger et satisfait du moment passé… finalement un peu comme Federer avant-hier après s’être fait une nouvelle fois désanusser par Nadal.

Julien Sorel fréquente Mme Moreau à Karuizawa

Yutaka Okuda – Producteur de roman porno

Lady Karuizawa
(軽井沢夫人 – Karuizawa Fujin)
Masaru Konuma – 1982

Masaru Konuma – Réalisateur

 

(La scène se passe dans un restaurant familial près de Shinjuku)

OKUDA – Bon, alors, pour le prochain, t’as une idée ?

KONUMA – Hmm… ouais, je me dirige vers un truc genre remake de Plein Soleil.

OKUDA – Hein ? Le film avec Delon ?

KONUMA – Oui, enfin, remake juste partiel hein ! L’histoire se passe à Karuizawa, en gros un triangle amoureux avec d’un côté deux jeunes petits bourgeois arrogants et de l’autre un roturier qui va buter le concurrent pour mieux se taper le personnage joué par Marie Laforêt.

OKUDA – Quoi ? T’as un contact avec elle ?

KONUMA – Mais non, t’es con ! Et pourquoi pas avec Delon tant que tu y es ? Non, je veux dire le personnage de la petite péteuse de bourgeoise. J’ai songé pour le rôle à Yumi Yoshikawa. J’ai d’ailleurs préparé pour elle à une scène où on la verra se trémousser sur un terrain de tennis et une autre où elle se fera lécher du pinard français sur les pieds.

OKUDA – Beurk ! Un peu crade, non ?

KONUMA – Penses-tu ! Il en faut un peu plus pour dégoûter nos spectateurs. Et pis de toute façon, y aura une autre scène où le pinard sera répandu sur les oppai, sans compter une scène de douche, important ça, les scènes de douche ! Donc ça va le faire.

OKUDA – Ouf ! Franchement je préfère ça ! Mais sinon tu as dit que ce serait un remake partiel de Plein Soleil

KONUMA – Oui, en fait, accroche-toi gros, mon histoire est un mélange de Plein Soleil et du… Rouge et le Noir !

OKUDA – …

KONUMA – Bordel ! Le Rouge et le Noir quoi !

OKUDA – …

KONUMA – Mais putain ! De Stendhal quoi ! Faut que t’arrête de te branler devant Heibon Punch, y’a pas que ce genre de lecture dans la vie ! C’est un putain de roman français du XIXème siècle, sur un jeune arriviste qui va servir une bourgeoise plus âgée mais bien gaulée en étant le précepteur de son fils. Il va monter un à un les échelons de la société avant de commettre un crime et finir décapité !

OKUDA – Euh, t’es sûr que ?….

KONUMA – T’en fais pas, je contrôle tout. Et pis c’est pas comme si le roman porno devaient tout le temps bien se terminer. J’ai quand même le droit de faire une tragédie érotique, non ? Du moment que tu as ton cota de scènes avec morceaux de dargifs à découvert dedans ?

OKUDA – Bon, OK, je te fais confiance. Et j’y pense, pour la bourgeoise MILF, Naomi Tani serait pas mal, non ? je sais qu’elle a pris sa retraite mais j’ai ouï dire que financièrement ce n’était pas top pour elle. Peut-être qu’en lui proposant…

KONUMA – Euh, t’as la mémoire courte. Je te rappelle que l’année dernière elle s’est goinfrée une caisse alors qu’elle promenait son clébard et elle en est encore à se farcir des séances de rééducation. Après, si tu veux des scènes de fesses avec une actrice aussi rigide que Toutankhamon dans son sarcophage, moi je veux bien.

-OKUDA – Ah merde, c’est vrai, je ne pensais pas que sa rééducation allait durer si longtemps, pauvre Naomi chan ! Bon, alors qui sinon ? (il porte sa tasse de café aux lèvres)

KONUMA – Hin hin ! Accroche-toi à ton petit noir salopiaud ! J’ai songé à…

OKUDA – (buvant sa gorgée, il regarde en même temps Konuma d’un air interrogateur).

KONUMA – Miwa Takada ! (Okuda s’étrangle avec son café et en recrache lamentablement sur sa chemise. La réplique qui suit doit être accompagnée de toussements).

OKUDA – Hein . Kof kof ! Takada ? Kof ! T’est fou ? Elle n’est pas de notre monde ! Kof ! C’est une actrice grand public, une chanteuse, elle est habituée aux films de sabre, elle a joué dans plein de Zatoichi.

KONUMA – OSEF man ! Là, c’est la même chose, faut juste changer le type de sabre, hu hu !

OKUDA – Excellent !

KONUMA – Oui, je sais. En tout cas te bile pas, je l’ai contactée, elle a accepté. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Faut croire qu’elle veut enrichir sa palette de rôle ou que Kataoka n’est pas assez passionné.

OKUDA – Kataoka ?

KONUMA – Décidément tu sais queud, je ne sais pas comment tu as fait pour finir producteur.  Hidetaro Kataoka, l’acteur kabuki qu’elle a épousé. Pas un rigolo si tu veux mon avis.

OKUDA – Ah oui, j’avais oublié. Mince ! Je me demande comment il va prendre la chose de voir ainsi à l’écran sa femme.

KONUMA – Ça, ce n’est pas notre problème. Mais connaissant l’animal je prédis un divorce dans les mois à venir.

OKUDA – A ce point-là ? Mais les scènes à oilpé avec Miwa seront nombreuses ?

KONUMA – Quatre, cinq… peut-être six en fait.

OKUDA – Wow ! Et corsées ?

KONUMA – Boh, rien que de très ordinaire. Plans esthétiques, un peu de léchages de tétons et, oui, quand même, j’ai pensé à ce plan :

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OKUDA – Ah ! Là…

KONUMA – Ouais, même si c’est pour de faux, ça peut faire méchamment tiquer un mari acteur de kabuki. Tiens, d’ailleurs le voilà l’acteur Kabuki, regarde :

OKUDA – BWAHAHAHA !

KONUMA – Pareil. Le gus est quand même mal placé pour reprocher quelque chose à sa femme. Enfin, on verra.

OKUDA – Enfin quand même, c’est pas un peu casse-gueule de prendre une célébrité inexpérimentée ?

KONUMA – Marrant, je pensais que le rôle des producteurs était de rabouler un max de fric. Réfléchis un peu. Tu es un mâle, depuis longtemps tu en pinces pour cette chanteuse-actrice qui, à quarante, est toujours très bien de sa personne. Pendant des années tu as secrètement fantasmé sur les trésors de son corps qu’elle s’est toujours refusée de livrer à l’écran. Et là, tout à coup, tu as la possibilité de voir ça !

