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Nihon no oto #5 : le bonshō

Si vous promenez vos basques aux alentours de 17H à Gion, dans le petit réseau d’échoppes de souvenirs, vous l’entendrez. Quand vous montez l’escalier se trouvant ici :

Vous accédez en face de la grande statue de Kannon (la déesse, pas le chevalier d’Or des Gémeaux) et c’est à votre gauche que vous tombez sur le bonshō, cette cloche bouddhiste en bronze et parfois de taille imposante :

La première fois que je l’ai entendue sonner enfin, je veux dire emplir l’air de son gong ! métallique et grave, c’était il y a trois ans, en compagnie des enfants et après une rude après-midi de marche. Je n’y reviens pas, j’avais déjà détaillé le périple en deux parties (ici et ). Evoquons juste le moment de plénitude lorsque, après avoir gravi les escaliers, nous nous assîmes à quelques mètres du temple où officiait le sonneur de bonshō :

Juste le silence duquel jaillissait à intervals réguliers le gong de la cloche, bruit qui semble au début comme appeler vigoureusement l’âme mais qui, en mourant peu à peu avant de se fondre complètement dans le silence environnant, incite aussi cette dernière à se fondre dans le tout qui l’entoure. La cadre s’y prête, loin du piétinement touristique au bas des escaliers, je me souviens du calme, de la douceur et de la beauté qui se dégageait du lieu et de cet instant. 

On devrait à chaque fin de journée écouter le son du bonshō. A défaut d’en installer un dans mon jardin, je vais essayer de me dégoter un son hd pour le faire retentir à chaque fin de journée, vers 17H, au moment du retour du travail. Ça vaut bien le paracétamol, et ce sera plus économique.

Ninjas, insectes et poissons

31 juillet :

Quelque peu tancé par Madame la veille lorsqu’elle vit comment je ramenais Olrik jr et Olrik the 3rd tout misérables et crottés du fait de leur longue marche dans Kyoto, il fallut bien faire le dos rond et admettre que j’avais un peu poussée le bouchon un peu loin, même si, même si… après une bonne douche et un bon repas, ils n’avaient pas l’air si misérables sur les tatamis et tâter de la Nintendo trois déhesse :

D’autant que le lendemain ils furent particulièrement fringants pour un programme matinale un peu physique. A la réflexion, je n’avais pas poussé le bouchon « un peu » loin : je ne l’avais pas poussé « assez » loin. Bref, ce dimanche 31 juillet était consacré à une sortie en famille, avec celle de la cousine de ma femme, accompagnée pour l’occasion de son mari et de leur fille. 1ère étape : carrément un camp d’entraînement ninja ! Je suis bien incapable de le retrouver sur Google map. Perdu dans la campagne à une trentaine de kilomètre à l’est de Kyoto, le site, assez rustique, proposait une maison supposée avoir été habitée par d’authentiques  ninja. On y trouve des cloisons secrètes, chose qui évidemment intéressa vivement les enfants. Dans une autre maison, on y découvrait sous verre toute l’armada des ninjas (habits, shurikens variés, katanas, etc.). mais le principal point d’intérêt concernait les épreuves que les enfants pouvaient affronter afin d’obtenir à la fin leur diplôme de ninjas. C’est là que je vis que la marche de la veille ne pesa guère lourd dans les jambes de mes clampins tant ils firent preuve d’un bel entrain pour :

– Escalader la paroi rocailleuse d’un mur de trois mètres.

– Traverser avec une corde et un radeau de fortune (en réalité deux grosses soucoupes sur lesquelles ont posait les pieds) une mare d’une dizaine de mètres).

– Traverser un mur en bois sur sa longueur avec juste ce qu’il faut pour poser les talons.

– Descendre une échelle donnant sur un passage secret.

– Enfin, s’exercer au lancer de shuriken.

