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Gainax n’aime pas les gazons soyeux

On continue à prospecter du côté des OAV crapoteuses des 80’s. Avec aujourd’hui, de nouveau une production adaptée d’un manga WTF, j’ai nommé Beat shot de Satoshi Ikezawa :

Un manga sur le golf. Si, si !

A ma connaissance Ikezawa n’a pas été encore publié chez nous. Son manga le plus célèbre est Circuit no ookami, manga de courses auto qui a eu son succès à la fin des années 70, chez Weekly Shonen Jump. Son Beat Shot a quant à lui été publié dans Weekly Playboy à partir de 1986 et comprendra tout de même 11 tomes tankobon. De quoi s’agit-il ? Vous avez vu la couverture, de golf bien sûr ! Mais attention ! Pas n’importe quel golf !

Suivez-moi les filles, je vais vous faire visiter les dix-huit trous du green. N’ayez pas peur, ça va bien se passer, hu ! hu !

Car oui, avec une publication dans Weekly Playboy, il y a des chances pour que le titre soit salé. Et un coup d’œil sur quelques planches du manga montre que l’histoire l’est amplement :

Sans doute un exercice pour améliorer la souplesse au poignet, toujours très important avant un backspin.

Pour faire simple, imaginez Ryo Saeba jouant au golf. Le personnage principal, Kyoichi Sasuga, est en effet un joueur de golf talentueux, doté d’un coup spécial qui a fait sa renommé, le « bite shot » pardon, le « beat shot ». Problème : véritable obsédé, il perd tous ses moyens dès qu’une loute sexy est dans les parages. Dans cette OAV de 1989, son concurrent, Akihiko Hanamatsuri, s’aperçoit de cette faiblesse (bien compréhensible) et demande à son amie Misako de l’exploiter.

On l’aura compris, on est très loin de la classe de Sean Connery dans Goldfinger et si vous pensiez compter sur ce titre pour en apprendre plus sur l’art feutré de la petite balle blanche, passez votre chemin. Mais si vous vous êtes toujours dit qu’il y avait quelque chose de sexuel dans ce club tendu que l’on serre fort avec les pognes, ce doux gazon au milieu duquel se trouve un trou que l’on va devoir pénétrer avec une balle spermatozoïde que l’on doit faire gicler très fort au premier coup, vous serez rassuré de voir que vous n’êtes pas un grand malade, un vieux mangaka (sans doute lui aussi un grand malade) y a pensé avant vous.

Personnellement ça ne m’avait jamais frappé mais après avoir vu ce genres de plans :

Il a bien fallu se rendre à l’évidence, le golf est un sport sexy, voire pornographique.

Ce qui explique pourquoi ce titre, directement sorti en VHS, n’a jamais eu les honneurs d’une réédition digne de ce nom. Car il faut vous dire ici que le producteur n’est pas n’importe lequel producteur. Si je vous dis Gunbuster, les Ailes d’Honnéamise, Evangelion, vous avez tout de suite saisi, il ne s’agit rien moins que de Gainax. Mais voilà, le studio aura beau se faire connaître par une certaine tendance au fan service, comme le titre est sorti sur le marché du hentai, et comme en plus il est très loin de ses standards en matière de qualité, le titre a quelque peu été banni, oublié, ne figurant plus dans la filmographie du studio.

Bref une vraie curiosité que ce Bite Shot. Vous pouvez tenter, ce n’est pas très long : juste 27 minutes de clubs turgescents et de petites culottes qui apparaissent malicieusement. Et d’autres choses aussi… tiens, faisons comme Gainax, cachons ce qui ne doit pas être vu…

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On voit ici Misako qui, pour reprendre une expression de Full Metal Jacket, est parfaitement capable de pomper une balle de golf à travers un tuyau d’arrosage.[/spoiler]

