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Bijin de la semaine (52) : Eri Ishida

Si vous avez vu Distant Thunder, la scène du love hotel (souvenez-vous) vous a peut-être donné envie d’explorer un peu plus la riche carrière d’Eri Ishida. Ça tombe bien puisque la pimpante (Ô combien !) quinquagénaire  constitue aujourd’hui le 52ème numéro de notre glorieuse série des « bijins de la semaine ».

Pour ce faire, j’ai dû faire cependant un tri draconien. Jetez un œil à son site, vous comprendrez qu’il était matériellement impossible de rendre compte de tout en un seul article . L’essentiel, la substantifique moelle de notre bijin du jour, voilà qui sera amplement suffisant (avec en plus une partie interdite aux moins de 18 ans car je me refus toute barrière liée à la bienséance. Eh oui, je suis comme ça, moi). Sur ces sages paroles, commençons :

Ses débuts se font en 1978 avec un film que je n’ai pas vu, Tsubasa wa kokoro ni tsukete. Elle a alors 17 berges et son beau visage tout rond laisse espérer que ce premier rôle sera suivi de plein d’autres :

A côté du cinéma, elle connut bien sûr les joies du drama. Là, impossible de passer à côté de l’un des tout premiers rôles, celui qui lui a permis d’incarner Emi Jouno dans Ultraman 80 :

Unique belette de l’UGM (Utility Government Members), elle apparaît pour le plus grand plaisir du téléspectateur tout le long de 43 épisodes. Totalement craquante dans son costume orange, on imagine qu’elle devait constituer la principale motivation qui devait inciter les pères de famille à regarder Ultraman avec fiston :

On a connu plus dégueulasse comme coéquipière à un héros.

Après, il faut bien le reconnaître, ce costume ne rendait pas non plus justice aux formes voluptueuses de notre bijin. Pour cela, il faut attendre l’ultime épisode dans lequel elle apparaît pour assister à une séance de corde à sauter :

1… 2… 3… 4… 5… 6… Vas-y Eri, t’occupes pas de moi, continue, fais comme si j’étais pas là.

S’entraînant avec une autre bijin dans une salle de gymnastique, Eri se donne bien, fait mouiller ses aisselles et va même jusqu’à faire des galipettes au sol avec son professeur de gym. Euh… de vraies galipettes, des roulades avant si vous préférez.

– Ha ! Ha ! Mais qu’il est con cet Olrik !

– Oui, mais tellement drôle !

– C’est vrai !

Emi meurt tragiquement à la fin de cet épisode. En visionnant la scène, on se dit qu’il est très probable que Marion Cotillard ait vu l’épisode 43 d’Ultraman 80 et qu’elle y ait puisé là son inspiration pour son rôle dans The Dark Knight Rises :

Aïe ! Je me meurs ! Sayonara ! « Couic ».

Après cet épisode, Eri Ishida est prête à effectuer sa mue en laissant derrière elle ce type de rôle enfantin ne lui permettant pas de donner la pleine mesure de ses moyens phys… de ses moyens dramatiques. Elle fait une ultime apparition dans la série « dans la peau » d’un robot, Android Emi :

Dans une tenue de space disco (très Pink Lady) et une voix métallisée garantie 100 % WTF. Oui, il est définitivement temps de se barrer de ce genre d’univers.

En 1980, nous l’avons vu la semaine dernière, elle joue le rôle de dans Distant Thunder. Outre une présence physique qui se fixe sur les rétines du spectateur à   36’21 exactement et qui le hantera jusqu’à sa mort, elle y montre qu’elle est parfaitement capable de composer un personnage. Le couple qu’elle forme avec Toshiyuki Nakashima est, nous l’avons déjà dit, absolument touchant et convaincant.

Je passe malheureusement sur un film que je n’ai pas vus : Ah! Nomugi toge – Shinryokuhen (1982). Passons aussi sur Daiamondo Wa Kizutsukanai (1982), dans lequel elle expérimente une nouvelle coupe de cheveux. On s’attardera en revanche sur  Double Bed (1983) puisque oui, Eri Ishida a un jour joué dans un roman porno ! On l’y voit entre autres joyeusetés érotiques frotter le dos de sa colocataire dans un sento…

1… 2… 3… 4… 5… 6… Non non Eri, comme tout à l’heure continue, fais comme si j’étais pas là.