Olrik the 3rd, toujours disposé à essayer de faire aussi bien voire mieux que le grand frère, fit belle figure, notamment aux shurikens où il se paya le luxe de battre Olrik jr, à la grande honte de ce dernier. Les voir effectuer toutes ces épreuves était plaisant, mais j’avoue qu’avec leur costume (que l’on pouvait louer dans un local) je ne les enviais pas. La chaleur était étouffante et c’est un peu groggy que je regagnai la voiture sur les coups de 13H pour la suite du programme. Prochaine destination :

Le musée du lac Biwa

Musée consacré à tout l’écosystème du lac (faune, flore, géologie). A priori pas très enthousiasmant mais l »endroit est assez riche et propose pas mal d’activités aux gamins pour les intéresser. On y trouve une palanquée d’insectes mais aussi un aquarium avec quelques beaux spécimens.

A noter aussi une section intéressante faisant un balayage chronologique des objets technologiques ayant accompagné le Japon après la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à nos jours, le tout accompagné d’objets pop emblématiques allant des mangas de Tezuka à des 45 tours de Momoe Yamaguchi en passant par des affiches de films. La visite fut finalement assez sympathique même si j’avoue que ce faux rythme où il faut aller à train de sénateur pendant deux heures m’avait un peu épuisé. Pour le coup c’est moi qui rentrai un peu misérable et fatigué. Après un bon repas, une petite promenade digestive dans le quartier en quête de maison inquiétante à photographier me remis d’aplomb. Il le fallait car le lendemain allait être consacré à Osaka.

 

 

Les Aventuriers du salon de thé perdu (part 2)

Résumé de l’épisode précédent : Olrik jr, Olrik the 3rd et votre serviteur font une escapade d’une journée à Kyoto. Après avoir passé la matinée au musée du manga, direction Gion pour admirer les temples, les yukatas et s’enquiller une glace dans un salon de thé de ma connaissance. Problème, les deux clampins n’aiment pas marcher tandis que j’aime au contraire à les faire user leurs sandales. Au bord de l’agonie, nous arrivons malgré tout à destination…

Nous arrivâmes cependant aux portes de Gion. Il ne restait plus qu’à retrouver le salon de thé. Je déposai Olrik the 3rd et essayai de me souvenir où l’établissement se trouvait exactement. Comme j’avais conscience d’avoir un peu tiré sur la corde avec les kilomètres de marche offerts en extra, j’essayai cette fois-ci de ne pas me tromper et c’est plein d’assurance que je repris la marche, invitant la meute à me suivre. Hélas ! (one more time) quelque peu ébranlé par la marche, chargé que j’avais été des kilos supplémentaires de Tanuki Gourmand et n’ayant pu retrouver totalement mes facultés (et peut-être aussi à cause d’un début d’alzheimer), ma localisation du lieu fut quelque peu défaillante, car ce qui aurait dû être notre trajet…

Simple, précis, efficace.

… se transforma en ceci :

?!

Et c’est limite rampants que mes louveteaux franchirent le seuil du restaurant Rakusho. Pour moi, ça allait, délesté de Tanuki Gourmand j’avais pu prendre quelques photos, chose qui permet tout de suite de recharger les batteries. Néanmoins, il était plus que temps de se poser quelque part pour profiter de la clim’ et d’un machin glacé. Aussi c’est bien volontiers que j’y allai de ma tournée générale de kakegori au melon.

Tanuki Gourmand, déjà la cuillère à la bouche, passa outre ma demande d’attendre un peu pour la photo (ça commençait à bien faire !). Sinon pas d’inquiétude, la glace n’est pas radioactive, c’est juste sa couleur normale.

Assis sur les tatamis, nous picorions les bouchées de glace pilée tout en regardant par la paroi vitrée le délicieux jardin :

A noter que si l’on commande par l’entrée principale, il faut ensuite sortir par une porte adjacente puis longer ce décor afin de rentrer de nouveau pour s’installer dans la salle où se trouve les tatamis. Le genre d’endroit dans lequel je pourrais passer des heures à siroter du thé tout en bouquinant. Après une grosse demi-heure passée à se ressourcer, la meute était de nouveau d’attaque. Il était presque seize heures, il nous restait une heure et demie à passer à Gion et au parc Murayama avant de songer à reprendre la direction de la gare. La marche reprit, mais cette fois-ci à un rythme plus apaisé. Il s’agissait de flâner dans ces adorables rues que j’avais déjà largement arpentées mais que je découvrais alors pour la première fois avec la lumière de la fin d’après-midi. Juste en sortant du salon de thé, je tombai sur un jeune yukata le reflex à la main et baignant dans un doux chatoiement de lumière :

Juste à côté, dans la fameuse ruelle constituée d’anciennes maisons de thé, je tombai là aussi sur une ribambelle de yukatas et d’ombrelles pour la mettre en valeur :

L’ambiance était tellement bienfaisante que je me risquais même à prendre des photos de fleurs, chose que je ne fais jamais…

… préférant tout de même celles sur des yukatas bien portés :

Vous vous demandez comment j’ai fait pour obtenir un tel angle de vue ? Facile, je m’étais posté dans une bouche d’égout !

