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Matsuri mythologique et sushis à la pelle

29 octobre 2017

Pour ce premier séjour à Miyazaki durant l’automne, une des attractions que je ne tenais à rater sous aucun prétexte était un matsuri, le Miyazaki-jingū Taisai. Cela allait me changer des danses de l’Erekocha matsuri puisqu’il s’agissait ici d’une parade à thématique mythologique à travers les rues de la ville, en rapport avec le personnage légendaire de l’empereur Jinmu. Je me frottais d’avance les mains seulement voilà, il ne faut pas croire que les typhons emmerdent uniquement l’été, ils peuvent très bien débarquer aussi en automne et bousculer les festivités. Ça n’a pas raté au début du week-end, avec de bonnes grosses pluies qui ont empêché le matsuri toute la journée. Restait le dimanche, à condition que les dieux de la météo veuillent bien permettre à Jinmu d’avoir sa cérémonie populaire.

Pour savoir cela, il fallait être attentif aux bulletins météos qui tombaient toutes les 3-4 heures et qui étaient accompagnés d’informations sur la tenue ou non du matsuri le dimanche. Samedi soir, rien n’était encore décidé. Il fallait attendre le lendemain matin. Comme la nuit il avait plu comme ushi qui pisse, j’avoue que j’avais déjà fait intérieurement une croix sur le matsuri. Je fis mal car en fait, dès dix heures le lendemain, le ciel bleu semblait revenir et avec lui les probabilités de voir les festivités se dérouler. L’info météo tomba dans la foulée : le feu vert était donné pour faire la parade à travers la ville.

Une fois le déjeuner englouti, je chevauchai Tornado et parti au trot en direction du point de départ de la parade. Je me souviens du bien-être bienfaisant du parcours. Une douce brise, une température agréable et une lumière qui promettait de faire péter les couleurs des costumes : ce matsuri, je le sentais bien. Et de fait, le défilé fut très plaisant à suivre. Traditionnels shishimai (les lions dansants dont les coups de mâchoires donnés près d’un bébé sont censés lui porter bonheur), samouraïs à cheval, mariées elles aussi à cheval, taikos, histrions masqué qui par leur danse grotesque pouvait faire penser à Hyottoko. Ils jouaient d’une sorte de tambourin maintenu dans une structure circulaire en osier sur laquelle ils s’appuyaient parfois, comme pour se reposer.

Dans le public, le spectacle pouvait parfois se trouver chez certaines bijins qui s’entraînaient pour Halloween :

Sur les coups de 15 heures, Madame et les enfants me rejoignirent au carrefour principal du centre ville pour assister à la procession. Puis, comme le goûter s’approchait, il fut décidé de faire une pause au Mr Donut du coin. J’engloutis mon donut et mon café : le défilé continuait jusqu’au temple principal de Miyazaki (temple dédié à Jinmu) et j’avais envie de profiter de l’ambiance là-bas. Enfourchant de nouveau Tornado qui m’attendait frais et dispo, je filai au triple galop jusqu’à la destination désirée. Il ne s’y passa rien de spécial. Les participants arrivaient progressivement et continuaient ou non des festivités en rapport avec leur rôle. Je vis passer les mariées à cheval, je suppose qu’elle devaient assister à une cérémonie au temple (Madame Olrik m’avait expliqué le symbole de ces mariées, là aussi leur rôle est en rapport avec la mythologie propre à Miyazaki). Les joueurs de taiko posèrent leur scène mobile sur une petite place et firent résonner la tranquillité du lieu des percussions de leurs instruments. J’empruntai l’allée principale :

Au bout de l’allée des participants costumés – que des hommes – immortalisaient leur journée par quelques photos de groupe avant de vaquer à leurs occupations. Cela sentait la fin du matsuri, malgré tout je pris mon temps pour remonter l’allée. Pas mal de gens profitaient encore de cette fin de journée magnifique et les joueurs de taiko qui continuaient encore leur concert, absolument increvables, invitaient à rester jusqu’à la dernière note. Comme je commence à connaître ce groupe depuis le temps que je les entends à différents matsuris, je savais que le morceau qu’ils jouaient n’en avait plus que pour quelques minutes. Bien que le connaissant par cœur je me laissai glisser dans sa frénésie finale gentiment hystérique puis me dirigeai vers Tornado. Il allait être 17H30 et je savais que le beau-père voulait nous emmener à un kaitenzushi. Aussitôt arrivé, aussitôt reparti. C’est qu’au Japon, le dimanche dès 18H, les gens bouffent au resto voyez-vous. Si je me souviens bien, nous nous cassâmes les dents sur rien moins que trois kaitenzushis, à chaque fois complets. Mais le quatrième fut le bon, à la grande joie d’Olrik jr et Olrik the 3rd qui pouvaient commander tout leur soûl sur un écran et voir arriver leurs commandes spécial sur un petit shinkansen fixé sur rails. Moi, je me contentai des fondamentaux :

Bière et sushis

Et c’est après trois quarts d’heure d’un combat culinaire acharné que nous quittâmes la table, le bide prêt à éclater mais avec le sentiment du devoir accompli :

Après cela il n’y avait plus qu’à se la couler douce à la maison. Il est néanmoins très possible que sur les coups de 22H, le temps d’attendre que le degré d’alcoolémie descende, j’aie repris les clés de la voiture pour me rendre en solo au sento du centre-ville. C’est qu’une bonne journée au Japon qui ne se termine pas par un sauna et des bains de toutes les températures, n’est pas complètement une bonne journée.

Pas beaucoup de photos dans cet article because petite vidéo montée par mes soins. N’ayant pas eu beaucoup de temps à y consacrer, j’ai fait au mieux, vous excuserez certain tremblements ou certains plans inclinés que je n’ai pas corrigés sur Première. Pour rappel, pour ceux que ce genre de détail intéresse, les vidéos ont été prises avec un Panasonic GX80, appareil recommandable que je vais encore garder pour quelques années.

Back to the summer 2016

Ceux qui suivent ce site depuis un certain temps le savent, l’été, une fois sur deux, c’est soit la joya parce que je suis au Japon, soit la soupe à la grimace parce que je n’y suis pas. Mais ce type d’été n’est pas totalement amer puisque c’est à chaque fois l’occasion d’explorer la provision de photos et de vidéos faites durant l’été précédent.

L’été 2017 sera donc un été de tri photographique qui reprendra une recette éprouvée déjà deux fois : publier systématiquement une photo prise lors d’une journée passée au Japon un an plus tôt jour pour jour. On commence avec les journées du 16 au 18 juillet 2016.

16 juillet

Arrivé la veille, j’avais hâte de retrouver le centre ville de Miyazaki pour y reprendre mes marques. Madame n’était pas encore avec moi, elle devait nous rejoindre début août. Par contre, puisque je dis « nous », il faut bien comprendre que j’étais condamné à avoir collé à mes basques Olrik Jr et Olrik the 3rd. Prendre des photos tout en entendant gémir derrière moi parce que je suis un marcheur fou pas du genre à ménager l’endurance des troupes… le séjour promettait de commencer de manière crispante. Mais enfin, comme il ne faisait pas très beau, nous embarquâmes dans Fujiko chan et allâmes dans le centre. Direction le parking du bâtiment où se trouve l’Aceland pour une première baignade dans le sento qui s’y trouve :

Gloria Hallelujah ! 

