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Un sirop de pêche pour la chasse au chat

19 juillet :

Toute la détermination sur cette photo d’un clampin de cinq ans tentant désespérément d’atteindre le bouton permettant de s’enfiler une canette de sirop de pêche alors qu’il fait 35°C à l’ombre. La bijin sur la pub peut bien essayer d’aguicher le passant : le père Olrik the 3rd n’en a rien à cirer ! Seul comptait à cet instant un machin sucré et glacé dans l’estomac pour tenir le coup.

 

20 juillet :

Chez beaucoup de bijins, le balancement franc du bras qui ne tient pas une ombrelle ou un keitai est quasi une norme. De quoi donner une certaine détermination à la démarche, propre à décourager les hôtes recruteurs de jolies filles dans le centre ville.

 

21 juillet :
Promenade avant l’apéro dans le quartier de la belle-famille. Coincé entre deux maisons :


… j’aperçois un chat tigré qui me regarde. Je m’approche et je sens l’animal qui hésite : doit-il rester ou partir devant le potentiel danger que je représente ? Il opte pour une troisième solution : des pattes à l’avant permettant de lui donner une posture aux aguets, prompte à réagir, tandis que l’arrière-train permet de conserver un laisser-aller bienfaisant, à une heure de la journée où une certaine fraîcheur commençait à arriver. Finalement pas bien farouche le matou, il se laissa mitrailler une bonne minute sans vraiment s’inquiéter. Tout juste s’il ne se gratta pas une balloche durant l’opération.

Bijin à keitai, petit vieux à casquette et chat à voiture

Comme il y a deux ans, pas de Japon durant l’été pour votre serviteur. Pas de nouvelles photos à prendre en arpentant le bitume de Miyazaki donc. Mais comme il y a deux ans aussi, c’est le moment pour moi de mettre le nez dans les milliers de photos prises lors de l’été dernier, de les trier et d’en sélectionner une par jour histoire de revivre par procuration quelques épisodes de mon sixième voyage. Mon Canon 600D m’a encore rendu de bons et loyaux serices (même si j’ai commencé par être lassé de son objectif 18-135mm encombrant et peu discret) mais c’était surtout sur mon nouveau Fujifilm X-M1 sur lequel j’ai jeté mon dévolu. Plus confortable à transporter et plutôt chouette dans les ISO élevés. Moins réactif en revanche dans la photo de rue que mon Canon, il a fallu s’essayer à de savants réglages pour obtenir un résultat correct.

Bref tous les trois jours sera posté un article couvrant trois journées passées dans la douceur (relative) de Kyushu l’été.

12 juillet

fille-keitai-panneauRetrouvailles avec le centre de Miyazaki pour une 1ère séance de street shooting. Je me suis vite rendu compte combien les filles perdues dans leur keitai et la signalétique urbaine m’avaient manqué.

 

13 juillet

1er matsuri. Rien de bien exceptionnel mais qu’importe : Olrik jr et Olrik the 3rd ont été ravis d’y bouffer leur premier kakigori et de pêcher leurs premiers poissons rouges (pauvres bêtes) dans un des stands de jeu. Sinon quelques numéros de danse, une démonstration d’arts martiaux, de la bière et quelques individus à photographier, dont ce vieux à casquette.

vieux-matsuri-fille

 

14 juillet

Arrivent les inévitables promenades dans le quartier des beaux-parents, réseau de petites rues truffées de détails incongrus et peuplées de matous qui font ce que tous les matous du monde font : glander. Je n’ai pas revu Harlock mais d’autres de ses congénères n’ont pas tardé à croisé le chemin d’un grand gaijin tout ruisselant de sueur.

chat-voiture

 

Le combat du préfet de Miyazaki contre les ordures ménagères et les chats clandestins

chats

18, 19 et 20 août.

Et fin de cette petite chronique estivale qui, en suivant jour après jour mon périple de l’été dernier au Japon, m’a permis de remettre le nez dans mes photos et de virer un nombre considérable de gigas de données de mon disque dur. On y voit plus clair et, en attendant de casser la gueule aux fichiers vidéos (pas eu le courage de m’y mettre) pour pouvoir faire des montages sympas, j’ai de quoi tenir une bonne année avant de retourner là-bas pour alimenter mon stock de photos fraîches.

