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Julien Sorel fréquente Mme Moreau à Karuizawa

Yutaka Okuda – Producteur de roman porno

Lady Karuizawa
(軽井沢夫人 – Karuizawa Fujin)
Masaru Konuma – 1982

Masaru Konuma – Réalisateur

 

(La scène se passe dans un restaurant familial près de Shinjuku)

OKUDA – Bon, alors, pour le prochain, t’as une idée ?

KONUMA – Hmm… ouais, je me dirige vers un truc genre remake de Plein Soleil.

OKUDA – Hein ? Le film avec Delon ?

KONUMA – Oui, enfin, remake juste partiel hein ! L’histoire se passe à Karuizawa, en gros un triangle amoureux avec d’un côté deux jeunes petits bourgeois arrogants et de l’autre un roturier qui va buter le concurrent pour mieux se taper le personnage joué par Marie Laforêt.

OKUDA – Quoi ? T’as un contact avec elle ?

KONUMA – Mais non, t’es con ! Et pourquoi pas avec Delon tant que tu y es ? Non, je veux dire le personnage de la petite péteuse de bourgeoise. J’ai songé pour le rôle à Yumi Yoshikawa. J’ai d’ailleurs préparé pour elle à une scène où on la verra se trémousser sur un terrain de tennis et une autre où elle se fera lécher du pinard français sur les pieds.

OKUDA – Beurk ! Un peu crade, non ?

KONUMA – Penses-tu ! Il en faut un peu plus pour dégoûter nos spectateurs. Et pis de toute façon, y aura une autre scène où le pinard sera répandu sur les oppai, sans compter une scène de douche, important ça, les scènes de douche ! Donc ça va le faire.

OKUDA – Ouf ! Franchement je préfère ça ! Mais sinon tu as dit que ce serait un remake partiel de Plein Soleil

KONUMA – Oui, en fait, accroche-toi gros, mon histoire est un mélange de Plein Soleil et du… Rouge et le Noir !

OKUDA – …

KONUMA – Bordel ! Le Rouge et le Noir quoi !

OKUDA – …

KONUMA – Mais putain ! De Stendhal quoi ! Faut que t’arrête de te branler devant Heibon Punch, y’a pas que ce genre de lecture dans la vie ! C’est un putain de roman français du XIXème siècle, sur un jeune arriviste qui va servir une bourgeoise plus âgée mais bien gaulée en étant le précepteur de son fils. Il va monter un à un les échelons de la société avant de commettre un crime et finir décapité !

OKUDA – Euh, t’es sûr que ?….

KONUMA – T’en fais pas, je contrôle tout. Et pis c’est pas comme si le roman porno devaient tout le temps bien se terminer. J’ai quand même le droit de faire une tragédie érotique, non ? Du moment que tu as ton cota de scènes avec morceaux de dargifs à découvert dedans ?

OKUDA – Bon, OK, je te fais confiance. Et j’y pense, pour la bourgeoise MILF, Naomi Tani serait pas mal, non ? je sais qu’elle a pris sa retraite mais j’ai ouï dire que financièrement ce n’était pas top pour elle. Peut-être qu’en lui proposant…

KONUMA – Euh, t’as la mémoire courte. Je te rappelle que l’année dernière elle s’est goinfrée une caisse alors qu’elle promenait son clébard et elle en est encore à se farcir des séances de rééducation. Après, si tu veux des scènes de fesses avec une actrice aussi rigide que Toutankhamon dans son sarcophage, moi je veux bien.

-OKUDA – Ah merde, c’est vrai, je ne pensais pas que sa rééducation allait durer si longtemps, pauvre Naomi chan ! Bon, alors qui sinon ? (il porte sa tasse de café aux lèvres)

KONUMA – Hin hin ! Accroche-toi à ton petit noir salopiaud ! J’ai songé à…

OKUDA – (buvant sa gorgée, il regarde en même temps Konuma d’un air interrogateur).

KONUMA – Miwa Takada ! (Okuda s’étrangle avec son café et en recrache lamentablement sur sa chemise. La réplique qui suit doit être accompagnée de toussements).