OKUDA – Quoi, « ça » ?

KONUMA – ÇA !

OKUDA – Gulp ! Doux Jésus !

KONUMA – N’est-ce pas ? Tous les fans vont radiner pour voir leur belle quadragénaire se livrer comme ils ne l’ont jamais vue ! Sois sûr qu’ils vont même raquer plusieurs fois un ticket pour s’en mettre une double, une triple, voire une quadruple dose ! Et pour ce qui est du « inexpérimentée », je la sens très capable d’être convaincante à l’écran en nous campant un personnage tout en fièvre et en spasmes. Assez hâte de voir sa belle chevelure voler dans tous les sens. J’imagine bien ce genre de chose…

OKUDA – Je reconnais que c’est alléchant. et puis il y aura sans doute le « petit scandale » que ne vont pas manquer de faire mousser les tabloïds.

KONUMA – Voilà, tu commences à comprendre.

OKUDA – Mais Takada en a conscience, ça ne la dérange pas ?

KONUMA – Franchement, j’ai l’impression que son couple bat de l’aile et qu’elle s’en bat un peu les ovaires. Et puis elle m’a confié qu’elle avait aimé mon travail avec Naomi, comment je mettais en valeur son corps. J’ai du coup imaginé quelques scènes pour achever de la rassurer, des scènes garanties 100% esthétisantes.

OKUDA – T’as un exemple ?

KUNUMA – Tiens, ceci :

OKUDA – Hmmm, joli. Quoi d’autre ?

KONUMA – Tiens, récemment je suis tombé sur un réalisateur gaijin dans un troquet de la Golden Gai, un amerloque, un certain… attends ça va me revenir, Terrence Ma… quelque chose. J’ai oublié. Bref, en discutant avec lui cette idée m’est venue :

Des personnages écrasées par la nature, mais en même temps fusionnant avec elle, le tout accompagné par des commentaires fulgurants en voix off des personnages tels que : « L’amour est dans la nature », « D’où vient cet amour qu’engendre la nature ? », « La femme est une terre nourricière » ou « La femme est une créature divine faite pour ensemencement divin ». Ça va être cool !

OKUDA – Euh, là, je crois que tu t’avances un peu. Réfléchis, je ne suis pas sûr que ça va bien fonctionner.

KONUMA – Tu crois ? Bon je verrai, je testerai et si ça ne fonctionne pas je ne vais pas me prendre le chou, je mettrai une balade de folk/pop à la place.

OKUDA – Et sinon, la fin sera comment ? Ça finira mal donc ?

KONUMA – Un peu, oui. C’est l’autre truc pris au Rouge et le Noir, le roman français. En fait, à la fin voici ce qui va arriver à l’amant. Attends, je te le dis à l’oreille, on a famille avec des enfants sur la table d’à côté et j’ai l’impression que le paternel nous regarde avec un air furibard depuis quelques minutes (il chuchote à l’oreille d’Okuda).

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OKUDA – Ah ouais quand même. Euh, par contre tu n’es pas Georges Lucas, le trucage risque de craindre, non ?

KONUMA – Même pas peur. Après 90 minutes à se palucher (oui, je ne t’ai pas dit mais je vais exploser la durée habituelle allouée aux roman porno), le spectateur ne nous en voudra pas.

OKUDA – Bon, ça me paraît bien engagé tout cela. Et sinon, pour finir, il y aura d’autres personnages intéressants ?

KONUMA – Yôko Azusa va jouer le rôle d’une étudiante qui va mettre le grappin sur le héros le temps de deux scènes. Dans l’une, c’est une petite fête alcoolisée d’une bande de jeunes sur la plage. Ils vont faire de la musique, manger, picoler, baisotter tranquillou, des jeunes quoi ! Dans l’autre, ce sera en pleine nature, c’est l’idée dont je t’ai parlé, avec les coms en voix off.

OKUDA – Personnage pas très utile finalement ?

KONUMA – Complètement inutile. J’ai juste envie de tester une scène en pleine nature.

OKUDA – Hé ! au fait ! La bourgeoise est donc mariée ! Comment est le mari ?

KONUMA – Un gros relou. Il sera d’ailleurs dans la première scène de fesses que jouera Miwa. Ah ! Et son personnage a aussi un petit garçon. Ah mais je te l’ai dit, le héros sera son précepteur. Il y aura d’ailleurs une scène tragique dans laquelle le gamin passera tout près de la noyade tandis que sa maman et le précepteur seront en train de réviser une certaine matière au lit. Ça éloignera d’ailleurs la maman pour un temps du héros. Forcément, elle va culpabiliser un peu. Et mais j’y pense… Ça me rappelle quelque chose…

OKUDA – Une scène dans un autre de tes films ?

KONUMA – Non, rien à voir. attends, ça va me revenir… Ah ! J’y suis ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Flaubert !

OKUDA – …

KONUMA – Cherche pas, tu connais pas. Un romancier français.

OKUDA – Encore ?

KONUMA – Ouais. Sans m’en rendre compte, je viens de fusionner Plein Soleil, L’Education Sentimentale et Le Rouge et Le Noir. Avec un tel script je tiens là un nouveau chef-d’oeuvre ! On va faire un carton !

OKUDA – Franchement, après tout ce que tu m’as dit, je veux bien commencer à le croire. Allez, tu as le feu vert pour tourner dès le semaine prochaine. Sur ce, on y go ?

KONUMA – Allons-y !

(Les deux hommes se lèvent et se dirigent vers la caisse pour régler l’addition. Là, ils sont rattrapés par un autre homme, le père de famille de la table à côté de la leur. Il a l’air gêné).

LE PÈRE – Monsieur Konuma, excusez-moi !

KONUMA (méfiant) – Oui ? Que puis-je pour vous ?

LE PÈRE – Euh… j’ai écouté attentivement votre conversation à table. Ne vous inquiétez pas, je faisais semblant d’être en colère pour donner le change à ma femme mais en fait, euh… j’aime bien voir vos films quand je sors du boulot. Euh, si j’osais, je vous demanderais bien…

KONUMA (rassuré et un peu flatté) – Demandez mon bon, demandez…

LE PÈRE – Pourriez-vous me donner en avant-première un de ces merveilleux gifs ? c’est pour ma collection.

KONUMA – Ah ! Si ce n’est que ça, aucun problème, tenez mon ami :

LE PÈRE – Oh ! Merci beaucoup Konuma sensei ! Je le garderai précieusement dans ma collection, foi d’Olrik !