Mais avant cela, marche forcée durant une heure dans le centre, histoire de bien transpirer sous les aisselles pour bien profiter par la suite des bains chauds. Quand on comprit à côté de moi que la baignade allait être la conclusion d’une promenade qui pouvait être potentiellement longue, on tira un peu la tronche mais enfin, comme l’accession au bienfaisant sento (avec une partie à l’extérieur reproduisant l’atmosphère des onsens) dépendait des précieux yens du chef de famille, il était inutile de faire des caprices. Et puis, j’avais hâte aussi de tester mon nouveau Panasonic DMC-GX80 fraîchement acquis. En conclusion, en avant, marche (et avec coups de pied au cul encore !) !

Le centre n’avait pas vraiment changé. Mêmes ruelles, mêmes parkings à vélos surchargés, à peu près les mêmes magasins, toujours des chats plus ou moins lamentables (mais sympathiques), gavés par des mémères aux petits soins pour eux, et pleins d’autres détails qu’il était bon de retrouver.

Après un misérable quart d’heure de marche, ça commençait déjà à claudiquer et à souffler pas mal à côté de moi. C’est alors que je tombai sur cette petite vieille :

Je crois qu’il n’y a pas un séjour à Miyazaki sans que je l’aperçoive. Voûtée, marchant avec beaucoup de peine, cette brave petite vieille annonçait le supplice qu’allaient connaître mes deux clampins quelques jours plus tard lors d’une journée passée à Kyoto mais chut ! ne déflorons pas trop le plaisir. Il était en tout cas plaisant de retrouver cette vieille, tout comme il le fut de se baigner de nouveau dans le sento de l’Aceland, tout comme ensuite d’être invités dans un resto pour s’empiffrer de bonnes choses afin de fêter dignement mon anniversaire. Allez ! si toutes les journées allaient être comme ça, se coltiner Olrik jr et Olrik the 3rd promettait de n’être pas trop douloureux.

 

17 juillet

Normalement, entre le 15 et le 20 juillet a lieu le matsuri sur une des avenues principales menant au centre de Miyazaki. Rien de bien exceptionnel : des stands de bouffe, des jeux pour les enfants, des démonstrations de danse, des concerts de taiko et un flux de personnes dense et stimulant pour l’appareil photo. Le temps était magnifique, j’avais chaud, mais je mesurais de nouveau combien les rédacteurs des guides de voyage qui conseillait d’éviter de se rendre au Japon l’été sont des imbéciles. Si tu ne termines pas ta journée avec un t-shirt maculé de taches de sel à cause de la transpiration, et après des heures passées à humer de violentes odeurs de bouffe et à admirer les filles dans des yutakas colorés, c’est que tu ne sais pas ce qu’est le vrai plaisir au Japon.

 

18 juillet

Le matsuri se déroule toujours sur deux jours. Il commence aux alentours de 17 heures et se termine vers 23. Pour cette deuxième session de plaisir synesthésique, je demandai au beau-père de rabouler en voiture les enfants à 17H30 puis de les récupérer deux heures plus tard. Habillés de leurs jolis jinbei, les kids comprirent vite que cette promenade allait être plus intéressante pour eux que la précédente. Ils profitèrent surtout du concert de taiko, totalement nouveau pour eux. Olrik jr en avait bien vu un mais c’était lorsqu’il très gros et très gras à la fin de la première année de son existence. Il avait assez kiffé les percussions mais neuf années plus tard n’en avait évidemment conservé aucun souvenir. Le compteur avait donc été remis à zéro et c’est intéressés et un brin fascinés qu’ils assistèrent à une demi-heure de furia sonore. Un quart d’heure plus tard, « jichan » récupérait ses petits-enfants pour dîner à la maison, me laissant seul comme un chien, mais aussi comme un bienheureux à l’idée de rester et transpirer pour encore deux bonnes heures de magie matsuriesque.

 

Pas de rudbeckies autour du toboggan

Journées du 1 au 4 août 2014.

1er août

tsuno-mikoshi

Retour au petit matsuri de Tsuno où des jeunes mâles montrent aux donzelles de la petite ville de quel bois ils sont fait. Ça braille, ça éructe, ça fait le fier… et c’est au bout du compte lamentable et drôle puisqu’à force de faire les cakes les mecs ont brûlé leur réserve d’énergie en cinq minutes et se sont traînés tout le long du parcours à faire des pauses de deux minutes tous les dix mètres. Comme je disais, lamentable mais drôle.

2 août

Pluie :

pluie

 

3 août :

tobgogan-herbe

A Miyazaki, on a le souci du bonheur des enfant. Ainsi ce magnifique toboggan qui, enfoui au beau milieu de mauvaises herbes, donnera l’impression aux mômes de vivre pour de vrai un épisode d’Indiana Jones.

Dans la journée petite halte au Yamada Denki pour une petite séance de fauteuil masseur :

massage-tournesol

Et puis on y trouve de beaux spécimens de fleurs. J’adore les rudbeckies.

Le soir, dîner dans un restau où l’on paye un forfait pour y rester une heure et demie et bouffer tout ce que l’on veut. Avec un rayon vianda assez bien achalandé :

restau-viande

De beaux spécimens de viande.

4 août

Début de l’habituel trip dans le trip, voyage de sept jours, le temps d’activer le Japan Rail Pass, qui va nous faire remonter vers Takatsuki puis aller à Osaka, Kyoto, Tokyo et d’autres destinations. 1ère étape à Takatsuki située entre Kyoto et Osaka (le rêve) et qui va constituer notre base puisque y habite lafamille de la cousine de Madame. L’occasion aussi de revoir sa grand-mère, vénérable vieille dame de 100 ans qui nous a quitté il y a quelques mois. Une belle mort comme j’aimerais en avoir : pas de maladie, pas de sénilité prononcée, juste une mort de vieillesse sans souffrance avec un visage d’une incroyable sérénité.

Avec le trajet en train, la visite à la maison de retraite et la soirée chez la cousine une journée des plus calmes donc. Le soir mini ballade dans les rues du quartier pour capter l’atmosphère de ces éclairages et de ces maisons qui donnent parfois l’impression que vous allez tomber sur un de ces yokai ou obake dont raffolent les légendes urbaines nippones.

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Glace et mouchoir sexys sur le trottoir

Triste W-E pour moi puisque au même moment se tenait à des milliers de kilomètres l’Erekocha matsuri de Miyazaki. je n’explique pas à nouveau de quoi il s’agit, voyez ici ou matez cette vieille vidéo concoctée il y a quatre ans par mes soins (faites excuse pour la qualité de l’image, c’était avec une petite caméra de poing assez minable) :

A chaque fois que se tient le festival de danse, même si c’est toujours un peu la même chose, j’avoue être tout fébrile d’excitation lorsqu’on approche les dates se tenant fin juillet début août. D’ailleurs j’étais tellement excité la dernière fois que j’en suis tombé malade comme un  chien! Ça explique pourquoi on saute les dates du 24 et 25 juillet, bien mal qu’il était le père Olrik ! J’avais toutes les peines du monde à tenir une promenade de cinq minutes et encore plus un bon repas ou – l’horreur ! – une bière fraîche ! C’est dire si ça allait mal et j’ai bien cru quej’allais devoir faire une croix sur le matsuri.

Heureusement il n’en a rien été et c’est presque alerte (il y avait encore un peu de faiblesse) que j’ai pu enfoucher Tornado, mon fidèle destrier :

vélo

… pour rejoindre le matsuri. Au programme : numéros de danse, couleurs, costumes, chaleur lénifiante mais agréable, boissons fraîches toutes les demi heures et environ deux mille photos. Un léger tri a été effectué mais je suis encore loin du compte. Voici en tout cas six photos qui sont sorties de ce premier tri.

