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Au revoir l’automne, salut l’été !

3 novembre 2017

Avant-dernière journée au Japon. Et avec elle dernière occasion d’humer pleinement l’atmosphère automnale japonaise que je n’allais pas retrouver de si tôt. Pour cela, Madame, histoire de faire oublier son échec avec la sombre affaire du pneu crevé, proposa de nous rendre du côté de Kobayashi, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Miyazaki, où se trouvait un joli site avec un lac et une cascade entourés de verdure. Peut-être enfin l’occasion de découvrir ces couleurs chaudes propres à l’automne qui jusque là s’étaient faites discrètes.

Sur le site, il faut bien le dire, ce n’était pas l’orgie des couleurs. Mais enfin, le vert était tacheté ici et là de jaune et de orange, chose assez rare depuis le début du séjour :

Pas d’hésitation : sans être non plus une orgie de couleurs, c’était plaisant et donnait envie d’aller chercher des marrons (la spécialité du site, une petite boutique en vendait des sachets). Nous avons tous été rapidement charmés par la petite promenade d’une heure que nous y avons faite. Il a fallu d’abord traverser ce pont suspendu :

Opération toujours un peu difficile du fait de la propension de Madame à être sujette au vertige. Après se trouvaient deux bancs bien placés qui permettaient de se reposer en profitant bien du paysage :

Et puis après… après ce fut un peu l’improvisation :

Comme nous ne comptions pas y passer la journée mais juste la matinée, impossible de tout voir surtout que le lieu semblait surtout équipé pour proposer des activités l’été. En bas à gauche du plan on aperçoit des karokaya, maisons en toit de chaume traditionnelles datant de l’ère Meiji. Il est possible d’y séjourner pour s’offrir une parenthèse de calme coupée de la vie urbaine. A expérimenter un jour, cela doit être sympa. Par contre s’y rendre juste pour les voir, cela augurait d’un intérêt médiocre. Nous avons préféré nous balader autour du lac tout en ayant en point de mire la cascade de Mamako. Mamako signifiant « belle-fille », vous vous doutez qu’il y a sûrement derrière ce nom une légende attachée à la cascade. Madame Olrik, qui la connaissait, nous l’expliqua, alors que nous faisions une petite pause sur un des bancs juste après le pont. En fait, qui dit belle-fille dit forcément belle-doche. Et dans les légendes ou les contes, vous avouerez que c’est rarement un personnage bandant (et même dans la vraie vie, me direz-vous sans doute). Pour la petite fille du conte, tout commence le jour où son père décide de se remarier après qu’il a perdu sa femme, tombée gravement malade. Evidemment, la marâtre est peu disposée à témoigner de l’affection pour sa belle-fille. Néanmoins, un jour, la vieille l’appela de sa voix la plus doucereuse pour l’attirer en haut de la cascade. Transformée subitement en mère affectueuse, elle prit l’enfant sur ses genoux pour inspecter sa chevelure afin d’y retirer des poux. Pendant cette opération, la gamine s’occupait à faire des nœuds avec sa ceinture (notez bien, c’est important pour la suite). Et puis soudain, stupeur ! malédiction ! la bonne femme décide d’arrêter de jouer la comédie en poussant sa belle-fille dans le vide (énorme salope !). Seulement, c’est ballot, la petite fille, avec ses nœuds, avait noué sa ceinture avec celle de sa belle-mère, belle-doche qui du coup fut entraînée elle aussi dans la cascade pour y crever (bien fait pour sa gueule !). Telle est la belle histoire que Madame Olrik nous raconta, à la grande stupeur d’Olrik the 3rd qui écouta avec des yeux en billes de loto, stupéfait d’apprendre qu’il pouvait exister pareilles mères.

Les histoires, c’est sympa, mais ça creuse, surtout après une bonne promenade. Après avoir retraversé le pont, nous sommes allés ici :

C’est le petit onsen Kajikanoyu. Petit mais suffisant. Il dispose d’un bassin intérieur et de deux autres en extérieur (un chaud et un froid) ainsi que d’un sauna. Comme ça faisait longtemps qu’on était pas allés au sentô de Miyazaki, je m’y rendis avec les enfants, pour « tester » comme dirait ce gamer d’Olrik jr :

De quoi bien se requinquer et se préparer pour le  déjeuner que l’établissement proposait au rez-de-chaussée dans sa partie restaurant :

Nous y avons passé une grosse demi-heure. L’ambiance était calme, à part nous il y avait deux jeunes femmes à la table d’à côté, occupées à papoter tranquillement et à se montrer des trucs sur leurs keitai. La carte donnait le choix entre une vingtaine de plats. J’optai pour le bol de ramen au curry.

Belle promenade, onsen et ramen et curry, il était difficile d’imaginer un meilleur tiercé gagnant. Rassasiés de cette excellente matinée, nous n’avions plus qu’à regagner tranquillement Miyazaki. Des achats d’omiyage nous attendaient pendant que les kids allaient faire leurs ultimes partie de Dragon Balle Heroes.

Courage Olrik the 3rd ! Quand ce gros otaku aura fini sa douzième partie, tu pourras prendre le relais !

Comme de bien entendu, histoire de marquer le coup avant la séparation, les beaux-parents (qui ne risquaient pas de me balancer du haut d’une cascade, eux) nous ont invité à un restaurant. Un énième. Entre les yakinikus dans le jardin, les sukiyakis dans la maison et les sorties gastronomiques, j’ai souvenir d’avoir été un peu gavé comme une oie durant ce séjour. Mais je n’allais pas me plaindre, le restaurant chinois nous sommes allés était plutôt goûtu, supérieur à ceux que j’ai l’habitude de fréquenter en France. Après cela, je pouvais rentrer en France avec le sentiment du séjour bien accompli.

Le lendemain, il a fallu se lever au petit matin pour choper l’avion qui allait nous mener à Haneda. Comme toujours on sentait une émotion contenue mais bien réelle chez les grands-parents. Mais pour une fois, ça n’allait être qu’un au revoir à court terme. Après ce séjour automnale il s’est posé un moment la question de savoir s’il était raisonnable d’enchaîner l’été suivant avec un nouveau voyage au Japon (normalement, le Japon pour nous c’est un été sur deux, les années paires). Nous avons réfléchi, mais pas trop non plus. Dans l’airbus qui nous ramenait en France, je songeais qu’après tout, puisque les enfants avaient encore la chance d’avoir leurs grands-parents japonais en bonne santé, il ne fallait pas trop réfléchir et y retourner recta dès l’été suivant. Au moment où je fis cette réflexion, Dale Cooper sembla me répondre :

Si même Cooper en direct de la Black Lodge me confirmait dans cette décision, il n’y avait plus à tergiverser.

Depuis la décision a été prise, les billets achetés. Les matchs de la coupe du monde ont permis de patienter. A partir de la semaine prochaine, c’est le retour de la touffeur estivale et des promenades en vélo, des kakigoris et des matsuris d’été, du chant des grillons et des clapotis des bassins d’onsens, des bières japonaises bues le soir en compagnie de Jichan et des plats concoctés par Bachan. Natsu yasumi I’m back !

 

Matsuri mythologique et sushis à la pelle

29 octobre 2017

Pour ce premier séjour à Miyazaki durant l’automne, une des attractions que je ne tenais à rater sous aucun prétexte était un matsuri, le Miyazaki-jingū Taisai. Cela allait me changer des danses de l’Erekocha matsuri puisqu’il s’agissait ici d’une parade à thématique mythologique à travers les rues de la ville, en rapport avec le personnage légendaire de l’empereur Jinmu. Je me frottais d’avance les mains seulement voilà, il ne faut pas croire que les typhons emmerdent uniquement l’été, ils peuvent très bien débarquer aussi en automne et bousculer les festivités. Ça n’a pas raté au début du week-end, avec de bonnes grosses pluies qui ont empêché le matsuri toute la journée. Restait le dimanche, à condition que les dieux de la météo veuillent bien permettre à Jinmu d’avoir sa cérémonie populaire.

Pour savoir cela, il fallait être attentif aux bulletins météos qui tombaient toutes les 3-4 heures et qui étaient accompagnés d’informations sur la tenue ou non du matsuri le dimanche. Samedi soir, rien n’était encore décidé. Il fallait attendre le lendemain matin. Comme la nuit il avait plu comme ushi qui pisse, j’avoue que j’avais déjà fait intérieurement une croix sur le matsuri. Je fis mal car en fait, dès dix heures le lendemain, le ciel bleu semblait revenir et avec lui les probabilités de voir les festivités se dérouler. L’info météo tomba dans la foulée : le feu vert était donné pour faire la parade à travers la ville.

Une fois le déjeuner englouti, je chevauchai Tornado et parti au trot en direction du point de départ de la parade. Je me souviens du bien-être bienfaisant du parcours. Une douce brise, une température agréable et une lumière qui promettait de faire péter les couleurs des costumes : ce matsuri, je le sentais bien. Et de fait, le défilé fut très plaisant à suivre. Traditionnels shishimai (les lions dansants dont les coups de mâchoires donnés près d’un bébé sont censés lui porter bonheur), samouraïs à cheval, mariées elles aussi à cheval, taikos, histrions masqué qui par leur danse grotesque pouvait faire penser à Hyottoko. Ils jouaient d’une sorte de tambourin maintenu dans une structure circulaire en osier sur laquelle ils s’appuyaient parfois, comme pour se reposer.