… mais aussi accueillir un jet liquide dans sa bouche accueillante ou encore tromper son ennui quand elle se trouve en panne d’amant. Roman porno inhabituel car d’une longueur d’une heure quarante (et relativement léger dans ses scènes friponnes). Petite curiosité : on y découvre un Ittoku Kishibe alors jeune, seulement âgé de 37 ans.

L’année suivante, elle jouera dans Chinpira pour y interpréter la bonne amie d’une petite frappe. Rôle finalement assez sage, on aurait pu imaginer une rôle de type « repos du guerrier » permettant à son petit ami de yakuza de la faire monter aux rideaux tous les quarts d’heure mais non, mise à part une scène de bain (et encore, on ne voit rien !), Eri reste habillée et dans l’ombre des deux personnages principaux puisqu’elle apparaît dans peu de scène.

Petit rôle sinon dans un film de Yoji Yamada, Downtown Heroes (1988). De 1987 à 1993, elle jouera sinon le même personnage dans six épisodes dans la franchise des Tsuri Baka Nishi, série fleuve dans l’esprit des Tora san et dans laquelle joue Toshiyuki Nishida dans le rôle principal de ce salary man fan de pêche. Ishida y joue le rôle de son épouse Michiko. Je n’ai pas encore eu le temps de visionner un peu cette série. Mais d’après le peu de scènes que j’ai pu voir dans le premier film, Ishida et Nishida semblent assez bien restituer une complicité espiègle au sein de leur couple. A voir, notamment concernant le deuxième opus puisqu’elle a été récompensée pour son rôle grâce à ce film.

En 1988, elle croise de nouveau la route d’un grand nom : après Yamada, c’est carrément Kiju Yoshida, un des maîtres de la nouvelle vague japonaise, qui l’embauche pour jouer le personnage de Tae dans son adaptation des Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Ah ! Wuthering Heights ! Que de souvenirs ! Alors que j’étais encore puceau, je me souviens combien sa lecture enfiévrée m’avait fait rêver sur cette histoire cruelle et passionnée. De la passion et de la cruauté, Ishida en connaîtra avec le personnage de Tae qui va devoir subir toute la brutalité d’Onimaru / Heatcliff :

Aucune tendresse, ce Heatcliff, un vrai butor.

Accélérons maintenant car les années 1990 seront moins prolifiques. Passons volontiers sur Aya, film australien dans lequel elle joue l’épouse justement d’un Australien poilu et malodorant. L’activité reprend dans les années 2000 avec Female (2005), films à sketch où elle apparaît dans l’histoire concoctée par le père Shinya Tsukamoto, Jewel Beetle. Elle y joue la maîtresse d’un vieil homme qui l’offre à un jeune invité. Si le visage commence à laisser apparaître le poids des années, le corps, lui, reste toujours aussi désirable, ce qui permet à Ishida de se situer dans un curieux entre-deux, entre-deux accentué par ceci :

Pas de crainte à avoir, vous pouvez voir Jewel Beetle, je rappelle que c’est Tsukamoto derrière la caméra (du reste l’ensemble des sketchs présents dans Female sont à voir).

La même année sort Gina K. Pas vu mais je demande à voir puisque l’histoire développe la relation entre une jeune femme qui tente de percer dans la musique et une maman encombrante, vieille gloire du noble art du strip tease et encore en activité. Vous l’aurez compris, Ishida joue bien sûr le personnage de la bonne maman :

Sinon, je demande aussi à voir un jour Acacia puisque le personnage principal est joué par Antonio Inoki ! Inoki, pour ceux qui ne connaîtrait pas la bête, est une vieille gloire du catch japonais. Quand on voit son visage, on ne l’oublie pas : il m’a toujours évoqué une sorte d’Averel Dalton sous stéroïdes. Sa marque de fabrique est la « Inoki slap », gifle qu’il distribue à l’envi pour apprendre le respect mais aussi pour offrir un peu de son aura combative (le gus faisait son apparition dans un de mes vieux articles). Espérons qu’il ne balance pas une mornifle à Eri lors de cette scène :

En tout cas voir Inoki interprété un rôle sensible en compagnie d’Ishida, je veux voir cela.