7/10

Bijins de la semaine (60) : Les nonnes bijins prient pour Notre-Dame

Lundi soir, alors que je m’apprêtais à me mater avec les enfants La Poursuite infernale, un bon vieux John Ford avec Henry fonda, je tombe sur cette terrible nouvelle : un incendie est en train de ravager Notre-Dame ! Le cœur serré, je regarde les images, me remémorant ces heures délicieuses passées à explorer la marchandise des bouquinistes des quais de la scène, avec en arrière plan, présence rassurante et magnifique, la vieille dame qui me semblait à chaque fois me donner sa bénédiction pour dégoter de précieux achats.

Tout cela n’est plus. Du moins pour le moment. J’ai confiance, Notre-Dame reviendra, j’en ai la certitude, et je pourrai un jour chiner dans les étals des bouquinistes tout en l’admirant.

Après, une fois la stupeur passée, vient le moment de se poser les bonnes questions, notamment celle-ci :

Qui est le responsable ?

Aussitôt la grosse machine journalistique qu’est Bulles de Japon s’est mise en branle, tous les réseaux, – officiels, officieux et underground – ont été réactivés afin de répondre à cette épineuse question. D’emblée, mon flair rejeta les sous-entendus islamophobes d’un Ducon-Aignan. Même choses pour les délires frelatés au mauvais pastaga des gilets jaunes selon lesquels c’était Macron lui-même qui, avec un briquet Dupont, aurait foutu le feu afin de ne pas faire ses propositions au JT de 20 heures. Au passage, les mecs, selon les règles de la dramaturgie, le nombre d’actes maximum, c’est 5, pas 23 ! Il y a d’autres moyens pour vérifier que l’on sait compter, je dis ça, je dis rien.

Bon, sinon, je viens bien admettre la piste d’un objet électrique made in China mal connecté et qui aurait créé une fatale étincelle. Mais les probabilités semblent vraiment très minces. Bref, j’étais dans l’impasse. Je songeai à la fameuse phrase de Sherlock Holmes :

Une fois qu’on a éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité.

Mais si on éliminait toutes ces pistes, de quoi pouvait-il s’agir, bon sang de bois ?

C’est alors qu’arriva dans ma boite mail un message d’un de ces reporters amateurs amoureux du Japanisthan et souvent pourvoyeurs d’infos intéressantes pour la vie du site. A l’intérieur, un message laconique : « j’ai trouvé la cause Olrik ! » et une photo :

?

Puis un post scriptum : « j’ai eu le temps de pousser mon 400mm pour une photo plus lisible. Je te l’envoie. »

Deux minutes plus tard, arriva en effet un autre email avec cette stupéfiante photo :

?!

Bon dieu, mais c’était bien sûr ! Cet « improbable » ne pouvait être qu’une bijin ! Et une de ces gilètes jaunes encore ! Mais que diable… pardon, évitons de blasphémer pour cet article, je voulais dire Seigneur tout puissant ! que faisait-elle donc en haut de Notre-Dame ? Selon toute vraisemblance, la facétieuse jeune femme avait dû faire un pari avec des copines dont l’objet était de montrer aux usagers des bouquinistes de la Seine une certaine partie de son anatomie. D’accord, mais pourquoi un incendie quelques minutes après ?

Me ruant sur Photoshop, isolant numériquement son visage, je l’entrai dans ma base de données afin de connaître son identité : il s’agissait de l’AV idol Maria Takagi, née à Chiba en 1978, 88/60/87, 1m61, 48 kg, groupe sanguin A. Cinq prix récoltés au X City Grand Prix Awards de 2003 : meilleure nouvelle actrice, meilleure actrice, plus joli visage, meilleure vidéo et meilleure conversation (sic). Première expérience sexuelle à 18 ans (expérience à trois). Hobbys : le snowboard, l’encens et la natation. Aime le curry au poulet et le café Boss. Putain mais OSEF quoi ! Un coup d’œil sur sa filmographie : Mangues juteuses à Miyazaki, Prisonnière d’une forêt de gros bambous, OL perverse et régime de bananes, Le Con de l’infirmière Thai, L’Onsen du vice, Le Bullet train du chef de gare sifflera trois fois, etc. etc.

Une AV idol, c’était limpide. Une de ces jeunes femmes bien connues pour mettre le feu partout où elles vont, souvent dans un endroit du pantalon de ces messieurs, mais pas que. Un autre titre de sa filmographie attira mon attention : La stagiaire du combini a le feu au derrière.

Et là, en regardant attentivement son postérieur sur la photo,  je compris : galbées, apparemment bien fermes, du genre à pouvoir servir de casse-noix, ces deux fesses, en s’entrechoquant alors que la belle marchait au milieu de la charpente, avaient dû produire une étincelle, un peu à la manière de deux silex en fait. Et une étincelle dans « la forêt » de Notre-Dame, ça ne pardonnait pas.

Du coup je suis un peu gêné de cette révélation car j’imagine que Maria chan va bientôt avoir affaire à la maréchaussée. Mais on a beau apprécier ces rudes travailleuses que sont les AV idol, que voulez-vous, la vérité journalistique avant tout ! Mais nous ne t’abandonnerons pas Maria chan, et même chose pour Notre-Dame. Comment ? Manifestement pas en faisant un don pour la reconstruction, car ce serait mal connaître les finances de ce site au bord du seppuku financier. Notre moyen sera moins monétaire que spirituel. Au gros argent des grosses fortunes de France, nous préférons faire appel non pas à l’abbé Bethléem mais à…

Eh oui ! Elles sont belles, se parfument à l’eau bénite et seraient capable de faire bander un crucifix, ce sont les nonnes bijins. Les amateurs de nunsploitation les connaissent bien. Je me souviens encore avec émotion de ma découverte du Couvent de la Bête sacrée, film de Norifumi Suzuki qui m’a subitement redonné foi en Dieu. En joignant nos prières à celles de ces prêtresses de l’amour et du don de soi, nous pourrons faire en sorte que les astres s’alignent au plus vite afin de favoriser une reconstruction qui nous rendra Notre-Dame plus belle que jamais. Allez, avec moi…

♫ Ô Seigneur, je viens vers toi, je viens vers toi ♫
♫ Je te cherche mon Dieu. ♫
♫Ô Seigneur, écoute-moi, écoute-moi, ♫
♫ Je t’espère mon Dieu. ♫

Bijins de la semaine (59) : les jitensha bijins

Les beaux jours arrivent, et avec eux l’envie non pas de rejoindre les gilets jaunes le samedi (j’étais parti pour un article intitulé « More Gilètes jaunes » avec tout plein de documents pulmonés avant de finalement laisser tomber) mais de rechausser les chaussures de sports afin de perdre des kilos superfétatoires, après un hiver passé à me la couler douce en lisant du chef-d’œuvre tout en grignotant des machins sucrés. Objectif : courir chaque jour 45 minutes. Oui, je sais, le chiffre fera ricaner les lecteurs-coureurs les plus chevronnés mais mon corps est ainsi fait que si je cours disons, 1 heure et quart, je suis sûr de me niquer un genou ou une cheville et j’en suis alors quitte pour un repos forcé de plusieurs semaines le temps que la douleur s’estompe. Déjà, l’été dernier, je m’étais fait avoir en bourrinant juste avant d’aller au Japon, et j’avais dû faire une croix sur mes footings matinaux là-bas because une cheville droite branlante. Un vrai crève-cœur tant j’aime courir le matin dans mes endroits préférés.