Dans le public, le spectacle pouvait parfois se trouver chez certaines bijins qui s’entraînaient pour Halloween :

Sur les coups de 15 heures, Madame et les enfants me rejoignirent au carrefour principal du centre ville pour assister à la procession. Puis, comme le goûter s’approchait, il fut décidé de faire une pause au Mr Donut du coin. J’engloutis mon donut et mon café : le défilé continuait jusqu’au temple principal de Miyazaki (temple dédié à Jinmu) et j’avais envie de profiter de l’ambiance là-bas. Enfourchant de nouveau Tornado qui m’attendait frais et dispo, je filai au triple galop jusqu’à la destination désirée. Il ne s’y passa rien de spécial. Les participants arrivaient progressivement et continuaient ou non des festivités en rapport avec leur rôle. Je vis passer les mariées à cheval, je suppose qu’elle devaient assister à une cérémonie au temple (Madame Olrik m’avait expliqué le symbole de ces mariées, là aussi leur rôle est en rapport avec la mythologie propre à Miyazaki). Les joueurs de taiko posèrent leur scène mobile sur une petite place et firent résonner la tranquillité du lieu des percussions de leurs instruments. J’empruntai l’allée principale :

Au bout de l’allée des participants costumés – que des hommes – immortalisaient leur journée par quelques photos de groupe avant de vaquer à leurs occupations. Cela sentait la fin du matsuri, malgré tout je pris mon temps pour remonter l’allée. Pas mal de gens profitaient encore de cette fin de journée magnifique et les joueurs de taiko qui continuaient encore leur concert, absolument increvables, invitaient à rester jusqu’à la dernière note. Comme je commence à connaître ce groupe depuis le temps que je les entends à différents matsuris, je savais que le morceau qu’ils jouaient n’en avait plus que pour quelques minutes. Bien que le connaissant par cœur je me laissai glisser dans sa frénésie finale gentiment hystérique puis me dirigeai vers Tornado. Il allait être 17H30 et je savais que le beau-père voulait nous emmener à un kaitenzushi. Aussitôt arrivé, aussitôt reparti. C’est qu’au Japon, le dimanche dès 18H, les gens bouffent au resto voyez-vous. Si je me souviens bien, nous nous cassâmes les dents sur rien moins que trois kaitenzushis, à chaque fois complets. Mais le quatrième fut le bon, à la grande joie d’Olrik jr et Olrik the 3rd qui pouvaient commander tout leur soûl sur un écran et voir arriver leurs commandes spécial sur un petit shinkansen fixé sur rails. Moi, je me contentai des fondamentaux :

Bière et sushis

Et c’est après trois quarts d’heure d’un combat culinaire acharné que nous quittâmes la table, le bide prêt à éclater mais avec le sentiment du devoir accompli :

Après cela il n’y avait plus qu’à se la couler douce à la maison. Il est néanmoins très possible que sur les coups de 22H, le temps d’attendre que le degré d’alcoolémie descende, j’aie repris les clés de la voiture pour me rendre en solo au sento du centre-ville. C’est qu’une bonne journée au Japon qui ne se termine pas par un sauna et des bains de toutes les températures, n’est pas complètement une bonne journée.

Pas beaucoup de photos dans cet article because petite vidéo montée par mes soins. N’ayant pas eu beaucoup de temps à y consacrer, j’ai fait au mieux, vous excuserez certain tremblements ou certains plans inclinés que je n’ai pas corrigés sur Première. Pour rappel, pour ceux que ce genre de détail intéresse, les vidéos ont été prises avec un Panasonic GX80, appareil recommandable que je vais encore garder pour quelques années.

Hot spots à gogo

Le lendemain, il incombait à Madame d’aller réparer sa bévue. Le beau-dabe lui avait donné l’adresse d’un réparateur de confiance ainsi que la thune pour la réparation (oui, chez la famille de ma femme, il est dit que les enfants ne doivent absolument rien raquer. Croyez bien pourtant que j’ai insisté pour que ce soit Madame Olrik qui paye de ses propres deniers mais rien n’y a fait.). Le garage était situé sur le chemin de Mangasouko, magasin que nus avions découvert avec bonheur lors du précédent séjour et auquel Olrik jr et Olrik the 3rd nous tannaient depuis trois jours d’y retourner. Le programme de la matinée était donc tout trouvé, d’abord le garage, le bonne odeur du pneumatique neuf, puis Mangasouko et le non moins bonne odeur de la figurine d’occase. Dans la voiture, au moment de partir, à la question d’Olrik jr qui demandait où on allait, je répondis : « Maman a repéré une bordure de trottoir au nord de Miyazaki qu’elle aimerait tester avec la roue de secours ». Fine saillie qui fit retentir un « BWAHAHA ! » d’Olrik jr et de son frère. Apparemment la vanne avait du potentiel, c’était bien, je pourrais l’utiliser encore deux ou trois fois avant qu’elle soit aussi usée que le pneu qu’on allait remplacer.

Sinon, vous l’aurez deviné, il va s’agir d’un article riche en hot spots et une fois encore, pour ceux qui en douteraient, Bulles de Japon n’a rien à envier aux sites les plus hype qui dégainent tel lieu branché du moment à Harajuku ou la dernière boite de strip-tease à la mode de Roppongi. Ainsi vous pourrez chercher longtemps sur ces sites, jamais vous n’y trouverez ceci :

Honnête artisan, savoir-faire de qualité, prix très compétitifs et matériel de qualité, si jamais vous passez à Miyazaki et que vous crevez un pneu en heurtant une bordure, n’hésitez pas, foncez à ce petit garage qui ne paye pas de mine mais qui saura vous satisfaire au-delà de vos espérances !

En arrivant, nous tombâmes sur un monsieur d’un certain âge, sans doute de la même génération que le beau-dabe. Madame se présenta comme étant la fille de son père. Tout de suite le bonhomme assura qu’il n’y avait pas de problème pour la roue, qu’il allait la changer dans la demi-heure. Un coup d’œil sur l’autre roue le fit cependant tiquer. Le pneu était quand même bien usé. Autant, peut-être, en profiter pour changer les deux pneus avant ? Incertitude de Madame qui préféra lui donner le numéro de téléphone de son papa pour savoir s’il fallait aller jusque là. S’ensuivit un bref coup de bigophone truffé de formules de politesse au bout duquel il fut décidé de changer les deux pneus. A noter que Madame Olrik fut un peu étonnée de la politesse de l’artisan. Elle pensait qu’il s’agissait d’une de ses connaissances de son père et que la politesse allait être plus mesurée. Mais non, en fait ce fut tout le contraire avec un degré de politesse dépassant très largement celui attendu. De là à dire que le beau-dabe est en réalité est un chef yakuza qui utilise son entreprise d’élevage de poulets comme d’une couverture, il n’y avait qu’un pas que mon imagination décida de franchir allègrement. J’explorerai cette hypothèse lors du prochain séjour…

En attendant, il y avait une demi-heure à tuer. Que faire ? Nous n’eûmes pas à nous poser longtemps la question car l’artisan nous indiqua sa petite salle d’attente dans son magasin. Petits fauteuils moelleux, télévision, étagères avec des mangas. Il ne m’en fallait pas plus, à cela je dis banco ! d’autant que l’épouse du garagiste ne tarda pas à radiner avec un plateau pour nous offrir du thé vert, des petites bouteilles de lait sucré aux enfants mais aussi… une soucoupe remplie de bonbecs ! Pour un peu j’aurais presque regretté qu’il ne nous change pas le joint de culasse pour rester dans ce paradis plus longtemps. J’explorai les deux petites étagères de mangas : je me souviens qu’il y avait notamment Vagabond, un manga de pêche et puis un seinen très sexe et violence que je ne connaissais pas. Je photographiai mentalement le titre mais bien évidemment cela s’avéra insuffisant pour le mémoriser. Bon, si on crève de nouveau un pneu cet été, j’irai vérifier cela. En tout cas je supposai que l’artisan avait sans doute un fils. Je supposai bien car nous entendîmes quelqu’un descendre un escalier et ouvrir la porte qui donnait sur la salle d’attente, c’était un jeune homme d’environ dix-huit ans qui nous salua poliment et alla rejoindre le garagiste pour l’aider à changer les pneus. Deux minutes plus tard de nouveau des bruits de pas dans l’escalier, la lourde qui s’ouvre : c’était cette fois-ci une jeune femme, qui nous salua derechef et qui se rendit à un burlingue pour consulter un registre. On n’avait plus qu’à attendre l’arrivée de l’oncle, de la tante et du cousin mais en fait non, ils ne vinrent pas. Par contre la facture arriva, elle, et avec elle un nouveau départ avec des pneu flambants neufs. Direction maintenant :


Mangasouko

A Miyazaki, point de Mandarake. Mais le Mangasouko est là, à une dizaine de kilomètres au nord, suffisant pour procurer une heure de shopping hypnotique aux kids, et pour me permettre de mettre la main sur figurine originale. Depuis mon tout premier séjour au Japon en 2004, je me suis bien calmé dans ce domaine. Je m’adonne maintenant plus volontiers aux plaisirs des gashapons, moins encombrant. Ainsi comment résister à ces magnifiques gashapons Warau Salesman ?

Pour moi, ce fut bien simple, je dégainai sans réfléchir deux pièces de cent yens pour obtenir un petit bout de plastique qui depuis traîne sur un coin de mon bureau. Plus délicat était l’achat de cette magnifique réplique du psycho gun de Cobra :

En fait j’en possède déjà un, moins beau, moins fignolé. Était-il utile d’en acquérir un deuxième ? La question méritait réflexion, d’autant qu’une figurine d’Hentai Kamen, moins encombrante, me faisait de l’œil :

Ça a quand même une autre gueule qu’une ennuyeuse figurine DBZ.

Sans compter sur la figurine Golgo 13, celle de Kiryu, le personnage du jeu vidéo Yakuza, celle de Tesujin 28 ou encore celle du personnage principal issu de ce manga culte (dont j’ai oublié le nom, de mémoire c’est un titre interminable) et que l’anniversaire des 50 de Jump permettait d’honorer :

Je me souviens aussi d’une certaine figurine de Fujiko Mine dont les attributs mammaires n’avaient certes pas besoin de rustine, contrairement au pneu de notre voiture. Mais finalement j’optai pour ces figurines Ashita no Joe monochromes :

De son côté Olrik jr acheta sur mes conseils la version Switch de Street Fighter II (achat qu’il regretta par la suite, mais ceci est une autre histoire) tandis qu’Olrik the 3rd tint absolument à s’acheter un paquet de cartes Dragon Ball Heroes pour jouer sur les bornes d’arcade du même nom. Un oeil sur le coin (très modeste) des photobooks. Je repérai le livre de la photographe Hiromix fait lors d’un séjour à Paris :

Aguicheur mais dispensable. Ajoutons pour terminer que Mangasouko est une sorte de petit paradis pour les amateurs de retrogaming :

L’après-midi fut plus sérieux. Point de pneus ni de figurines. Pour moi, direction ici :

Il s’agit du musée d’histoire naturelle de Miyazaki (le bâtiment est visitable grâce à Street View) dans lequel se tenait une exposition sur l’histoire du katana. Assez peu intéressés, Madame et les enfants décidèrent de m’attendre en passant un peu de temps au Book Off à côté puis à un petit salon de thé.