Journées du 26 et 27 juillet.

On commence avec une jeune fille rêveuse qui sirotait tranquillement son pot de glace pilée :

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Qui dit matsuri, dit bien souvent taiko :

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Vingt minutes de bruit et de fureur à la fin desquelles les musiciens finissent souvent exténués.

Preuve que ça allait mieux en ce qui me concerne, cette photo où une seconde après le drame de cette glace qui s’échoue lamentablement sur le bitume, j’ai dégainé le réflex pour choper la belle tache mais aussi les belles gambettes paniquées de l’acheteuse.

glace-velo-jambes

Moi, d’ordinaire, je suis le chevalier servant de ces dames. Un mouchoir qui tombe et, tel Gauvain, je me rue pour ramasser le délicat tissu. Après, il y a des circonstances qui font que je peux m’abstenir de toute galanterie. Assis sur un banc à vérifier les dernières photos, une bijin fait tomber son mouchoir, le ramasse, moi je dis : photo ! (et le mec derrière semble s’être aussi offert la sienne mentalement).

matsuri-fille-mouchoir

Le soir, promenade dans l’arcade commerciale, évidemment bondée de monde :

arcade-homme-kimonos

Même si ce vendeur, posté en face de son magasin de vêtements, semblait parfois bien seul :

arcade-vendeur

Seul aussi devait se sentir ce sashimi de cheval au bout de mes baguettes, alors que j’avais été rejoint par la famille pour passer un moment dans un izakaya. Son supplice ne tarda pas. Généreux, j’abrégeai ses souffrances en lui octroyant le droit de rejoindre dans mon estomac d’autres de ses camarades baignant dans de larges rasades de bière. Ouais, ça allait définitivement mieux.

sashimi-cheval

Un jouet pour les épouvantails qui ont gagné la bataille de mikoshis

Journées du 21, 22 et 23 juillet 2014

21 juillet

matsuri-bataille-mikoshiComme disaient les Musclés, c’est la fête au village ! Plus précisément à Sadowara, à quelques dizaines de kilomètres au nord-ouste de Miyazaki. Au programme : bataille de mikoshis ! A ma gauche l’équipe bleue, à ma droite la rouge. Le but ? Renverser le mikoshi adverse pardi ! Après, les bidules sont tellement lourds que j’ai peine à imaginer que cela ait pu arriver, on peut penser qu’il s’agit surtout de bloquer et de malmener au maximum l’adversaire. Une chose est sûre : les participants en chiaient comme des Turcs ! Un peu moins les chefs au-dessus, il est vrai, donner des coups de sifflet ou d’éventail faisant assurément moins transpirer. Si j’ai bonne mémoire ce sont les bleus qui ont gagné. Mais le combat n’était pas fini puisque j’enchaînai avec Madame dans une de ces virulentes disputes dont nous avons le secret et dont vous me pardonnerez de ne pas révéler la futilité de la cause.

22 juillet

epouvantail

J’ignore si les épouvantails sont réellement efficaces avec les piafs. Il faut cependant reconnaître que ceux à visage d’enfant d’être assez inquiétants.

Le matin, petite incursion dans l’école où Olrik jr bossait pour la semaine. L’occasion de faire à la bibliothèque une belle découverte, mille sabords !

école-tintin

23 juillet

toysrus-lyceennesAprès m’avoir tanné dix jours durant j’ai fini par céder : direction le Toysrus de Miyazaki. A défaut d’être en âge pour serrer tendrement dans ses bras une lycéenne, Olrik the 3rd jeta son dévolu sur un autre type de rondeurs…

Salutations à Ronald qui s’est fait foutre de lui au matsuri

Journées du 18, 19 et 20 juillet 2014

18 juillet

ronald-mac-donald

Suite du matsuri du jour précédent. Comme le mauvais goût peut surgir n’importe où au Japon, le Mac Do de l’avenue où se déroulait le matsuri, en bon sponsor des festivités, avait installé une scène à côté du magasin sur laquelle se produisaient différents artistes. Parmi eux, Monsieur Padebol à qui il était échu la dure tâche d’endosser le costume de Ronald Mac Donald pour faire rire (enfin, tenter de) une foule franchement indifférente. Quelques donzelles le prirent bien après en photo, mais que le consolation fut maigre en comparaison des collégiens qui, hilares, lui lancèrent moult quolibets et plaisanteries blessantes. Il était très facile dès lors de lire sur le visage de l’artiste : « putain ! qu’on en finisse ! ». Dur d’être un clown has been…

19 juillet

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Parfois, l’été, on a l’impression que les matsuris ne s’arrêtent plus. Dès le lendemain, nouveau matsuri, cette fois-ci à deux pas de la maison, à l’école où Olrik Jr avait bénéficié d’une petite semaine d’étude histoire de bénéficier d’expérience totalement immersive avec des gosses de son âge. Je m’y rendis tout seul, le reste de la tribu ayant décidé de faire les feignasses sous air conditionné à la maison. Je fis bien, à un moment du matsuri les spectateurs avaient la possibilité de s’approcher de la scène afin de taquiner les taikos. Ça me changeait de Taiko no Tatsujin sur PS2. Genre de petite expérience toute conne mais que j’ai tendance à apprécier avec le même enthousiasme qu’un gamin.

matsuri taiko

20 juillet

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Tournoi de baseball le matin à la même école avec le même rituel à la fin : les salutations entre les deux équipes suivies de celles au public. Le jour où l’on verra des mômes s’insulter où se foutre sur la gueule sur un terrain de yakyû n’est pas encore arrivé.

Le petit vieux aux lunettes détectrices de bijins a un frère qui arrive à se bouffer la gueule

Journées du 15, 16 et 17 juillet 2014.

15 juillet

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Vélo, bijin, ombre, bitume, enseigne et bandes de passage piéton : une après-midi de street shooting comme une autre.

 

16 juillet

Journée moins marrante du fait d’un temps bien maussade. Cela dit dîner le soir à un excellent restaurant spécialisé dans l’unagi (l’anguille), un de mes mets favoris. Au retour, décompression dans la maison belle-parentale avec un concours de « je tiens par la barbichette » entre Bob Sapp (pour découvrir qui est Bob sapp, voir ce combat rigolo) et un petit vieux qui, après une minute d’impassabilité, dégaîne la grimace ultime :

bob-sapp-grimace petit-vieux-grimace

 

Après plusieurs rounds (quart, demi et finale), le vieillard qui se bouffe la gueule a évidemment remporté le trophée.

 

17 juillet

Matsuri. Parmi quelques individus qui ont attiré mon attention, ce petit vieux aux lunettes transformers. Ouais, quand une bijin à kimono passe, il vaut mieux enlever ses verres fumés, c’est vrai.

Matsuri. matsuri-vieux-lunettes

Bijin à keitai, petit vieux à casquette et chat à voiture

Comme il y a deux ans, pas de Japon durant l’été pour votre serviteur. Pas de nouvelles photos à prendre en arpentant le bitume de Miyazaki donc. Mais comme il y a deux ans aussi, c’est le moment pour moi de mettre le nez dans les milliers de photos prises lors de l’été dernier, de les trier et d’en sélectionner une par jour histoire de revivre par procuration quelques épisodes de mon sixième voyage. Mon Canon 600D m’a encore rendu de bons et loyaux serices (même si j’ai commencé par être lassé de son objectif 18-135mm encombrant et peu discret) mais c’était surtout sur mon nouveau Fujifilm X-M1 sur lequel j’ai jeté mon dévolu. Plus confortable à transporter et plutôt chouette dans les ISO élevés. Moins réactif en revanche dans la photo de rue que mon Canon, il a fallu s’essayer à de savants réglages pour obtenir un résultat correct.

