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Les Cinglés du Music Hall Jap’ #4 : Hadaka Nenbutsua Iwa no Ue d’Hibari Misora (1961)

J’aime ! Tu aimes ! Il aime ! Nous aimons ! Vous aimez ! Ils aiment le music hall jap’ ! Les Cinglés du music hall Jap’ ! Une émission d’Olrik pour ceux qui aiment vraiment le music hall Jap’ !

Eh oui ! Je continue encore un peu mon ramassage de pépites misoresques, mais cette fois-ci dans les 60’s. Au reste, peu de différences avec les 50’s : l’ambiance musicale est toujours aussi douillette qu’un film de Stanley Donen :

Du chauffage, des tatamis, des chocolats, du fois gras, un verre de moelleux et Singing in the Rain : une idée des plaisirs simples de votre serviteur.

Certes, Hibari n’est pas Cyd Charisse niveau sex appeal même si certaines photos dans les articles précédents ont pu montrer que c’était réellement une jolie fille.

Allez, une autre pour la route, ça ne fait jamais de mal.

Reste que dans cette chanson, Hadaka Nenbutsua Iwa no Ue, notre jeune chanteuse a du chien, indéniablement. Dès les premières mesures, difficile de ne pas être envoûté une nouvelle fois par ces sonorités de latin jazz, ces percussions discrètes mais entêtantes, et, enfin, la voix d’Hibari, pleinement dans un registre enka mais dont les « cha cha cha » un brin espiègles et provocants donnent envie de faire plus ample connaissance avec cette jeune femme qui se promène non loin d’un « Bouddha nu au-dessus d’une grosse pierre » (traduc’ du titre avec les moyens du bord ). Personnellement, j’échangerais volontiers plusieurs verres de Monbazillac contre le visionnage de la scène de

Beran me-e nakanori-san (1961)

… dans laquelle on entend cette chanson. Faute de mieux, voici un montage de karaoke. Pas ce qu’il y a de mieux aussi vous conseillé-je de fermer les yeux, de vous concentrer sur la musique en imaginant les déhanchements d’une jeune et jolie paysanne serrée dans un gracieux kimono :

Les Cinglés du Music Hall Jap’#3 : Rockabilly Kenpoh d’Hibari Misora (1958)

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Je sais ce que vous pensez : un troisième article sur Hibari Misora en moins d’une semaine, il nous prend vraiment pour des cakes.

Contre cela je m’insurge vigoureusement et vous dit : détrompez-vous ! Pour répondre à Eyfiss qui sur Drink Cold m’a adressé un vigoureux « Olrik! du lubrique! » (au passage, sympa la réputation, merci les mecs!) mais à qui je n’ai pu répondre suite à un curieux incident technique, d’autres lubricités sont en préparation. Mais voilà, les lecteurs de Drink Cold sont parfois d’abominables galopins qui ne comprennent pas que trop de foutre tue le foutre, trop de nichon tue le nichon, trop de gamahuchage tue le gamahuchage et trop de veuve tue la veuve (je m’arrête, je crois que vous entravez). Tenez, c’est comme les chocolats à la liqueur. Il n’y aurait que cela dans une boîte, on s’en lasserait, pas vrai ? Eh ben là, c’est pareil. Avec toutefois une petite différence, rappelez-vous donc les paroles de Forrest  « marshmallow face » Gump (je cite de visu) :

Les chocolats, c’est pas comme Bulles de Japon : quand  j’en mange trop, ça me fout la gerbe.

Tu l’as dit Bouffi ! Et puis que voulez-vous, en ce moment, écouter des vieux trucs et mater des chambara, c’est mon blaud. Donc j’y vais à fond les manettes, loin du froid ambiant et du caviardage, je m’enivre de ces pépites sonores dans lesquelles Hibari étale sa versalité musicale. Et puis, comme pour ma série sur les bijins, star system japonais oblige, on a tôt fait de tomber sur de jolies affiches ou des films sympas. C’est le cas avec ce Rockabilly Kenpoh. Quand on voit le visuel du disque, on se dit qu’on ne voit pas trop le rapport avec le rockabilly et la tenue d’Hibari. Pourtant :