Ayant pratiqué le iaido durant cinq années, l’exposition m’intéressait forcément un peu. De fait, la vaste collection de katanas qu’elle proposait avait le mérite de montrer qu’avant d’obtenir le katana tel que nous le voyons dans les films de samourais, les forgerons ont expérimentés durant des siècles, avec des courbures, des longueurs parfois inattendus. Très dépouillée et très feutrée, l’exposition permettait ainsi de faire un voyage dans le temps et d’admirer des lames qui avaient dû traverser pas mal d’épiderme. Après, je dois dire que l’intérêt fut pour moi un peu limité puisque les explications de l’expo avaient fait l’impasse sur une traduction en anglais.

Je rejoignis mon clan au salon de thé. Je commandai un bon café, le dégustai puis comme il était déjà 18H30 nous retournâmes à la base. Après dîner je repris Tornado pour une de mes dernières ballades post-dîner nocturnes. Une peu comme Richard Boringer, je me dis en passant devant ce bâtiment que…

…c’est beau un Yamada Denki la nuit !

Puis j’arrivai au centre ville ce soir-là étonnamment dépeuplé :

L’envie de prendre une petite barquette de takoyakis à l’échoppe me titilla un instant. Mais comme j’avais apporté un sac contenant une serviette et des vêtements propres pour me terminer au sentô avant de rentrer, je me retins. Il s’agissait d’assainir et de reposer le corps, pas de le bourrer de nouveau alors que je venais de sortir de table. Je me promenai sans but un quart d’heure, appréciant l’ambiance à la fois électrique et tranquille du quartier avant de poursuivre mon chemin jusqu’au sentô. Il ne restait plus beaucoup de journées avant la fin de ce huitième séjour, mon épiderme réclamait son lot d’eau chaude et parfois parfumée quotidien. J’allais volontiers lui offrir ce petit plaisir jusqu’à la fin.

Il faut exorciser le soldat Olrik jr !

Journées du 10 au 12 août :

10 août :

On se rend en fin de matinée à une cérémonie « o-bon » pour les morts. Les enfants ne sont guère enchantés à cette perspective. Je ne le suis pas non plus forcément, mais du moins je suis assez intrigué et motivé pour tenter d’y prendre quelques photos et vidéos. Arrivés au temple, il faut d’abord s’escrimer pour tenter de trouver une place où se garer. Pour cela, pas d’autre choix que d’aller au parking juste à côté :

Il faut ici imaginer un préposé donnant des directives pour se garer aux personnes désireuses d’assister à la cérémonie. Il s’agit de remplir le moindre mètre carré d’un morceau de tôle automobile. A la fin le parking était bourré de voitures, sans la moindre issue pour le pauvre type qui aurait garé sa caisse tout au fond et qui aurait besoin de repartir pour une urgence.

Juste à côté se trouvait donc le temple :


A l’intérieur, on se déchausse avant de pénétrer dans le temple. Il y a déjà pas mal de monde au milieu duquel je fais inévitablement tache car pas vraiment habillé pour l’occasion. Tout le monde est bien habillé tandis que j’ai opté pour un short et un t-shirt Black Jack particulièrement seillant. Mébon, comme ma gaijinitude se lit sur mon visage et que Madame m’accompagne, je suppose que je suis une fois de plus tout excusé.

Dans le temple, on vire tout de suite à tribord pour s’installer au bas d’un mur. De là je parviens à prendre quelques clichés :

Les moines arrivent les uns après les autres, la cérémonie commence et avec elle d’entêtantes psalmodies dont les effets conjugués à une forte odeur d’encens (des dizaines de bâtonnets brûlent en même temps) ne tardent pas à se faire sentir. Je ne dirais pas que dès cet instant je suis entré en lévitation mais très certainement que j’ai eu la sensation d’être dans un lieu coupé du monde avec son propre écoulement du temps. Pas la Black Lodge (les amateurs de Twin Peaks comprendront) mais plutôt une « Monk Lodge » qui nettoie l’âme tout en saturant les sens (surtout olfactif et auditif). J’ai plutôt aimé, et lorsque j’aime une chose au Japon, cela donne invariablement lieu à une captation avec un de mes gadgets, appareil photos voire micro enregistreur portatif pour capter l’ambiance sonore.

Alors que je filmais une sorte de ronde que faisaient les moines tout en psalmodiant, je vis l’un d’eux glisser quelques mots à l’oreille de son voisin. J’imagine qu’il a dû lui dire quelque chose comme « chef ! il y a un connard de gaijin derrière nous qui filme sans autorisation ! » car aussitôt le voisin se retourna pour regarder dans ma direction ! A ce moment je tenais mon appareil, l’air de rien, au niveau de ventre. Je fis mine de regarder à un autre point de la ronde mais le gus restait braqué dans ma direction ! Cherchait-il à m’hypnotiser par je ne sais quelque obscur pouvoir chamanique ancestral ? je n’en sais rien mais en tout cas je fis désormais gaffe. Posant mon appareil, mais gardant le micro ouvert, je profitai du rituel sans chercher coûte que coûte à prendre des photos (l’intérêt était de toute manière limité puisque j’étais cloué à une position et que la faible lumière ne permettait de prendre des clichés bien nets).

J’entrai donc en communication divine avec Bouddha, ou du moins je tentai de le faire car assez vite quelqu’un sur ma droite me dérangea dans ma méditation mystique. Il s’agissait d’Olrik jr qui se plaignait d’avoir froid. Certes, la clim’ était un peu forte mais enfin, ce n’était pas la première froid que l’on essuyait ce genre de blizzard en plein été au Japon. Je lui glissai donc un « c’est bon, ça va aller » et retournai à ma communication spirituelle. Mais cinq minutes plus tard, je jette de nouveau un œil à Olrik jr, et j’ai la stupeur de voir que ça ne va plus du tout. Couché en chien de fusil (je précise que nous étions assis au départ à même le sol), il était blotti sur lui-même et grelottait de toutes ses quenottes ! Je mets la pogne sur son front : je la retire aussi rapidement que si je l’avais posé sur un fer à repasser (j’exagère, mais à peine). Je ne pige pas du tout. Il y a une demi-heure il était frais comme un gardon et là, c’est une sorte de poisson resté trop longtemps sur un étal à 40°C. Evidemment, partir aussitôt était inimaginable because le parking bondé qui nous obligeait à rester jusqu’à la fin. D’ailleurs, il n’y avait plus qu’un quart d’heure à attendre. Néanmoins j’étais vivement inquiet. Pourquoi une telle maladie subite ? Je pense tout à coup à mes photos et au regard du moine : ce con m’avait-il lancé le mauvais œil ? Olrik jr était-il la victime collatérale d’une malédiction pour me punir de mon sans-gêne de gaijin ? Allez savoir ! Moi, en tout cas, j’étais à deux doigts de me jeter au milieu du rituel, de virer tous les bâtonnets d’encens et de brailler : « mais arrêtez votre cirque et aidez-moi plutôt à exorciser Olrik jr ! » Heureusement, cela n’arriva pas. Nous étions à la fin de la cérémonie, les gens se levaient et allaient regagner leur véhicule.

Une demi-heure nous étions revenus à la base. Ba-chan dégaina aussitôt des comprimés de type doliprane pour en gaver Olrik jr qui gagna péniblement la chambre à l’étage afin de rester tranquille. Rien d’autre à faire pour lui : ça sentait l’après-midi moisie passée à dormir pour reprendre des forces tout en essayant de faire baisser la température. Désolé pour lui car me sentant un peu coupable (mais maudit soit ce moine hypnotiseur !), je mangeai tristement mon riz au curry « Lee », en espérant qu’Olrik jr reprenne très vite du poil de la bête, car dans trois jours nous devions nous rendre avec les beaux-parents dans un chouette onsen où beau-papa avait réservé une chambre.

En attendant, la vie reprenait son cours. Olrik jr, tel un chevalier de bronze s’étant pris une branlée contre un chevalier d’or, devait se contenter de reprendre des forces, ce qui n’était pas le cas d’Olrik the 3rd qui était toujours tout pétant de santé et qui allait bien me demander de l’emmener à la plage. Cela ne rata pas. Nous allâmes barboter une petite heure et fîmes quelques magasins, tandis que Madame restait à la maison pour veiller sur le frangin. En fin d’après-midi, j’allai tout de même dans le centre pour essayer de faire quelques photos. J’y récoltai un contre-jour fait « en passant » et pas trop mal composé :

… ainsi qu’un yukata devant une vieille façade et au moment du soleil couchant :

Le besogne accomplie, je retournai en vélo à la maison. Inutile de suivre les jeux Olympiques puisqu’ils étaient chez nous : la fièvre d’Olrik jr atteignait toujours des hauteurs olympiques !

 

11 août :

Le lendemain il fallut se rendre à l’évidence : les cachets et les sirops prodigués par ba-chan ne servaient à rien, il fallait voir un docteur. Malheureusement c’était si je me souviens bien un jour férié (le « yama no hi »), du coup Madame galéra un peu pour trouver une adresse où consulter. elle trouva néanmoins : il s’agissait d’un cabinet de pédiatrie situé tout au sud de Miyazaki. Le dignostic rendu là-bas fut sans appel : Olrik jr avait chopé le « rota virus », forme particulièrement virulente de la gastro. Rien de grave non plus mais le programme pour lui était tout ce qu’il y a de plus simple : médocs et repos de rigueur.

Il était temps de voir un toubib car franchement, la santé physique et mentale d’Olrik jr commençait à vraiment faire peur. Je me souviens en début d’après-midi de quelques mots échangés avec lui avant de partir en vadrouille avec son frère : il m’avait sorti un charabia délirant qui montrait assez combien l’esprit avait besoin de se mettre sur OFF et de laisser les antibiotiques faire tranquillou leur effet. Avec son frère nous allâmes à un Book Off pour lui acheter quelques mangas pour le moment bien sûr où il irait mieux et serait capable de lire car là, c’était pas gagné.

