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Une belle-fille aux dents aiguisées

Afin de bien commencer la lecture du premier article pinku de l’année, je vous propose de le lire tout en écoutant cette chanson :

Pas de choix plus approprié en effet puisque Yôko Hatanaka est une de ces idoles qui ont succombé à un moment de leur carrière aux sirènes du roman porno pour varier les plaisirs (et gagner un peu plus de sous). Elle participa au film qui nous intéresse aujourd’hui en ne décrochant pas moins le rôle principal dans un des tout meilleurs roman porno de l’année 1980. Bon, genre je fais celui qui s’est maté les 68 roman porno de cette année pour dire cela, j’avoue humblement que je m’avance peut-être un peu. En tout cas, ce titre fait partie de ceux auxquels un minimum de soin a été apporté dans le script, le choix des actrices et leur interprétation, ce qui fait que le titre se regarde avec plaisir, voire intérêt, en particulier si on aime la cruauté car c’est un des plus tordus, des plus cruels – notamment dans sa conclusion – qui m’ait été donné de voir.

愛の白昼夢 (Ai no Hakuchûmu soit Rêves d’amour)

Kôyû Ohara – 1980

La cruauté apparaît de plusieurs manières dans le monde merveilleux du roman porno. On songe évidemment aux scènes de viol, aux meurtres (parfois) ou au bondage et son folklore. Si vous goûtez peu à ce dernier cas, je vous rassure tout de suite : Ai no hakuchumu ne mange pas de ce pain-là, et c’est tant mieux. Sa cruauté est plus subtile car incarnée par le joli minois rond de Hatanaka, alors âgée de 21 ans :

Une jolie petite gueule d’amour mais ne vous y fiez pas, cette fille-là, comme dirait l’autre, elle est terrible.

Voici en quelques mots l’histoire :

Yôko, apprentie peintre se destinant peut-être à faire les Beaux Arts, est inquiète : son papa, veuf célibataire plein de fric et qui aime à tringler de la gueuse intéressée sur son yacht, a décidé de reprendre sa vie en main et de s’assagir. Il projette de se marier avec Akiko (Yuki Kazamatsuri), bijin directrice d’une galerie d’art. Or, cela déplaît fortement à Yuko qui aimerait bien garder son papounet rien que pour elle et qui ne va pas forcément chercher à bien  accueillir sa nouvelle belle-mère…

Hatanaka est parfaite dans le rôle de Yuko. Son visage, son sourire, sa voix, tout concourt à donner à la minette le bon dieu sans confession. Face à la belle-doche, en apparence elle joue l’accalmie, avec des intonations et une manière de parler qui ne laisse jamais passer dans la voix un moment de défaillance, une irruption de colère. Ce qui n’est évidemment pas des plus rassurants, surtout lorsque l’on connaît la gueule de ses tableaux :

Dans une scène où elle montre la toile à son père, elle lui dit qu’il comprend sûrement l’interprétation que l’on peut faire de l’image. Alors que le film s’ouvre sur une fiesta à bord de son yacht (une d’une première partie de jambes en l’air pour monsieur, dans une cabine, avec une fraîche donzelle qui pourrait être sa fille), on pourrait penser que ce vieux requin (vieux car un peu édenté) n’est autre que le père qui passe son temps à croquer des bijins sur mer. Néanmoins, quand on voit la tournure que prend la relation entre Akiko et sa belle fille, on peut se demander si le requin ne serait pas plutôt cette dernière, ange gardien du père qui ne va pas hésiter à s’occuper des importunes voulant un peu trop se l’accaparer.

Le cheptel de poufs qui profitent bien du pognon du papa de Yoko.

D’autant que Yoko a l’air d’avoir un complexe d’Electre carabiné. Témoin cette scène au début dans laquelle Yoko aperçoit au dos du père un peu de sang (sortant de la fameuse cabine des plaisirs, il s’agit de griffures laissées par la pouf’ du jour). Aussitôt elle entreprend…

de lécher la plaie !

Plus tard elle explique à son père qu’il n’y pas besoin d’un remariage puisqu’elle pourrait parfaitement remplacer sa défunte maman. Gros yeux du père qui se dit qu’il y a au moins une chose pour laquelle ce serait tout de même un peu coton de la remplacer.

Mais cela ne convainc pas Yoko qui ne semble pas décidée à partager le père avec sa deuxième mère. Surtout que cette dernière est encore jeune (Yuki Kazamatsuri a alors 27 ans), belle, dinstinguée et cultivée bref, une concurrente plus sérieuse que les jeunes grognasses que s’envoie le père habituellement.