Après cette dernière livraison, petite pause pour ce qui est des articles de photos persos (qui vient de pousser un ouf ! de soulagement ?!).

On commence avec le 18 août, toujours à Miyazaki by night :

filles-nuit-centre-Miyazaki

Le personnage à lunettes que l’on aperçoit sur l’enseigne à l’arrière-plan n’est autre que l’ancien gouverneur de la préfecture de Miyazaki, Hideo Higashikokubaru. Un mec bien sérieux, assurément :

Mais aussi un mec parfaitement capable de se foutre un requin dans le calebute et un iguane sur la gueule lors d’une émission TV :

Z’avez quand même de la chance de m’avoir ; sans moi vous ne verriez pas toutes ces belles choses.

En fait, il faut savoir qu’Higashi est aussi connu pour avoir été l’un des disciples de Beat Takeshi (sous le nom de Sonomanma Higashi). Du coup tout s’explique, comme ces pubs :

… ou cette participation à une émission de Kitano sur les sports et où on le voit claquer du but au handball :

… ou encore ce duel au sommet face à Razor « Hard Gay » Ramon :

Quand même plus fun que la grosse Boutin hein ?

Pour le 19 août, coup de pied dans le vide d’une jeune fille, sans doute pour vérifier la couleur du vernis sur ses orteils :

fille coup de pied

… et photo d’une série au format carré sur des objets rencontrés dans mes déambulations urbaines :

sacs poubelles

Enfin, dernière journée avant le retour en France. J’en profitai pour dire au revoir aux félins déplumés qui jonchaient mes balades dans les rues du centre. Parmi eux, je fis la rencontre de deux nouveaux jeunes modèles :

chats centre ville

Auront-ils survécu à deux nouvelles années pour me revoir ? Si j’en juge par la forte présence de ces mémères et autres obachans qui s’occupaient dans les rues des félins orphelins, je veux bien le croire.

Au royaume des morts, les chats borgnes sont rois

chat borgne

11, 12 et 13 août.

11 août, en début d’après-midi les enfants du quartier, encadrés par quelques adultes, défilent dans les rues en portant un petit mikoshi. La chaleur est douce, avec une petite brise, mais certains voisins envoient gentiment de l’eau sur les bambins pour les rafraîchir. Le soir, un peu plus loin dans le même quartier, a lieu l’ O-bon, le matsuri à la mémoire des morts. Installé sur un petit square, il voit se réunir les gens du quartier venu discuter, manger, boire et regarder diverses danses traditionnelles. Ambiance apaisante. Olrik Jr en profite pour retrouver un copain d’école et jouer avec lui tandis que Bachan achète des trucs pour les faire bouffer à Olrik the 3rd qui n’en demandait pas tant.

bon odori

Le lendemain, O-bon toujours (l’Hachigetsu Bon dure 3 jours au mois d’août). Direction le cimetière pour honorer la mémoire des aïeuls de la belle-famille. On peut fleurir la tombe bien sûr mais, pour un homme, y poser une cigarette qui se consume et une canette de bière est loin d’être impensable au Japon :

autel mort

Bonne coutume ma foi, mais incomplète en ce qui me concerne, il faut que que je songe à inscrire dans mes dernières volontés qu’une bonne rasade de Mandom soit en plus aspergée sur ma tombe lorsque je passerai l’arme à gauche.

Enfin, le lendemain, à nouveau promenade dans les rues du centre ville où je tombai sur un des compadres d’Harlock, le chat tout moisi que j’avais rencontré quelques jours auparavant. Plus vivace et donc moins enclin à se laisser approcher, il grimpa aussitôt sur le montant d’un distributeur de canettes pour gagner un toit. Je pus malgré tout l’accrocher en zoomant un peu :

chat borgne2

-70% sur les grillons et les chats en pot de fleurs

grillon-chat

30, 31 juillet, 1er août (toujours 2012)

Après l’Erekocha matsuri, une journée bien calme niveau photo, sans doute pour cause de passage de typhon à proximité. Du coup il faut passer entre les nuées et se contenter de peu. Lors d’une énième banale dans le quartier de mes beaux-parents, flanqué d’Olrik Jr que j’essayais d’initier gentiment à la photographie, nous sommes tombés sur ce petit gamin qui voulait nous montrer quelque chose, un grillon vivant qu’il faisait chanter de toutes ses ailes vocales :

enfant grillon

Devant l’exploit, Olrik jr fut évidemment quelque peu envieux et délaissa pour la fin de la balade les plaisirs de la photo pour chasser le grillon et essayer de faire de même.