Assez peu de photos cette journée. Je propose juste cette photo d’un couple apparemment sponsorisé par Lee (pas le curry, la marque de vêtements).

12 août :

J-1 avant le départ pour le onsen et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Olrik jr allait à peine mieux que la veille. La température était certes moins forte mais toujours bien présente, et son état de forme ne lui permettait pas de faire autre chose que de rester au lit ou d’en sortir un peu pour essayer de manger avant d’y retourner dormir.  Néanmoins en début d’après-midi il avait lu un peu le Slam Dunk que je lui avais acheté. Et en fin de journée, il s’était un peu distrait avec la tablette offerte par Ji-chan. Si Olrik Jr avait les yeux sur un écran, c’est que ça allait un peu mieux. Par contre, pour péter la forme le lendemain au onsen, ce serait sans doute autre chose.

Le valseur de l’hôtesse est-il une illusion d’optique ?

Journées du 6 au 9 août

6 août :

De retour à Miyazaki, besoin de mettre tout de même l’appareil photo de côté, le temps d’alléger des cartes mémoires bourrées jusqu’à la gueule. Point de souvenirs datés du 5 donc si ce n’est cette photo…

Je devais être content de retrouver la passerelle à côté de la maison qui permettait souvent de contempler un de ces ciels spectaculaires, chargés de nuages comme le Japon peut en offrir l’été. Sinon je trouve aussi cette photo…

… qui montre que j’étais aussi content de retrouver la nourriture de belle-maman et la bière de beau-papa.

Le lendemain, je suis cueilli après mon footing matinal par ceci :

Horreur ! le cirque des J.O. commençait ! Au moins j’allais échapper au chauvinisme des journalistes français. Certes, j’aurais à la place celui des japonais mais du moment que j’échappe aux éructations de Patrick Montel au moment de l’athlétisme, ça me convenait.

Pour la suite de la journée, partie de plage avec les enfants avant de se rendre en soirée dans le centre de Miyazaki  pour aller voir le hana bi. Avant cela, dîner prévu dans un petit resto situé sous l’arcade commerciale. L’endroit était sympa de part sa déco vintage :

Pour la nourriture, j’ai trouvé cela plutôt bon, même si Madame a décrété en sortant qu’elle n’y retournerait pas, déçue qu’elle était par les plats proposés.

Il fallait ensuite rejoindre l’autre bout de l’avenue principale afin de trouver une place correcte pour admirer le feu d’artifice. Comme à chaque fois, nous nous y sommes pris trop tard et suivre le spectacle s’est résumé à une opération de marche dans la cohue qui n’a pas rimé à grand-chose. Je vous ferai grâce des vidéos merdeuses que j’ai faites de quelques fusées, et des photos misérables de l’ambiance générale. Un parfait ratage.

Quand une photo floue devient sans sans le vouloir la photo la moins pire d’une série.

 

7 août :

Re-restaurant. Privés durant une semaine de leur fille, de leurs petits-enfants et surtout de leur gendre, les beaux-parents passent l’après-midi avec nous et décide d’offrir le restaurant de type shabu shabu.

Avant cela, on se dirige à un centre commercial au sud de la ville où se trouve une exposition montrant des œuvres en trompe l’œil. Bon, je commence à connaître, je crois que ça fait trois séjours d’affilée que je me cogne ce type d’expo mais enfin, comme c’est le genre de machin toujours payant auprès des kids, c’était donc reparti pour un tour. L’endroit propose une vingtaine d’œuvre, le but ludique étant de trouver le meilleur point de vue photographique pour amplifier le côté en trompe l’œil. Pas toujours évident, surtout avec les éclairages alentours qui empêchant bien souvent la parfaite illusion. Olrik jr était en mode actor studio, motivé pour s’impliquer afin de donner vie aux différentes saynètes. Après, il faudra tout de même quelques kilos en plus pour faire croire qu’il est capable d’envoyer valdinguer un ozeki :

Après l’effort photographique, le réconfort de l’estomac :

Sympa, la marmite compartimentée qui permettait de se goinfrer deux types de plats différents. Au bout d’une demi heure la table ressembla à Fort Alamo ou plutôt à la bataille de Sekigahara :

Et encore, la photo a été prise après qu’une serveuse est passée pour prendre quelques assiettes.

Passablement houblonné, j’entrepris d’enchaîner avec ce saké :

Après toutes ces bonnes choses, j’étais mûr pour aller cuver à la maison sans passer par la case sento. Ce que je fis.

 

8 août :

Il devait pleuvoir pas mal cette journée car je ne trouve aucune photo à part celles prises à partir de 19 heures de ces nuages :

Ça sent le ciel qui se purge après une journée pluvieuse. Sans doute pour rattraper le coup, je me rendis après dîner dans le centre de Miyazaki pour y capter quelques fêtards, des salary men saouls ou encore des hôtesses escortées d’un club à l’autre par une présence masculine susceptible de repousser les tentatives des fâcheux. Il faut ici reconnaître que tomber par hasard dans la rue sur une de ces sirènes fouettent illico les sens. Alors que je remontais l’arcade commerciale, je vis juste devant moi deux de ces créatures débouler d’une des rues adjacentes pour monter juste après l’escalier menant à un club. Impossible de ne pas tourner la tête (et l’objectif) en passant devant l’entrée :

Stairway to heaven.

A part ça je ne me suis pas fait péter la gueule par un escort boy qui m’aurait aperçu. Ça aurait pu, et évoquer le sacro saint « instant décisif » à la Cartier-Bresson aurait été piètrement utile. Moins risquée était cette ruelle truffée de petits bars qui pouvait évoquer la Golden Gai :

9 août :

Amas de vélos puissamment surveillé par un félin que l’on devine aux aguets et prêt à bondir. Voilà peut-être la formule idéale pour laisser son vélo en ville sans craindre qu’on ne le vous barbote.

 

 

Des pirates à Canal City !

4 août :

Après le joli souvenir nocturne du deuxième étage de la Tokyo Tower, je pouvais partir avec le sentiment du devoir accompli. La valise faite, je repris le chemin de la gare de Tokyo. Un dernier regard derrière moi…

A la prochaine Minami Senju !

… et c’était parti pour de nouvelles aventures, aventures à deux doigts de connaître dès le début un sérieux couac. Partant bien en avance pour être sûr de ne pas rater le shinkansen m’amenant à Osaka où je devais retrouver la famille, je me suis retrouvé bloqué plusieurs minutes à une station. Pensant que le train allait repartir d’un instant à l’autre, j’attendais sans trop m’inquiéter sauf que le train s’est bel et bien mis à repartir, mais dans le sens inverse ! Une annonce avait dû être faite en nippongo, annonce indiquant qu’il fallait changer de train pour atteindre la gare. Quoi qu’il en soit, me voilà reparti dans l’autre sens avec en plus dans les bagages une bonne grosse dose de stress. J’ai pu malgré tout chopper le shinkansen mais ç’a été ric-rac. J’en atais quitte pour un énième t-shirt trempé de sueur.

Dans le train, comme à mon habitude, j’ai pu déguster une cannette de café au lait accompagné d’un ou deux melonpans. Et comme j’étais du côté qui allait me permettre de voir le mont Fuji, je gardais l’appareil photo à portée de main pour essayer de le saisir entre deux tunnels (comme d’hab’ maintenant, vous devez commencez à connaître, une vidéo en fin d’article résume la journée).

A la gare d’Osaka, changement de shinkansen pour se rendre à Fukuoka où Madame avait envie de passer quelques heures (Fukuoka étant la ville où elle a fait ses études et où elle a travaillé). Au milieu du quai bondé, il était amusant de voir arriver au loin les bouilles d’Olrik jr et Olrik the 3rd accompagnés de leur mère. La Delta Force étant au grand complet, Fukuoka n’avait plus qu’à bien se tenir.

Rien d’extraordinaire durant ces quelques heures à Fukuoka avant de reprendre le shinkansen jusqu’à Kagoshima (puis un ultime train pour Miyazaki). Après Kyoto, Osaka et Tokyo, on redescendait nettement d’un cran et la fatigue de six journées bien remplies aidant, c’est un peu détachés et sans but que nous y passâmes l’après-midi. Il s’agissait de traînailler dans le rues, le but allant être le centre commercial Canal City susceptible de distraire les enfants, avant de retourner tranquillou à pied à la gare.

Eventuellement, au détour d’une rue il s’agissait pour moi de capter un exemplaire des fameuses « Hakata bijins »…

… ou des silhouettes haut perchées sur de miniscules vélos…

… les trois maikos que je ne manque pas de saluer à chacun de mes passages à Fukuoka…

… ou encore un taxi passant juste à côté d’un jeune homme cool sur un scooter :

Mais sinon, après la furya shibuyesque, l’heure était au repos de l’obturateur. Je retrouvai non sans joie les bonnes vieilles plaintes des clampins concernant la marche et profitai de la tranquillité du bord de la Nakagawa. Au Canal City, nous fîmes une pose glace et nous rendîmes à l’étage où se trouvaient le magasin tout à la gloire de Jump Comics ainsi que celui consacré à Ultraman :

Dilemme : dois-je acheter cette onéreuse bouteille de limonade Ultraman pour être heureux ? Mon coeur de fan me dit que oui, mais mon portefeuille me souffle l’inverse.

Mais la bonne surprise vint de la terrasse au rez-de-chaussée :

Mais où donc ai-je déjà vu ce joufflu bien modelé ?

Vous la reconnaissez cette rousse crinière, cette silhouette racée et ce bikini bleu des îles ? Non ? Mais enfin, c’est elle voyons !

On ne le dira jamais assez : vive le fan service !

Eh ouais, Nami chan était dans la place puisque le rez-de-chaussée était aménagé en une sorte de mini parc à thème One Piece. Au rpogramme : magnifiques statues grandeur nature, aire de jeux où le lardons se faisaient arroser par des canons à eau et autres joyeusetés encore. Je vous épargne la photo où j’apparais à côté de Nami et où l’on me voit glisser discretos derrière son dos une main bien placée. Juste pour dire que les papas pouvaient eux aussi trouver leur compte dans cette belle initiative de Canal City.