Bref tous les trois jours sera posté un article couvrant trois journées passées dans la douceur (relative) de Kyushu l’été.

12 juillet

fille-keitai-panneauRetrouvailles avec le centre de Miyazaki pour une 1ère séance de street shooting. Je me suis vite rendu compte combien les filles perdues dans leur keitai et la signalétique urbaine m’avaient manqué.

 

13 juillet

1er matsuri. Rien de bien exceptionnel mais qu’importe : Olrik jr et Olrik the 3rd ont été ravis d’y bouffer leur premier kakigori et de pêcher leurs premiers poissons rouges (pauvres bêtes) dans un des stands de jeu. Sinon quelques numéros de danse, une démonstration d’arts martiaux, de la bière et quelques individus à photographier, dont ce vieux à casquette.

vieux-matsuri-fille

 

14 juillet

Arrivent les inévitables promenades dans le quartier des beaux-parents, réseau de petites rues truffées de détails incongrus et peuplées de matous qui font ce que tous les matous du monde font : glander. Je n’ai pas revu Harlock mais d’autres de ses congénères n’ont pas tardé à croisé le chemin d’un grand gaijin tout ruisselant de sueur.

chat-voiture

 

Au royaume des morts, les chats borgnes sont rois

chat borgne

11, 12 et 13 août.

11 août, en début d’après-midi les enfants du quartier, encadrés par quelques adultes, défilent dans les rues en portant un petit mikoshi. La chaleur est douce, avec une petite brise, mais certains voisins envoient gentiment de l’eau sur les bambins pour les rafraîchir. Le soir, un peu plus loin dans le même quartier, a lieu l’ O-bon, le matsuri à la mémoire des morts. Installé sur un petit square, il voit se réunir les gens du quartier venu discuter, manger, boire et regarder diverses danses traditionnelles. Ambiance apaisante. Olrik Jr en profite pour retrouver un copain d’école et jouer avec lui tandis que Bachan achète des trucs pour les faire bouffer à Olrik the 3rd qui n’en demandait pas tant.

bon odori

Le lendemain, O-bon toujours (l’Hachigetsu Bon dure 3 jours au mois d’août). Direction le cimetière pour honorer la mémoire des aïeuls de la belle-famille. On peut fleurir la tombe bien sûr mais, pour un homme, y poser une cigarette qui se consume et une canette de bière est loin d’être impensable au Japon :

autel mort

Bonne coutume ma foi, mais incomplète en ce qui me concerne, il faut que que je songe à inscrire dans mes dernières volontés qu’une bonne rasade de Mandom soit en plus aspergée sur ma tombe lorsque je passerai l’arme à gauche.

Enfin, le lendemain, à nouveau promenade dans les rues du centre ville où je tombai sur un des compadres d’Harlock, le chat tout moisi que j’avais rencontré quelques jours auparavant. Plus vivace et donc moins enclin à se laisser approcher, il grimpa aussitôt sur le montant d’un distributeur de canettes pour gagner un toit. Je pus malgré tout l’accrocher en zoomant un peu :

chat borgne2

Les Hakata bijins et les Sunshine Ladies ne dansent pas la samba

hakata samba

27, 28 et 29 juillet.

Cette matinée du 27 juillet sentait méchamment le retour aux bercailles. Mais avant le retour à Miyazaki, halte d’une demi-journée à Fukuoka, ancienne ville de ma douce et dans laquelle un RDV avait été programmé à un restaurant avec plusieurs de ses amis.

Fukuoka est sympa mais ne remplace pas la douceur de vivre de Miyazaki. Après, il y a les Hakata bijins, les belles femmes de Fukuoka supposées éclipser par leur éclat toutes les autres. Je ne saurais dire si cela tient plus du fait avéré que de la légende urbaine. Après, moi, j’en connais trois que je suis sûr de retrouver à la même place à chaque voyage :

Il s’agit d’un petit trio de maikos déjà aperçues en ces pages. Rien n’y fait : sous la pluie, en pleine pollution, sous un soleil écrasant et parfois souillées de guano, les trois jeunes femmes sourient, imperturbables, très professionnelles, à ces clients qui déambulent et s’arrêtent pour les admirer. Elles en remontrent même aux idoles des affiches publicitaires, dont les sourires figés constituent un bel effort d’abnégation mais ne durent qu’une poignée de jours :

statue maiko fukuoka

Après le dîner on file à la gare pour la dernière ligne droite jusqu’à Miyazaki. Enfin, façon de parler car il y en avait bien pour cinq heures de train, avec au bout un Olrik the 3rd bien fiévreux, sans doute au bout du rouleau après toutes ces journées sur le bitume. Bah ! Une ou deux journées sous clim’ avec Môman, Jichan et Bachan, et il y avait fort à parier pour le voir revenir en force.

En tout cas pour moi, pas de repos puisque l’Erekocha Matsuri commençait dès le lendemain. Je passe sur les détails de ce matsuri, déjà évoqué précédemment, juste une ancienne vidéo concoctée par mes soins pour se plonger dans l’ambiance :

La journée fut une nouvelle fois saturée de numéros de danse, le point d’orgue étant la grande parade de tous les participants sur la longue avenue du centre :

Parmi les milliers de danseurs, homes, femmes, ados, enfant et vieux, on ne rate évidemment pas le passage des Sunshine Ladies, les miss Miyazaki qui profitent de ce matsuri pour passer le flambeau à trois nouvelles miss qui honoreront la ville une année durant :

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Le soleil couchant offrait alors une délicate lumière sur ces yukatas et ces joues de pêche. Gros kiff évidemment de votre serviteur. Il n’en allait pas de même pour Olrik the 3rd qui était alors en train de se faire kidnapper par Anpanman !

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OTOSAN TASUKETE !

Heureusement pôpa veillait au grain et après avoir collé une grosse tête à l’ignoble individu, je repris mon bien et pus aller rejoindre toute la famille à un resto non loin pour me reposer d’une journée bien pleine. Le safari photo continua cependant après manger.

Le lendemain bis repetita (le matsuri dure deux jours). Enfin, pas complètement. Aux frêles maikos et aux délicats yukatas succédaient les Brésiliennes et leurs interminables numéro de Samba :

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Maman, la dame qui me tient la main me fait peur.

Vraies Brésiliennes ou authentiques portugaises, je ne saurais vous dire. Ce qui est sûr c’est que ça débordait de barbaque et qu’il était amusant de voir le contraste entre cette sensualité qui se donne à voir et celle des Japonaises en yukata où au contraire tout est caché. Les dames faisaient la promotion d’une marque de boisson. Je ne sais pas si la firme a vendu beaucoup de liquide mais leurs mascottes ont au moins permis à pas mal d’homme de se rincer l’œil.