Vous avez été traumatisé par une horrible belle-mère ? Imaginez si vous aviez eu à la place Yuki Kazamatsuri !

Si Yoko Hatanaka est parfaite dans le rôle de la midinette bourgeoise perverse, Kazamatsuri l’est tout autant dans celui de cette belle-mère désireuse à la fois de se faire bien voir par la belle fille et de reprendre en main son éducation. Ce double aspect est visible dès la scène de leur rencontre. Sachant que Yoko est intéressé par l’art, elle lui offre un livre sur William Blake qui lui sera peut-être utile pour ses examens. Et comme le livre est en anglais, cela lui permettra en plus de travailler la langue. Moue ennuyée de Yoko qui ne sait pas si elle aura le temps de le lire. Mais Akiko insiste et lui tend fermement le livre, avec un regard qui ne souffre aucune contestation.

Ce sera le point de départ d’une relation orageuse dans laquelle Akiko alternera les moments de compréhension à ceux d’agacement, voire de colère.

Il faut dire que Yoko fait tout pour provoquer sa belle-mère. Acoquinée avec une bande de jeunes qui passent leur temps à baisotter et à se droguer sur la plage, elle se fait un jour épinglée par la maréchaussée venue faire un débarquement dans leur repaire :

Autant dire que dans ce repaire, c’est un peu la fête au slip (et au soutien-lolos)

Alors qu’Akiko vient la chercher au poste et qu’elles repartent à la maison, Yoko oblige sa belle-mère à prendre un jeune surfeur qui faisait de l’auto-stop. Elle va plus loin en l’invitant à crécher chez elle et, se sachant épiée par Akiko, elle rentrera sans façon dans la salle de bain pour donner une serviette au jeune homme qui a alors popol à l’air.

– Tiens ! c’est pour bien t’essuyer.

– Euh… Thank you !

Un peu plus tard, elle n’hésite pas à se rueur sur lui pour feindre une embrassade enfiévrée sur le plumard juste au moment où Akiko s’apprêt à entrer dans la chambre.

Doux Jésus !

Et ce n’est que le prélude à une multitude de tentatives pour tenter d’écoeurer et de faire fuir la concurrente.

Entre les deux, il y a le père qui ne voit rien, qui ne comprend rien et qui pue la vrille en fait. Manifestement papa gâteau du genre incapable d’éduquer fermement sa merdeuse (le genre mornifles dans le beignet accompagné d’un « tu fais ce que je dis et pas autre chose, OK ? », c’est clairement pas trop son truc), il remet les clés de l’éducation ferme à sa nouvelle épouse. Or, on comprend tout de suite qu’en dépit de sa bonne volonté, ce ne sera pas gagné avec ce petit scorpion de Yoko. Surtout, malgré ses belles paroles prônant dans sa vie l’accalmie, la raison, alors qu’il commence à prendre de l’âge, il ne peut s’empêcher de succomber non pas à l’appel de la mer mais à celui…

Des gros seins !

Les gros seins en question sont ceux de Kyoko Aoyama jouant le rôle de Keiko, grande amie de Yoko. Alors qu’elle a besoin d’argent (elle fréquente un garçon bien incapable de bosser sérieusement), Yoko lui propose tout simplement d’en demander à son père. Et pas besoin de le rembourser plus tard, il lui suffira tout simplement de lui offrir son jeune corps le temps d’une étreinte passionnée. Le père est d’abord offusqué par la proposition et menace de quitter la chambre d’hôtel dans laquelle Yoko a organisé le rendez-vous mais finalement, les flatteries de Yoko et la plastique de Keiko aidant, le papounet accomplit la besogne sans trop barguigner. Evidemment, Yoko en profite pour donner rendez-vous à sa belle-mère dans un resto dans les parages pour qu’elle tombe nez-à-nez avec son mari accompagné, bras dessus, bras dessous, avec une belette – ce qui arrivera.

Enfin, Yoko n’hésite pas à balancer au visage de sa belle-doche l’argument de la jeunesse. N’est-elle pathétique, la vieille, à faire la morale à une jeunette comme elle ? Et d’ailleurs qu’est-ce qu’elle peut bien comprendre aux jeunes ? Et pourquoi s’est-elle mariée avec un homme bien plus vieux qu’elle ? Ne serait-ce pas pour une sombre histoire d’argent ?