Mais les meilleures choses ont toujours une fin dans ce monde pourri. Il fallut rejoindre la gare à pied. Quarante minutes plus tard, nous étions dans notre rame prêts à entamer l’apéritif avant de grignoter un dîner de fortune :

Une famille, une bière dans un shinkansen, un paysage japonais qui défile sous les yeux, le bonheur tient parfois à peu de choses.

 

La vidéo du jour :

Attention passages de jeunes mariés fréquents !

2 août :

Comme deux année auparavant, j’utilise les dernières journées de mon Japan Rail Pass pour me rendre à la capitale afin d’y passer deux journées en solo. Peut-être une des dernières fois que ce type d’excursion me sera permise car pour les prochains séjours l’intérêt sera tout de même d’embarquer Olrik jr et Olrik the 3rd afin de leur en mettre plein les mirettes.

En attendant cela, je savoure le voyage en shinkansen et réfléchis à ce que sera le programme du jour : Minami Senju pour déposer mes maigres bagages, puis Ueno, Jimbocho, Shibuya et Shinjuku. Du réchauffé mais peu importe, seul compte le plaisir de marcher avec l’appareil photo à la main. Pas de restaurant qui tue au programme : je me contenterai de rapides haltes à des Yoshinoya. En revanche, réessayer La Jetée, après un échec lors d’un précédent séjour, me tente assez.

Je l’ai déjà écrit maintes fois sur ce blog, le quartier de Minami Senju n’a rien pour lui. J’y retourne uniquement pour essayer d’y retrouver le plaisir qui avait été le mien treize ans auparavant, lorsque lors de mon premier séjour au Japon, les pas que je fis dans ce quartier furent les premiers effectués dans ce pays que j’allais retrouver par la suite six fois. Il y a encore un petit charme nostalgique à traverser le pont suspendu au-dessus des voix ferrées et à gagner la longue avenue menant à l’hôtel. Avec en prime la vue au loin du Tokyo Sky Tree qui entre-temps s’est imposé au paysage.

Ueno était relativement tranquille. Après quelques photos à Ameyoko et une halte au grand magasin de jouets Yamashiroya, je retourne à la gare du coin pour me rendre à Jimbocho. Là, je vois un bonze juste devant moi qui s’y rend aussi sans doute pour gagner un autre point pour y quêter. Je l’ai discrètement suivi jusqu’à la billetterie automatique afin de glaner quelques photos peut-être intéressantes.

Je ne te lâcherai pas d’une geta !

Là, une vieille femme habillée de manière voyante, vraisemblablement pour cacher une misère que l’on pouvait deviner à certains détails, s’approche et lui demande quelque chose. Sans sourciller, le moine se retourne et lui file un bifton de 5000 yens ! Ainsi sont les moines bouddhistes. Le cœur et l’oseille à la main.

A Jimbocho, je me rends à mes librairies préférées afin de faire une petite provision de photobooks et d’affiches de films. L’heure passe vite et il est temps de retrouver Shibuya et son essaim de Tokyoïtes et de touristes. Au carrefour, un couple de jeunes mariés s’escriment avec un photographe professionnel venu avec ses deux employés à prendre des photos au milieu du passage, durant le temps  autorisé pour les piétons.

Vous vous demandez si la mariée est belle ? Jetez un œil à la vidéo en bas de l’article.

Autant dire que c’est du sport, d’autant que les badauds curieux qui les mitraillent autour d’eux (dont je fais partie) ne leur facilitent pas la tâche. Quelques instants plus tard je tombe sur une autre créature, cette fois-ci toute de rouge vêtue :

Là aussi, ça sentait la tenue préparée pour un shooting au milieu du carrefour et effectivement, je vis à proximité deux personnes chargées de l’opération.

Après vingt minutes passée à flâner sur le carrefour, il n’y avait plus qu’à pénétrer dans le quartier. Après une halte au Book-Off et au Mandarake où je chargeai un peu plus mon sac à dos de livres…

Je n’allai cependant pas jusqu’à acquérir celui-ci, trop cher !

… je fis une halte au Yoshinoya avant de me rendre à Shinjuku. Le temps de prendre au passage quelques ultimes photos…

… je rejoignis donc la Yamanote et quelques minutes plus tard arrivai à Shinjuku, bien décidé à retourner à la Golden Gai pour tenter ma chance à la Jetée.

Une fois dans les petites ruelles au mille bars, je m’aperçois que cette fois-ci, il n’y a pas à la porte du bar de mot accroché indiquant que la patronne est en vacances. Je prends donc mon courage à deux mains et gravis l’escalier très étroit permettant d’accéder au bar. J’ouvre la porte et là, surprise ! en plus d’être minuscule (je m’en doutais un peu mais pas à ce point), le bar est déjà occupé par pas mal de clients (que des étrangers). Un peu mal à l’aise par cette arrivée qui forcément dans un tel lieu attire tous les regards, je me vois cependant invité par la patronne à entrer et à prendre place sur un tabouret. Bon, cela n’allait pas être particulièrement confortable mais au moins je ne me cassais pas les dents une seconde fois.

J’y passai une heure, profitant de la décoration, de l’éclairage jaune, de la musique choisie par la patronne et essayant tout de même de discuter avec cette dernière puisqu’elle a la réputation de très bien parler français. Inévitablement j’évoquai Chris Marker mais je me souviens que nous parlâmes aussi cinéma et que Proust s’immisca aussi dans la conversation. Pour ce dernier, il s’agissait peut-être de mots échangés avec une cliente présente qui s’avérait être la traductrice de Chris Marker. Bref ce fut un moment plaisant, même si la forte présence de clients étrangers (des étudiants anglophones, un producteur de série pour Canal +) atténua le dépays-ement que j’attendais en venant poser mes fesses dans ce bar.

A la fois satisfait et maussade, je demandai à la patronne la permission de lui tirer le portrait puis je mis les adjas. En traînant une dernière fois dans les ruelles de la Golden Gai, je tombai sur cette porte engageante :

La bar avait-il été le bar de prédilection de Tetsuya Chiba ? Ceci appellera bien une vérification pour un voyage ultérieur.

Résumé de la journée en image et en musique (morceau : Asha, de Pantha du Prince) :

Fujiko se vend pour 60000 yens près de Dotonbori !

1er août :

Après Kyoto, arrive forcément Osaka. Cette fois-ci tous les quatre avec au programme le château d’Osaka (jamais visité) le matin, puis flânerie du côté de Dotonbori, enfin retour pour Takatsuki en fin d’après-midi.

Au château d’Osaka, je craignais un peu la cohue touristique et je l’ai eue. Mais globalement ça s’est plutôt bien passé. En arrivant à la station de métro, il fallut d’abord faire une petite marche de dix minutes dans le parc pour accéder à l’entrée principale. Lueur d’inquiétude alors dans les yeux de Olrik jr et Olrik the 3rd, lueur qui signifiait clairement « Oh non ! Pas encore ! ». Mais nous arrivâmes rapidement au pied du château…

Allez les kids ! Maintenant, il faut escalader !

… et les enfants purent profiter de la clim’ à l’intérieur. Les différents étages sont aménagés de manière à alterner musée historique et vidéos/maquettes pédagogiques. Plutôt bien conçus en fait, même si la foule compliquait parfois la disponibilité pour s’intéresser à tout ce qui était proposé. On pouvait se consoler en se rendant au balcon pour profiter d’une vue faite de vert et de gris :

En sortant, c’était le moment de partir en quête d’un restaurant potable pour le déjeuner. Une fois sustentés, direction Dotonbori en suivant une longue avenue. A un moment, juste après être passé à côté de ce curieux bâtiment…

… alerte ! Olrik the 3rd avait désespérément envie de vider sa vessie. Passant à ce moment-là devant un building où se trouvait une librairie au rez-de-chaussée, Madame y pénétra avec Olrik the 3rd pour chercher des toilettes, tandis que je restai avec Olrik jr dans la librairie à les attendre. Ce fut fort long et limite inquiétant. Apparemment trouver des WC dans ce building nécessitait de suivre tout un jeu de piste assez élaboré et comme ma douce a un sens de l’orientation qui a souvent montré des défaillances (excuse-moi, hein !), ce qui peut être simple peut parfois se transformer en dédale kafkaïen. Moi, pendant ce temps, je trompais mon ennui en contemplant ce magnifique dessin de Fujiko chan :

60000 yens le dessin. Eh oui ! Les boobs de Fujiko, ça se mérite !

Une fois réunis, nous arrivâmes assez rapidement à l’arcade qui descendait vers Dotonbori. Comme toujours, c’est un plaisir d’y flâner un appareil photo à la main. Panasonic vantait les mérites de la stabilisation du GX80. C’était le moment de vérifier cela en faisant des vidéos en marchant. Autrefois, c’était sans intérêt tant les tremblements à chaque pas étaient prononcés et gâchaient tout. Là, effectivement, à moins de chercher la perfection, on peut l’utiliser tel quel sans ajout d’un de ses appareils faisant office de Steadycam, à condition de marcher souplement. Si ça vous intéresse, une petite vidéo résumant la journée et comprenant des séquences faites en marchant se trouve en bas de l’article.

Noyé dans une marée humaine bigarrée, il n’y avait qu’à observer et cueillir les différents papillons que je croisais. Ici un SDF…

… là un vieux salary man grillant une sèche…

… tandis que les touches de couleurs se faisaient de plus en plus flashy au fur et à mesure que l’on s’approchait du fameux pont. Impossible par exemple d’ignorer ces deux vendeuses :

Au pont Ebisubashi, c’était l’habituelle flux de badauds discutant, admirant et se faisant prendre en photo en face du Glico Man :Tout en admirant certaines tenues bien légères…

Glup !