Car oui, vous vous doutez bien que le marché du hentai ne va pas se contenter de quelques pantsu, il lui fait du plus consistant. Le spectateur a doit à deux scènes de sexe dans lesquelles il entendra les voix mélodieuses de Manami Hayakawa et Yuko Maehara, glorieuses AV idols de l’époque. Bref, c’est de la balle (de golf) et si l’amateur de ce sport peut trouver qu’il y a tromperie sur la marchandise, que son beau sport n’est pas suffisamment traité, ce n’est pas totalement vrai non plus, du moins métaphoriquement parlant. Certains bunkers du corps féminin sont savamment creusés, Kyoichi sait alterner chips, coups roulés, slice et side spins à l’approche des trous, les fairways sont propres et tondus de près, les sweetspots bien détectés, et les trous bien complétés.

Plus sérieusement, Beat Shott!! a tout de l’OAV un peu daubesque dont on comprend pourquoi Gainax ne cherche pas à l’inclure dans sa liste officielle, mais il est certaines curiosités daubesques que l’on prend toujours plaisir à découvrir, et Beat Shot!! est de celles-ci. Bref, si un jour vous découvrez dans quelque obscure boutique d’Akihabara cette VHS :

Ruez-vous dessus et allez par la même occasion vous inscrire à l’uchippanashi du coin, pour voir si la réalité peut rejoindre la fiction. Sur ce, je vous laisse, j’ai un anime ecchi sur le snooker à mater.

Gare aux morpions, v’là Yoshio !

Petite envie dans les semaines à venir de se plonger dans des vieilleries anime made in 80’s et éventuellement 90’s. On commence avec une curiosité, Dokushin Apartment Dokudami-sou. Il est probable que vous connaissiez car ce titre, créé par le mangaka Takashi Fukutani, a été édité chez Le Lézard Noir sous le titre Le Vagabond de tokyo :

A ce qu’il semblerait, le titre édité chez nous correspond à 新・どくだみ荘 (Shin dokudami sō), la deuxième série réalisé avec son personnage de Yoshio Hori et comprenant 7 tomes dans l’édition originale. Or il existe une première série atteignant les 35 tomes et avec un graphisme moins abouti (du moins au début), 独身アパートどくだみ荘, soit Dokushin Apartment Dokudami-sou :

Le Lezard Noir a privilégié la quantité raisonnable et la qualité graphique mais on rêve un jour de voir publié la série fondatrice dans une collection bon marché (parce que les volumes luxueux à 23 balles, ça va deux secondes hein !).

Bref, pour revenir à l’animation, il se trouve qu’en 1989 et en 1990 sont sorties trois OAV en VHS :

des jaquettes qui envoient du rêve comme on les aime.

Mais de quoi donc parle Dokushin Apartment Dokudami-sou ? Ami lecteur, donne-moi ta main et suis moi, nous allons inspecter cela dans les moindres détails :

Mais je te préviens, tu vas avoir un peu chaud.

On l’aura compris à la vue des jaquettes, il ne faudra pas chercher dans ce titre de l’érotisme élégant. Mais ne croyez pas non plus que c’est du gros hentai qui tache. N’imaginez pas de loooongues scènes de gros plans de va-et-vient rébarbatifs et d’interminables dialogues ponctuées de « Ah ! », « Ie ! », « Yamete ! » et autre « Iku ! ». On est finalement dans du borderline hentai. Pour vous situer un peu plus l’affaire, il faut ici brosser le portrait de Yoshio.

C’est moi !

Marginal au chômage pas très ragoûtant, Yoshio n’est intéressé en gros que par deux choses : picoler et se faire éplucher le poireau. Véritable obsédé, il n’a de cesse de mater sans retenue les jolies filles qu’il croise et essayant de les rabouler (/labourer) dans sa piaule miteuse afin de se payer une bonne tranche. On pourrait croire que tout cela n’est que prétexte à justement montrer des scènes lubriques mais en fait pas tant que cela car Yoshio a le chic de tomber sur des donzelles qui compliquent ses beaux projets. Ainsi, dans la première histoire (UFO-chan), Yoshio rencontre une sublime jeune femme. Problème : déficiente mentalement, elle a l’intelligence d’une gamine de huit ans et ça coupe toutes les envies de Yoshio qui ne se sent pas non plus l’âme d’un pédophile.