A tout cela Akiko répond par le mépris, arguant qu’il y a des choses qui se passent entre des adultes et que les enfants comme Yoko ne peuvent comprendre.

Là, Akiko touchera la morveuse qui a beau fréquenter des jeunes passant leur temps à baisoter entre deux portes…

(ou dans la moiteur d’une voiture sur un parking, comme Keiko et son copain)

… il s’avère en fait qu’elle est toujours vierge. Pour les fans de l’idole Yoko Hatanaka, ce sera évidemment l’espérance de voir leur chanteuse préférée dans le plus simple appareil, le temps d’une scène torride. Cela arrivera en compagnie du jeune surfeur qui permettra à Yoko de devenir femme c’est-à-dire de devenir un peu plus « mère » et donc de revenir à un pied d’égalité avec sa belle-mère.

Avant la fameuse scène, les amateurs de « bikini idols » auront la satisfaction de voir Hatanaka s’essayant aux joies du surf dans un joli bikini bleu.

S’ensuivra alors l’estocade finale pour régler définitivement le cas de la concurrente. Et là, je m’abstiens de donner le moindre indice sur les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Je rappellerai juste le mot évoqué au début de l’article : cruauté.

Si vous êtes friands des roman porno présentant des situations triangulaires dramatiques et cruelles, dites-vous qu’avec Ai no Hakuchumu vous serez servis. La dernière confrontation entre Akiko et Yoko, dans la chambre de cette dernière, jouera la carte de la surprise traumatique. Une petite abjection qui donne tout de suite après d’écouter la bonne humeur des Beach Boys pour se laver l’esprit de ce cauchemar balnéaire.

7,5/10

Pleasure at Hot Spring (Atsushi Fujiura – 1981)

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Le petit monde travaillant dans un paisible onsen est en émoi : une rumeur selon laquelle un trésor serait caché non loin lui vaut d’être submergé par un flot de badauds intéressés par l’idée d’être millionnaire. Au programme de leurs journées deux types de chasses au trésor : les pièces d’or le jour, les petites geishas du onsen la nuit. A ce petit jeu un étranger se distingue, Yagisawa l’homme d’affaires qui aimerait bien acheter le onsen afin de fureter à loisir dans le domaine pour y trouver le trésor. En attendant, il se contente de fureter dans les miches dans les miches de la propriétaire du onsen (qui n’est peut-être pas étrangère à la propagation de la rumeur afin de faire monter les enchères sur son établissement)…

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快楽温泉郷 女体風呂 (Kairaku Onsenkyo Nyotaiburo) aka Pleasure at Hot Spring

Cela devient une constante : qui dit Atsushi Fujiura aux manettes d’un roman porno dit…

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bijins barbotant dans de la flotte (salée ou non) !

On quitte les plongeuses ama aux corps affermis et assainis par l’océan pour retrouver cette fois-ci dans un onsen des gourgandines aux chairs rendues délicates et moelleuses par une eau dépassant les 40°C. Sans aller aussi loin que l’humour trivial d’un Norifumi Suzuki, le ton reste le même que les précédents films de Fujiura, à savoir une histoire légère faisant dans la comédie avec ici et là son lot de scènes WTF. Un fâcheux essaye-t-il de s’approcher en loucedé pour mater les naïades aux yeux bridés (on le comprend), les créatures en question en tôt fait de le repérer et de le châtier avec un autre type de liquide chaud que celui de leur bassin :

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Gaulé ! (cela dit châtiment qui tombe à plat si le mec est urophile)

Par ailleurs le lecteur de ce blog sait combien le saké peut révéler des arômes insoupçonnés s’il a été mis en contact avec une précieuse matière. Aussi ne sera-t-il pas forcément surpris par cette scène :

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Plus surprenant en revanche est ce concours de calligraphie :

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Peut-être la solution pour les personnes dysgraphiques ?

On l’aura compris, ce n’est pas le Collège fou ! fou ! fou ! mais bien un onsen fou ! fou ! fou ! Chaque client y est un pervers potentiel et chaque scène est prétexte à dévoiler au pire une petite culotte, au mieux des attributs qui ne demandent qu’à être dévoilés :

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Kazuyo ezaki, dans le rôle de la soubrette, a évidemment toutes les peines du monde à faire un service à la hauteur des attentes du guide  Michelin.