OKUDA – Hein . Kof kof ! Takada ? Kof ! T’est fou ? Elle n’est pas de notre monde ! Kof ! C’est une actrice grand public, une chanteuse, elle est habituée aux films de sabre, elle a joué dans plein de Zatoichi.

KONUMA – OSEF man ! Là, c’est la même chose, faut juste changer le type de sabre, hu hu !

OKUDA – Excellent !

KONUMA – Oui, je sais. En tout cas te bile pas, je l’ai contactée, elle a accepté. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Faut croire qu’elle veut enrichir sa palette de rôle ou que Kataoka n’est pas assez passionné.

OKUDA – Kataoka ?

KONUMA – Décidément tu sais queud, je ne sais pas comment tu as fait pour finir producteur.  Hidetaro Kataoka, l’acteur kabuki qu’elle a épousé. Pas un rigolo si tu veux mon avis.

OKUDA – Ah oui, j’avais oublié. Mince ! Je me demande comment il va prendre la chose de voir ainsi à l’écran sa femme.

KONUMA – Ça, ce n’est pas notre problème. Mais connaissant l’animal je prédis un divorce dans les mois à venir.

OKUDA – A ce point-là ? Mais les scènes à oilpé avec Miwa seront nombreuses ?

KONUMA – Quatre, cinq… peut-être six en fait.

OKUDA – Wow ! Et corsées ?

KONUMA – Boh, rien que de très ordinaire. Plans esthétiques, un peu de léchages de tétons et, oui, quand même, j’ai pensé à ce plan :

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OKUDA – Ah ! Là…

KONUMA – Ouais, même si c’est pour de faux, ça peut faire méchamment tiquer un mari acteur de kabuki. Tiens, d’ailleurs le voilà l’acteur Kabuki, regarde :

OKUDA – BWAHAHAHA !

KONUMA – Pareil. Le gus est quand même mal placé pour reprocher quelque chose à sa femme. Enfin, on verra.

OKUDA – Enfin quand même, c’est pas un peu casse-gueule de prendre une célébrité inexpérimentée ?

KONUMA – Marrant, je pensais que le rôle des producteurs était de rabouler un max de fric. Réfléchis un peu. Tu es un mâle, depuis longtemps tu en pinces pour cette chanteuse-actrice qui, à quarante, est toujours très bien de sa personne. Pendant des années tu as secrètement fantasmé sur les trésors de son corps qu’elle s’est toujours refusée de livrer à l’écran. Et là, tout à coup, tu as la possibilité de voir ça !

OKUDA – Quoi, « ça » ?

KONUMA – ÇA !

OKUDA – Gulp ! Doux Jésus !

KONUMA – N’est-ce pas ? Tous les fans vont radiner pour voir leur belle quadragénaire se livrer comme ils ne l’ont jamais vue ! Sois sûr qu’ils vont même raquer plusieurs fois un ticket pour s’en mettre une double, une triple, voire une quadruple dose ! Et pour ce qui est du « inexpérimentée », je la sens très capable d’être convaincante à l’écran en nous campant un personnage tout en fièvre et en spasmes. Assez hâte de voir sa belle chevelure voler dans tous les sens. J’imagine bien ce genre de chose…

OKUDA – Je reconnais que c’est alléchant. et puis il y aura sans doute le « petit scandale » que ne vont pas manquer de faire mousser les tabloïds.

KONUMA – Voilà, tu commences à comprendre.

OKUDA – Mais Takada en a conscience, ça ne la dérange pas ?

KONUMA – Franchement, j’ai l’impression que son couple bat de l’aile et qu’elle s’en bat un peu les ovaires. Et puis elle m’a confié qu’elle avait aimé mon travail avec Naomi, comment je mettais en valeur son corps. J’ai du coup imaginé quelques scènes pour achever de la rassurer, des scènes garanties 100% esthétisantes.

OKUDA – T’as un exemple ?