Après, quand ça ne va pas fort, ou quand Olrik the 3rd exprime le désir de faire une promenade en vélo, il y a justement ce moyen pour se dépenser gentiment. Les vieux lecteurs de ce site l’ont compris depuis longtemps. Votre serviteur, sans être non plus un passionné de cyclisme, raffole depuis toujours de la pratique de ce moyen de locomotion en milieu japonisant. Il peut faire dehors une chaleur à crever, mettez-moi sur un bicloune, à pédaler gentiment quelle que soit la direction, que ce soit au milieu de rizières, dans des rues de centre ville truffées de pancartes en kanji annonçant ici un bar, là un resto ou tout simplement dans les ruelles du quartier où habite la belle-famille, c’est à chaque fois le même plaisir. Et quand en plus on a celui de croiser des bijins à bicyclette, alors là, on se sent pousser des ailes. Le jarret devient subitement plus ferme, on se sentirait capable de suivre Nanard le blaireau tout en haut du col du Tourniquet, dans les Pyrénées. Bon, j’exagère un peu, après avoir dépassé la quarantaine j’avoue que j’ai apprécié l’aide électrique du vélo Panasonic acheté par beau-papa. Mais c’est vrai que croiser une bijin à vélo est à chaque fois un instant très « Ô temps suspend ton vol ! » souvent vivifiant. Un beau visage fixant droit devant lui, une mèche au vent, une allure gracile, des gambettes courts vêtues qui essayent subitement de pédaler tout en empêchant maladroitement de voir ce qu’il y a au niveau de la selle, je reconnais qu’à chaque fois je retiens mon souffle et me repais de la vision.

Mieux qu’une gilète jaune, une gilète jaune à vélo.

Petite sélection donc aujourd’hui de ce qui se fait mieux en matière de bijins montées sur deux roues. Bon, il est plutôt rare d’en rencontrer en bikini, c’est vrai, mais je préfère tout de suite vous en donner des exemples, histoire de vous préparer si jamais cela arrivait alors que vous êtes en train de pédaler. Un accident cardio-vasculaire est si vite arrivé avec ces diables de machines…

Bijins de la semaine (58) : les « chemisiers blancs »

Il faut bien le reconnaître, après mon scepticisme par rapport aux agissements d’une meute éructante supposée représenter « le peuple », je commence presque à les apprécier, moi, ces gilets jaunes. C’est que je me suis aperçu en fait qu’ils avaient un sens indéniable du spectacle. Pas celui consistant à fracasser des vitrines de magasins d’honnêtes commerçants qui n’ont rien demandé à personne, non, entendons-nous bien, il s’agit plutôt de celui visant à effectuer des numéros de danse. Pas sophistiqués les numéros, ça non, on ne le tient pas encore le Nijinsky des gilets jaunes, mais des numéros faits « à la bonne franquette » pour s’en payer une bonne tranche. Et quand en plus certains gilets jaunes ont la bonne idée d’organiser entre eux des fights clubs (voir mon immense respect pour ce film) :

… là, moi je dis banco ! Je file me prendre un paquet de pop-corn et je mate, tout en faisant défiler leurs derniers délires complotistes sur Twitter en me disant : « Y’a bon ! Mais jusqu’où iront-ils ? ».

Mais je sais, on peut ne pas toujours goûter les facéties des gilets jaunes. La semaine dernière, j’avais présenté les mirifiques « gilètes jaunes » pour essayer hypnotiser les plus réfractaires en leur faisant aimer cette belle couleur.

Allez, juste pour le plaisir. Après tout, il pleut et il fait froid dehors, on le mérite bien.

Las ! si votre esprit n’est pas aussi déviant que le mien et ne vous a pas amenés à apprécier les numéros de danse des gilets jaunes ou leur fight club, si les bikinis jaunes n’y ont rien fait, c’est que le jaune n’est définitivement pas votre couleur ! Aussi, afin de vous aider à vous purger les mirettes, ai-je décidé aujourd’hui d’enchaîner avec un deuxième article « bijin de la semaine » (assez rare pour être noté, je crois que c’est une première) ! Laissons les Gilètes Jaunes se trémousser en bikini sur la plage, faisons place aux…

chemisiers blancs !

Je m’étonne d’ailleurs qu’elles n’aient pas eu droit plus tôt à un numéro de ma collection. Version bijinisée de nos cols blancs, ces chemisiers blancs sont évidemment ce que l’on appelle là-bas les « office ladies » (aka OL, オーエル), ces femmes tirées à quatre épingles travaillant dans des bureaux, payées parfois pour apporter simplement le café à leurs collègues masculins, mais ayant de plus en plus un cursus universitaire leur permettant de poser leur main gracile sur des postes importants, voire de devenir de véritables « career women ». Bref, attention, un chemisier blanc, ce n’est pas qu’une potiche avec un sourire de façade, cela peut aussi être une sérieuse concurrente et même une redoutable meneuse à qui il faudra bien un jour accepter d’apporter le café :

-Hmm, ton café est de jour en jour meilleur, mon petit Tanaka kun, mes compliments !

– Glp !

Quant au potentiel érotique, je l’ai perso tout de suite compris quand cette vieille pub pour les biscuits Mikado est un jour apparue sur nos écrans :

Cela fait partie des trucs que j’ai vus aux alentours des années 2000 et qui n’ont pas peu contribué à me donner envie de me rendre un jour au Japon. Dans l’univers aseptisé des bureaux fait de sonneries de téléphone, de tonnes de dossiers à gérer, d’ordres émanant de kacho pas toujours bien amènes, elles sont la petite touche sensuelle qui apporte un peu de chaleur au cœur… ou dans une certaine zone du pantalon :

Dans mes rêves les plus fantasmatiques, c’est le genre de scène que j’imagine quand je rêve que je suis devenu un salary man.