… un bruit désagréable à prétention musicale se fit entendre. Il s’agissait d’un groupe d’idols qui glapissait des chansons sucrées sur un des bords du canal en face d’une foule d’otakus rigolards et parfois hystériques :

Moi aussi, je me laissai aller à me vider le cerveau quelques minutes devant ce spectacle puis il fallut songer commencer à songer au chemin de retour. Une dernière courte promenade me fit apercevoir des enseignes que je n’avais jusque là jamais remarquées ainsi qu’un curieux endroit souterrain où moyennant quelques centaines de yens on pouvait s’essayer à taquiner le goujon dans une mare artificielle (cf. vidéo). Je connaissais ce type d’endroit à ciel ouvert mais là, dans la furie de Dotonbori, entre un restaurant et un magasin de gashapons, il y avait de quoi être interloqué. Bah ! mieux vaut ça que des lieux nous proposant de buter des lapins au gros plomb. Allez, modeste illustration vidéo de cette journée :

Ninjas, insectes et poissons

31 juillet :

Quelque peu tancé par Madame la veille lorsqu’elle vit comment je ramenais Olrik jr et Olrik the 3rd tout misérables et crottés du fait de leur longue marche dans Kyoto, il fallut bien faire le dos rond et admettre que j’avais un peu poussée le bouchon un peu loin, même si, même si… après une bonne douche et un bon repas, ils n’avaient pas l’air si misérables sur les tatamis et tâter de la Nintendo trois déhesse :

D’autant que le lendemain ils furent particulièrement fringants pour un programme matinale un peu physique. A la réflexion, je n’avais pas poussé le bouchon « un peu » loin : je ne l’avais pas poussé « assez » loin. Bref, ce dimanche 31 juillet était consacré à une sortie en famille, avec celle de la cousine de ma femme, accompagnée pour l’occasion de son mari et de leur fille. 1ère étape : carrément un camp d’entraînement ninja ! Je suis bien incapable de le retrouver sur Google map. Perdu dans la campagne à une trentaine de kilomètre à l’est de Kyoto, le site, assez rustique, proposait une maison supposée avoir été habitée par d’authentiques  ninja. On y trouve des cloisons secrètes, chose qui évidemment intéressa vivement les enfants. Dans une autre maison, on y découvrait sous verre toute l’armada des ninjas (habits, shurikens variés, katanas, etc.). mais le principal point d’intérêt concernait les épreuves que les enfants pouvaient affronter afin d’obtenir à la fin leur diplôme de ninjas. C’est là que je vis que la marche de la veille ne pesa guère lourd dans les jambes de mes clampins tant ils firent preuve d’un bel entrain pour :

– Escalader la paroi rocailleuse d’un mur de trois mètres.

– Traverser avec une corde et un radeau de fortune (en réalité deux grosses soucoupes sur lesquelles ont posait les pieds) une mare d’une dizaine de mètres).

– Traverser un mur en bois sur sa longueur avec juste ce qu’il faut pour poser les talons.

– Descendre une échelle donnant sur un passage secret.

– Enfin, s’exercer au lancer de shuriken.

Olrik the 3rd, toujours disposé à essayer de faire aussi bien voire mieux que le grand frère, fit belle figure, notamment aux shurikens où il se paya le luxe de battre Olrik jr, à la grande honte de ce dernier. Les voir effectuer toutes ces épreuves était plaisant, mais j’avoue qu’avec leur costume (que l’on pouvait louer dans un local) je ne les enviais pas. La chaleur était étouffante et c’est un peu groggy que je regagnai la voiture sur les coups de 13H pour la suite du programme. Prochaine destination :

Le musée du lac Biwa

Musée consacré à tout l’écosystème du lac (faune, flore, géologie). A priori pas très enthousiasmant mais l »endroit est assez riche et propose pas mal d’activités aux gamins pour les intéresser. On y trouve une palanquée d’insectes mais aussi un aquarium avec quelques beaux spécimens.

A noter aussi une section intéressante faisant un balayage chronologique des objets technologiques ayant accompagné le Japon après la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à nos jours, le tout accompagné d’objets pop emblématiques allant des mangas de Tezuka à des 45 tours de Momoe Yamaguchi en passant par des affiches de films. La visite fut finalement assez sympathique même si j’avoue que ce faux rythme où il faut aller à train de sénateur pendant deux heures m’avait un peu épuisé. Pour le coup c’est moi qui rentrai un peu misérable et fatigué. Après un bon repas, une petite promenade digestive dans le quartier en quête de maison inquiétante à photographier me remis d’aplomb. Il le fallait car le lendemain allait être consacré à Osaka.

 

 

Les Aventuriers du salon de thé perdu (part 2)

Résumé de l’épisode précédent : Olrik jr, Olrik the 3rd et votre serviteur font une escapade d’une journée à Kyoto. Après avoir passé la matinée au musée du manga, direction Gion pour admirer les temples, les yukatas et s’enquiller une glace dans un salon de thé de ma connaissance. Problème, les deux clampins n’aiment pas marcher tandis que j’aime au contraire à les faire user leurs sandales. Au bord de l’agonie, nous arrivons malgré tout à destination…

Nous arrivâmes cependant aux portes de Gion. Il ne restait plus qu’à retrouver le salon de thé. Je déposai Olrik the 3rd et essayai de me souvenir où l’établissement se trouvait exactement. Comme j’avais conscience d’avoir un peu tiré sur la corde avec les kilomètres de marche offerts en extra, j’essayai cette fois-ci de ne pas me tromper et c’est plein d’assurance que je repris la marche, invitant la meute à me suivre. Hélas ! (one more time) quelque peu ébranlé par la marche, chargé que j’avais été des kilos supplémentaires de Tanuki Gourmand et n’ayant pu retrouver totalement mes facultés (et peut-être aussi à cause d’un début d’alzheimer), ma localisation du lieu fut quelque peu défaillante, car ce qui aurait dû être notre trajet…

Simple, précis, efficace.

… se transforma en ceci :

?!

Et c’est limite rampants que mes louveteaux franchirent le seuil du restaurant Rakusho. Pour moi, ça allait, délesté de Tanuki Gourmand j’avais pu prendre quelques photos, chose qui permet tout de suite de recharger les batteries. Néanmoins, il était plus que temps de se poser quelque part pour profiter de la clim’ et d’un machin glacé. Aussi c’est bien volontiers que j’y allai de ma tournée générale de kakegori au melon.

Tanuki Gourmand, déjà la cuillère à la bouche, passa outre ma demande d’attendre un peu pour la photo (ça commençait à bien faire !). Sinon pas d’inquiétude, la glace n’est pas radioactive, c’est juste sa couleur normale.

Assis sur les tatamis, nous picorions les bouchées de glace pilée tout en regardant par la paroi vitrée le délicieux jardin :

A noter que si l’on commande par l’entrée principale, il faut ensuite sortir par une porte adjacente puis longer ce décor afin de rentrer de nouveau pour s’installer dans la salle où se trouve les tatamis. Le genre d’endroit dans lequel je pourrais passer des heures à siroter du thé tout en bouquinant. Après une grosse demi-heure passée à se ressourcer, la meute était de nouveau d’attaque. Il était presque seize heures, il nous restait une heure et demie à passer à Gion et au parc Murayama avant de songer à reprendre la direction de la gare. La marche reprit, mais cette fois-ci à un rythme plus apaisé. Il s’agissait de flâner dans ces adorables rues que j’avais déjà largement arpentées mais que je découvrais alors pour la première fois avec la lumière de la fin d’après-midi. Juste en sortant du salon de thé, je tombai sur un jeune yukata le reflex à la main et baignant dans un doux chatoiement de lumière :

Juste à côté, dans la fameuse ruelle constituée d’anciennes maisons de thé, je tombai là aussi sur une ribambelle de yukatas et d’ombrelles pour la mettre en valeur :

L’ambiance était tellement bienfaisante que je me risquais même à prendre des photos de fleurs, chose que je ne fais jamais…

… préférant tout de même celles sur des yukatas bien portés :

Vous vous demandez comment j’ai fait pour obtenir un tel angle de vue ? Facile, je m’étais posté dans une bouche d’égout !

A un moment nous passâmes devant une boutique Ghibli. Evidemment, on me demanda aussitôt d’aller y jeter un œil. Si je n’ai rien contre Ghibli, j’avoue que leur merchandising a fini au fil des voyages par me sortir par les yeux. Mais bon prince, j’autorisai une halte dans ce sanctuaire dont j’étais sûr qu’il allait être infesté de touristes chinois bruyants et sans-gênes. Cela ne rata pas, notamment devant le magnifique Totoro grandeur nature où il fallu attendre cinq minutes qu’une famille finisse de faire et refaire différentes prises. Une fois leur cirque fini, je priai à Tanuki Gourmand d’aller à côté pour prendre la pose. Surprise ! refus du mangeur de kakegori ! J’insiste, il refuse derechef, avec en prime une lueur d’inquiétude dans les yeux. Je commence à comprendre. Quoiqu’ayant vu maintes fois Tonari no Totoro et sachant bien que le gros monstre est inoffensif, le benjamin de la famille avait l’air de s’imaginer que la peluche mahousse était en fait vivante et qu’il courait sans doute le risque de se faire bouffer par elle !

Je crois me souvenir que j’y allai d’une menace pathétique du genre « si tu n’y vas pas, je ne te téléchargerai plus d’épisodes de Doraemon ! » (menace imparable). Je devais sérieusement commencer à fatiguer moi aussi. Sinon ne vous laissez pas berner par le « peasu » effectué : la bobine montre clairement qu’il croit ses derniers instant sont arrivés.

