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Tezuka is not dead !


Troisième et ultime utilisation du mythe de Faust par Tezuka. Et ultime manga tout court, puisque Néo Faust est un peu son Tintin et l’Alph-Art à lui, le manga ayant été inachevé. Tezuka était alors à l’hôpital à cause d’un cancer à l’estomac et continuait malgré tout de gérer ses projets en cours (en plus de Néo Faust, il avait aussi en cours Gringo et Luwig B.).
J’ignore si c’est le cas avec l’édition japonaise, mais les éditions FLBLB ont choisi de reproduire les sept dernières planches de « nemus », les brouillons préparatoires des mangakas, avec un decrescendo graphique de plus en plus dépouillé et forcément un peu poignant. Les premières cases présentent les textes et des croquis de décors et de personnages, puis nous n’avons plus que des planches avec les textes et enfin, sur l’ultime case, le lecteur n’a plus qu’à contempler une case vide appelant forcément à la rêverie. Fenêtre qui invite à imaginer ce que serait devenu le récit, mais aussi métaphore du sort de Tezuka parti pour un « grand nulle part ». Un petit frisson se fait alors sentir à l’idée que l’incroyable machine à raconter s’est définitivement brisée et que Tezuka ne pourra plus continuer à surprendre son lecteur.
Bref, on l’aura compris, si on est un inconditionnel de Tezuka, on se doit de posséder en bonne place dans sa bibliothèque cet ultime opus, d’autant qu’il est loin d’âtre mauvais. Si sa lecture au début s’est faite sans beaucoup d’entrain, j’avoue qu’au fur et à mesure, cette histoire fantastique, sur le thème du double et du pacte avec le diable sur fond de révoltes étudiantes à la fin des années 60, cette histoire n’est pas sans charme et c’est bien frustré que je suis tombé sur la page 383 indiquant en gros caractères : « 2ème partie ». Précisons que le livre fait 420 pages, cela vous donne une idée du travail qu’il restait à accomplir à Tezuka pour clore son récit. Le personnage faustien d’Ichinoseki a alors quarante ans, est au sommet de sa puissance, et le lecteur est évidemment intrigué à l’idée d’assister à sa chute inéluctable, aidée en cela par sa complice, « Méphisto », démone ambivalente, à la fois amoureuse de son protégé, prompte à tenter de le séduire en découvrant sa sulfureuse plastique (Néo Faust est clairement un seinen), mais aussi impitoyable quand il s’agit de l’être. Ajoutons à cela que l’histoire avait le souci d’associer le thème de Faust à celui des biotechnologies. Faust, contestations estudiantines, biotechnologies, c’est dire la richesse de ce titre qui, à défaut de le satisfaire pleinement une fois la dernière page lue, lui donnera au moins envie de se plonger dans les deux autres titres faustiens de Tezuka, Faust (1950) et Lion Books (1971), voire de relire d’autres titres ou carrément de s’essayer à l’ultime challenge : tenter de lire TOUT Tezuka, entreprise qui paraît aussi compliquée que de lire tout Alexandre Dumas tant les ramifications de l’oeuvre sont nombreuses et capables de nourrir toute une vie de lecteur. Diable d’homme que ce Tezuka ! Tout cela paraît tellement dément qu’il est difficile de ne pas imaginer qu’un pacte avec la diable a été fait à un moment. Plutôt que dans une grande case blanche, je gage que le mangaka au béret se trouve quelque part en compagnie de la démone qui lui a fait signer un sulfureux contrat. Sacré Osamu, va !

A noter que l’édition FLBLB est en grand format, de qualité et dotée d’une bonne traduction (avec par contre un lettrage bien sérieux que j’ai du mal à associer à un support tel que le manga).

Terminons avec cette jolie chose :

Il faut savoir que Tezuka avait songé à une adaptation de Néo Faust en film d’animation. Le projet n’a jamais vu le jour mais restent ces six minutes qui font saliver et rêver sur ce qu’il aurait dû être. Je manque d’infos sur cet extrait mais a priori il date de la toute fin des 90’s et le style graphique évoque bien sûr le studio de Tezuka Productions.