A un moment nous passâmes devant une boutique Ghibli. Evidemment, on me demanda aussitôt d’aller y jeter un œil. Si je n’ai rien contre Ghibli, j’avoue que leur merchandising a fini au fil des voyages par me sortir par les yeux. Mais bon prince, j’autorisai une halte dans ce sanctuaire dont j’étais sûr qu’il allait être infesté de touristes chinois bruyants et sans-gênes. Cela ne rata pas, notamment devant le magnifique Totoro grandeur nature où il fallu attendre cinq minutes qu’une famille finisse de faire et refaire différentes prises. Une fois leur cirque fini, je priai à Tanuki Gourmand d’aller à côté pour prendre la pose. Surprise ! refus du mangeur de kakegori ! J’insiste, il refuse derechef, avec en prime une lueur d’inquiétude dans les yeux. Je commence à comprendre. Quoiqu’ayant vu maintes fois Tonari no Totoro et sachant bien que le gros monstre est inoffensif, le benjamin de la famille avait l’air de s’imaginer que la peluche mahousse était en fait vivante et qu’il courait sans doute le risque de se faire bouffer par elle !

Je crois me souvenir que j’y allai d’une menace pathétique du genre « si tu n’y vas pas, je ne te téléchargerai plus d’épisodes de Doraemon ! » (menace imparable). Je devais sérieusement commencer à fatiguer moi aussi. Sinon ne vous laissez pas berner par le « peasu » effectué : la bobine montre clairement qu’il croit ses derniers instant sont arrivés.

En sortant, nous étions partis pour aller au parc Murayama lorsqu’un bruit emplit tout à coup l’air. Ce n’était pas le concert des sandales qui traînaient sur le bitume et des dents qui grinçaient auquel m’avaient habitué mes deux clampins lors de la marche de la mort. Non, il s’agissait indubitablement du gong d’un temple bouddhiste. Intrigué, je proposai à la troupe d’essayer de voir cela. A ma grande surprise, ils acceptèrent presque de bon coeur. Pas de bol cependant, pour se rapprocher du son il fallait passer par un escalier d’une bonne centaine de marches :

Mais comme c’était aussi l’occasion de s’approcher de la gigantesque statue de Kannon dont nous apercevions la tête au loin, han ! nous y allâmes de notre coup de rein supplémentaire. Arrivés sur l’esplanade où un parking quasiment vidé de voitures nous attendait, nous tournâmes tout de suite à gauche d’où provenait le bruit métallique du gong. Il s’agissait du temple bouddhiste 高台寺 鐘楼. Juste quatre piliers surmontés d’un toit avec au-dessous une immense cloche qu’un prêtre faisait résonner à 17 heures :

Étonnamment aucun badaud pour assister au rituel. C’était le moment de faire une nouvelle pause bienvenue en utilisant notre ultime bouteille d’eau. Pas de clim’ ni de kakegori au melon cette fois-ci, juste le bruit des grillons, la résonance du gong et une légère brise :

Sous le regard bienfaisant de Kannon juste derrière, nous nous assîmes et profitâmes de ces minutes agissant comme un baume aussi bien physique que spirituel. Subitement, les deux louveteaux avaient oublié leurs ampoules. La sueur séchait doucement grâce à la brise, ajoutant certes un peu de crasse à l’épiderme mais nous redonnant un regain de vigueur. Quant à l’esprit, il était en symbiose avec la résonance métallique qui emplissait l’air. Quand le prêtre eut fini son rituel, il quitta le temple gratifiant au passage d’un sourire et d’un petit signe de tête ce public de trois personnes qui avait été particulièrement attentif. Je rangeai mon appareil photo, m’étirai, jetai un coup d’oeil à Kannon, puis regardai la vue de Kyoto encadrée par les rangées d’arbres. Une merveille que j’aurais pu encore admirer longtemps mais le soleil commençait à descendre sérieusement et il allait être de songer au retour, surtout si nous voulions faire un crochet par le parc Maruyama. Surprise ! Au moment de faire cette photo, je m’aperçus que les louveteaux étaient déjà presque arrivés au bas de l’escalier :