Homme cherchant un cactus dans la jupe d’une vahiné

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14, 15, 16 juillet… 2012. Un bon moyen de se mettre sérieusement à un tri de milliers de photos couvrant un séjour de 40 jours, c’est de s’amuser à inspecter une année plus tard jour pour jour la masse de clichés prise lors d’une journée. C’est ce que je fais actuellement, une petite heure journalière à dépiauter un dossier, à comparer des photos, à zoomer pour en voir les imperfections à cause d’un mauvais choix d’obturation, à se prendre la tête plusieurs minutes sur un cas parce que l’on croit que la photo pourrait être améliorée par un savant recadrage, enfin à éliminer impitoyablement ce qu’il faut bien appeler les photos ratées. Avec toujours un petit doute, comme un pincement au cœur, mais avec des photos RAW de 24 MB, faut pas non plus trop hésiter. Au passage, pour ceux que ça intéresse, le soft FastStone Image Viewer est particulièrement bien adapté pour ce genre de tâche. Rapide, il permet de zoomer sur les RAW, chose que ne fait pas le soft Canon (ZoomBrowser) ce qui en soi le rend totalement caduc, et surtout de faire des comparaisons de manière très intuitive entre deux photos.

Bref, trois photos pour aujourd’hui sélectionnées à la va-vite et recouvrant donc trois journées de l’année dernière.

14 juillet.

homme marchant parapluie

15 juillet

Matsuri célébrant les mérites du thon. J’en avais déjà parlé lors d’un précédent article. L’année dernière il se tenait sur la petite plage non loin du port en fin d’après-midi, c’est-à-dire avec une chaleur moins ardente, une légère brise, du thon découpé sous vos yeux et distribués gratis en petits cubes dans une barquette, un spectacle de sentaï d’opérette et des vahinés :

vahiné

Je ne sais pas pour le Japon en général, mais c’est une danse très courante du côté de Miyazaki. Les danseuses ont entre 20 et 40 berges (parfois plus d’ailleurs) et ont souvent des poignées d’amour, ce qui est parfaitement logique pour jouer à la Tahitienne. Gauguin aurait sûrement apprécié le spectacle de ces croupes dansantes, une canette de Sapporo bien fraîche à la main.

16 juillet

Photo prise lors de l’une de mes innombrables promenades dans le quartier de la belle-famille, mic-mac de petites rues où le moindre objet, pour peu que l’on sache regarder, vous semble crier sa présence. Associés avec d’autres ils offrent parfois au regard un spectacle un brin surréaliste, comme cette canette de chocolat au lait bien rouillée aux prises avec le branches tentaculaires d’un cactus. Manque plus que Léguman  dans les parages et l’on aurait vraiment l’impression de se balader en live dans un épisode de Téléchat. 

canette cactus

 

Coming next : bijin de la semaine #31

La solitude du porteur de mikoshi

L’été dernier n’a pas été des plus cléments à Miyazaki. Tantôt c’était un typhon qui passait au nord et nous aspergeait de flotte trois journées durant. Puis au moment où l’on pensait que les ballades sous le soleil allaient de nouveau être possible, c’était au tour d’un autre typhon de venir en provenance d’Okinawa et de nous frôler les moustaches avec les mêmes conséquences. Du coup, il fallait jouer serré avec la météo et avoir un bon timing si l’on voulait profiter des festivités alentours quitte à revenir avec la couenne un peu humide.

C’est ce qui s’est passé avec le matsuri de Tsuno, à 60/70 bornes au nord de Miyazaki. Alors que le ciel était plutôt clément, je décidai illico de m’y rendre en début d’après-midi en compagnie d’Olrik Jr. Devant ma proposition, le drôle fit montre d’un accueil bien tiédasse. Envie de jouer avec sa DS… d’être tranquille… à la rigueur d’aller voir son jichan à son élevage de poulets. Bon, moi, vous me connaissez, bonne pâte mais pas trop non plus : 

Nâââni ? Tu refuses de te promener avec pôpa ?

… à ses paroles de jocrisse qui sentait surtout l’envie de se scotcher à l’écran de sa nintendo, je ne fis ni une ni deux, et quelques coups de pieds au derche plus tard, et surtout après une heure et demie de route (oui, il faut ça au Japon pour faire 60 bornes), nous arrivâmes au matsuri devant lequel mon gamin dut bien admettre que ouais, c’était finalement cool d’être là.

En soit, le matsuri d’été de Tsuno n’a rien d’original : des hordes de jeunes gens remplis de biceps circulent dans le centre en portant de lourds mikoshi (sorte de sanctuaires portatifs) tout en gros rondins bien lourds et ici surmontés de plusieurs donzelles aux seins compressés par une bande de linge, tapant frénétiquement sur des taikos pendant que les messieurs en chient des ronds de chapeau. Du monde mais pas non plus la foule : quelques centaines de gens éparpillés dans les rues, vraisemblablement surtout des autochtones. Et pour les gaijins, je ne m’étend pas, j’étais le seul.

Bref a priori pas exceptionnel mais  finelement spectaculaire du fait que les mikoshis passent dans des rues qui laissent moins de deux mètres sur les bords pour circuler. Du coup, on la voit bien la procession, et on les voit bien les visages grimaçants des jeunes gens qui, pour certains, souffrent réellement leur mère. Au bord de la rupture, ils aimeraient bien tout lâcher mais voilà, impossible de le faire sous peine de créer une réaction en chaîne chez leurs collègues de martyr et un accident potentiellement mortel (aucune exagération de ma part, c’est le genre de chose qui est déjà arrivé). On comprend d’ailleurs très vite qu’il ne s’agit de bourdonner autour avec son reflex sans faire gaffe. Le mikoshi avançait rarement en ligne droite. C’était plutôt un zigzag plein d’inertie. Un mikoshi voulait-il virer à bâbord pour corriger une trajectoire qui filait en plein sur deux vieux, une mère de famille enceinte et une poussette, qu’O.K., il virait à tribord mais l’opération prenait tout de même plusieurs mètres avant d’être réalisée.

Cela faisait donc un moment riche en émotions et en difficultés à gérer. Prendre des photos en évitant les mikoshis, les quidams sur les bords, surveiller Olrik Jr que je voulais éviter de ramener à la maison à l’état de crêpe, et essayer de prendre des photos au plus près en évitant d’importuner les participants (malgré mes précautions j’ai souvenir de quelques regards noirs).

Du coup, la petite expérience qui s’avérait pas vraiment neuve s’avéra assez fabuleuse par l’intensité des efforts des participants et leur grande proximité. Pas mal de photos et de vidéos ont été prises mais comme tout cela est toujours encore un peu en jachère sur mon disque dur, j’en posterai plutôt de temps en temps plutôt que de tout balancer à la va-vite (les article style « vas-y que je décharge ma carte mémoire sans recul », je préfère éviter).  En voici une tout de même : 

La visite pris une heure et demie, le temps d’humer la simplicité et la bonne humeur ambiante du matsuri. Avant de partir, Olrir Jr résista difficilement à la tentation de se faire tirer le portrait sur l’un des mikoshi : 

Olrik Jr, Luffy style (et, au moment de taper ces lignes, plutôt fier et mort de rire de se voir ainsi)

J’en profitai d’ailleurs pour mettre mon épaule sous l’un des rondins pour voir si le machin était aussi lourd qu’on le prétendait. Et oui, il peut être aussi comme ça votre cher Olrik, d’une naïveté presque désarmante. Evidemment, malgré mes qualités athlétiques qui me valurent dans ma folle jeunesse le titre de « Grand Commandeur du Bambou Turgescent » dans certains établissements de Kobe, le mikoshi ne moufta pas d’un millimètre. Paradoxe de ces mikoshi terriblement lourds mais dont le spectacle offert ne l’est pas, lui. Simple, coloré, joyeux, léger, presque aérien, à l’image de ces milliers de feuilles en papier qui surmontent les autels. L’image est belle : les mikoshi sont alors autant d’arbres en mouvement dont les racines à deux jambes triment, piochent dans leur énergie pour permettre à ces branches colorées d’êtres vues le temps de quelques heures. Ephémérité qui donne au matsuri de Tsuno des allures d’Hanami d’été. Evident que j’y retournerai la prochaine fois.