Belladonna (Eiichi Yamamoto – 1973)

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Vu il y a longtemps sans enthousiasme du fait d’une copie de mauvaise qualité diffusée sur un petit écran d’ordinateur, la Belladone de la Tristesse (aujourd’hui simplement Belladonna) faisait partie de ces titres que je me promettais bien de revoir dès que de nouvelles versions numériques allaient être commercialisées. A l’époque, on m’aurait dit qu’un distributeur français, Eurozoom, allais se charger de sa diffusion sur grand écran, j’avoue que je ne l’aurais pas cru tant cet objet est très particulier et ancré dans son époque. Songez plutôt : un trip psychédélique érotique de 90 minutes censé être l’adaptation de la Sorcière de Jules Michelet, rien que ça ! Et pourtant, si l’on en croit l’excellent retour critique dont a bénéficié Belladonna, il semblerait qu’Eurozoom ait eu le nez creux en portant son choix sur un joyau hors norme d’une animation japonaise pop des 70’s, à l’égal, ou plutôt dépassant les autres œuvres d’animation occidentales illustrant une contre-culture pop alors foisonnante (on pense aux œuvres d’un Laloux, d’un Moebius – dans les Maîtres du temps – d’un Topor ou d’un Ralph Bakshi). Je viens de le revoir récemment dans une version HD. Le constat est sans appel : Belladonna est une sacrée claque.

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A l’origine, un projet de Mushi Productions (la boîte de Tezuka) : réaliser une trilogie de films d’animation érotique, trilogie appelée « animerama ». Les trois films sont alors réalisés par Eiichi Yamamoto, aidé pour les deux premiers opus (les 1001 Nuits et Cléopâtre) par Tezuka lui-même. Ce dernier étant toujours sur trente-six fronts à la fois et devant sauver Mushi Productions de la faillite, il laissa Yamomoto pour le dernier volet afin de s’occuper d’autres projets. Et c’est là que ça devient intéressant : libéré d’un graphisme enfantin du fait de la volonté de toucher un large public malgré une thématique érotique, Yamamoto lâche les chevaux et réalise un objet imprégné d’une folie créatrice hors norme. Alternant images fixes et images animées, jouant d’innombrables renvois à la peinture (Klimt, Mucha, Redon, Schiele…), porté par une musique remarquable de Masahiko Satoh, le film devient une sorte d’œuvre totale, suscitant sans cesse l’audition et la vision du spectateur pour lui livrer un spectacle psychédélique et adulte en comparaison duquel Yellow Submarine ferait presque penser à un film de Walt Disney.

L’histoire ? La vie tortueuse de Jean et Jeanne, couple de paysans qui voudraient s’aimer tranquillement mais qui ne le peuvent car sans cesse malmenés par la violence d’un seigneur féodal. Jeanne sera un jour violée par toute une garnison, Jean amputé d’un bras, et d’autres joyeusetés viendront encore compliquer un peu plus leur amour. A chaque fois Jeanne réussira à se remettre de ses traumatismes grâce à l’aide d’un génie démoniaque (en forme de phallus) qui, en faisant d’elle une sorcière, saura lui insuffler une vie, une puissance qui la remettra sur l’avant de la scène. Mais le personnage ne sera pas pour autant maléfique. Confrontée à des êtres infiniment plus malfaisants qu’elle,  elle deviendra moins l’incarnation d’une sorcellerie démoniaque que d’une idée : celle de la femme perçue comme l’avenir de l’homme, qui saura par son élan libertaire faire évoluer la société.

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Belladonna n’est pas non plus un brûlot féministe : dès que l’autorité surgit, Jeanne a bien du mal à imposer une force qui s’oppose au pouvoir. Par ailleurs le film baigne dans une fantasmatique masculine du corps féminin (Jeanne apparaît à poil 90% du temps) qui se manifeste dans un réseau de puissantes images métaphoriques . Mais en revenant sans cesse, en surmontant ses innombrables viols et s’imposant sur la scène sociale et politique, notamment par une sexualité apparaissant finalement comme une féminité païenne bottant le cul à un patriarcat puritain, Jeanne finit par avoir une présence dangereuse qu’il conviendra de supprimer définitivement en l’envoyant au bûcher. Jeanne mourra donc, mais l’idée de cette femme capable de s’opposer au pouvoir lui survivra à travers de grands moments historiques que les ultimes images du film illustreront.

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Voilà pour l’aspect didactique. Mais au-delà de cette interprétation, c’est évidemment avant tout à un trip hallucinatoire auquel est convié le spectateur. Porté par une invention visuelle sidérante et une magnifique B.O de Masahiko Satoh alternant ballades et rock psyché, le spectateur devient lui aussi comme ensorcelé par la beauté de Jeanne et par ce qui défile sous ses yeux. On regarde, on admire parfois sans totalement comprendre. Avec une limite évidemment inhérente à ce type de projet : une sensation de trop-plein peut vous guetter et vous donner envie de vous déconnecter du film. J’avoue que la dernière demi-heure n’a pas été simple (le voir un vendredi soir après une semaine de travail était une mauvaise idée) mais peu importe : le film est de ces œuvres qui vous laissent dans l’esprit une trace au fer rouge et vous donnent envie d’y retourner un jour (depuis le W-E dernier, j’écoute par exemple en boucle la B.O. pour prolonger le voyage).