Evidemment, on est loin d’une Gilet Jaune dansant le Madison sur un péage d’autoroute tout en bramant des insultes aux véhicules passant sans arborer du jaune sur leur tableau de bord. A noter cependant un point commun. Car en effet, lorsqu’un groupe de chemisiers blancs passe aux abords d’un carrefour (rappelons qu’il n’y a pas de ronds-points au Japon), on observe illico un ralentissement de la circulation :

Plus d’un conducteur s’est ainsi vu être la cause d’un accident pour avoir voulu appuyer trop fort sur la pédale de frein afin de bien profiter de la vue. Mais là s’arrête la comparaison avec les Gilets Jaunes. Récompensées de leur dur labeur, elles disposent à la fin du mois d’un salaire confortable leur permettant de s’acheter ce qu’elles veulent, d’aller manger où elles le désirent, bref de se faire plaiz, sans que la nécessité de se trouver un homme pour fonder un foyer tourne à l’obsession. Contre une idiote pression familiale, contre les vieux barbons de l’etablishment, les chemisiers blancs opèrent une révolution douce (1) tout en compensant agréablement la grisaille du paysage urbain fait de bitume, d’enseignes criardes et de câbles électriques disgracieux. Pour cela grâce leur en soit rendue. Combien de fois, lors de mes promenades japonaises en plein cagnard, ai-je été subitement ragaillardi par une douce effluve et la vision d’une silhouette élégante en tailleur et trottant de manière à hypnotiser illico mon esprit ? Et ce sans jaune fluo ! En vérité les salary men ne connaissent pas leur bonheur…

(1) Voir l’excellent essai d’Anne Guarrigue, Japonaises, la révolution douce.

 

 

Bijins de la semaine (57) : les « gilètes jaunes »

Imaginez : vous êtes dans votre caisse et vous vous approchez d’un rond point. Ça avance péniblement. Très péniblement même, du genre un mètre par minute. Mais vous avancez malgré tout et vous commencez à apercevoir enfin le rond point. Vous voyez qu’il a l’air d’être encombré par des individus avec sur eux un vêtement d’un jaune hideux. Encore des lycéens à la con, pour sûr ! Quelle engeance ! Vous vous promettez bien de les engueuler un bon coup au passage, quand viendra votre tour de franchir le rond-point. D’ailleurs, ça ne va pas tarder, après les deux caisses devant vous, ce sera votre tour. Vous méditez mentalement le massage d’insultes que vous allez leur brailler quand tout à coup, une de leur congénère s’approche de votre voiture, s’appuie sur doucement sur votre capot pour vous demander :

Conducteur sama, accepteriez-vous de vêtir votre gilet jaune pour passer ? C’est un petit geste pour vous mais cela compte beaucoup pour nous. Je serais en tout cas totemo contente que vous le fassiez, onegai !

Bon, ça, c’est le rêve que j’ai fait la nuit dernière. Car pour ce qui est de la réalité, on peut effectivement toujours rêver. Mines patibulaires, haleines douteuses, grossiers tutoiements et, pour les moins chanceux, remarques racistes, vannes homophobes et violences physiques. A tel point que la couleur jaune n’est plus très loin de me donner la chiasse, à moi, moi qui ai passé une grande partie de ma vie à Nantes et pour qui c’est tout juste si j’ai envie maintenant de continuer à suivre les canaris du FCN. Ma vieille vignette panini dédicacée par Coco Suaudeau me fait limite horreur !

Epoque bénie où le FCN claquait régulièrement du 3-0 au PSG ! C’était le bon temps !

Je crois que cette nausée du jaune doit venir de ma répulsion pour toutes ces réactions de masse décérébrées (on dit « populaires » quand on est gentil) qui s’organise autour d’un symbole graphique (je parle de ce gilet jaune hein ! pas du glorieux maillot du FCN !). Mais bon, on dit cela et on se fait aussitôt limite traiter de vendu du macronisme. On va donc ne pas trop insister et se contenter de faire marcher les affaires. Soyons opportuniste que diable ! Profitons du fait que les mots « gilets jaunes » vont être les plus googlisés dans les heures qui viennent pour tenter de faire venir un max de nouveaux visiteurs ! Vous aimez ou détestez les gilets jaunes, peu m’importe, car vous allez maintenant leur version bijinisée. Elles ont l’épiderme soyeux, sentent bon, sont aimables et ne cherchent pas à tout casser, Mesdames et Messieurs, voici les…

Gilètes jaunes !

Elles constituent le 57ème opus de ma série des bijins de la semaine. Elles sont sans doute moins engagées politiquement, elles ont probablement moins de soucis de fins de mois (encore que) mais OSEF, très éloignées de l’inquiétant lisier idéologique de notre époque, elles vont vous permettre de guérir lentement mais sûrement de votre détestation subite de la couleur jaune.

Allongez-vous confortablement sur le lit, tout va bien se passer.

Et si par hasard vous vous êtes vous-mêmes un gilet jaune et que vous vous êtes pris plein de coups de matraque dans la gueule (au moment où je tape ces lignes, ça a déjà commencé) parce que vous avez trouvé bon de vandaliser quelques tableaux au Louvre (de toute façon, y’a que des richards de touristes qui peuvent y aller, c’est dégueulasse !), vous pourrez avoir un peu de baume consolatif en contemplant mes bijins. Qu’est-ce qu’on dit, hmm ?

Fuper ! Merfi Olrik !

Y’a pas de quoi mon garçon. Au passage je signale que la section Roman porno no Tengoku en est à son 276ème titre et est complète concernant l’année 1974. Allez y jeter un œil, il y a plein de posters avec du jaune dedans !

Kyaaa ! Je cours voir ça !

Bonus : Chika Yuuki en gilète jaune consciencieuse sur la plage :

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Ami Tomite dans tous ses ébats !