Le lendemain, retour en force du soleil :

slump1

Direction l’après-midi le centre ville en solo pour 2-3 heures de street shooting. Moisson un peu chaotique comme toujours, mais parmi ce fatras d’images, celle avec ce chat au frais sur un pot de fleur retient mon attention. Avec le brave Harlock évoqué précédemment, ce matou complète cette galerie de félins haut en couleurs que j’ai pu rencontrée lors de mes promenades dans le centre.

chat pot de fleurs

1er août : re-pluie. Et pas qu’un peu. Du coup inutile d’attendre que les averses passent, direction l’Aeon du coin en famille pour glandouiller, dépenser, siroter des trucs et des machins. Pas trop de problèmes pour moi, je suis une cible facile pour ce genre d’endroit offrant pas mal de tentations susceptibles de m’intéresser. Mais je gage que c’était moins le cas de cet homme vraisemblablement en train d’attendre madame devant un magasin de vêtements :

homme magasin vêtements

Stoïque et discipliné comme il convient de l’être dans ce genre d’épreuve parfois délicate à négocier.

Chanami

Alors voilà je sais, c’est l’époque de la floraison des cerisiers et, avec elle, de celle des articles d’expats traitant du sujet. Notez bien que je pourrais moi aussi me la raconter en balançant une photo de mon azalée japonais ou des bourgeons de mes bégonias mais voilà, les photos de fleurs, il faut avouer que ce n’est pas trop le style de la maison, et qu’en terme de bourgeons, j’ai toujours préférés ceux d’une opulente bijin à ceux du prunus serrulata. Du coup, même si j’avais l’heureuse possibilité (ouais « heureuse », car moi qui n’ai jamais pratiqué le hanami je veux bien admettre que ça doit être quelque chose) de me trouver au Japon au printemps, je ne pense pas que j’irais grossir les rangs de tous ces Japonais qui, au même moment de l’année, se mettent à déverser à pleins tombereaux sur leur disque dur des centaines de clichés (à tous les sens du terme) de zolies fleurs roses mitraillées frénétiquement et sous toutes les coutures. Tout cela explique que vous trouverez aujourd’hui sur ce blog non pas de bêêlles fleurs d’un délicat rose pâle mais plutôt la trogne d’un chat tout pourri. Pas d’hanami en vue mais plutôt un « chanami », c’est-à-dire la contemplation des chats japonais qui se dorent la pilule dans des rues crasseuses. Et pas vraiment en fleurs les félins, plutôt passablement déglingués.

Dans cette perspective oubliez donc les reportages concons des mémères qui cosplayisent leur minou et qui leur payent des séances chez le dentiste.

 

« Bon, ouais, je sais, vos gueules hein ! Si vous croyez que ça m’amuse. »

Oubliez aussi les oies blanches d’Akihabara ou d’Harajuku, minaudant avec de fausses pattes de chats et prenant la pose et lâchant des « nyan nyan » nasillards devant un parterre d’otakus en quête de moe bon marché.

 

Chantal Goya approved

Oubliez surtout l’horrible nyan cat, un de ces phénomènes décérébrant d’internet que j’abhorre. Psy, à côté, c’est Scarlatti :

Si par hasard vous avez un 22 long rifle sur vous, c’est le moment de s’entraîner, dégommez-moi donc cette merde.

