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l’Eiga Mura

L’Eiga Mura (le village du cinéma) est un de ces attrapes-touristes qu’a priori l’on se fait fort d’éviter mais qui malgré tout vous attire. Sans doute par curiosité mais aussi parce que l’on sait combien les Japonais ont le truc pour rendre sexy et sympa un piège à gogos avant tout destiné à la faune familiale. Bon, tout n’est pas non plus pure réussite, comme me l’a montré récemment un « kodomo no kuni » (le pays des enfants) de sinistre mémoire et qui qui a propulsé l’expression « foutage de gueule » dans une toute autre dimension. Mais enfin, d’abord dubitatif devant la description peu engageante que faisait le Lonely Planet de cet Eiga Mura, je finis par céder aux sirènes du cinéma japonais d’antan. Au programme : reconstitution de décors de films de samurais, geishas d’opérette et du bon vieux sentai des familles (cherchez l’intrus).

J’étais alors à Takatsuki, chez la famille de la cousine de ma femme. Entourés de quatre lardons et n’ayant rien de prévu pour la journée, nous avions donc décidé de faire ce fameux Eiga Mura. Après une heure de route, on arrive à l’endroit. Et d’emblée, la collection de cars sur le parkings me fait comprendre que ce ne sera effectivement peut-être pas aussi cool. En fait, typiquement le truc qui dépend de l’humeur du moment. Si l’on est bien disposé, une bonne dose d’artificialité made in Japan peut toujours faire passer un bon moment. Les quelques virées à Odaiba que j’ai pu faire ont toujours été plaisantes. Mais là, force est de reconnaître que ça a été un demi plaisir que de vaquer d’une attraction à l’autre. La faute d’abord à la chaleur. Jamais simple l’été au Japon comme chacun sait, mais rendue plus pénible par la réverbération du soleil sur ce sol sableux et poussiéreux, utilisé dans un souci d’authenticité. Par moments, j’avais plus l’impression de me promener dans le décor d’un film de Sergio Leone que d’un chambara, je m’attendais à voir surgir à tout instant un Tuco poussiéreux, liquéfie et exténué par une longue marche dans le désert. Surtout, les prémisses d’un petit incident technique que connut votre serviteur furent sans aucun doute le facteur qui contribua à me pourrir insidieusement cette journée. Mais même sans cela, je ne suis pas sûr que j’aurais été renversé par l’Eiga Mura. Ou alors au printemps, avec cinq fois moins de visiteurs et des enfants contrôlant leur soudaine hyperactivité devant les attractions et les monstres bariolés. Mais là, comme dirait le capitaine Haddock, autant jouer du cornet à piston devant la tour Eiffel en s’imaginant qu’elle va danser la samba !

Point de photos pour aujourd’hui, mais une vidéo perso, ça faisait longtemps :