Terminons avec deux participations intéressantes (encore une fois, c’est un tri, il y a plein d’autres films mais où elle semble n’avoir eu qu’un rôle secondaire) : un film de Shinji Aoyama en 2007, Sad Vacation, et surtout l’excellent My House (2012) de Yukihiko Tsutsumi. Preuve s’il y en avait encore besoin qu’Ishida s’est toujours efforcée de varier ses rôles puisqu’elle y campe le personnage d’une SDF.

Pour en terminer avec les films, il faudrait évoquer deux étranges objets filmiques non identifiés. Mais là, achtung ! Âmes sensibles s’abstenir. Si vous êtes comme moi persuadé que les bijins sont des êtres purs qui sont nés dans des roses, qui ont des pouvoirs magiques et qui n’ont jamais besoin d’aller à la selle, ne cliquez pas sur ce qui suit. Gardez en vous une image d’Eri Ishida auréolée de sa grâce divine, ça vaudra mieux. Après, si vous êtes un fichu pervers complétiste, vous pouvez cliquer mais ne dites pas que je ne vous ai pas prévenu. Moi, c’est différent, j’ai dû analyser certains objets pour la sacro sainte déontologie journalistique. Bref, si le cœur vous en dit, welcome to the Hentai Zone :

[spoiler]

D’abord, une obscure vidéo porno intitulée その女変態につき 石田えり. Ayant appris l’existence de cette sombre pelloche, n’écoutant que mon désir de vérifier des infos avant de les confier à mes lecteurs, je me suis illico empressé de me procurer cette bande dans une obscure échoppe de Kabukicho. Le nom d’Eri Ishida et les captures cloaqueuses de la jaquette du DVD annonçaient la couleur : notre bijin avait bien cedé un jour aux sombres sirènes des JAV ! Tout de même un peu dubitatif, j’ai inséré la galette dans mon lecteur DVD pour me pogn… pour vérifier cela. J’avoue que cela a été dur (non, pas où vous croyez), plus d’une fois j’ai cru abandonner le visionnage tant le spectacle était par trop vil ! A deux doigts (et seulement deux) j’ai été d’abandonner ma foi envers les bijins. Comment Eri avait-elle pu accepter de se faire filmer dans toutes ces positions lubriques et surtout d’accepter de recueillir dans sa bouche la répugnante semence de son hideux partenaire ?! L’avait-on droguée ? Avait-elle alors beaucoup trop de factures à payer ? Je n’avais pas de réponse. Et puis, en faisant quelques arrêts sur image, le doute m’a saisi : était-ce bien Eri Ishida que je vais là ?  Certes, il y avait un air de ressemblance mais n’était-ce pas plutôt une obscure tâcheronne des JAV qui lui ressemblait et que l’on avait essayé de faire passer pour notre bijin afin de faire vendre le plus de VHS crapoteuses possible ? J’ai un peu hésité et finalement j’en suis arrivé à cette conclusion, aidé à mon œil de quasi terminator qui me permet d’analyser les moindres détails d’une plastique de bijin : cette vidéo est une arnaque (enfin, je voulais dire un soulagement), la fille n’est pas Eri Ishida !

En revanche on n’en dira pas autant de la deuxième vidéo carrément présentée comme une sex tape ! Dès les premières images, le doute n’est pas permis : c’est bien Eri ! Le nez, le sourire, les seins (bons seins ne sauraient mentir) et plus loin la découverte d’un gros grain de beauté entre la bassin et le pubis, impossible de douter !

On la voit d’abord danser langoureusement devant la caméra avant de faire ce qu’elle doit faire avec son partenaire. C’est très loin de la sensualité de la scène dans la serre à tomates de Distant Thunder. C’est beaucoup plus « raw life ». Le partenaire l’attache gentiment et lui cache les yeux avec un masque pour donner un effet SM bon marché de prisunic. A part cela, le monsieur lime comme un lapin Durracel et se fait éventuellement un peu prendre en bouche tout en sirotant un verre de shochu. Pas très glamour d’ailleurs le type, une sorte d’ostrogoth moustachu squelettique. Vérification faite, il est très probable qu’il s’agisse de Yoshino Fujimaru, chanteur de J-rock et conjoint dans la vie d’Ishida :

La vidéo date donc de l’époque de leurs jeunes et folles années et l’un des deux a déconné en ne planquant pas suffisamment bien cette vidéo que l’on trouve maintenant un peu partout sur le net. Je donne le lien pour info, je me doute bien que vous n’allez pas quitter cet article pour aller recta le mater, vous êtes des gens bien au-dessus de ce genre de chose.