Summer is coming

En fait, l’été est déjà est là, mais pour moi, il commencera vraiment dans quelques semaines lorsque je retrouverai un certain pays. Déjà l’excitation est à son comble et la projection mentale de ce que j’y ferai, intense. C’est finalement l’avantage de ne pas habiter au Japon et de se retrouver condamné à n’y aller que tous les 2-3 ans : l’éloignement spatial et temporel fait son effet et le plaisir « d’être là » est alors infiniment plus fort à celui « d’y habiter ».  Le temps n’y sera pas à volonté mais bien compté. Et au plaisir de se fondre dans le temps présent s’ajoutera illico la tristesse de le voir se transformer en temps perdu… avant qu’il ne se mue plus tard en temps retrouvé avec la provisions de souvenirs sur cartes mémoires que j’aurai eu le soin de constituer.

Bref, le temps de quelques semaines, je me retrouverai dans un compte à rebours où le moindre parcelle de temps, de la journée à la seconde, sera consacrée à une captation sensorielle qui me fera dire à chaque fois :

« Bon Dieu ! que c’est bon d’être ici ! »

Finalement, je me dis que ces retrouvailles cycliques me conviennent en ce qu’elles me permettent de reconstituer des illusions qui auraient pu être défraîchies à la fin d’un séjour. Sorte d’hymen mental qui me permet de me lover réellement ou virtuellement dans le pays de mes fantasmes. Il faudra bien un jour que je mette sur le tapis cette protection en me lançant dans un séjour à plus long terme. Quand je vois ce que permet ma profession, il y aurait bien une possibilité. Mais il est encore un peu tôt pour ça…

Bref, le temps n’est pas arrivé où je serai blasé du Japon. Et encore moins celui où je ne ressentirai plus le désir de déverser en ces pages le trop plein de plaisir que m’apporte ce pays. Et même si certaines expériences ont pu être décevantes, elles ne pèsent pas lourd face à toutes celles qui, alors que je suis au milieu de la trentaine, me donnent à penser que j’y ai vécu les moments les plus forts de ma vie. L’heure sera donc toujours à l’émerveillement et pas au ton cafardeux de celui qui a perdu ses illusions.

En attendant, voici une liste toute personnelle des petites choses indispensables que je me promets bien de retrouver ou de faire le plus vite possible une fois que j’aurai posé mes basque là-bas.  La liste n’est pas exhaustive, j’en oublie sûrement, mais elle reflète assez bien les goûts de votre serviteur. Si vous pensez que j’en ai oubliées, ou si vous en avez quelques unes en tête qui mériteraient d’être évoquées, balancez !

1) Humer les odeurs de nourriture dans les rues d’un centre ville
2) Les haltes aux convinis pour la pause 4H après une promenade harrassante en plein cagnard. On veillera alros à s’acheter un de ces petits pots de glace à la vanille de marque Meiji.
3) Prendre son vélo après dîner pour aller au joli sento qui se trouve dans le centre à 20 minutes (complétement con car il faut bien revenir et on a largement le temps de retranspirer et de puer le fénec arrivé à domicile. Mais c’est pour le plaisir de faire une virée nocturne à vélo et de choisir des chemins compliqués pour le retour).
4) L’air climatisé des magasins après la chaleur de l’extérieur.
5) La chaleur de l’extérieur après l’air climatisé des magasins.

6) Flâner dans les Book-off pour y dégoutter des mangas inconnus ou des photobooks bon marché.
7) Prendre le petit-déj’ avec les gosses en se matant les programmes pour la jeunesse de la NHK.
8) Se rendre dans un toys’r’us avec son garçon (enfin, maintenant « ses ») pour acheter des choses aussi essentielles qu’une figurine en plastique de Kamen Rider ou un énième jouet Anpanman (ça, c’était avant. En ce moment, c’est plutôt l’obsession Saint Seiya)
9) La petite sieste de l’après déjeuner, sur les tatamis et le ventilateur juste à côté, avant de repartir en ville pour une séance électrique de street shooting.
10) Les matsuris quels qu’ils soient : de quartier, moyens ou importants, du moment qu’il y a une ambiance chaleureuse, des jolies filles en yukata et des trucs à bouffer.

11) Le combo Asahi-shochu lors du dîner pour montrer à son beau-père que son gendre a lui aussi une bonne descente. Après le dîner, petite sortie nocturne au distributeur ou au combini du coin pour s’acheter une canette glacée de café au lait.
12) Déambuler dans des rues ordinaires, en croisant des petites grands-mères ou des écoliers revenant de l’école.
13) Glander dans un cybercafé. Pas forcément longtemps, juste le temps de faire ses mails, de profiter du confort hallucinant et de siroter des boissons gratuites.
14) Les bains de foules électriques dans Tokyo ou Osaka, le reflex à la pogne.
15) Faire un yakiniku le soir en terminant par un feu d’artifice.

16) Manger de l’anguille.
17) Recevoir dans la rue de ces petits signes amicaux et spontanées d’autochtones tout étonnés de voir un gaijin prendre des photo dans leur quartier.

18) Se consumer de fureur consumériste à l’Aeon qui par chance se trouve non loin de la maison.

19) Se réveiller en se disant que c’est parti pour une nouvelle journée au Japon et que ça, c’est cool.

20) Enfin, admirer la démarche heurtée et indiciblement sexy des bijins l’été. La seule chose qui mérite de sortir de chez soi pour affronter une chaleur à décorner des boeufs (euh…).

Hyuga hyottoko natsu matsuri

Le matsuri de Hyuga n’est pas le plus fameux des matsuris d’été. De fait, bien qu’il y ait du monde, rares sont les touristes gaijin qui font le déplacement pour y assister. Il faut dire qu’il faut en vouloir : Hyuga se trouve à mi-chemin entre Miyazaki et Oita. Pas d’aéroport, juste des routes ordinaires pour y accéder (même pas sûr qu’il y ait une autoroute à proximité) et un tortillard longeant les côtes :

Mais voilà, comme beaucoup de petites villes, Hyuga a su se doter en 1984 d’un matsuri à la fois modeste et unique en son genre. Tellement unique qu’il est considéré comme le matsuri le plus célèbre de la préfecture de Hyuga. Pas d’éparpillement, juste un thème lié à un personnage que ceux qui sont allés au Japon ne connaissent peut-être pas de nom mais ont vu au moins une fois par le biais d’illustrations ou de masques : 

Hyottoko

Appartenant au folklore, Hyottoko est sans le plus célèbre personnage de bouffon. Venant de « Hi » (le feu » et d' »otoko » (l’homme), il est à l’origine une sorte de dieu du feu. Sa bouche tordue, souvent représentée par deux points rouges, évoque la pipe qu’il y avait toujours vissée et par laquelle il soufflait du feu. Traditionnellement, dans une danse appelée dengaku, il est associé à un autre célèbre pesonnage : 

Okame

Divinité de la bonne humeur qui, par une danse érotique, est parvenue à faire sortir d’une caverne la déesse Amaterasu. Peut-être ici vous dites-vous : « une danse érotique ? super ! y’a bon! ». Auquel cas je me dois de réfréner vos ardeurs en vous avertissant que vous ne trouverez pas dans cet article de danse du ventre, de strip tease ou de poll dance shinjukesque. Imaginez juste une bonne femme joufflue engoncée dans des vêtements par forcément saillants et avançant sans le moindre déhanchement lascif, le tout ponctué de gestes du style « viens donc chez moi, on va se boire une tisane ! ». Non, en fait de bijin, il faut attendre patiemment ou les Hyuga girls fassent leur speech sur scène :

Vé la pitchoune !