Du coup Yoshio préfère se plonger dans la lecture de Guerre et Pénis.

Dans la deuxième histoire (Le Piège de la mort), il rencontre cette fois-ci une femme qui accepterait volontiers de se faire tringler par lui. Le souci est que ceux qui ont eu le plaisir de coucher avec elle sont tous morts dans la semaine qui a suivi. Dès lors que faire ? Tremper ou ne pas tremper son biscuit ?

Les météores de Yoshio vont-ils sortir ? Vas-y, brûle ton cosmos garçon !

Dans la troisième, alors qu’il par en randonnée avec deux potes, il tombe sur une femme sublime barbotant nue dans un étang. D’abord effarouchée, la bijin sympathise avec Yoshio, l’amène dans sa belle maison située non loin et passe une nuit torride avec lui. Le problème, c’est que…

Je vous laisse le soin de le découvrir par vous-mêmes.

Etc. On le voit, si les histoires sont tout de même prétexte à dévoiler de somptueux morceaux de chair fraîche, il y a surtout le souci de camper des situations cocasses. Finalement on est assez proche des gamineries d’un Ryo Saeba de City Hunter :

 à la différence que Yoshio franchit quand même le pas du simple reluquage de culotte :

Vous vous posez peut-être là cette question : quid du traitement des scènes de fesses ? Le gif ci-dessus vous en donne une idée. Avec Yoshio c’est moins la malbouffe que la malbaise. Mal rasé, en sueur, dégoulinant de morve bref à d’une hygiène suspecte, à l’image de son appartement jonché de détritus et de kleenex aux taches douteuses, on se demande en fait comment il fait pour s’offrir au moins une partie de jambes en l’air par épisode avec les somptueuses créatures qu’il rencontre. Car si lui n’est pas ragoûtant, ce n’est jamais le cas des personnages féminins qui ont toutes une plastique qui auraient donné envie à Saint-Antoine de se payer du bon temps dans un soapland :

Vade retro, bijinas !

D’une certaine manière cela fait penser un peu à certains roman porno où l’on peut avoir ce type de contraste. Sinon, comme évoqué plus haut, les scènes de cul sont relativement courtes et rudimentaires dans leur animation, optant souvent pour des plans fixes balayés par un mouvement panoramique à des animations chiadées. Quand il y a animation, c’est soit pour s’amuser de la lubricité de Yoshio d’une manière très Tex Avery :

Soit pour représenter certains gestes de manière métaphorique.  Une panne sexuelle ? Une aubergine. Une érection ? Une tige lumineuse. Le vit qui s’apprête à entrer là où il faut ? Une clochette shinto qui passe sous un tori. Une fellation ? Un gros machin noir entouré de lèvres baveuses.

Vous l’aurez deviné, on se marre bien lors des scènes de sexe de Dokushin Apartment Dokudami-sou. Et on se marre bien tout court puisque Yoshio excelle à se mettre dans des situations embarrassantes :

Ne me demandez pas comment il en est arrivé là, ce serait trop long à expliquer. En tout cas, c’est le dernier gif de l’article.

Ah ! À noter aussi la présence de guest stars puisque c’est dans le premier épisode que l’on découvre en la personne d’un clodo…

HAYAO MIYAZAKI ! BWAHAHAHA !

Dois-je continuer ? En vérité je vous sens déjà tout excités à l’idée de faire une recherche sur le net pour trouver ces trois OAV précieuses. Bon, je veux bien m’arrêter, sonner le début de la récré et vous laisser sortir de classe. N’oubliez pas, nous étudierons cet été d’autres perles de ce genre ! Sur ce, bon visionnage.

 

PS : pour info, une version live a été réalisée en 1988 par un certain Abe Hisaka. Le film a par la suite été sorti en VHS, jamais en DVD. Une rareté qui refera peut-être un jour sa réapparition via une copie numérique…