KUNUMA – Tiens, ceci :

OKUDA – Hmmm, joli. Quoi d’autre ?

KONUMA – Tiens, récemment je suis tombé sur un réalisateur gaijin dans un troquet de la Golden Gai, un amerloque, un certain… attends ça va me revenir, Terrence Ma… quelque chose. J’ai oublié. Bref, en discutant avec lui cette idée m’est venue :

Des personnages écrasées par la nature, mais en même temps fusionnant avec elle, le tout accompagné par des commentaires fulgurants en voix off des personnages tels que : « L’amour est dans la nature », « D’où vient cet amour qu’engendre la nature ? », « La femme est une terre nourricière » ou « La femme est une créature divine faite pour ensemencement divin ». Ça va être cool !

OKUDA – Euh, là, je crois que tu t’avances un peu. Réfléchis, je ne suis pas sûr que ça va bien fonctionner.

KONUMA – Tu crois ? Bon je verrai, je testerai et si ça ne fonctionne pas je ne vais pas me prendre le chou, je mettrai une balade de folk/pop à la place.

OKUDA – Et sinon, la fin sera comment ? Ça finira mal donc ?

KONUMA – Un peu, oui. C’est l’autre truc pris au Rouge et le Noir, le roman français. En fait, à la fin voici ce qui va arriver à l’amant. Attends, je te le dis à l’oreille, on a famille avec des enfants sur la table d’à côté et j’ai l’impression que le paternel nous regarde avec un air furibard depuis quelques minutes (il chuchote à l’oreille d’Okuda).

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OKUDA – Ah ouais quand même. Euh, par contre tu n’es pas Georges Lucas, le trucage risque de craindre, non ?

KONUMA – Même pas peur. Après 90 minutes à se palucher (oui, je ne t’ai pas dit mais je vais exploser la durée habituelle allouée aux roman porno), le spectateur ne nous en voudra pas.

OKUDA – Bon, ça me paraît bien engagé tout cela. Et sinon, pour finir, il y aura d’autres personnages intéressants ?

KONUMA – Yôko Azusa va jouer le rôle d’une étudiante qui va mettre le grappin sur le héros le temps de deux scènes. Dans l’une, c’est une petite fête alcoolisée d’une bande de jeunes sur la plage. Ils vont faire de la musique, manger, picoler, baisotter tranquillou, des jeunes quoi ! Dans l’autre, ce sera en pleine nature, c’est l’idée dont je t’ai parlé, avec les coms en voix off.

OKUDA – Personnage pas très utile finalement ?

KONUMA – Complètement inutile. J’ai juste envie de tester une scène en pleine nature.

OKUDA – Hé ! au fait ! La bourgeoise est donc mariée ! Comment est le mari ?

KONUMA – Un gros relou. Il sera d’ailleurs dans la première scène de fesses que jouera Miwa. Ah ! Et son personnage a aussi un petit garçon. Ah mais je te l’ai dit, le héros sera son précepteur. Il y aura d’ailleurs une scène tragique dans laquelle le gamin passera tout près de la noyade tandis que sa maman et le précepteur seront en train de réviser une certaine matière au lit. Ça éloignera d’ailleurs la maman pour un temps du héros. Forcément, elle va culpabiliser un peu. Et mais j’y pense… Ça me rappelle quelque chose…

OKUDA – Une scène dans un autre de tes films ?

KONUMA – Non, rien à voir. attends, ça va me revenir… Ah ! J’y suis ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Flaubert !

OKUDA – …

KONUMA – Cherche pas, tu connais pas. Un romancier français.

OKUDA – Encore ?

KONUMA – Ouais. Sans m’en rendre compte, je viens de fusionner Plein Soleil, L’Education Sentimentale et Le Rouge et Le Noir. Avec un tel script je tiens là un nouveau chef-d’oeuvre ! On va faire un carton !

OKUDA – Franchement, après tout ce que tu m’as dit, je veux bien commencer à le croire. Allez, tu as le feu vert pour tourner dès le semaine prochaine. Sur ce, on y go ?