Ryo, 20 ans, est un étudiant qui paye ses études en faisant le bartender dans un bar chic, et il s’ennuie ferme. A tel point que lorsqu’une certaine Nido Shizuka lui offre d’entrer dans son club de call boys pour cougars esseulées, il accepte. Il a beau trouver que toutes les femmes sont ennuyeuses, il pense que l’expérience va au moins tromper son ennui et permettre de se sonder lui-même, de comprendre son mal existentiel…

 

Call Boy
Shônen (娼年)
Daisuke Miura – 2018
d’après un roman d’Ira Ishida

Qu’on se le dise, voici un film qui ridiculise sans aucune contestation possible tous les films de l’opération Roman Porno Reboot, l’Antiporno de Sion Sono en tête. D’abord parce que le film n’a pas besoin de balancer des pots de peinture à la frime du spectateur pour trouver son style. Il est aussi dépouillé qu’Antiporno était laid et bariolé, on est dans une ambiance lounge essentiellement composée de nuances sombres et bleutées du plus bel effet, composant un univers froid en apparence mais seulement en apparence car cette froideur est faite pour ressortir l’intensité des sentiments qui vont exploser dans des scènes de sexe parfois épiques. Ainsi ce plan d’Ami Tomite qui, après avoir mis la capote à Ryo, prend une pose pour s’offrir. Le mouvement est lent, accompagné d’une incroyable musique de Radiq (aka Yoshihiro Hanno, pape du jazz électro), et baignant dans une obscurité relative qui ne donne que peut à voir du corps de l’actrice. Là aussi, on est très loin du film de Sono qui n’avait de cesse de bien montrer le corps de Tomite (rappelons qu’elle était l’actrice principale d’Antiporno) sous toutes ses coutures. Et l’effet est bien plus impressionnant, la découverte parcellaire de son corps dans cette ambiance bleutée étant beaucoup plus vecteur de sensualité et d’érotisme.

 

Oh my !

Du moins dans cette scène car dans d’autres, c’est souvent plus cru et explicite. Il faut dire que Ryo a une manière surprenante de faire son beau métier. C’est un peu le genre « lapin Duracell sous cocaïne ». Mais c’est ce contraste avec ces lieux calmes et sélects que Ryo fréquente qui permet aussi de trouver un ton original. De longues embrassades et des plans de caresses douces et interminables aurait été par trop monotone. Et puis il fallait trouver le moyen de rendre compte de l’excellence de Ryo dans son métier et de sa capacité à aider les femmes qui lui demandent ses services physiques mais aussi psychologiques. Car très vite, il s’aperçoit que non, elles ne sont pas toutes ennuyeuses. Pour ceux ou celles qui craindraient de voir un film racoleur insupportable de misogynie, il faut savoir que les personnages féminins sont intéressants tous sans exception. Nido Shozuka bien sûr, qui cache un secret médical, sa fille Shizuka qui est muette (le personnage interprétée par Ami Tomite et qui n’a donc pas l’occasion de brailler son texte hystériquement comme chez Sono. Peut-être un simple hasard mais je n’ai pas pu m’empêcher de voir là une sorte de pied-de-nez, un nouveau contre-pied volontaire à Antiporno), mais aussi cette copine de fac scandalisée à l’idée de voir que cet ami qu’elle aime secrètement se prostitue ou cette vieillarde élégante qui demande  les services de Ryo. Les femmes sont belles, les femmes ont du mérite et, quand elles connaissent des tracas dans leur existence, il faut leur donner ce qu’elles demandent pour les aider. Et à ce petit jeu, Ryo est comme le bon docteur Black Jack, un vrai génie du bistouri. Seulement, son bistouri à lui, il pénètre dans les chairs non pas pour permettre de guérir d’un mal médical mais pour guérir l’âme. Sur les bon conseils de dame Shizuka, Ryo apprend d’abord à cerner le problème moral puis y va à fond avec son bistouri pour faire jaillir le plaisir (sa copine de fac en sait quelque chose) et purger l’âme de ses soucis.

Il en résulte donc des scènes frénétiques et étonnantes, mais parfaitement réalisées et marquantes, ce qui est toujours le gage d’un film érotique réussi, le genre faisant trop souvent dans le « vite vu, vite oublié ». Dès le premier plan du film où l’on voit un postérieur masculin aux mouvements fornicatoires, tandis qu’une gambette féminine s’agite doucement par-dessus, montrant un ongle de gros orteil délicatement verni, seule occurrence d’un rouge discret dans un plan exclusivement fait de tonalités bleutées, on se dit qu’on tient là un film érotique qui va sortir de l’ordinaire. Et après la courte mais extraordinaire partie fine à trois (en fait techniquement, c’est bien à deux mais chut !) introduit par le plan d’Ami Tomite écartant lentement les jambes, impossible d’oublier ces plans stylisant l’extase et cette maïeutique charnelle.

Bon, c’est mon point de vue. Peut-être qu’un autre trouvera le film parfaitement grotesque et prétentieux. Mais si comme moi vous avez été un peu déçu par les cinq film du Roman Porno Reboot, demandez-donc à Ryo kun de venir vous voir pour une séance de 118 minutes, vous allez peut-être vous en trouver changé(e).

Je ne m’en lasse pas.

8,5/10

 

 

Fly me to the roman porno’s heaven

Attention, work in progress de longue haleine ! Ou plutôt, dans le cas présent, de longs halètements, du genre humide et poisseux, si vous voyez ce que je veux dire.

J’avais au départ dans l’idée d’utiliser la section Japanscope pour faire un classement exhaustif de tous les roman porno réalisés par la Nikkatsu. Après, comment faire ? Créer un sujet par réalisateur ? par année ? Ça paraissait un peu chaud de faire cela sur une interface de type forum. Et puis je me suis souvenu qu’il n’y a pas très longtemps j’avais commencé à utiliser un logiciel pour référencer tous mes films, logiciel qui permettait l’export en HTML. Avec un peu de travail pour personnaliser tout cela en fonction du monde rose du roman porno, voici donc le résultat, à mater la bave aux lèvres et les pognes bien en évidence s’il vous plaît, sur le lien ci-dessous (et qui apparaît dorénavant dans le menu) :

ROMAN PORNO NO TENGOKU

Bien sûr, je suis loin d’avoir fini, j’essaierai de compléter en y ajoutant une dizaine de films hebdomadaires. Et vous remarquerez au passage que les fiches ont au moins pour intérêt d’offrir non seulement l’affiche mais aussi le minois (et parfois un peu plus) des actrices principales, ce qui peut être décisif quand on doit choisir de mater un roman porno mais qu’on ne sait pas lequel. Pas la peine de me remercier, ç’a été un plaisir d’aller sur Google images pour choper les bonnes photos. Bon, par contre, pour les trognes de ces messieurs, j’avoue que je me suis moins démené…

Sinon, une idée : si des lecteurs passionnés ont déjà critiqué les films proposés et souhaiteraient voir leur travail apparaître dans des fiches sous la forme de liens, qu’ils n’hésitent pas à se manifester dans les commentaires pour me les indiquer, je les intégrerai alors directement dans la base. Ça permettra d compléter les fiches parfois arides, je le reconnais, au niveau des infos (ouais, je ne suis pas allé jusqu’à faire un résumé de chaque film).