Vous l’aurez compris, Belladonna est une aventure que les amateurs d’animation japonaise et de films 70’s se doivent de tenter. Du sang, du sperme et des larmes : c’est le cocktail proposé parbelladonna-6 Belladonna, cocktail qui malgré les apparences, croyez-moi, tient plus du nectar que de la boisson frelatée émanant d’un bistroquet de troisième zone. Le film est encore projeté en France (le 1er octobre, il débarquera à quelques kilomètres de chez moi) : foncez et succombez à l’ivresse du chef d’œuvre d’Eiichi Yamamoto !

9/10

Un mot sur la musique. J’ai souvent eu coutume de penser que la B.O. ultime de japanimation était la B.O. d’Akira, partition prodigieuse destinée à mieux vieillir que le film. Après avoir revu Belladonna, j’hésite sur sa prééminence. Et lorsqu’en plus je lis ce commentaire de Saint Jim O’Rourke qui -vous le savez si vous êtes un habitué du site – est une personne éminemment respectée sur BdJ :

“There was a time when the strength of a musician’s vision transcended all labels; here is a chance to dip into that pool again, and emerge not just refreshed, but alive again with the sense that we all can live in that world again, but most importantly raise the flag for excellence. Fantastic.”

… eh bien je ne suis plus sûr de rien. La seule chose de sûre est qu’avec cette BO on tape dans l’excellence. A l’origine de cette OST, une sage décision de Yamamoto qui décide de contacter Satoh, musicien habitué surtout ou jazz expérimental et ayant fait de solides études musicales aux Etats-Unis. Il  est dans l’animation japonaise alors seulement connu pour avoir composé la musique de… Panda Go Panda ! Autant dire qu’il prend avec la musique de Belladonna un virage à 180°. Armé de gros moyens instrumentaux (un orgue Hammond B3, un Minimoog, un synthétiseur Korg, un mellotron, un piano, deux trompettes, quatre trombones, deux cors, un saxophone soprano, huit violons, un marimba, un vibraphone, deux guitares électriques, des gongs, des congas, une basse et j’en oublie encore) et demandant à son épouse, la chanteuse Chinatsu Nakayama, de prêter sa voix pour les quelques chansons, on obtient une BO très forte qui donne au film une empreinte sonore inoubliable. Dès la sortie de Belladonna en 1973 et lors de ses diffusions ultérieures (diffusions parfois clandestines par le biais de crasseuses VHS), les spectateurs se sont souvent posé cette obsédante question : existe-t-il un vinyl de cette B.O. ? La réponse a longtemps été la même :  Belladonna n’a jamais bénéficié d’une édition japonaise en vinyl, lacune invraisemblable rendant fou de frustration les admirateurs du films et les amateurs de musique psychédélique. A noter cependant que les collectionneurs italiens s’en sortirent bien mieux puisqu’un vinyl fut pressé en 1975 par Cinevox, un label italien. Edition totalement WTF lorsque l’on sait que Belladonna ne fut même pas diffusé en Italie ! Et un coup d’œil à la liste des morceaux la rend encore plus étonnante, jugez plutôt :

Face A :

1 – Andy Warhol

2- Belladonna

3- Valle Incantata

4- The Notice is Notice

5- Belladonna

Face B :

1- Mr London

2- Little Flower

3- Funny Feeling

4- TBSF

5- Take it easy

On remarque un choix de titres pour le moins étranges, « Andy Warhol » et « Mr London » étant des titres difficilement associables à l’univers de Michelet. Mais qu’importe, on tenait là les morceaux du film, notamment « Belladonna », la chanson composée non par Satoh mais par Asei Kobayashi et chantée par Mayumi Tachibana. Chanson qui a d’ailleurs eu le privilège de sortir en 45 tours au Japon, sans doute grâce à le renommée d’Asei Kobayashi :