KONUMA – Allons-y !

(Les deux hommes se lèvent et se dirigent vers la caisse pour régler l’addition. Là, ils sont rattrapés par un autre homme, le père de famille de la table à côté de la leur. Il a l’air gêné).

LE PÈRE – Monsieur Konuma, excusez-moi !

KONUMA (méfiant) – Oui ? Que puis-je pour vous ?

LE PÈRE – Euh… j’ai écouté attentivement votre conversation à table. Ne vous inquiétez pas, je faisais semblant d’être en colère pour donner le change à ma femme mais en fait, euh… j’aime bien voir vos films quand je sors du boulot. Euh, si j’osais, je vous demanderais bien…

KONUMA (rassuré et un peu flatté) – Demandez mon bon, demandez…

LE PÈRE – Pourriez-vous me donner en avant-première un de ces merveilleux gifs ? c’est pour ma collection.

KONUMA – Ah ! Si ce n’est que ça, aucun problème, tenez mon ami :

LE PÈRE – Oh ! Merci beaucoup Konuma sensei ! Je le garderai précieusement dans ma collection, foi d’Olrik !

7/10

Daimajin (Kimiyoshi Yasuda – 1966)

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Dans la famille des kaiju eiga qui ne font pas mal aux yeux, je demande le grand, le magnifique, l’indestructible Daimajin. Et par la même occasion le trio de réalisateurs (Kimiyoshi Yasuda, Kazuo Mori et Kenji Misumi) qui, en 1966, réalisèrent d’un coup les trois opus qui sortirent l’année suivante.

Presque 50 ans plus tard, que reste-t-il de ces films ? Comment ont-il franchi les décennies ? Peut-on y prendre du plaisir si l’on est un geek qui se pâme d’admiration  devant les bêêêlles images de Pacific Rim ? Eh bien oui, trois fois oui, même si je dois dire qu’au début je n’y allais pas le cœur complètement serein lorsque j’introduisis la galette dans mon lecteur. Mais je ne tardai pas non plus à comprendre que j’allais avoir droit à une merveille de petit spectacle. Le HD aidant, la série s’est offerte une cure de jouvence et jamais le géant de métal n’a paru aussi terrifiant. Surtout, on voit mieux ce qu’avait de pertinent la démarche de la Daiei qui, pour contrer le succès des kaiju eiga des autres studios (Godzilla, Mothra, Rodan…), choisi de produire des films avec Gamera puis d’intégrer le genre dans un autre, le film historique, domaine dans lequel le studio avait largement fait ses preuves.

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Maintenant ça va chier !

Avec cette démarche, le spectacle est total. Certes, on trépigne un peu puisqu’il faut attendre une heure avant que le géant ne fasse son apparition. Mais ce n’est pas vraiment un problème puisque Yasuda nous concocte ce qui manque par exemple à un Pacific Rim : une histoire. Une histoire et des êtres qui, pour archétypaux qu’ils soient, n’en restent pas moins convaincants et touchants dans leur humanité. Rapidement l’histoire :

Dans un village, la population panique car des tremblements se font ressentir du côté de la montagne juste à côté. Il s’agit sûrement du Majin, un esprit guerrier emprisonné dans la montagne qui essaye de s’échapper. Le seigneur du village, Hanebase, un homme bon, envoie la prêtresse et les villageois prier pour essayer d’apaiser sa colère. C’est le moment que choisit Samanosuke pour le trahir en prenant le pouvoir. Hanebase est tué mais sa fille (Kozasa) et son fils (Tadafumi) parviennent à s’enfuir avec l’aide de la prêtresse et d’un samouraï, Kogenta. Dix ans plus tard, les enfants ont grandi et vivent paisiblement dans la montagne. Rien ne vient plus en revanche au village puisque Samanosuke y fait régner la terreur et a réduit son peuple en un esclavage très Cecil B. De Mille. La situation ne s’arrange pas lorsque Kogenta est fait prisonnier et torturé, et lorsque la prêtresse Shinobu est bassement assassiné par Samanosuke. Kozasa et Tadafumi n’ont dès lors plus guère d’espoir pour délivrer leur ami Kogenta et surtout mettre hors d’état de nuire Samanosuke. A moins que l’étrange statue dans la montagne…