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui bonnes gens. Moi, avec ce temps de chien, je m’en retourne à mon treizième et dernier tome d’Ashita no Joe et à mon mug de café Boss.

Bijin de la semaine (56) : Kyoko Otonashi

Revoir Maison Ikkoku en VO lorsqu’on l’a découvert adolescent sous le titre insipide de « Juliette je t’aime » et avec l’atroce générique de Bernard Minet (nulle affection pour ce machin, certains l’ont, moi pas), c’est la promesse d’une authentique redécouverte avec pour fil conducteur ce mot, « seinen », mot qui l’époque de cette fin des 80’s ne disait rien aux téléspectateurs et que de toute façon ils ne risquaient pas de découvrir le caviardage de la série par AB productions.

Le magique deuxième générique de la série (Alone again, de Gilbert O’Sullivan). On est tout de suite un peu à un autre niveau que les Musclés.

Actuellement, à la Maison Oluriku, on se mate chaque soir, au moment du dîner un épisode en V.O., et je dois dire que c’est un pur délice. Je savais bien à quoi m’attendre, le visionnage de la VF m’avait tout de même marqué, comme nombre d’autre séries à l’époque, mais je ne pensais pas que ce serait aussi bon. D’abord grâce à cette plongée dans un Japon quotidien riche en détails. La forme d’une bouteille de whisky qui évoque une certaine bouteille de la marque Suntory, les trois notes de musique résonnant dans le quartier et évoquant le marchand ambulant de tofu, les conbinis et leur rayon magazines de charme, les enseignes des petites échoppes, les furin (clochettes) tintant grâce au vent… interminable serait la liste de tous ces objets, de tous ces moments appartenant au Japon et sans cesse renouvelés de par le rythme des journées et celui des saisons (que la série s’attache aussi à joliment retranscrire). Lorsqu’on tombe sur un épisode faible (ou en tout cas qui nous plait moins, le terme paraît un peu dur tant les épisodes offrent une qualité minimale dans leur histoire), c’est là un aspect qui permet de s’accrocher en dispensant un plaisir certain à se plonger dans un Japon modeste et contemporain, où la beuverie avec force verres de spiritueux typiquement japonais alternera avec une visite au temple ou une simple promenade dans le calme d’un quartier populaire à la fin de la journée.


Et puis il y a donc toutes les histoires égrenées tout le long de ces 96 épisodes à travers des personnages dès le début irrésistiblement sympathiques. Takahashi aurait pu se perdre en créant une multitude de personnages dans cette pension Ikkoku. Judicieusement, elle a opté pour une base limitée à six êtres (Kyoko Otonashi, Yusaku Godai, Hanae Ichinose et son fils, Yotsuya et Akemi Roppongi), permettant de les rendre extrêmement familiers au spectateur. On a assez vite un sentiment de promiscuité, une impression de connaître sur le bout des doigts ces personnages en faisant partie nous aussi de cette pension Ikkoku. Et pour éviter toute lassitude, Takahashi fait intervenir des personnages secondaires (le beau prof de tennis, la jeune Kozue amoureuse de Gyodai, les propres parents de Kyoko…) qui permettent de pimenter les rapports et les discussions du sextuor. Pendant 96 épisodes, c’est toujours pareil, et en même temps toujours différent. Et avec en ligne de mire l’éternelle question : Godai kun va-t-il réussir à faire renoncer Kyoko et son veuvage pour se marier avec lui ?

Et là, il faut reconnaître à la série une autre grande qualité, celle de ne pas avoir raté son personnage féminin principal. Surtout en VO car débarrassés de la voir de cruche en VF, on redécouvre là aussi le personnage de Kyoko à travers une approche plus seinen. Evidemment, on n’est pas au même niveau qu’une chronique amoureuse telle que Quand nous vivions ensemble de Kamimura ou du Club des divorcés (dont le personnage se prénomme d’ailleurs lui aussi Kyoko et doit faire face non pas à un veuvage mais à un divorce). Mais on retrouve dans Ikkoku chez tous ces personnages parfois un peu guignols des préoccupations totalement adultes. Il y a chez Takahashi un art du sous-entendu qui pourra passer inaperçu chez le jeune spectateur encore un peu candide mais qui fera les délices du spectateur plus âgé. C’est par exemple une grivoiserie de bon aloi dont j’imagine que les quelques scènes bien innocentes ont dû être coupées lors de leur diffusion en France. Ainsi le personnage de Kyoko est-elle gentiment sexualisé, accentuant le contraste entre cette femme cherchant perpétrer jusqu’à sa mort une dignité de femme dans son veuvage, et un corps d’une petite vingtaine d’années fait pour continuer à être désiré.

Oups !

Et puis, il y a la personnalité de Kyoko. Ou plutôt son petit caractère. Là aussi, je crois que la voix de la doubleuse française a pas mal contribué à me faire de Kyoko une image de potiche insipide. Or, Kyoko, c’est tout sauf ça. Si, comme Godai, on peut être aussi attentif à déceler une posture kawai ou sexy de Kyoko, on pourra aussi faire ses délices de certaines sautes d’humeur volcaniques que la jeune femme laisse parfois exploser ou manifestera dans une posture totalement sukeban style :

Aussi bien Kyoko ne pouvait qu’apparaître un jour dans cette série des « bijins de la semaine ». Aux midinettes, aux petites-amies pas toujours très intéressantes des héros des shonens, elle est le trait d’union, le chaînon manquant entre Bulma et une héroïne de Kamimura. Une femme encore adolescente dans ses réactions de fille unique et gâtée qui veut malgré tout faire sa propre vie, mais aussi une femme adulte, tout simplement, avec ses désirs et ses interrogations, rendue magiquement accessible et sympathique à un public aussi bien d’enfants et d’adolescents, garçons comme filles, et qui découvrent, de par l’art génial de dame Takahashi (1), une chronique amoureuse entre deux adultes, chronique attachante sans être cucul, profonde sans être ennuyeuse. Une perfection de série (et de manga) portée par une perfection de bijin.

(1) Au fait à quand un couronnement à Angoulême ? Après Otomo et Toriyama, un Grand Prix pour la grande mangaka n’aurait rien de scandaleux.

