Archives du mot-clé Daido Moriyama

Daido Moriyama (Kazuo Nishii – collection « 55  » )

En complément à Near Equal Daido Moriyama, un court article aujourd’hui pour évoquer un petit livre très bien foutu et surtout pas cher. Ouais, pas cher, car vous en conviendrez, pas toujours facile de dépenser une petite somme rondelette dans l’achat d’un photobook. A moins d’être Crésus, dégainer une cinquantaine d’euros pour se procurer un livre d’une centaine de pages avec quelques dizaines de photos a de quoi vous y faire regarder à deux fois. Chose que, grâce à ce petit livre, vous ne devriez pas faire puisqu’il ne vous en coûtera que la modique somme de… de… Pierrot ? Lire la suite Daido Moriyama (Kazuo Nishii – collection « 55  » )

Near equal Daido Moriyama (aka Stray Dog of Tokyo – Kenjirô Fujii – 2001)

Curieusement, je n’avais jamais eu la moindre idée de ce à quoi pouvait bien ressembler Daido Moriyama. Pas de problème pour Araki avec ses petites lunettes et son teint rouge de vieux pervers sous saké, pas de soucis non plus pour Kishin Shinoyama et ses frisouilles, mais Moriyama, LE Daido Moriyama, nada, pas la moindre idée. Non qu’il soit crucial de connaître la trombine d’un auteur pour apprécier son oeuvre mais enfin, pour un cador de son espèce, il y a derrière cette absence quelque chose d’insolite. Cela sent son misanthrope, son sauvageon, son « homme dans la foule » d’une lieue. La découverte (tardive) de l’excellent documentaire Near equal Daido Moriyama allait en tout cas réparer cette absence de visage mental et me donner l’occasion de voir un maître du street shooting à l’oeuvre. Lire la suite Near equal Daido Moriyama (aka Stray Dog of Tokyo – Kenjirô Fujii – 2001)

Rudyard Kipling sur France Cul

Au cas où vous ne le sauriez pas, 2011 est l’année Kipling et France Culture lui a récemment rendu hommage. « Et alors ? me direz-vous, qu’est-ce qu’on en a à carrer ? ». On en a à carrer ceci : Kipling n’est pas que l’immortel romancier qui écrivit le Livre de la Jungle et qui fut un des précurseurs de la S-F, celui qui fit dire un jour à Henry James :

« Kipling me touche personnellement comme l’homme de génie le plus complet que j’aie jamais vu ».

Bien avant cela, il fut un jeune homme qui entreprit de faire un voyage à la Lucien de Rubempré pour aller vivre dans une des glorieuses capitales littéraires d’Europe, Londres. En bisbille avce le journal dans lequel il travaillait (The Pioneer), il décida en 1889 d’utiliser sa prime de licenciement pour mettre son projet à exécution. Ah ! J’ai omis de préciser que Kipling n’habitait pas alors à Sainte-Geneviève-des-Landes mais au Rajasthan. Et plutôt que d’aller vers l’ouest, il préféra faire un détour pour les States où il serrera d’ailleurs la louche à Mark Twain. Direction : Frisco. Mais avant cela, comme l’homme était manifestement désireux de faire le voyage de sa vie avant de se fondre dans sa carrière d’écrivain, il en profita pour faire un crochet par… le Japon, évidemment.

Le choc est total et absolument enchanteur. Kipling est d’emblée émerveillé par l’âme de ce pays et se prend l’envie de croquer sur le vif des instants de ses pérégrinations au Japon. Il en est ressorti un livre, les Lettres du Japon :

Je ne l’ai pas lu, mais l’adaptation que vient d’en faire France Culture à travers une fiction radiophonique m’en a clairement donné envie. Comme toujours, on y retrouve les qualités de la maison : excellence des lecteurs, mise en scène sobre mais efficace, qui sait créer avec deux-trois effets une ambiance. Entre deux passages de narration, vous fermez les yeux et vous entendez alors des chansons traditionnelles qui vous donnent l’impression d’être plongé dans le Japon de l’ère Meiji en compagnie d’un merveilleux guide, un touriste incisif et amusé nommé Kipling. De quoi passer un dimanche après-midi dépaysant.

La fiction (en 5 parties), se trouve ICI.

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Pendant que j’y suis, et avant d’aller prendre l’apéro, je vous signale actuellement dans les kiosques la présence de ce magazine :

Avec ce bon vieux Paulo en couverture.

Je dis « magazine » car il faut bien l’avouer, Polka n’est pas ZOOM et ne mérite pas comme elle le titre de « revue », plus classieux dans mon esprit. Mais enfin, on y trouve toujours des choses intéressantes à picorer, notamment dans ce numéro d’été où l’on a 24 pages sur le Japon. Le premier article livre quelques photos de Kosuke Okahara de l’enfer de Fukushima ainsi qu’un texte intéressant de Claude-Marie Vadrot, journaliste-reporter aguerri aux dangers du terrain mais qui raconte comment le courage n’a plus lieu d’être dès qu’il s’agit de faire face à l’atome.

L’autre article est ZE article de ce numéro : un portfolio de 14 pages consacré au grand Daido Moriyama! On y trouve notamment une photo en double page une photo volée de Japonaises dans un bain public assez excquise. En bonus, un texte limpide de Jean-Kenta Gauthier retraçant la carrière et la spécificité de l’oeuvre de Moriyama. Bref, tout cela vaut bien 5 euros.