Bref ces deux personnages, associés à celui de Kitsune le renard :

… forment le trio thématique du festival. Et ce qu’il propose est archi-simple : rien moins qu’un concours de danse. Chaque participant endosse le costume et le porte le masque du personnage de son choix, choppe un numéro de participant et, avec ses concurrents, monte sur scène pour montrer durant dix minutes sa maîtrise de la danse de Hyottoko, d’Okame ou de Kitsune. Le tout sur toujours la même musique, à savoir celle-ci :

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Imaginez, des heures en plein cagnard avec cette musique ! Croyez-moi, même si vous n’assistez qu’une seule fois à ce matsuri, la ritournelle vous hantera encore bien des années après. De quoi vous demander si le matsuri n’est finalement pas un peu lassant sur les bords. Disons plutôt qu’il est répétitif, avec ce que cela suppose de vertu hypnotique. La danse obscène de Hyottoko, ses vigoureux mouvements de hanche comme s’il donnait un coup de bite dans le vent amuse d’abord. Et puis très vite on s’en détache, on oublie et on va voir ailleurs. Et cet « ailleurs » a bien peu de choses à offrir : stands de bouffe, de masques joliment confectionnés par des artisans locaux, et c’est tout.

Et certains canaris aux jolies jambes.

On comprendra du coup que le festival, malgré les milliers de visiteurs qu’il draine chaque année, semble plutôt réservé aux habitants et à ceux de la préfecture. Reste que j’ai fait deux fois ce festival et à chaque fois avec un certain plaisir. Pour la deuxième, je venais en connaissance de cause mais sans déplaisir que je retrouvai la ribambelle de masques grotesque et la ritournelle entêtante qui accompagne leur sarabande. Magie du matsuri, quelle que soit la saison, on s’y love, on vaque à ses occupations photographiques, on déguste de temps à autre une cochonnerie, on sympathise gentiment avec l’autochtone bref, on passe un moment sympa et on en oublie qu’il doit bien faire 35°C.

« Matez les mecs comme le gaijin transpire à grosses gouttes ! – Oh, le con! »

Oui, même si l’intérêt va commencer à devenir limité, bien plus en tout cas que l’Erekocha matsuri de Miyazaki, j’y retournerai, ne serait-ce pour assister cette fois-ci à la parade nocturne de tous les participants dans les rues de Hyuga. A un moment où les corps sont fatigués et en même temps repus de bière japonaise pour se désaltérer, je gage que le spectacle offre un surplus de folie forcément photogénique.

Je termine avec une vidéo perso. Dans le fatras de bouts de vidéos que j’ai pu récolter, faire un truc un minimum construit n’a pas été évident. On essaiera de faire mieux la prochaine fois.

YOU ! ME ! DANCING !

Prendre des vidéos souvenirs, c’est sympa. Sur le coup en tout cas, car lorsqu’il s’agit par la suite à regarder des dizaines et des dizaines de petits fichiers très imparfaits, ça devient vite fastidieux. Ainsi l’Erekocha matsuri de Miyazaki que j’ai souvent évoqué en ces pages. Rappelons juste rapidement que c’est un festival assez récent (il fête cette année son dixième anniversaire) consacré aux danses de toutes provenances : hip hop, traditionnel, traditionnel/moderne, de type girls band, burlesque, etc. Programmée sur deux jours à la fin de juillet (ou début août), ce festival, qui draine plusieurs centaines de milliers de visiteurs et des centaines de participants, est un plaisir pour les sens, un véritable bol de vie.

Les différentes scènes sont réparties sur différents points du centre ville et il est enivrant de passer d’une à une autre, les yeux flattés de ces couleurs chamarrées oprtés le temps de deux journées, de ces prestations scéniques imaginatives et parfois étonnantes pour de simples amateurs, et de ces jolies filles dont la beauté semble irradiée par la bonne humeur communicative qui règne lors de ce festival.


Agrandir le plan

Certes, on peut regretter que certains groupes de danseurs n’aient pas toujours beaucoup de goût lorsqu’il s’agit de choisir une musique pour les accompagner, les oreilles saignent parfois (surtout lors des prestations exécutées par des midinettes de danseuses). Mais ce n’est pas grave, il sont là pour danser et les spectateurs sont là pour dans le meilleur des cas les admirer, dans le pire se divertir et profiter de l’ambiance gentiment électrique.

Autant dire qu’avec mon Nikon dans la main droite et ma petite caméra dans la gauche, je n’en ai pas perdu une miette. Reste à faire quelque chose de tout ce fatras de vidéos plus ou moins boiteuses. J’aurais pu faire un montage didactique de plusieurs dizaines de minutes avec force sous-titres mais à quoi bon ? La scène se passe dans le centre de Miyazaki, avec plein de gens de tout âge qui se trémoussent, que faut-il dire de plus ? Du coup, j’ai sorti mon katana et n’ai pas hésité à trancher dans le lard. Le résultat, juste  6 minutes 40 qui, je l’espère, vous donneront une bonne idée de ce qu’est le festival.

Vous pardonnerez les petites maladresses, étant loin d’être un pro du montage, je suppose qu’il y en a, on a fait ce qu’on a pu hein ! Quant à la musique qui accompagne, oui, je n’ai pas choisi de chanson japonaise mais une du groupe Los Campesinos qui, malgré son nom, est un groupe tout ce qu’il y a de plus anglais. Le titre ? YOU ! ME ! DANCING ! Tout un programme…

(visionnage en 720p conseillé, les pixels y sont moins baveux)

Panning raté, sourire de bijin réussi

Actuellement un peu empêtré dans un logiciel de montage pour livrer une nouvelle vidéo souvenir (ça faisait longtemps et l’été se prête bien à ce genre de nostalgie), je m’octroie une petite pause pour livrer cette photo prise lors d’un matsuri. Fin d’après-midi sur l’avenue principale de Miyazaki, dégagée de tout véhicule pour l’occasion. Une jeune femme avec un machin rouge dans les cheveux s’approche en courant, la lumière faiblit, depuis quelque temps les 400 ISO commencent à être un peu léger au niveau de l’obturation, j’ai juste le temps de me dire qu’en faisant un petit mouvement pour accompagner la course de la fille, je pourrais obtenir un petit panning sympa. Rapidement, le panning est cette technique qui consiste à suivre panoramiquent un objet en mouvement avec un temps d’obturation qui permette de flouter l’arrière-plan tout en gardant net l’objet au premier. Autant dire que sans trépied et sans essai préalable, c’est quasi impossible.