Braves petits ! Je les avais sous-estimés. Loin d’être des larves incapables d’assurer une marche digne de ce nom, ils étaient de jeunes pousses pleines de sève et ne demandant qu’à fortifier leur corps. Ce n’était plus Hibou Paisible et Tanuki Gourmand mais Rémi et Joli-coeur, et après avoir endossé le rôle de l’ignoble Tuco, je me pris à songer, presque la larme à l’oeil, que j’étais fait pour être maître Vitalis ! Cela tombait bien : comme je leur avais caché le fait que je comptais bien retourner à la gare en repassant par la Shoji dori, ça allait être l’occasion de refaire une longue marche dans la joie et la bonne humeur avec peut-être au bout, qui sait ? un spectacle devant la gare de Kyoto façon Rémi Sans Famille. Nous n’en étions pas encore là mais ce qui était sûr, c’est qu’ils allaient bien apprécier les takoyakis maison prévus au dîner.

La Guerre des Jouets n’aura pas lieu

Journée du 5 août

Décidément bien trop de photos à trier et j’ai bien trop de choses à faire (visionnage d’épisodes, aller à la piscine, faire du jardinage, lire 50 pages quotidiennes de Balzac…) pour faire des articles allant dans le détail de mes journées lors du dernier voyage, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une journée passée à Kyoto. Voici donc pêle-mêle une poignée de photos prises dans une poignée d’endroits. Je passe sur le Fushimi Inari Taisha et ses tunnels aux innombrables torii. J’avais vu trop de photos sur le lieu et cela a enlevé pas mal de magie, surtout lorsque ont débarqué des hordes de touristes chinois qui, avec la classe pas du tout sans-gêne ni bruyante dont ils sont coutumiers, m’ont pourri la moitié de mes photos et mon appréciation du site. Une autre fois, peut-être, mais surtout pas l’été.

Après cette déception, on chope le premier train venu…

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Calpis VS legs

… direction le nord de Kyoto pour y dénicher la mythique boutique Tozando. Mythique car le praticien d’arts martiaux sait combien le nom de cette enseigne réputée peut sous-entendre de beaux objets qu’il a peu de chance de voir en France et encore moins de tenir entre ses mains. Il s’agissait pour moi de me procurer un nouveau iaito (katana non tranchant) pour ma pratique du iaido. Après vingt bonnes minutes de marche à la sortie de la station Muratamachi, j’entrai dans le magasin :

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Yokoso !

Du choix mais pas tant que ça : par rapport à ma taille il y avait peu de iaitos avec la bonne longueur et ceux qui étaient dispos affichaient un prix dissuasif. Quant à le faire fabriquer avec ce que cela suppose de délais, il n’en était pas question. Il s’agissait surtout pour moi de prendre en main (indispensable pour ce genre d’achat) quelques modèles pour repérer ceux avec un bon équilibre afin d’acheter ailleurs à meilleur marché celui sur lequel j’allais jeter mon dévolu. Au fond on aperçoit un petit jardin permettant de manipuler tranquillement les objets convoités, sympa.

Après cette petite halte de quand même trois quarts d’heure (beaucoup d’explications du vendeur disponible que madame devait me traduire) il commençait à faire faim. En descendant la Higashioji-dori en quête d’un restau, on tombe sur ça :

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Un magasin de jouets vintage avec un Tetsujin 28 trônant fièrement dans le bordel entassé au premier étage toit ? Il n’en fallais pas plus pour qu’Olrik jr traverse fièfiévreusement (un peu mon cas aussi, j’avoue) la rue pour jeter un oeil à ses trésors :

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Une figurine d’Antonio Inoki ?! Y’a pas, ce magasin est un bon magasin.