Après, malgré ces screens qui peuvent donner l’impression que le film est un petit chef d’œuvre, il faut bien reconnaître que l’on reste un peu sur sa faim. Nami Misaki, une des principales starlettes de l’époque, est bien peu exploitée et met par conséquent bien moins l’eau à la bouche (pour rester correct) que Megumi Kiyusato. Même chose pour Kazuyo Ezaki, juste là pour se faire palper les seins (qu’elle a fort gros) par un vieux pervers entre deux corridors ou se faire tringler par le même monsieur, cette fois-ci entre deux fougères dans la forêt, lors d’une scène rapidement expédiée et peu sexy : une honte !

Heureusement, il y a Maiko Kazama dans le rôle de la proprio. Peu de scènes dénudées mais quand elles apparaissent, pardon ! l’ecitation bijinesque monte tout de suite dans un cran. On se trouve face au genre de beauté à la Naomi Tani : la mama san avec certes un peu de tours au compteur mais dont les chairs ont se sont affermies et même embellies au fil des ans. Du coup voir ses deux globes d’albâtre surgir des doux flots d’un bassin :

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gasp !

… ne peut qu’amener à cette conclusion :

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Enfin une parole sensée dans cette histoire de fous !

Ledit trésor qui va s’employer dans une scène aquatique afin de montrer combien les espérances des producteurs afin d’en faire la digne remplaçante de Naomi Tani ne sont pas infondées :

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Maiko Kazama + scène de fesses + eau chaude d’un onsen = intenable !

En fait pas si évident de le départager avec les films d’ama de Fujiura, tout sera une question de goût vis-à-vis de la plastique des actrices et du dosage humour/scènes dénudées. Une chose est sûre : voir un film de Fujiura, c’est l’assurance de téter jusqu’à plus soif de la pelloche rondement filmée :

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Montrez ce sein que je saurais voir.

Sinon bonne nouvelle : Pleasure at Hot Spring a été édité chez Wild Side sous le titre Un trésor de Geisha.

BIJINOMÈTRE :

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Quelques actrices quelconques, une Nami Misaki peu présente mais une Maiko Kazama qui rattrape le coup grâce à de belles figures aquatiques.

LIBIDINOMÈTRE :

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Urine sur la gueule, calligraphie vaginale, saké versé sur le crêpu : élève Fujiura, vous avez la moyenne !

Shojo Kankin (Ikuo Sekimoto – 1977)

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Mais que diantre ce chevelu est-il en train de photographier avec son Pentax ? Pour le savoir ami lecteur, clique sur l’image ci-dessous :

Eh oui ! Il y a gros à parier que cet individu soit plus un bijinologue qu’un ornithologue. Vous en doutez ? Cliquez donc ici, et encore  pour vous en convaincre.

Cette scène de voyeurisme se trouve au début de Shoujou Kankin (la vierge prisonnière), pinku de la Toei évoqué il y a peu à travers sa jolie affiche. Le joli minois et la non moins jolie plastique de Nami Misaki touchent d’emblée au cœur mais est-ce que cela suffit à faire de ce pinku de la Toei quelque chose de regardable ? Ce fut un peu avec méfiance que je commençai son visionnage avant-hier. Allais-je tomber dans la bouffonnerie lourdingue ? Ou bien dans le crapoteux le plus abject ? Eh bien en fait, ce fut plutôt entre ces deux extrêmes et je dois dire que ce Shoujou Kankin réalisé par Ikuo Sekimoto est plutôt une petite bonne surprise.

Le personnage principal est un photographe travaillant pour une agence de mannequinat :

« L’espoir », c’est effectivement ce qu’il faut à Masao, maladroit dans son travail et dont la frustration sexuelle est d’autant plus grande qu’il est constamment entouré de jolies filles. Un jour, il se rend compte que dans l’appartement en face du sien se trouve une fort jolie locataire, Kiyoko (le personnage de Misaki donc). C’est illico le coup de foudre. Mais le coup de foudre à la sauce voyeur et épicé d’une bonne dose de malsain. Quasiment jour et nuit, le canaillou surveille l’appartement de son réflex :

Mais que regarde-t-il donc ? Ami lecteur, cède donc toi aussi à tes pulsions de voyeur, clique sur l’image. N’aie crainte, je ne le dirai pas à ta dulcinée.