Sympa de posséder ce disque mais cela ne remplaçait pas le plus important : les compositions de Satoh qui demeuraient un graal pour les amateurs de pépites sonores de cette première moitié des seventies. Il faudra attendre les années 2010 pour que le miracle ait lieu : contacté par le label Finders Keepers Records, Satoh accepta de rééditer Belladonna en vinyl, d’après la playlist de Cinevox à une exception près : le Belladonna d’Asei Kobayashi, qui se voit jarter de l’album, unité sonore oblige. On y retrouve donc la magnifique ouverture (le deuxième morceau intitulé « Belladonna ») et les autres chansons mélancoliques évoquant le vague à l’âme de Jeanne, tel le magnifique TBSF :

C’est une autre curiosité du disque puisque le morceau n’apparaît pas dans le film. Mais il est totalement dans l’esprit et dans la continuité des autres chansons. Concernant les instrumentaux, le gros morceau est Take it esay, entendu lors de cette séquence épique qui bombarde le spectateur d’images anachroniques par rapport au contexte de l’histoire :

Au passage, en entendant ce morceau, je n’ai pu m’empêcher de penser au premier morceau rock entendu dans le United Red Army de Wakamatsu. Pour rappel la musique a été composée par Jim O’Rourke et on trouve dans ce morceau la même énergie psychédélique, signifiant une sorte d’hystérie que rien n’arrête. Pas impossible que Take it easy ait été une petite influence pour O’Rourke. Bref…

Je ne vais pas déballer tous les liens youtube de la BO. Vous aurez compris que la musique de Satoh est hautement recommandable, à la fois puissamment évocatrice des images du film et capable d’être savourée sans avoir vu ces dernières. Et bonne nouvelle pour les heureux possesseurs d’une platine (moi j’aimerais, mais je n’ai pas la place) : le 33t est tout ce qu’il y a de plus abordable :

http://www.finderskeepersrecords.com/shop/masahiko-sato-belladonna/

A placer précieusement entre la BO d’Akira et une OST de Joe Hisaishi ou de Kenji Kawai.

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Le Musée Tezuka

Il faut arrêter avec le musée Ghibli. Tous les touristes y sont allés, cela n’a plus rien d’original et je dirais même que cela commence à faire miteux quand on voit la trajectoire crépusculaire du studio. Non, quitte à visiter un truc cool qui sent bon le manga et l’anime, truc beaucoup plus confidentiel et partant moins encombré par des hordes de touristes trainant une marmaille hurlante, autant aller du côté de Takarazuka. Moi, en tout cas, en ce début de journée du 9 août 2014, alors qu’il y avait un temps dégueulasse du fait d’un typhon rôdant dans le coin et qu’il fallait bien divertir les chères petites têtes brunes en vacances, je n’hésitai pas : direction Takarazuka non pas pour voir la célèbre troupe théâtrale mais le musée Tezuka.

Arrivés à la station après une demi-heure de train à partir de Takatsuki, il faut suivre le parcours fléché constitué de pancartes où figurent Atomu ou princesse Saphir. Facile, même pas besoin de consulter un plan, il faut compter dix minutes / un quart d’heure pour joindre le musée. Facile mais dans notre cas épique puisque l’averse qui nous accompagna tout le long du trajet nous fit arriver trempés comme des soupes malgré nos deux parapluies. Deux pour trois personnes : Olrik jr, Olrik the 3rd et moi-même, Madame nous ayant bassement abandonnés pour aller voir une amie du côté de Kobe durant la matinée. Je ne ferai pas plus de commentaires…

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Bref pas trop le temps d’admirer de près la statue de Phénix ou les colonnes extérieures et leurs beaux médaillons sculptés représentant des personnages emblématiques de l’univers de Tezuka. Arrivés dans le hall d’entrée un jette un œil à la déco et on se dit tout de suite que la visite ne devrait pas trop mal se passer :

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Le temps de se sécher un peu et d’acheter les tickets, on jette d’abord un œil à la grande salle du rez-de-chaussée consacrée à la vie de Tezuka. Au programme objets en tous genres, belles figurines représentants le maître ou encore mangas dessinés dans sa jeunesse.

Puis direction le sous-sol. Avant cela direction les toilettes pour Olrik the 3rd, petit détour par un couloir qui a permis de voir que même les endroits les moins intéressants n’ont pas été oubliés :

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Au sous-sol, c’est l’atelier manga et dessin animé :

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Autant dire un endroity très intéressant pour les lardons puisque avec ce décor de S-F et tous ces ordis avec des applications ludiques à disposition, c’était l’assurance de claquer du mulot et de cliquer du bouton, activités qui ont au moins le mérite de laisser les parents tranquilles un moment.

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clic… clic… clic… clic…

Les laissant découvrir les jeux un quart d’heure, j’allai près de saint Osamu pour y aller de ma petite prière :

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La période vidéo-ludique terminée on prend l’ascenseur pour filer au premier étage. Une exposition peu intéressante nous y attend.