Néanmoins difficile de poursuivre plus avant notre exploration du lieu car à l’entrée…

magasin-jouets-kyoto-2

… le sympathique vendeur, engoncé dans le recoin que le gigantesque bordel lui laissait, empêchait toute progression. J’aime bien le concept : tu baves mais tu n’entres pas. Un peu comme les maisons de thé avec geishas en somme. Bon, après, j’imagine que quelques billets de mille yens dépensés en trucs dispensables ont été ainsi épargnés, ce qui n’est pas plus mal.

Pour le reste, Gion essentiellement et pause goûter dans un fort joli salon de thé. Puis retour en début de soirée à Takatsuki. Pas trop le temps de veiller, le lendemain l’appel de Tokyo allait me réveiller assez tôt…

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La sœur du bouquiniste pervers aime les gashapons

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24, 25 et 26 juillet.

Après Osaka et Kobe, direction Kyoto pour la journée du 24. Après là aussi, comme pour Osaka, un petit quart d’heure de train pour s’y rendre à partir de Takatsuki, on file vers le musée du manga puis vers le centre en début d’après-midi. Là, miséricorde ! il se met à tomber des hallebardes comme seul le Japon est capable d’en balancer l’été. Fort opportunément, une arcade commerciale s’offre à nous pour nous abriter le temps que le déluge passe (une bonne heure quand même) :


C’est là que je vis ce petit bouquiniste :

bouquiniste Kyoto

Heureux hasard, je cherchais les éditions originales de Lettrines 1 et 2 de Gracq ! J’entrai plein d’espoir et, après quelques explications hésitantes en japonais, le gus me conseilla d’aller plutôt voir du côté de Kabukichô, à Shinjuku. Là, pas de doute, je trouverais les deux volumes tant convoités. Cela tombait bien car le lendemain, nous étions à Tokyo. Après un dîner justement du côté de Shinjuku avec des amis de Madame, je les laissai discuter en fin de repas pour prendre la température de Shinjuku avec mon réflex et essayer de trouver mes Gracq. Malheureusement, à défaut de paires de livres je tombai plutôt sur ce genres de paires :

kabukicho

Pas de doute, je trouvai bien deux beaux volumes. Et à chaque devanture d’échoppe même ! Mais je n’osais trop m’y aventurer pour les palper, on a sa conscience hein ! Joli galopin que ce libraire en tout cas. Un amateur des potacheries des Torakku Yarô sans doute.

Le lendemain, pendant que Madame se préparait à l’hôtel, direction Ueno avec Olrik Jr pour lui montrer au parc la statue de Saigo Takamori. Après celle à Kagoshima qu’il avait vue lors du précédent voyage, il fallait bien qu’il voit celle-ci :

Puis impossible d’y couper, je veux parler du magasin de jouets en face de la station de Ueno et qu’Olrik Jr avait bien évidemment aperçu sur le chemin du parc :

Comme de bien entendu, une hordes de machines à gashapons protégeait le magasin frontalement et lattéralement. On aurait bien tort de croire qu’elles ne tentent que les gamins. Tandis qu’Olrik Jr butinait d’une machine à l’autre avec quelques piécettes, j’y vis une jeune femme qui y reste bien cinq minutes à observer la bouche ouverte les différents trésors que proposait les machines. Loin de moi l’idée de lui jeter la pierre. J’avoue avoir cédé plus d’une fois devant ces petits bouts de machin en plastique à la finition parfois étonnante.

gashapon

Station D1 pour Gion

Petit quart d’heure à tuer en face de la gare de Kyoto, en attendant le bus pour se rendre à Gion. La donzelle devant moi faisait une petit numéro de chatte amoureuse : point de gros patins en public, Japon oblige, mais des paupière mi-closes, un air évaporé et, lorsque le désir devenait trop important, des mains posées sur les robustes épaules de Mister Authentic Hendrix. Chaud ! Lire la suite Station D1 pour Gion