Comme James Stewart dans Fenêtre sur cour, notre bonhomme surveille ses voisins avec un gros appareil. Là s’arête la comparaison avec le grand acteur américain car il faut bien avouer que pour la classe, on repassera. Bref, à défaut de posséder réellement Kiyoko, le jeune homme veut la posséder, la capter à l’intérieur de son boitier. C’est un pis aller mais qui ne suffit pas complètement. Car lorsqu’il découvre, stupeur ! que la bijin possède deux grains de beauté à l’aréole gauche :

Bon, autant vous faire profiter aussi de cette grande découverte hein ?

Il délaisse illico son appareil pour s’emparer de son crayon (un vrai, pas celui que vous pensez) afin de compléter un dessin grandeur nature de Kiyoko :

Deuxième pis-aller qui a au moins le mérite de donner plus d’attrait à ses séances masturbatoires :

Attrait évidemment bien relatif.

Autre chose : un pervers dans un pinku ne serait pas vraiment un pervers sans une bonne dose de fétichisme. Ça ne rate pas avec notre héros qui conserve précieusement ses capotes au frigo !

Après y avoir inscrit la date de son accouplement fantasmatique avec Kiyoko.

Arrivé ici, vous vous dites sans doute que le film est soit extrêmement drôle, soit extrêmement glauque. Disons que ce début capte en tout cas l’attention du spectateur par tous ces petits détails sans cesse renouvelés et assez marquants sur le plan graphique. On est finalement pris dans l’étau de deux types d’images : celles renvoyant au corps magnifique de Nami Misaki et celles des perversions du jeune homme. Pas vraiment de progression de l’intrigue,  on suit juste le quotidien effarant d’un voyeur assez malade ainsi que la découverte progressive du quotidien intime de Kiyoko. Finalement, le spectateur n’est pas une fois voyeur, mais deux fois. L’impression est d’autant plus forte que le réalisateur s’abstient d’ajouter une ambiance sonore qui orienterait le spectateur vers une distanciation amusée ou pleine de commisération. Le silence est maître et l’on partage avec le héros cette attente subjuguée de la découverte du corps féminin. Une expérience sordide finalement et si le jeune peut parfois prêter à rire, on est plutôt tenté de le plaindre, surtout lorsqu’un jour…

Clique te dis-je ! Ne fais donc pas l’enfant !

Il a beau l’enfermer dans son Pentax, sur un dessin ou dans son frigo, il n’échappe pas à la dure réalité : kiyoko est maquée ! Premier grain de sable qui fait monter d’un cran la tonalité tragique du film.

Mais ce n’est pas tout, lorsque que quelques jours après, alors qu’il s’aperçoit que…

Bon, je ne dis plus rien maintenant, d’ailleurs, tu n’as même pas attendu ma consigne pour cliquer chenapan !

… il se fait prendre en flagrant délit de voyeurisme par Kiyoko qui lui balance un truc sur son appareil.

Si on aime la psychanalyse de bazar, on pourrait dire ici qu’il y a de la castration photographique dans ce geste et dans cette vision floue de Kiyoko. Cette façon de la posséder n’ayant plus lieu d’être, le jeune homme décide de passer à la vitesse supérieure en la kidnappant.

Ce geste n’a rien de bien original, on ne compte plus les pinku dans lesquels une fille se fait séquestrer pour satisfaire les besoins de son ravisseur. On peut facilement tomber dans un sordide passablement ennuyeux. Une fois encore,    parvient assez bien à échapper à cet écueil en dosant les scènes de sexe et une nouvelle fois en jouant d’une certaine variété graphique dans les scènes, la plus marquante étant certainement celle-ci :

Ce n’est plus Bulles de Japon mais bulles de latex. N’ayant plus besoin de capotes, Masao en fait un tapis de ballons devant une Kiyoko qui ne sait trop quelle attitude adopter devant un tel malade. D’un côté on baigne dans une atmosphère onirique qui a partie lié avec l’imagination (certes perverse) d’un enfant, de l’autre on reste aux aguets devant ce type qui pourrait être prêt à décocher à tout moment un geste fatal. Il faut dire ici que le kidnapping de Kiyoko s’est fait sans grande subtilité, sous la menace d’un couteau et avec brutalité :

Prudence donc. Il y a dans la première partie de la captivité de Kiyoko une volonté de mater les tentatives de révolte, avec toujours cette ambivalence (enfant/violence meurtrière):

Un arc et des flèches, mais pas vraiment pour jouer aux cowboys et aux indiens…

La révolte matée, le kidnapper peut donner libre court à ses fantasmes. Toujours sur un mode étonnamment enfantin. Ainsi sa reconstitution d’un décor montagnard pour jouer aux campeurs :

