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Les joies du tribadisme en sailor fuku

Rude soirée cinéma hier pour votre serviteur : en première partie de soirée, la brutalité avec Rambo : Last Blood (j’avoue faire partie de ceux qui ont kiffé le spectacle) et en deuxième la douceur avec un roman porno de 1983 :

セーラー服 百合族 / Sêrâ-fuku: Yurizoku (proposition de titre : les goungnotteuses du lycée)

Hiroyuki Nasu – 1983

A vrai dire c’est le genre de film que je préfère critiquer en période estivale, d’autant que l’histoire se passe dans une station balnéaire mais enfin, à force d’accumuler les journées avec un temps de merde, j’ai craqué et après le jeu de massacre à la fin de Rambo j’ai cédé à l’appel de la plage et des jolies filles aux doigt graciles et à la langue agile. Et je ne l’ai pas regretté. Comme les amateurs du genre le savent, le roman porno c’est souvent une chance sur deux de s’emmerder ferme mais là, impossible d’avoir une réserve, ce titre entre direct dans mon top 10 personnel. Pourquoi ? C’est ce que je vous propose de voir, mes maîtres. Donnez-moi votre main et projetons-nous ensemble dans la station balnéaire du film où je vais d’abord vous présenter les deux héroïnes du film, héroïnes que l’on voit ici gambadant avec insouciance, telles les Jeunes Filles en fleurs de Balbec :

♫ La, la, la schtroumpf la la ! ♫

Elles sont belles, joyeuses, et possèdent des capacités athlétiques permettant de faire des bonds d’un mètre :

Plus sérieusement, elles sont jouées par Kaoru Oda et Natsuko Yamamoto. L’une a alors 22 ans, l’autre juste 18 ans :

Images purement informatives, si si !

La plastique non entravée par les vêtements est sympathique, mais aussi le jeu d’actrice. Bon, n’attendez pas évidemment d’avoir du Lady Macbeth mais le duo d’amies (elles s’appellent Naomi et Miwako) fonctionne et apparaît souvent plein de fraîcheur. Naomi, jouée par Oda, est la plus âgée, la plus dégourdie des deux sur le plan sexuel. Avec son petit ami, Ippei, elle a déjà goûté au dépucelage et explore maintenant les joies du Kama Foutra avec son partenaire bogoss. Au grand dam de Miwako qui en pince depuis toujours pour son amie et qui n’en a pas grand chose à faire, de ces abrutis de mecs.

Abruti d’Ippei que l’on voit en train de faire sa bronzette tranquillou avec ses lunettes de soleil alors que bon, il y aurait peut-être ici mieux à faire…

Nous voilà donc en présence d’un trio amoureux classique, qui ne demande d’ailleurs qu’à se transformer en quatuor avec l’arrivée d’un abominable binocleux pervers, Kimio :

Que fait-il avec une télécommande sur un passage piéton aussi encombré que celui de Shibuya ? Il pilote un sac à roulettes télécommandé destiné à prendre des photos :

Vingt années plus tôt, c’est déjà Love Exposure !

Le petit pervers s’aperçoit un beau jour qu’il en pince pour Miwako et qu’il aimerait bien se déniaiser une bonne fois pour toutes avec elles. Bref, récapitulons :

Kimio aime Miwako qui aime Naomi qui aime Ippei (qui n’aime finalement que lui-même). Et pour être complet, il faudrait évoquer la grande sœur de Miwako (jouée par le splendide Kazuyo Ezaki), maîtresse d’un patron de restaurant, patron qui est d’un autre côté sollicité par une cougar (jouée par la sublime Asako Kurayoshi, décidément quel casting !) qui ne répugne pas non plus à déniaiser les petites oies comme Miwako.

Bref, vous l’aurez compris, en 70 minutes on a largement le temps d’être émoustillé avec tout plein de scènes belles et variées. Exploiter exclusivement la thématique du lesbianisme eût été par trop lassant, du coup Nasu alterne avec une régularité d’horloger homosexualité et hétérosexualité en combinant au maximum parmi sa réserve de personnages.

Autant vous dire que le mécanisme labio-buccal est constamment en action dans ce film !

Le tout avec un sens du cadre qui rend le spectacle là aussi très attrayant. Après avoir vu récemment un bien terne Zoom up : Graduation Photo (1983), cela m’a donné envie de voir un peu ce que Nasu propose d’autres dans sa filmographie (il faut dire aussi que je l’ai vu dans une belle copie HD alors que le Zoom up vient de chez Impulse, connu pour ses copies à la qualité limite VHS). C’est torride, imaginatif…

Du bon usage des lutins kitsch qui « décorent » une table de chevet.

… parfois brutal…

« Euh… che peux plus rechpirer là. »

… avec ici et là un zest de mauvais goût…

Ce plan, était-ce bien utile ?

… mais globalement le travail sur l’érotisme est de la belle ouvrage.

Et en cette période troublée par le #Metoo, on se dit en voyant ce film que les femmes auraient bien raison de se la jouer Lysistratas pour faire marron ces messieurs incapables de comprendre le sens du mot « douceur ». Signalons ici que le film peut être vu comme un brûlot violemment anti-sodomie. A voir si la suite tournée la même année et avec le même casting (Les gougnotteuses du lycée 2) permettra de combiner lesbianisme euphorique et hétérosexualité respectueuse. J’avoue qu’il me sera assez difficile d’attendre l’été pour aller vérifier cela.

7,5/10