(The DC Archives) Bijin de la semaine (55) : Izumi Shima

Drink Cold toujours, avec aujourd’hui rien moins que quatre articles pour le prix d’un ! Après Natsuko Yashiro et Christina Lindberg, je devais consacrer le troisième (et je ne le savais pas encore, mais aussi le dernier) numéro de la Grande Encyclopédie Bijinesque consacrée aux starlettes de la Nikkatsu. Comme Drink Cold devait succomber aux attaques informatiques de fans de K-pop n’ayant pas apprécié certains articles à charge contre leur zik préférée (on réexpliquera cette sombre affaire plus tard), ce numéro devait être le dernier. Après un ravalement de façade, je l’intègre donc à ma série des « bijins de la semaine ». Cela n’a pas été sans mal puisque cette notice filmographique bat le record de gifs animés dans un article (plus de 40 !). A tel point que pour rendre plus fluide la visionnage de l’article, vous trouverez en bas de cette page, les numéros des autres pages permettant de visualiser tous les articles consacrés à la belle Izumi.

(article paru sur Drink Cold le 13 mai 2011)

8 mois après le premier opus de l’Encyclopédie Bijinesque, voici le troisième article. Pas d’inquiétude, tout va bien, je gère parfaitement le rythme de parution de cette grande œuvre in progress qui devrait, selon mes calculs, s’achever en 2052 pour animer notre libido quand nous ne serons plus que des vieux barbons en maison de retraite, tout juste bons à reluquer les croupes des infirmières et à se tirer la nouille en regardant les bijins que j’aurais durant toutes ces années collectionnées pour vous. So, are you ready pour la troisième livrée…

Or not ?

Après la suédoise Christina Lindberg, retour donc aux bercailles avec Izumi shima, née Keiko Ishida et surnommée « la plus belle actrice de la Nikkatsu ». Petite précision : cette réputation n’est pas le fait des spectateurs mais des producteurs de la Nikkatsu eux-mêmes, désireux de lancer la carrière en fanfare d’Izumi en 1977 avec…

1

Lady Chatterley in Tokyo (Katsuhiko Fujii, 1977)

Comme c’est souvent le cas, on remarque un gouffre immense entre les promesses d’une belle affiche et le contenu un peu affligeant du film. « Plus belle actrice de la Nikkatsu »… peut-être, pourquoi pas ? Malheureusement, si le minois et la plastique d’Izumi peuvent tirer vers le haut certaine extrémité du spectateur mâle, en faire de même avec le film est une autre histoire. L’histoire a du mal à décoller, on nage dans l’impotence scénaristique, finalement un peu à l’image du mari de cette Lady Chatterley japonaise (le gus est paraplégique, c’est con hein ?).

On aimerait bien feuger façon trique d’acier mais rien à faire, popaul ne répond pas. Les seules choses dures sont les tétons d’Izumi…

… et ce qu’elle regarde avec cet air effaré (et sans doute un poil envieux) :

Pour le savoir, clique sur l’image. Chez notre ami Hisayasu Satô, nulle doute que la châtelaine eût trouvé son compte.

Avec cette soupe servie sur fauteuil roulant, aux antipodes des subtilités psychologiques du roman de Lawrence (il est vrai qu’on s’en balance un peu dans un roman porno), inutile de dire que cette première prestation d’Izumi, en débit de son surnom bien ronflant, ne fit pas vraiment mouche dans l’esprit des romanpornomaniaques. Il faut dire que le mélange des genres n’aidait pas vraiment. On s’attend à quelque chose d’erotico-romantique, un truc comme ça :

Mais, horreur !  on tombe finalement sur ça :

Eh oui, l’amant qui permet à notre héroïne de voir enfin à quoi ressemble un vit en état de marche est un vil manœuvre aux paluches sales et à la sudation malodorante. Fi donc ! Et le spectateur de se demander alors s’il n’est pas en train de regarder un film d’horreur au lieu d’un pinku. Ça débande sec (enfin, pour les quelques veinards) et on est à deux doigts, un brin écœuré, d’éjecter fissa la VHS pour la flanquer à la poubelle. Lady Chatterley in Tokyo ou comment écorner d’emblée l’aura d’une belle actrice en la faisant s’accoupler avec quelqu’un du bas peuple !

Heureusement, il n’y aura pas ce problème avec ce film…

2

Tomei Ningen : Okase ! (Isao Hayashi, 1978)

Film tout en finesse, quelque part entre une pécasserie et un film de la Hammer, qui nous présente un personnage de scientifique s’offrant de généreuses rasades d’un produit lui permettant de devenir invisible. Au programme : viols (mais c’est pour rigoler donc ça va, si, si !), mekuri en toute tranquillité, intrusion dans les bains publics féminins, essuyage de fesses d’une bijin venant de faire popo et désappage en public d’une plantureuse conférencière en train de parler de la présence de la philosophie heideggerienne dans 2001 : l’Odyssée de l’espace.

 Un des beaux dessins du générique.

Vous l’aurez compris, on est face à un étron forcément indispensable. D’abord parce que le casting présente une réjouissante profusion de starlettes de l’époque (Yuko Asuka, Mari Maria, Erina Miyai et Izumi Shima, excusez du peu), ensuite parce que les effets spéciaux sont réjouissants de médiocrité. Qui n’a pas vu une capote flotter dans les airs pour atteindre sa cible n’a rien vu en fait de trucages bidonnants.

 Invisible Man : Rape ! ou comment donner tout à coup des allures de Ray Harryhausen à Ed Wood…

Izumi Shima ? Assez belle dans le rôle de l’épouse du scientifique :

Et confondante de réalisme dans la scène de sexe dans laquelle elle doit faire croire qu’un gros goumi invisible lui fait atteindre le 7ème ciel :

Il y a dans cette scène comme un côté Téléchat, on imagine Grouchat avec Micmac demandant au gluon de l’édredon ce qu’il est bien en train de foutre (syllepse !). Izumi est possédée, pénétrée de son rôle et du vit de son incube de mari. C’est tout-à-coup Polterfesse, ou l’Exorvice, et l’on a envie d’entrer dans le petit écran, le crucifix à la pogne en hurlant :

 SORS DE CE CORPS SATAN !

Bon, vous aurez pigé que Tomei Ningen : Okase ! est ce que l’on pourrait appeler un pinku popcorn. Aucun soin dans la mise en scène, aucune subtilité scénaristique, juste des jolies actrices, des scènes de cuisses en l’air sous un bon gros coulis d’humour hénaurme. Après tout, ce n’est pas pire que certains  roman porno engoncés dans une prétention et une prétendue sophistication ennuyeuses à périr.

Pour d’autres films d’Izumi, ben vous attendrez la suite non pas dans huit mois mais dans une poignée de jours seulement, le temps de faire une ou deux exégèses de films pour compléter ce troisième opus. Promis, je vous envoie le paquet très bientôt…

Et sans gravier encore !