Ce qui n’empêche pas de placer à l’intérieur sa poupée Nami pour jouer à d’autres jeux :

Ou de lui faire sa toilette le lendemain au petit matin :

Faire la toilette de Nami Misaki… *soupirs*

Et je n’évoque pas la séance de rasage du pubis. On aura compris que Kiyoko devient véritablement sa poupée, la concentration de son affection qui, conjuguée à son imagination (autant dire sa folie) lui permet,  à l’instar du personnage principal de Blind Beast de Masamura, de construire son petit univers qui lui permettra de surmonter ses frustrations (pas totalement puisqu’une scène nous le montre en train de se masturber alors qu’il est juste à côté de Kiyoko).

Reste un élément pour que cette relation soit parfaite : la confiance mutuelle. Alors qu’elle est attachée, Kiyoko ne peut s’empêcher de s’uriner dessus. Bouleversé, le jeune homme la libère, la met debout et… la nettoie avec sa langue.

Nettoyer Nami Misaki avec la langue… *soupirs*

Un renversement s’opère : de dominateur, il devient le dominé, le chien à sa maîtresse. Surtout, il parvient à lui faire l’amour et, pour la première fois à la faire jouir.

Le théâtre de leurs ébats est assez signifiant : projecteur de photographie, dessin grandeur nature de son idole, emploi du temps à gauche sur lequel il consigne tous les faits et gestes de Kiyoko, tout cela semble n’avoir plus aucune importance et être ravalé à un capharnaüm de son passé.

Le lendemain, on passe à un nouveau décor :

Et, partant, à une nouvelle vie. Masao semble comme persuadé que la jouissance mutuelle a nécessairement permis de constituer un couple, un vrai. La retenir attachée n’a plus lieu d’être, il se peut lui donner une bise chaste et se rendre l’esprit tranquille à son travail, il est certain qu’elle ne le trahira pas. Demeurent tout de même à l’arrière-plan la cible et une peinture de nu, témoins de son ancienne vie et dont la présence n’est pas forcément rassurante.

La fin du film se décide évidemment par rapport à la décision que va prendre Kiyoko un fois son mari en carton pâte parti. Le geste est terrible :

Ce que son ravisseur prenait comme un geste fondateur pour asseoir une liaison est évidemment vécue par elle comme une souillure.  Et irrémédiable comme le suggère le dernier geste de Kiyoko avant de quitter le lieu de son calvaire :

Elle enfoncera en effet une aiguille au niveau du vagin de son alter ego dessiné.

Elle n’aura plus qu’à quitter l’appartement, trempée des pieds à la tête, indifférente au regard des autres, pour aller se rendre au premier poste de police venu :

Ironie finale :  Masao se fera arrêter à son travail, dans sa chambre obscure alors qu’il est en train de développer ce cliché :

Et Sekimoto de finir sur ce plan :

Théâtre dérisoire d’une relation malade, théâtre à la fois boursouflé d’objets dérisoires et totalement vide. Théâtre finalement à l’image de ces capotes emplies d’air.

(Poster) Shojo Kankin (1977)

Troisième article relativement court d’affilée. La faute à un dernier article pour DC qui mine de rien m’a pris du temps. Mais la faute aussi à une séance de bricolage qui promet d’être intense. Je taquinais dernièrement Haran Banzai à propos de parquet flottant. Eh bien c’est à mon tour maintenant de m’y coller, et pas moyen d’y échapper : j’avais promis de longue date que la moquette pourrie dans la chambre d’Olrik Jr serait virée durant les vacances. Il faut donc bien s’y mettre, même si je n’ai pas d’aptitudes particulières en bricolage. Autant être clair : tandis que vous serez la loche à l’air à surfer sur le net, soyez certains que je serai à en chier comme un Turc (d’où vient cette expression d’ailleurs ?) avec mon parquet flottant.

Du coup, j’envoie encore un article « Poster » et, vu la gueule de l’affiche, je pense que vous ne vous en plaindrez pas. N’attendez pas non plus une masse d’infos gigantesque à propos du film, pour la bonne et simple raison qu’il y a gros à parier que je fasse très prochainement soit un article sur l’actrice principale (Nami Misaki), soit carrément une critique du film (puisqu’il est en ma possession). Stay tuned comme on dit, moi je retourne à mon infâme parquet.