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Certes il y avait quelques beaux dessins, comme celui-ci, mais le reste était consacré à un mangaka contemporain qui avait réalisé des dessins en rapport avec l’univers de Tezuka. Sur la papier on se dit que ça pouvait être intéressant, le résultat m’a laissé totalement indifférent. L’expo (assez petite) a donc été balayée rapidement et je rejoignis la chair de ma chair…

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En train de cliquer du mulot !

Très bien, ça me laissait toute lattitude pour inspecter tranquillou les autres espaces du premier étage.

 Ici l’atelier dessin animé :

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… avec derrière tout plein de vitrines remplies de belles pièces :

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Là le coin lecture où j’imagine que l’on peut trouver l’intégralité de l’œuvre de Tezuka :

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Juste à côté le café pour y siroter une boisson avec le roi Léo et ses potes :

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Enfin (et bien évidemment) la boutique du musée :

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Hum ! Vais-je être raisonnable ou pas ?

On y trouve une marchandise est très accessible, on n’est pas dans le merchandising Ghibli souvent très onéreux. Des babioles (porte-clés, badges, cartes postales, gâteaux et bonbons, protège-documents, t-shirts, gashapons, posters…) mais des babioles joliment faites. Et pour celui qui veut ramener des cadeaux qui déchirent, il y a aussi de quoi aussi satisfaire son vice (figurines en édition limitée, jolies reproductions…).

Après être passé à la caisse, direction le rez-de-chaussée pour la salle de cinéma :

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Comme pour le musée Ghibli, il y a un roulement de plusieurs courts-métrages (quatre en tout). Là, on est tombé sur Osamu to Musashi (Osamu et l’insecte), petit film centré sur l’intérêt de Tezuka pour les insectes mais aussi sur ses débuts de mangaka. Simple, intégralement musical, le film a un petit côté Fantasia de par sa thématique et la qualité de la réalisation (Rintaro aux commandes, tout de même).

J’aurais préféré voir sur grand écran un court métrage réalisé par Tezuka lui-même mais enfin, on aurait pu plus mal tomber. Le programme plut en tout cas sans problème aux enfant et c’est ravis que nous sortîmes de la salle puis du musée pour… nous refarcir les quinze minutes de marche sous une pluie toujours bien atroce. Direction Osaka pour rejoindre Madame du côté du grand magasin Hankyu et déjeuner ensemble. Histoire de vaincre définitivement l’humidité qui était en train de ronger mes vieux os, un steak frites vint bien opportunément à la rescousse.

steak frites

Il fallait bien cela pour reprendre des forces. J’allais en avoir besoin puisque je fus à ça de paumer Olrik jr dans Dotonbori. Mais ça, c’est une autre histoire…

BONUS ! Envie de tester la marchandise avant d’acheter ? Simple étudiant qui n’a même pas une thune pour se payer une roteuse (alors, un voyage au Japon, vous pensez !) ? Pas de panique voilà de quoi saliver « comme si on y était ». On ne peut pas encore acheter les produits de la boutique ou tailler une bavette avec la serveuse du bar mais patience ! sûr que dans quelques années ce sera jouable.

 

 

 

(poster) Cléopâtre, reine du sexe (Osamu Tezuka – 1970)

 

Pas facile d’apprécier ce Cléopâtre-là. Que ce soit du point de vue du simple racolage, le sous-titre du titre international (Cleopatra, queen of sex) s’avère bien décevant. Il est vrai qu’en 1972, date de sortie aux States, un phénomène s’apprêtait à débarquer sur les écrans : le génial Fritz the Cat de Ralph Bakshi. Sorti quelques jours auparavant, on sent la tentation de la part des distributeurs de rafler une part du public avec ce ronflant « queen of sex ». On se demande même si le classement « X » dû à un oubli d’enregistrement au comité de censure n’a pas été fait sciemment. En tout cas, le film, même si on éviterait de le montrer à des enfants trop jeunes, reste d’une grande sagesse en ce qui concerne les scènes de fesses.

Et puis, il y a Tezuka, le Dieu des mangas. Là aussi on se dit que l’on va avoir droit à un pur chef-d’oeuvre mais on déchante très vite. C’est poussif et assez laid et on préférera nettement se replonger dans ses courts, plus minimalistes mais bien plus prenants.

Reste malgré tout un dessin animé hors norme, que l’on aime ou que l’on déteste, finalement bien à l’image de son affiche (si vous avez envie de le voir…).