En sortant, nous étions partis pour aller au parc Murayama lorsqu’un bruit emplit tout à coup l’air. Ce n’était pas le concert des sandales qui traînaient sur le bitume et des dents qui grinçaient auquel m’avaient habitué mes deux clampins lors de la marche de la mort. Non, il s’agissait indubitablement du gong d’un temple bouddhiste. Intrigué, je proposai à la troupe d’essayer de voir cela. A ma grande surprise, ils acceptèrent presque de bon coeur. Pas de bol cependant, pour se rapprocher du son il fallait passer par un escalier d’une bonne centaine de marches :

Mais comme c’était aussi l’occasion de s’approcher de la gigantesque statue de Kannon dont nous apercevions la tête au loin, han ! nous y allâmes de notre coup de rein supplémentaire. Arrivés sur l’esplanade où un parking quasiment vidé de voitures nous attendait, nous tournâmes tout de suite à gauche d’où provenait le bruit métallique du gong. Il s’agissait du temple bouddhiste 高台寺 鐘楼. Juste quatre piliers surmontés d’un toit avec au-dessous une immense cloche qu’un prêtre faisait résonner à 17 heures :

Étonnamment aucun badaud pour assister au rituel. C’était le moment de faire une nouvelle pause bienvenue en utilisant notre ultime bouteille d’eau. Pas de clim’ ni de kakegori au melon cette fois-ci, juste le bruit des grillons, la résonance du gong et une légère brise :

Sous le regard bienfaisant de Kannon juste derrière, nous nous assîmes et profitâmes de ces minutes agissant comme un baume aussi bien physique que spirituel. Subitement, les deux louveteaux avaient oublié leurs ampoules. La sueur séchait doucement grâce à la brise, ajoutant certes un peu de crasse à l’épiderme mais nous redonnant un regain de vigueur. Quant à l’esprit, il était en symbiose avec la résonance métallique qui emplissait l’air. Quand le prêtre eut fini son rituel, il quitta le temple gratifiant au passage d’un sourire et d’un petit signe de tête ce public de trois personnes qui avait été particulièrement attentif. Je rangeai mon appareil photo, m’étirai, jetai un coup d’oeil à Kannon, puis regardai la vue de Kyoto encadrée par les rangées d’arbres. Une merveille que j’aurais pu encore admirer longtemps mais le soleil commençait à descendre sérieusement et il allait être de songer au retour, surtout si nous voulions faire un crochet par le parc Maruyama. Surprise ! Au moment de faire cette photo, je m’aperçus que les louveteaux étaient déjà presque arrivés au bas de l’escalier :

Braves petits ! Je les avais sous-estimés. Loin d’être des larves incapables d’assurer une marche digne de ce nom, ils étaient de jeunes pousses pleines de sève et ne demandant qu’à fortifier leur corps. Ce n’était plus Hibou Paisible et Tanuki Gourmand mais Rémi et Joli-coeur, et après avoir endossé le rôle de l’ignoble Tuco, je me pris à songer, presque la larme à l’oeil, que j’étais fait pour être maître Vitalis ! Cela tombait bien : comme je leur avais caché le fait que je comptais bien retourner à la gare en repassant par la Shoji dori, ça allait être l’occasion de refaire une longue marche dans la joie et la bonne humeur avec peut-être au bout, qui sait ? un spectacle devant la gare de Kyoto façon Rémi Sans Famille. Nous n’en étions pas encore là mais ce qui était sûr, c’est qu’ils allaient bien apprécier les takoyakis maison prévus au dîner.

Au royaume des sushis, les adultes sont rois

(rappel pour ceux qui prennent le train en marche, il s’agit d’un journal rétrospectif une année jour pour jour après le voyage de 2016).

28 juillet :

Madame étant présente, j’ai dorénavant les ailes libres pour me balader seul, en vélo puis à pied, dans le centre de Miyazaki pour prendre des photos. J’emmène d’abord la meute se rafraîchir à la plage puis, quand arrivent 17 heures, c’est parti pour le trajet bien connu en vélo :


Le ciel est dégagé, le température pas trop caniculaire, allons-y plein pot !

Pas mal de photos ont été prise en une heure et demie ce jour-là. Parmi elles, publions aujourd’hui celle de cet énième chat de gouttière qui a pourtant su préserver un pelage blanc immaculé :

Nota : les habituels parapluies derrière pour protéger les chats des intempéries.

Et, pour rester dans la métaphore animalière du précédent article, cette autre féline qui eut la bonne idée de passer sous mes yeux, telle une apparition, seule et au milieu du réseau de bandes de passages piétons :

Clic !

Toujours très agréable de prendre des photos entre 17H et 18H. On respire un peu plus et avec l’heure de la sortie des bureaux, c’est l’assurance d’avoir un peu plus d’activité qu’en milieu d’après-midi. Dans mon fatras d’images j’ai aussi pas mal de vidéos. Faudra que j’essaye à un moment de faire un montage pour faire sentir l’ambiance.

29 juillet :

Journée importante. comme à chaque séjour au Japon, on fait toujours un voyage dans le voyage. Armés d’un Japan Rail Pass, on file en Shinkansen à Takatsuki (ville située à trente kilomètres de part et d’autre de Kyoto et d’Osaka, le rêve !) où nous accueille la chaleureuse famille de la cousine de Madame. Après un court trajet en taxi nous menant à la gare (trajet de dix minutes durant lequel Olrik the 3rd réussit l’exploit de piquer une ronflette, c’est dire le confort des taxis japonais). D’abord un tortillard jusqu’à Kagoshima, puis shinkansen jusqu’à Osaka (ou peut-être Kyoto, je ne me souviens plus), enfin re-tortillard pour Takatsuki. La première étape est toujours très agréable. D’abord parce que le début est l’occasion de prendre le petit-déjeuner en regardant le paysage. Le gros meron pan et la boisson chocolatée achetés en gare ont alors tout ce qu’il y a de plus doux. Mais le plaisir ne s’arrête pas là puisqu’après un petit somme pour digérer, on se réveille alors que l’on arrive à la baie de Kagoshima. Le train est à ce moment coincé entre les montagne et la mer, et double sans efforts les voitures se rendant en ville :

Et c’est l’occasion de choper entre deux tunnels et deux fils électriques le Sakurajima :

Puis c’est parti pour plusieurs heures de shinkansen durant lesquelles il fallut bien s’occuper :

Quelques sandwichs et un onigiri dans un petit bento composèrent un déjeuner frugal auquel s’ajouta le plaisir de siroter une kirin tout en regardant le paysage et en tapant un article avec du Akiko Yano dans les oreilles. On a connu depuis des voyages plus mouvementés.

Arrivés à Takatsuki, il était difficile de faire les malpolis en déposant nos affaire chez la cousine pour repartir aussi sec faire une balade à Osaka ou Kyoto. Du reste c’était le milieu de l’après-midi, ça ne valait plus vraiment le coup. En attendant un dîner en famille dans un kaitenzushi, petite promenade dans le quartier. Pas grand chose à faire, mais un minuscule square avec quelques balançoires et à proximité d’une rizière joliment éclairée par le soleil couchant permit de buller sans trop s’ennuyer.

En exclusivité, pour la première fois ce sur site, je vous offre une photo de la seule, l’unique, l’incomparable Madame Olrik ! Mon amour je t’aime.

18H30, c’était le moment de retrouver la famille de ma cousine, cette fois-ci au complet, le mari étant revenu du boulot, tout comme leur fillette et le fils cadet. Seul manquait l’aîné parti à un camp d’entraînement de foot. Au kaitenzushi nous retrouvâmes l’oncle et la tante de Madame qui avaient fermement décidé de casquer l’addition. C’était parti pour la valse des assiettes qui allaient défiler sous nos yeux. Un plaisir, sauf pour Olrik the 3rd qui aurait bien voulu prendre de lui-même certaines assiettes mais qui s’entendit dire durant cinq bonnes minutes des « non ! Ne prends pas celui-là, tu n’aimeras pas ! », « non ! ne prends pas l’assiette, elle est rouge, c’est une commande pou un autre client » ou encore « non ! attends encore un peu, tes onigiris au saumon vont arriver ! » :

Adieu, veaux, vaches, sushis…

A la fin, n’en tenant plus, il arriva ce qui devait arriver : une terrible chute à l’arrière, avec un Olrik the 3rd pleurant à chaudes larmes, croyant sans doute que ses parents indignes lui interdisaient de manger pendant que son grand frère en était déjà à sa cinquième portion. Mais cet instant de détresse ne dura pas : sa cousine de six ans vint à la rescousse pour lui donner une part de son omelette tandis que les onigiris au saumon firent miraculeusement leur apparition. Sèche tes larmes, mon fils, et prends des forces : tu allais en avoir besoin pour la journée qui t’attendait.

 

Un sirop de pêche pour la chasse au chat

19 juillet :

Toute la détermination sur cette photo d’un clampin de cinq ans tentant désespérément d’atteindre le bouton permettant de s’enfiler une canette de sirop de pêche alors qu’il fait 35°C à l’ombre. La bijin sur la pub peut bien essayer d’aguicher le passant : le père Olrik the 3rd n’en a rien à cirer ! Seul comptait à cet instant un machin sucré et glacé dans l’estomac pour tenir le coup.

 

20 juillet :

Chez beaucoup de bijins, le balancement franc du bras qui ne tient pas une ombrelle ou un keitai est quasi une norme. De quoi donner une certaine détermination à la démarche, propre à décourager les hôtes recruteurs de jolies filles dans le centre ville.

 

21 juillet :
Promenade avant l’apéro dans le quartier de la belle-famille. Coincé entre deux maisons :


… j’aperçois un chat tigré qui me regarde. Je m’approche et je sens l’animal qui hésite : doit-il rester ou partir devant le potentiel danger que je représente ? Il opte pour une troisième solution : des pattes à l’avant permettant de lui donner une posture aux aguets, prompte à réagir, tandis que l’arrière-train permet de conserver un laisser-aller bienfaisant, à une heure de la journée où une certaine fraîcheur commençait à arriver. Finalement pas bien farouche le matou, il se laissa mitrailler une bonne minute sans vraiment s’inquiéter. Tout juste s’il ne se gratta pas une balloche durant l’opération.

Back to the summer 2016

Ceux qui suivent ce site depuis un certain temps le savent, l’été, une fois sur deux, c’est soit la joya parce que je suis au Japon, soit la soupe à la grimace parce que je n’y suis pas. Mais ce type d’été n’est pas totalement amer puisque c’est à chaque fois l’occasion d’explorer la provision de photos et de vidéos faites durant l’été précédent.

L’été 2017 sera donc un été de tri photographique qui reprendra une recette éprouvée déjà deux fois : publier systématiquement une photo prise lors d’une journée passée au Japon un an plus tôt jour pour jour. On commence avec les journées du 16 au 18 juillet 2016.