Bijins à jamais perdues #3 : la fausse tombale de Nishi-Otani

Entrée du cimetière de Nishiotani, Kyoto. Pas vraiment un but, juste un des hasards d’une déambulation sur deux roues que je fis à Kyoto lors de mon premier voyage au Japon.  A la fois fatigué et heureux, fatigué par la chaleur de cette après-midi, heureux de filer plus ou moins au hasard sur le damier relativement plan des rues de Kyoto. Je me souviens aussi d’une petite brise qui, conjuguée aux canettes d’Aquarius ingurgitées toutes les demi-heures, aida le piètre cycliste que je suis à battre allégrement son record de kilomètres à vélo en une journée. Le tout entrecoupé d’innombrables pauses pour consulter mon Lonely Planet en glaouiche ou utiliser mon désormais vieux Panasonic FZ-2. Lire la suite Bijins à jamais perdues #3 : la fausse tombale de Nishi-Otani

Une mademoiselle Mononoke au parc

Un récent article de David m’a rappelé l’existence de cette photo.

Juillet 2004, premier séjour au Japon et première journée à Kyoto. Sur mon Lonely Planet en anglais (pas encore de VF à l’époque) je lis en gros :

Kyoto Imperial Palace Park

Un parc et un palais impérial, je me dis que ça doit valoir le coup d’œil. Je quitte mon miteux guest house et, après une bonne demi-heure, non pas dans une fournaise mais dans une étuve, j’arrive en nage et les aisselles malodorantes au palais. À l’époque, c’était le prix à payer pour la moindre ballade, j’ai depuis appris à mieux affronter les étés japonais.

J’arrive donc au palais ou plutôt, à une interminable allée de graviers entourée d’arbres. J’imagine qu’au printemps ou en automne, l’endroit est charmant. Mais là, tout était pesant : le silence, la lourdeur de l’air et ce vert alentour, complètement plombé par une luminosité écrasante. Et tout cela pour se casser le nez puisque le palais était fermé ! Dépité, je m’assois sur le premier banc venu, le temps d’une pause avant de fuir cet endroit à l’ambiance mortifère. Accessoirement, je traite in petto mon Lonely Planet de guide de merde. Je m’en saisis d’ailleurs, histoire de voir ou plutôt de ne pas voir les infos lacunaires. Je ne tarde pas à remarquer cette phrase :

Visitors must obtain advance permission from the Imperial Household Agency.

Bon.

In ze babe.

Le séjour à Kyoyo commençait sur un pétard mouillé. Heureusement ce fut le seul, le reste enchaîna des plaisirs qui me firent sans mal oublier ce mauvais début ainsi que mes problèmes de sudation. Après la claque que fut la découverte de Tokyo et avant un séjour à Fukuoka où j’allais rencontrer une personne qui allait devenir intime pendant plusieurs années, je m’en serais voulu de n’avoir retiré de Kyoto qu’un sentiment d’inaccompli.

Ainsi, comme pour contredire l’impression maussade que commençait à me laisser l’ancienne capitale, je remarque à quelques mètres de moi une jeune femme. Bien que jolie, je ne l’avais pas remarquée sur le coup (normalement je remarque toujours les jolies filles), et pour cause : elle méditait. Elle avait posé son sac au pied d’un magnifique arbre et se tenait face à lui, les bras ballants et la tête légèrement penchée. Oubliés tout à coup la chaleur et ce vert des jardins en été qui habituellement me font fuir. Cette touche de violet en face d’un arbre aux reflets rougeâtres me fit instantanément voir Kyoto sous un nouvel angle. La scène dura cinq bonnes minutes. Durant la dernière, elle leva la tête ; concentrée ou extatique, je n’en sais rien. Je me suis demandé si elle n’allait pas finir par lui parler, à son arbre. Au lieu de cela, elle prit son sac, caressa quelques secondes le tronc du cèdre et partit.

Et moi aussi je partis, mais avec l’impression que ce voyage à Kyoto venait réellement de commencer.

Kyoto Station’s Little Red Riding Hood

Ceux qui sont passés par la gare de Kyoto le savent bien : c’est un endroit magnifique , un majestueux terrain de jeu  pour l’amateur photographe. Ici, je me trouvais tout en haut du dernier escalator du côté droit (par rapport à l’entrée principale de la gare). La montée continue alors avec cet interminable escalier marbré. Une jolie fille s’y trouvait, seule, noyée au milieu de ces lignes horizontales. Clic.