Indéniablement, il y a un truc au Japon avec les chats mais oui, oubliez donc tous ces sinistres aspects. Et le jour où vous poserez pour la première fois vos pinceaux sur le sol nippon, n’hésitez pas à vous engouffrer dans ces réseaux de petites rues pas vraiment sexy au premier abord (d’ailleurs, une rue sexy, est-ce que ça existe vraiment au Japon ?) mais truffées de petits détails qui donnent illico de pénétrer dans un micro univers, une monade photographique détachée de tout, se suffisant à elle-même. Et c’est là qu’entrent en jeu les chats. Même quand ils ne sont pas là, les rues ne cessent de ponctuer leur présence par un bric à brac d’objets donnant parfois une touche un brin surréaliste. Ici un parapluie suspendu au-dessus d’une gamelle, là un yoshinoya en plein air. On regarde d’abord surpris, puis amusé, et enfin respectueux envers ces dérisoires bribes de « chez soi » qui ne nous appartiennent pas. Et puis leurs destinataires se mettent à apparaître. Je ne vais pas dire que c’est à chaque fois la stupeur. Mais dans le cadre d’une déambulation  sans autre but que de prendre des photos, leur rencontre n’est jamais sans charme, et c’est quelqu’un qui habituellement n’en a pas grand chose à foutre des bêtes à poils qui écrit cela. Déjà, à la base, il faut reconnaître que les matous sont des bestioles qui ont une certaine classe naturelle, bien plus que leurs homologues canidés.

 

Hein ? On n’a pas la classe, nous ?! Attends ! si on peut même plus se torcher tranquille !

Tomber sur ces démarches de divas dans un environnement de bitume, de câbles et de rouille fait donc déjà sourire et attire le regard, bien plus que les chats dans nos contrées. Et l’on comprend alors pourquoi nombre de photographes amateurs succombent à l’envie de commettre un photobbok consacré aux chats. Allez dans le rayon photo d’une librairie, il y a peu de chances que vous échappiez à l’un de ces specimens parfois amusant, souvent dans le style très kawai et très chiant.

On comprend aussi pourquoi il existe ce genre de livre :

 

(merci au passage à Olivier2046 de m’avoir signalé l’existence de ce livre lors d’un précédent article).

Non, vous avez bien vu, il s’agit d’une carte des plus beaux matous à voir. Débile en apparence et pourtant, lorsque vous avez pris l’habitude de traîner vos basques dans un quartier en dehors des principales artères urbains, difficile de ne pas se sentir aimanté vers un coin où un vieux briscard vous a tapé dans l’œil. C’est ce qui m’est arrivé avec ce chat :

 

Laissez-moi vous présenter Harlock, vieux pirate non pas de l’espace mais des rues du centre-ville de Miyazaki. J’ai parlé du côté diva des chats, mais il faut ici préciser que ces rues donnent souvent l’impression d’être un hospice pour vieux de la vieille. Des chats bien clean comme il faut, on en trouve, mais bien plus intéressants sont ces hordes de vieux salopards qui semblent avoir consacré leur vie à marquer leur territoire avec en contrepartie un nombre non négligeable d’avaries. Dans le cas d’Harlock, une oreille arrachée et un œil gauche tout ce qu’il y a de plus mort. Et m’est avis que la liste n’est pas finie. Brave Harlock ! Je le rencontrais fréquemment et à chaque fois je m’approchais pour essayer de lui tirer le portrait (non sans crainte). Sale, la crotte au nez, complètement dépouillé et manifestement vieux, pas sûr qu’à l’heure où je tape ces lignes que le vieux forban soit encore de ce monde. Dans sa vieillesse scrofuleuse, je me souviens qu’une vénérable obasan qui travaillait dans un bar s’occupait de lui. Pas de vêtements ridicules ni de séances chez le dentiste. Juste une petite gamelle de lait et parfois une porte ouverte pour que la bête se protège des intempéries. Harlock, si tu n’es pas encore mort et que tu tombes sur cet article, prends bien soin de toi vieux grognard ! Si jamais l’on se revoit l’année prochaine, je t’offrirai une pinte de lait au cognac et des photos de chattes sexy pour ta libido sans doute défaillante. J’ai toujours préféré la vieille garde à la jeune.

Exemple de Yoshinoya pour chats

Deux choses que l’on ne risque pas de rater lors de déambulations japonaises : les restaurants – légion – et les chats – légion aussi, bien portants, le poil luisant, limite la loche à l’air, bref bien à l’aise, tranquilles dans leur univers urbain où ils n’ont pas forcément à jouer la carte de la débrouille, puisque de bonnes âmes sont souvent là pour résoudre les problèmes de ventre vide (par contre, pour les SDF, c’est souvent demerden sie sich). Avec parfois des mises en scène qui ne lassent pas d’interloquer le passant, entre gouttière et bouches d’aération.  Lire la suite Exemple de Yoshinoya pour chats