un certain film, Hanagasa Wakashu (1958) permet d’apporter une réponse. Il s’agit d’une de ces nombreuses comédies musicales dans lesquelles Hibari a pu jouer (je rappelle : 150 films à son actif), comédies qui ne s’embarrassent évidemment pas de réalisme. D’où une fabuleuse scène dans laquelle Hibari chante, danse et fiche une mémorable raclée à une vingtaine de samouraïs, le tout avec un accent délicieusement canaille et qui sent sa yak’ à dix lieues ! Loin des clichés de la chanteuse enka fredonnant des airs sirupeux dans un décor en carton pâte fait de cerisiers en fleurs et de maisons de thé, Hibari nous montre ici de quel bois elle se chauffe et que chanter quand on a vingt ans, ça peut aussi être du roulement d’R tout en claquant du cul. Admirez et écoutez (à partir de la 2ème minute) :

Les Cinglés du Music Hall Jap’ #2 : Eskimo no Musume d’Hibari Misora (1955)

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C’est hier soir, alors que je m’apprêtais à me coucher après une dure journée (notamment parce qu’il avait fallu faire le sapin de Noël, secondé que j’étais par un Olrik Jr hystérique), que je me posai cette question :

« Mais au fait, existe-t-il des chansons sur les eskimos ? »

Je me glissai malgré tout sous la couette mais, trop tard ! le mal était fait.
Tel un espresso italien serré comme le string de Jackie Sardou (autre pensée susceptible de vous donner une nuit blanche), cette question eut tôt fait de tourner à l’obsession et de m’empêcher de trouver le sommeil. Las, je sortis du lit conjugal et me rendis à l’ordinateur pour trouver une réponse en guise de somnifère.

Mais par où commencer ? En fait, je me dis que quitte à trouver une chanson sur les eskimos, on avait plus de chances de la dégotter chez quelqu’un qui avait enregistré plus de 1200 chansons. Une petite recherche du côté d’Hibari Misora et bingo ! un titre ne tarda pas à tomber sous mes yeux : ce Eskimo no musume datant de 1955 :

Ce qu’il y a de bien avec ces chansons 50’s d’Hibari, c’est leurs influences américaines. Un plongeon dans de l’enka pur et dur m’aurait refroidi or là, c’est tout le contraire. La chanson nous parle d’une jolie fille venue du froid mais ces cuivres, ces percussions et ces maracas typiquement latin jazz vous réchauffent le cœur et vous donneraient envie de faire quelques pas de danse avec une des jolies portoricaines de West Side Story. À cela s’ajoute la voix d’Hibari capable de s’adapter à n’importe quelle atmosphère (d’autres exemples viendront).

À noter que l’on entend cette chanson interprétée par Hibari elle-même dans un film de 1955, Janken Musume :

Film dans lequel elle  interprète aussi une chanson qui doit vous dire quelque chose :

https://www.youtube.com/watch?v=jm1-KXgPlvI

Inutile de dire qu’après deux pareilles perles, c’est tout apaisé que je regagnai la couche et ne tardai pas à dormir du sommeil du juste, me rêvant dans la peau d’un eskimo en train de danser avec une Japonaise chantant ces paroles :

♫ Eskimo no musume

Kawai musume…♫

Allez, une dernière pour la route :

https://www.youtube.com/watch?v=mrbegS0LHrI

Les Cinglés du Music Hall Jap’ #1 : I saw a pretty cowboy, de Hibari Misora

« J’aime ! Tu aimes ! Il aime ! Nous aimons ! Vous aimez ! Ils aiment le music hall ! Les Cinglés du music hall ! Une émission de Jean-Christophe Averty pour ceux qui aiment vraiment le music hall ! »