16 juillet

Arrivé la veille, j’avais hâte de retrouver le centre ville de Miyazaki pour y reprendre mes marques. Madame n’était pas encore avec moi, elle devait nous rejoindre début août. Par contre, puisque je dis « nous », il faut bien comprendre que j’étais condamné à avoir collé à mes basques Olrik Jr et Olrik the 3rd. Prendre des photos tout en entendant gémir derrière moi parce que je suis un marcheur fou pas du genre à ménager l’endurance des troupes… le séjour promettait de commencer de manière crispante. Mais enfin, comme il ne faisait pas très beau, nous embarquâmes dans Fujiko chan et allâmes dans le centre. Direction le parking du bâtiment où se trouve l’Aceland pour une première baignade dans le sento qui s’y trouve :

Gloria Hallelujah ! 

Mais avant cela, marche forcée durant une heure dans le centre, histoire de bien transpirer sous les aisselles pour bien profiter par la suite des bains chauds. Quand on comprit à côté de moi que la baignade allait être la conclusion d’une promenade qui pouvait être potentiellement longue, on tira un peu la tronche mais enfin, comme l’accession au bienfaisant sento (avec une partie à l’extérieur reproduisant l’atmosphère des onsens) dépendait des précieux yens du chef de famille, il était inutile de faire des caprices. Et puis, j’avais hâte aussi de tester mon nouveau Panasonic DMC-GX80 fraîchement acquis. En conclusion, en avant, marche (et avec coups de pied au cul encore !) !

Le centre n’avait pas vraiment changé. Mêmes ruelles, mêmes parkings à vélos surchargés, à peu près les mêmes magasins, toujours des chats plus ou moins lamentables (mais sympathiques), gavés par des mémères aux petits soins pour eux, et pleins d’autres détails qu’il était bon de retrouver.

Après un misérable quart d’heure de marche, ça commençait déjà à claudiquer et à souffler pas mal à côté de moi. C’est alors que je tombai sur cette petite vieille :

Je crois qu’il n’y a pas un séjour à Miyazaki sans que je l’aperçoive. Voûtée, marchant avec beaucoup de peine, cette brave petite vieille annonçait le supplice qu’allaient connaître mes deux clampins quelques jours plus tard lors d’une journée passée à Kyoto mais chut ! ne déflorons pas trop le plaisir. Il était en tout cas plaisant de retrouver cette vieille, tout comme il le fut de se baigner de nouveau dans le sento de l’Aceland, tout comme ensuite d’être invités dans un resto pour s’empiffrer de bonnes choses afin de fêter dignement mon anniversaire. Allez ! si toutes les journées allaient être comme ça, se coltiner Olrik jr et Olrik the 3rd promettait de n’être pas trop douloureux.

 

17 juillet

Normalement, entre le 15 et le 20 juillet a lieu le matsuri sur une des avenues principales menant au centre de Miyazaki. Rien de bien exceptionnel : des stands de bouffe, des jeux pour les enfants, des démonstrations de danse, des concerts de taiko et un flux de personnes dense et stimulant pour l’appareil photo. Le temps était magnifique, j’avais chaud, mais je mesurais de nouveau combien les rédacteurs des guides de voyage qui conseillait d’éviter de se rendre au Japon l’été sont des imbéciles. Si tu ne termines pas ta journée avec un t-shirt maculé de taches de sel à cause de la transpiration, et après des heures passées à humer de violentes odeurs de bouffe et à admirer les filles dans des yutakas colorés, c’est que tu ne sais pas ce qu’est le vrai plaisir au Japon.

 

18 juillet

Le matsuri se déroule toujours sur deux jours. Il commence aux alentours de 17 heures et se termine vers 23. Pour cette deuxième session de plaisir synesthésique, je demandai au beau-père de rabouler en voiture les enfants à 17H30 puis de les récupérer deux heures plus tard. Habillés de leurs jolis jinbei, les kids comprirent vite que cette promenade allait être plus intéressante pour eux que la précédente. Ils profitèrent surtout du concert de taiko, totalement nouveau pour eux. Olrik jr en avait bien vu un mais c’était lorsqu’il très gros et très gras à la fin de la première année de son existence. Il avait assez kiffé les percussions mais neuf années plus tard n’en avait évidemment conservé aucun souvenir. Le compteur avait donc été remis à zéro et c’est intéressés et un brin fascinés qu’ils assistèrent à une demi-heure de furia sonore. Un quart d’heure plus tard, « jichan » récupérait ses petits-enfants pour dîner à la maison, me laissant seul comme un chien, mais aussi comme un bienheureux à l’idée de rester et transpirer pour encore deux bonnes heures de magie matsuriesque.

 

Minimum minimorum pour des vacances réussies à Miyazaki

Dur dur les vacances au Japon l’été les amis. J’ai cru comprendre qu’il a fait chaud dernièrement en France. Mais au Japon, c’est une moiteur et une chaleur de tous les instants, de celles qui vous attaquent le cerveau dès l’instant où vous quittez la maison et qui ne vous donnent qu’une envie : y retourner afin de profiter de l’air conditionné au moins jusqu’àa quinze heures de l’après-midi.
Afin d’éviter ce mauvais réflexe du gaijin newbie un peu fiotte sur les bords, il n’y a pas trente-six solutions : s’hydrater en abondance et manger une saine nourriture, comme par exemple ceci :

yakisoba nishikori

 ?!

 Oui, avec les yakisoba Nishikori, nul doute que vous trouverez les compléments nutritifs qui sauront vous remplir les batteries afin de lutter sans problème contre la touffeur extérieur. C’est un vieux routard qui vous parle, croyez-moi, les nouilles Nishikori, c’est l’assurance d’entrer dans le top ten prestigieux non pas de l’ATP mais des voyageurs au Japon parmi les plus aguerris.
Après, comment se déplacer ? À chacun son moyen de locomotion préféré mais pour moi, je sais que j’ai mes deux montures personnelles qui m’attendent chaque matin à l’écurie  :

tornado

Au premier plan, laissez-moi vous présenter Tornado. Oh ! le poil n’a certes plus le lustre d’antan. La rouille a commencé à atteindre ses vieilles articulations, un peu comme son maître qui a dû subir cette année une arthroscopie du genou gauche (chienne de vie que la mienne !), et la brave bête est dorénavant affublée d’un léger boitement du fait d’une roue arrière un peu voilée mais je sais que je puis à chaque fois compter sur ce destrier, qui sait surmonter son âge, afin de satisfaire son maître. Brave Tornado !
Mais quand les déplacements sont plus éloignés où qu’ils doivent se faire en compagnie des enfants, je laisse reposer Tornado pour utiliser Fujiko chan (que vous apercevez derrière Tornado). Elle non plus n’est pas de la première jeunesse, sa climatisation n’est plus aussi fraîche qu’auparavant mais n’importe, elle me permet d’atteindre la plage familiale Sun Beach à dix minutes de la maison pour nous rafraîchir, et permettre à votre surviteur de trouver de ressources supplémentaires dans la contemplation de quelques bijins bikinisées passant à proximité :

bikini bijin plage 2 bikini bijin plage
« Osashiburi Olrik san ! Ureshii ! »

Redoutables plages que les plages japonaises qui possèdent un nombre incalculable de Calypso et autre Circée. Plût au ciel que ma Pénélope revienne le plus vite possible !

Un poor lonesome voyageur n’est rien sans une monture. Mais il n’est rien non plus sans une arme. Moi, tous les deux ans, je m’en procure une nouvelle afin de renouveler le plaisir du séjour. Pour cette année, j’ai opté pour celle-ci :

gx80

Laissez-moi vous présenter le Lumix GX80. Comme il est difficile de faire comprendre à une faible femme l’utilité qu’il peut y avoir à se procurer un troisième appareil photo, je l’ai acheté en loucedé sans en parler à Madame. Il faut parfois savoir renoncer à certaines choses et expliquer à son épouse l’utilité de bénéficier d’une remarquable stabilisation en 5 axes en fait partie. En tout cas si l’appareil à une moins bonne qualité d’image que mon Fujifilm X-M1, il compense par cette stabilisation mais aussi un auto-focus bien plus nerveux et des capacités vidéo infiniment supérieures. Et comme cette année j’ai plus envie de faire des vidéos, ça tombe bien. Petit échantillon des capacités effectué lors d’une récente performance de taiko, en attendant que je fasse plus tard un montage :

Enfin, après une journée passée à vadrouiller avec des gamins demandeurs d’activités ou à rôder en solitaire l’appareil photo à portée de main, il convient de revenir à la base et de se ressourcer. On évitera les nouilles Nishikori en fin de journée -qui pourraient à la longue vous donner la chiasse – pour privilégier la bonne cuisine d’un cordon bleu local. Moi, j’ai de la chance, belle-maman me procure une nourriture équilibrée qui, associée  aux doux breuvages de beau-papa, permettent de me refaire la frite tout en relaxant ma vigoureuse musculature qui saura rapidement trouver le sommeil quand il le faudra.
Arrive le moment du coucher. Dans un western, plusieurs bottes de paille disposées à même le sol auraient fait l’affaire, là, c’est quelques futons dans une petite pièce à l’étage qui suffisent amplement à notre bonheur :

chambre miyazaki
Nota : le climatiseur en haut à gauche. Très important, ça, le climatiseur. Je précise au passage que le nounours n’est pas le mien.

Ne manque qu’une seule chose pour que le tableau soit parfait : que le héros, comme Ulysse à la toute fin de l’Odyssée, retrouve sa compagne auprès de lui dans son sommeil. Là, pour le moment, je n’ai à côté de moi qu’un Olrik the 3rd ronflant et ré ussissant chaque nuit le tour de force d’occuper la place pour quatre, ce qui n’a pas le même charme. Mais enfin, ce n’est plus qu’une question de jours et je sais qu’avec ma bijin à mes côté, mes aventures japonaises sauront prendre une toute autre dimension :

diamant vert Ma chérie, allons à Aeon pour acheter des nouilles Nishikori !

D’ici là, je dois rester patient et accepter les coups du sort qui me tombent dessus quotidiennement et ce dès le saut du lit. Je viens en effet d’apprendre par ma belle-même que ce soir beau-papa voulait faire dans le jardin un yakiniku et me faire goûter de nouvelles bières. Oui, chienne de vie que la mienne.