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Su ce, reprenons l’article avec… les photobooks bien sûr puisque notre bijin s’est illustrée dans quatre ouvrages de ce genre.

Son premier,  勝手に TOO LATE, date de 1984 et a été photographiée par la chanteuse/photographe Nanako Sato :

Pas le plus connu, j’essaierai de dégoter cela lors d’un prochain voyage.

En 1993, Boum ! Ishida colabore avec Helmut Newton pour sortir (Immorale). Au programme : salon distingué, bonshommes masqués en costard et japonaise plus ou moins dénudée et arborant éventuellement une cravache. Chicos et photographiquement réussi :

En 1997 apparaît son plus connu : 1997 + NOW. Le photobook, fruit du travail de Kishin Shinoyama (excusez du peu), est sans doute LE photobook de la belle à posséder. On y voit une Ishida dans ses plus belles années. Shinoyama la photographiquement dans une atmosphère champêtre ou balnéaire, mettant parfaitement en valeur ses formes et ce beau visage auréolé d’une magnifique crinière. Quand on y pense, bel enfoiré que ce Yoshino Fujimaru.

Dans les années 2000 et 2010, on a pu voir d’autres photos dénudées d’Ishida, photos qui montraient qu’elle ne craignait pas de s’exposer malgré le poids des années. Mais il faudra attendre 2017 pour avoir son ultime (enfin, peut-être pas) photobook : 56, de Peter LindberghPourquoi ce chiffre ? Tout simplement parce qu’en 2017 Ishida fêtait ses 56 ans. L’affaire devient encore plus surprenante quand on sait qu’il s’agit d’un photobook de nu. Déballer une plastique de bijin décatie, était-ce bien raisonnable ? Assez peu de photos circulent sur le net mais avec cet échantillon, vous comprendrez combien notre bijin de 56 ans, se porte bien, merci pour elle :

C’est qu’Ishida est l’une des égéries de RIZAP, le groupe vendant des programmes de fitness amincissant. On la voit dans cette pub. Qui donc est cette siène en bikini en train de surfer ? La nouvelle gravure idol du moment ? Non, c’est Eri Ishida, 56 ans, qui du coup va limite pouvoir tourner dans un film érotique de Sion Sono !

Êtres formidables que ces bijins, capables après la ménopause d’effectuer une ultime métamorphose pour presque revenir à l’état premier de leurs jeunes années. Même Ovide n’a osé imaginer cela !

Distant Thunder (Kichitaro Negishi – 1981)

Mitsuo (Toshiyuki Nagashima) est un jeune homme de 26 ans qui gagne sa vie grâce à la serre à tomates familiale qu’il gère quasiment tout seul. Son père s’est enfui avec sa bonne amie et Mitsuo vit dans la maison familiale avec sa mère et sa grand-mère sénile. Rien de bien exaltant aussi ne dit-il pas non lorsque sa mère lui propose de rencontrer une fille qui serait un bon parti : Ayako (Eri Ishida), la fille d’un type tenant une petit station service. Mais avant de la rencontrer, il batifole un temps avec la patronne d’un bar, Kaede (Rie Yokoyama). Mais découvrant qu’elle est mariée, il n’ira pas plus loin avec elle et laissera son pote Hiro lui faire une cour assidue… et dangereuse.

遠雷 (Enrai)

Film ATG sorti en 1981, Enrai récolta l’année suivante moult récompenses à divers festivals, notamment celui de meilleur acteur pour Toshiyuki Nagashima. Si bien sûr les récompenses ne font pas forcément les bons films, il faut reconnaître ici qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise tant le film sonne juste dans cette petite chronique d’un mariage qui alternera les moments doux avec des psychodrames, psychodrames qui loin de déstabiliser la mariage à venir, sera un engrais vivifiant, à l’image de ceux que Mitsuo utilise pour ses tomates.