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Tout ceci couvre la première heure et je dois dire que l’on en s’ennuie pas un instant. Humanité, espérance, cruauté, ce cocktail de sentiments peut faire penser au Tezuka de Bouddha ou de Phénix. Bien plus fine que nombre de films avec Godzilla, l’histoire déroule lentement mais sûrement les étapes qui vont fatalement amener à la délivrance et à la colère de Daimajin. C’est bien joué, les acteurs sont beaux, que ce soit pour interpréter la bijin (Miwa Takada) qui va émouvoir le cœur de pierre de Daimajin :

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C’est beau une bijin qui pleure.

Ou pour camper le rôle du vilain :

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Excellent Ryûtarô Gomi

Par ailleurs les ambiances ont souvent de la gueule :

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Et la mise en scène, inventive, et aidée par l’ambiance shinto, permet des petits effets que l’on ne trouve pas dans les Godzillas. Ainsi la fuite dans la forêt d’un petit villageois dont l’imagination lui fait croire qu’il y a des fantômes et que la moindre branche est évidemment une main de squelette qui tente de l’agripper :

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Ajoutons à cela un chatoyant Eastmancolor et une magnifique partition d’Akira Ifubuke, le maître des musiques de kaiju eiga (parmi tant d’autres choses). Cela fait un peu pléonasme d’écrire « magnifique partition d’Ifubuke » mais j’ai par exemple encore en tête le thème mélancolique qui intervient plusieurs fois dans le film :

Et puis, donc, arrive Daimajin qui va être moins réveillé par la tentative idiote des sbires de Samanosuke pour le détruire que par les prières et les larmes de Kozasa. Evidemment, on ne s’attend pas qu’un géant de métal créé en 1956 s’agite avec plus de vélocité que les aussi horribles que vains Jaegers de Pacific Rim. Il n’importe : lorsqu’un Yoshiyuki Kuroda s’occupe des effets spéciaux et conjugue ses talents avec ceux du trio de réalisateurs évoqués, on doit s’attendre à un rendu qui a de la gueule et fait pour durer. Ce que j’ai trouvé admirable dans cette séquence finale, c’est que la HD, pourtant impitoyable pour révéler les trucs, les machins et autres bouts de ficelles (ainsi pas mal de créatures inventées par Ray harryhausen), sert finalement admirablement la scène et enveloppe totalement le spectateur pour le faire profiter d’un spectacle qui émerveillera sans peine un gosse d’aujourd’hui (film vu avec un Olrik Jr médusé) et même un grand gosse qui en a vu d’autres. La grammaire cinématographique est simple mais parfaitement maîtrisée. Jeu sur la lumière (l’arrivée de Daimajin coïncide avec un ciel soudainement chargé de nuages), jeu sur les points de vue pour exprimer le gigantisme et la vulnérabilté de ses ennemis réduits à de simples cafards, superpositions d’images, créations de maquettes, Kuroda et Yasuda font feu de tout bois et ne ratent pas le final de leur film. Surtout, ils évitent tout sentiment de lassitude en résistant à la tentation de ne pas montrer Daimajin dès la première heure.

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A ce titre, ce film est une belle réponse à tous ceux (Jean-Baptitste Thoret en tête, hélas) dont le discours critique concernant Pacific Rim n’appelait pas plus loin qu’un ridicule (et assez systématique j’ai trouvé) « c’est un film à voir avec des yeux d’enfants, pas besoin de se prendre la tête ». Certes, on a un peu cela avec Daimajin. Mais avec la poésie en plus, une certaine naïveté non sans grâce et, surtout, une histoire.

8/10 !

Les Blu Ray de la trilogie se trouve chez Mill Creek Entertainment, avec des sous-titres anglais. L’image est de toute beauté. 

Bonus track : Miwa Takada quelques années plus tard…