Aussi le résultat est-il plus qu’imparfait. Mais ce sourire, ces pommettes et cette glissade insouciant dans un milieu urbain tout à la satisfaction de ses sens me suffisent finalement. Et puis, je sais bien qu’un jour je réussirai l’ultimate panning sur une bijin en mouvement. Je n’étais d’ailleurs pas passé bien loin de la totale réussite, à Paname, alors qu’une créature entre la gazelle et le top model traversa sous mes yeux ahuris une place à côté de l’opéra :

La troisième sera la bonne.

Entre ombre et lumière

Trois semaines qu’a eu lieu le tiercé perdant tremblement de terre – tsunami – nucléaire. Trois semaines et je dois bien l’avouer : je m’en suis largement remis. « Votre famille va bien ? On pense beaucoup à vous en ce moment ». Remarque amicale de mon toubib hier. Aussitôt, je dégaine une mine rassurante pour assurer que oui, tout va bien, que de toute façon, la belle-famille étant au sud-est, on a de quoi dormir relativement tranquilles. Et d’enchaîner avec un air cafardeux pour s’accommoder avec l’expression rembrunie de l’interlocuteur qui, plutôt que d’arborer une mine réjouie pour notre chance, préfère jouer la sérénade de l’apitoiement pour ce peuple qui morfle sévère. Cela permet de couper court à une conversation qui pourrait s’éterniser. J’ai la technique, je l’ai pratiquée un grand nombre de fois avec des collègues et des voisins. Je pourrais entamer une conversation entrant plus dans les détails, mais je me suis vite aperçu combien l’exercice était vain et douloureux.

On s’aperçoit du gouffre qu’il y a entre les analystes factuels de salon qui n’ont jamais mis les pieds au Japon et une façon de ressentir les choses plus viscérale, plus intime. J’ai essayé une fois ou deux puis j’ai assez vite battu en retraite, préférant laisser dire plutôt que de chercher à exposer une vision des événements qui aurait le tort aux yeux des autres d’être inadéquate car trop subjective, pas assez « homme du XXème siècle » (comme dirait Madame Mado), et qui aurait celui pour moi de rabaisser un événement « personnel » à une conversation de PMU. Tiens ? je parlais de tiercé…  peut-être un lien de cause à effet avec ces discussions auxquelles ne manquaient plus que le pastaga et les cacahuètes pour parfaire le plus croquignol des spectacles : l’analyse de comptoir, l’argumentation du coup de poing sur la table, la dialectique à l’haleine chargée, la caboche sur biceps.

Bref, ça va mieux. Étrangement mieux d’ailleurs. Les dix secondes quotidiennes que consacrent dorénavant nos journaux nationaux semblent tirer en longueur un cauchemar qui n’en a plus longtemps à exister (enfin, dans sa forme la plus spectaculaire s’entend). Un mauvais rêve peut laisser une empreinte encore vive dans une matinée. Mais à la fin de la journée…

C’est un peu pareil avec le japon et ce nom de Fukushima répété ad nauseam jusqu’à le rendre presque importun, grotesque dans son côté « les plus courtes sont les meilleures ». Impression renforcée lorsque j’entends mes beaux-parents plaisanter avec mon fils via la webcam. Savent-ils au juste qu’il y a eu quelque chose dans leur pays ?  Sans doute mais ça n’empêche pas mon beau-père de s’envoyer sa Kirin et ses verres de shochu glacé pour décompresser d’une nouvelle journée de boulot harassante. Quant à moi, j’ai passé cette semaine à découvrir avec délice la fonction « Street View » de Google Earth et à essayer de retrouver des endroits qui m’avaient fait ressentir une émotion quelconque lors de mes séjours là-bas. Fukushima ? J’avoue n’avoir pas cherché une seule fois pour voir à quoi ressemblait l’endroit.

Finalement, il en va de mon inquiétude comme de la radioactivité. Éprouvante au début car dense. Et puis, le quotidien et son habituel lot de vents en tout genre aidant, elle se disperse et finit par devenir tolérable, moins prégnante. J’ai beau fermer les yeux pour imaginer ces petites rues en charpies et dont la forme première entrait douloureusement en résonnance avec la familiarité que j’entretenais avec leurs équivalentes mizayakiennes, ce n’est plus la même chose : je rouvre les yeux, je prends une gorgée de café, puis, au choix, je me replonge à mon travail, à mon article en cours, à mon livre, à mon film ou à Street View pour essayer de retrouver où se trouvait cette jolie fille photographiée lors de l’Erekocha matsuri de Miyazaki. Lumière virtuelle d’un Japon vécu en France, lumière qui suffit à me faire oublier l’ombre qu’il est en train de traverser. Ou plutôt, à me faire croire qu’il saura comme ce beau visage retrouver la lumière avec un grain de peau intact. Ou à peu près. Sans métastases de préférence.

Portrait de photographe – Japanese Style

Un petit up comme on dit, parce que ça fait dix jours que je n’ai rien posté, et surtout parce que je ne peux faire guère mieux qu’un post dans la section photographie, empêtré que je suis dans un article drinkoldesque.

Don’t fuck with my big DSLR !

Je livre donc ces photos de ce jeune homme qui avait attiré mon attention lors de l’erekocha matsuri de Miyazaki. Posté fièrement sur une échelle, l’œil vif, la pétoire à la main, les pectoraux seyants, il m’en avait clairement imposé. J’avoue d’ailleurs avoir hésité avant de le shooter alors que je me trouvais à 3-4 mètres de lui. Mais un léger sourire me fit comprendre que je n’avais rien à craindre, moi misérable larve avec mon pauvre Nikon D70 et son objectif ridiculement court. Un remake du Lion et du Rat en quelque sorte…

Peasu serie (7/?) : Des danseurs, deux nanas sexy et un père de famille tenant son enfant dans ses bras

La remarque de Martin sur une vieille photo a bien fait les choses : cela m’a incité à y rejeter un coup d’œil et à me demander pourquoi j’avais opté pour le recadrage de la première version (version qui a d’ailleurs d’ores et déjà disparu de ce blog). Sans doute une de ses prises de tête que l’on peut avoir lorsqu’une photo offre plusieurs possibilités et qui vous amène à choisir le plus mauvais choix…

Du coup, voici, sonnez trompettes! la version redux (oh putain!) avec la démarche cambrée et des gambettes qui font plaisir à voir. Mention spéciale au père de famille qui, sans doute lassé d’attendre madame, trouve un peu de réconfort à poser discretos ses yeux  sur un endroit rebondi que ma position ne permettait pas de voir.

La photo a été prise au matsuri Erekocha de Mityazaki auquel il faudra bien un jour que j’accorde un véritable article avec une ribambelle de vidéos.  Cela se passait à la fin, lorsque des  milliers de participants défilent sur une avenue de deux kilomètres. Il y avait de tout : des groupes en costumes traditionnels, d’autres en tenue de baseball, de rockers (façon rockabilly), etc. Du ravissement pour tous les sens (des odeurs de bouffes en veux-tu en voilà) et une atmosphère de joie particulièrement  communicative.

Les deux minettes traversaient la rue au moment où je prenais une photo d’un groupe de danseurs. Enfin, je crois plutôt que je feignais de me focaliser sur ce groupe et que je les attendais afin d’avoir une juxtaposition de deux éléments très distincts. En tout cas, je me suis fait remarquer.  Pas grave, au contraire, après un petit mouvement de surprise amusée,  le signe amical qui a suivi, tout comme le geste mécanique de la donzelle de gauche pour s’arranger les cheveux, ont été aussi prompts que mon doigt sur le déclencheur.