Pour le côté documentaire de la chose, on apprend par ailleurs qu’une tomate ne doit surtout pas être cueillie lorsqu’elle est trop rouge. Non, attendez, ne partez pas, le meilleur est à venir !

La comparaison n’est pas si forcée quand on sait combien ces légumes fonctionnent comme un leitmotiv tout le long de l’histoire, la serre où Mitsuo les cultive fonctionnant un peu comme un révélateur des passions qui se jouent chez chacun des personnages. C’est par exemple un endroit où, malgré l’inconfort, on y fait fréquemment l’amour :

Une bijin, des plans de tomates : le bonheur d’un homme tient parfois à peu de chose.

Alors que Mitsuo et Ayako ont entériné le choix du mariage et qu’une réelle complicité amoureuse est en train de se faire sentir, l’endroit verra une multiplication de petits gestes amoureux qui culmineront avec cette scène durant laquelle ils feront l’amour dans l’obscurité, scène faisant écho à leur première scène intime du film, dans un love hotel juste après leur première rencontre. A cet instant, un virage décisif est pris : le charmant petit couple sait que le mariage sera la conséquence inéluctable (et ardemment voulue) de leurs ébats dans la paille.

Mais la serre est aussi témoin de moments plus durs. Tout n’y est pas édenique. Si on y trouve d’un côté de belles tomates bio et les seins d’Eri Ishida (là aussi, le parallèle n’est pas à prendre à la légère, on ne soupçonne pas assez la suggestivité érotique des tomates !) …

Seins d’ailleurs garantis 100% bio et élevés au grain. 

… Mitsuo doit aussi batailler contre des insectes qui menacent de ruiner sa récolte. Cette menace annonce celle qui peut planer au-dessus du projet de mariage et qui est le fruit aussi bien de l’indécision d’Ayako au début, que des déboires de Hiro avec sa patronne de bar (mais aussi d’autres émanant de la famille même de Mitsuo, comme ce père volage ou sa grand-mère franchement pénible). Les vingt dernières minutes du film sont sur ce point particulièrement réussies puisqu’il s’agira pour Mitsuo d’être présent à son mariage, d’être pleinement heureux, de bien commencer sa vie avec sa jeune épouse (qu’il a par ailleurs mise en cloque) mais aussi de gérer le père Hiro pour lequel c’est loin de se passer aussi bien.

Hiro et Mitsuo, courageux cultivateurs de tomates.

Dans le rôle de Mitsuo, Nagashima est vraiment remarquable. Par son énergie et son bon cœur qui l’amène parfois à mettre en péril son propre bonheur, il m’a fait penser à Momojiro Hoshi, l’énergumène camionneur de la série des Truck Yaro, mais un Momojiro qui queuterait et qui serait capable de trouver sa dulcinée et de construire un foyer avec elle. Les scènes avec Eri Ishida (grosse envie de la voir dans d’autres films ) fonctionnent parfaitement…

Et Ô combien !

… et culminent lorsqu’ils chantent ensemble une chanson devant les invités du mariage. Nagashima, qui vient alors de vivre des montagnes russes émotionnelles, est alors vraiment touchant, pleurant à la fois de joie et de tristesse. C’est le 遠雷, la foudre du titre qui lui est tombée dessus, et sans doute sa vie avec Ayako lui en réservera d’autres (la dernière scène avec les promoteurs immobiliers cherchant à acheter son terrain peut être perçu en ce sens). Mais qu’importe ! il ne fait pas de doute que les deux personnages, éminemment optimistes, sauront parer aux coups du destin.

Deux heures et quart consacrée au désir de se marier d’un paysan faisant dans la tomate, ça peut paraître beaucoup, surtout si vous avez été échaudé par des films estampillés ATG (films parfois austères, il faut bien le dire). Mais l’excellente interprétation des acteurs, la virilité pétrie de bons sentiments émanant de Nagashima, et l’érotisme à la fois discret et torride des deux actrices principales concourent à faire d’Enrai un film extrêmement plaisant à suivre et finalement une bonne porte d’entrée dans l’univers ATG.

Sinon, n’oubliez pas, mangez des tomates, c’est plein de vitamines A, B, C et E.

8/10

 

Distant Thunder est sorti en bluray chez King Records. Très belle copie, sans sous-titres.