Les Cinglés du Music-Hall, la lénifiante émission de Jean-Christophe Averty, fait partie de ces émissions radiophoniques que je regrette. Non que je sois un spécialiste des vieilleries qu’il y diffusait, ce serait plutôt le contraire, mais il y avait toujours un plaisir particulier à bouquiner tranquillement après le déjeuner, la tasse de café à portée de main, en écoutant cette voix zézayante balançant dix mots à la seconde et les vieux 78 tours crachoteux de sa dantesque collection.  Durant une heure, l’émission transpirait la passion et nous faisait faire un bond temporel de plusieurs décennies dans de vieux cafés parisiens ou des boites de la Nouvelle Orléans. Même si je n’y connaissais rien, j’aimais.
Et de toute façon, j’ai toujours été bienveillant envers le vieux créatif sulfureux des 70’s qui avait entre autre réalisé le fameux clip de l’intégralité de Melody Nelson :

Bref, cette intro digressive pour dire qu’il m’arrivera d’évoquer des chansons d’une sorte d’âge d’or de la chanson populaire japonaise. Paniquez pas ! J’en vois déjà qui se crispent, qui imaginent que Bulle de Japon va bientôt en Chance aux Chansons et que je vais peu à peu me transformer en cette chose :

Salut Olrik ! Ça va ma puce ?

Allons, je vous le dis franco : pas de Mireille Mathieu, d’André Verchuren et son accordéon magique, ou encore de Riquita jolie fleur de java et autre Josélito à la voix d’or. Non, on essaiera de viser la crême de la crême oldies japonaise. Et pas de pensums explicatifs : je ne suis pas une bête en la matière, je découvre en même temps que vous. Juste de petites plongées dans l’océan enka (et pas seulement l’enka d’ailleurs) comme ça, rapidos, en apnée, histoire de dénicher des perles susceptibles d’êtres originales. Si c’est le cas, tant mieux, sinon, tant pis, je ferai mieux la prochaine fois…

… grâce à tonton Jean-Christophe qui me prodiguera des conseils d’une main de fer.

On commence donc avec une chanson d’Hibari Misora datant de 1954. Car tant qu’à commencer cette série , autant le faire carrément avec celle qui est considérée comme la reine de l’enka. Jugez plutôt : 40 ans de carrière, 1200 chansons, 68 millions de disques vendus, 150 rôles au cinéma. Rien de préfabriqué dans son succès : alors âgée de 9 ans, elle participa à un concours de chansons de la NHK. À la fin de sa prestation, le public fit trembler la salle de ses applaudissements mais les juges, totalement choqués par cette gamine qui chantait comme une femme de 30 ans, refusèrent de faire retentir la clochette pour la désigner comme la gagnante. Qu’à cela ne tienne, l’opiniâtreté d’Hibari lui valut ses premiers succès puis assez rapidement une place de n°1 dans l’industrie musicale japonaise. En 1957, alors âgée de 20 ans, son compte en banque atteint les 30 millions de yens. Ajoutons à cela qu’elle était  une bijin et vous comprendrez que parfois il y a vraiment de quoi être écœurés par la bonne étoile de certains :

Hibari dans les années 50. Matez-moi la mousmé les gars !

Écœurée, une jeune fan de 19 ans le fut puisqu’elle essaya de défigurer son idole à coups de projection d’acide chlorhydrique. Hibari s’en sortit de justesse… au contraire de de l’acteur Shinichi Nishimura qui, assis juste à côté d’elle, en prit plein la gueule et devint aveugle! Lui, c’est clair, n’était pas né sous la même étoile qu’Hibari.

Voilà pour le contexte de la chanson du jour, datée de 1954. Pour le reste, on verra ça à l’occasion d’autres chansons. Sachez juste qu’Hibari est morte dans l’alcoolisme dans les années 80. Son décès a été un événement au moins aussi marquant que la mort de Johnny Halliday chez nous, c’est vous dire.

I saw a pretty cowboy m’a tout de suite tapé dans l’oreille par son ambiance country et cette voix américaine fleurant bon la cowgirl délurée. On sent une certaine facilité chez Hibari à pousser la chansonnette dans un américain marshmallesque. Il faut dire ici que, fascinée par Julie London ou Nat King Cole, la belle eut toujours la tentation d’avoir un style musical américain. Cela malheureusement n’arriva pas et il faut se contenter de quelques perles éparses comme cette chanson comprenant des paroles en anglais et en japonais. Mettez donc votre plus beau kimono et votre stetson pour l’écouter, vous m’en direz des nouvelles :