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Nurse’s Confession (Komie – 2009)

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Et l’on reprend aujourd’hui un film de genre particulier, le « film de Sora Aoi ». On croit les avoir tous vus quand tout à coup d’autres apparaissent comme par magie. Comment les refuser sachant que Bulles de Japon a pour projet parmi ses multiples but de dresser un panorama de l’intégralité des nanars de la douce Sora Aoi ! Dérisoire pour les uns, noble but pour ceux dont le palpitant bat encore la chamade au souvenirs des gémissements lascifs et des tétons dressés de notre ancienne AV idol adorée.

Bref, j’ai remis mes  gants de mécano pour mettre les pognes dans le cambouis afin d’évoquer ce magnifique Nurse’s confession.

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Sora en tenue d’infirmière, je crois que vous avez capté l’intérêt.

Yukiko (jouée par Sora) est embêtée : cela fait deux ans qu’elle a rompu avec son précédent petit ami et elle aimerait bien apporter de nouveau de la chair fraîche à son moulin.

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Sora lorsqu’elle joue quelqu’un d’embêté. Autant vous dire que ce n’est pas encore avec ce film que l’on va trouver une Sora en mode Actor’s studio.

Peut-être s’agira-t-il de Kenta, un beau et jeune patient pour lequel son petit cœur bat très fort.

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Elle prendra en tout cas très à cœur son rôle d’infirmière pour lui apporter un peu de réconfort.

Pendant son temps, son amie et collègue Taeko…

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jouée par Akari Hoshino

… entreprend de mettre le grapin sur un médecin riche qui lui permettrait d’envisager une avenir radieux et confortable. Pour cela, rien de mieux que de rendre accro la cible à des petites séances SM après les heures du travail.

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Allez, quelques screens. Comme dirait Herbert Léonard, ♫Pour le plaisiiiiir♫.

Enfin, Kaori, une autre infirmière, doit arrondir ses fin de mois en jouant à la doctoresse dans un image club…

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Pour le coup on baisse d’un cran.

Voilà, c’est tout. Je résume mais en même temps je donne toute l’intrigue car on ira pas plus loin que ces trois « idées » (avec des guillemets car le terme paraît bien trop flatteur). Et pourtant on imagine qu’il va se passer un petit truc à la fin puisque à la fin de la mini-histoire des deux premières infirmières le narration nous fait un fast-rewind pour recommencer en se focalisant sur une autre infirmière. On se dit alors qu’une fois la troisième passée il va bien y avoir un petit twist qui mêlera l’ensemble des trois histoires. Mais non, la solution envisagée pour conclure est tellement paresseuse qu’on se dit qu’on aurait mieux fait d’arrêter après l’épisode de Sora Aoi. Ou a la rigueur de celui d’Akari Hoshino, jeune femme qui manie bien le fouet et qui sait bien jouer de ses rondeurs. Pour le reste, voir la nunuche à lunettes enfiler des gants pour jouer à la proctologue avec des débiles mentaux, c’est tout de suite moins sexy.

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?!

Le « réal » qui a commis ce pinku Z contrevient en fait aux plus élémentaires règles de la dispositio selon Cicéron. Commencer par la sodomisatrice gantée et finir avec Sora aurait permis d’aller se coucher en faisant de beaux rêves. Mais il faut croire que la séquence de l’image club devait constituer à ses yeux le clou du spectacle. Que voulez-vous faire face à des goûts de gogues ?… peut-être enchaîner, pour surmonter sa déception avec un autre « film  de Sora Aoi ». Ce sera bientôt chose faite en ce qui me concerne, j’en ai un nouveau sous le coude ! Stay tuned

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« Faire l’amour à Sora Aoi c’est attaquer l’Everest de ses boobs » – Lamartine.

3/10

+

Sora Aoi et Akari Hoshino

Une infirmière, c’est déjà le bien. Une infirmière japonaise, c’est magique. Une infirmière japonaise jouée par Sora Aoi, n’en jetez plus !

Des plans sur des poitrines qui peuvent faire monter la note jusqu’à 5.

Les fast-rewind qui n’apportent rien.

Jeu ultra-stéréotypé. Et que l’on ne me dise pas que dans un pinku, on s’en fout du jeu.

Nana Nanaumi et sa poitrine plate en troisième position ? Allons donc !

Wet Hot Sake (Yoichi Noshiyama – 1996)

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Après la neige et le froid, autre thème de circonstance : l’alcool. A J-1 du réveillon, vous pensez êtes fin prêt : un moelleux délicat pour le foie gras, un sec distingué pour les huîtres, un rouge légèrement boisé pour le chapon et un champagne à se damner pour le dessert. Tout est pour le mieux donc. Ouais, sauf que, désolé de vous décevoir, vos précieux flacons pour lesquels vous venez d’investir une somme importante, ne seront rien d’autre que du pipi de tanuki en comparaison avec le divin nectar dont il va être question dans le pinku du jour.

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Mononobe, tenancier d’un bar qu’il tient en compagnie de sa fille, voit un jour arriver un client qui méprise cordialement son saké chaud, pourtant l’un de ses titres de gloire. Le client n’est autre que Yumedono, barman itinérant qui, lui aussi accompagné de sa fille, sillonne le Japon de sa camionnette pour s’installer ici et là et proposer de fines boissons parmi lesquelles un saké chaud qui a tôt fait de supplanter celui de Mononobe et d’attirer tous ses clients. Ce dernier est évidemment désireux de connaître son secret (son incompréhension est d’autant plus grande qu’ils utilisent tous deux la même marque de saké). Profitant d’un soir où son concurrent est occupé à servir des clients, Tsuneda, un des habiués du bar de Mononobe, jette un œil à sa camionnette et découvre que sa fille est train de transpirer à grosses gouttes à faire des exercices de gymnastique.

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Pour jouir toi aussi du spectacle, clique sur l’image. Attention ! Scène d’un rare érotisme !

Un peu dubitatif, il ne tarde pas à en découvrir la raison : grâce à une tenue étanche, son père lui verse dans sa combinaison plusieurs rasades de saké qui, associées à la divine sueur d’une bijin, vont transformer le saké en une boisson qui, en plus d’être succulente, aura pour effet de revivifier sexuellement, de faire repousser les cheveux ou encore de faire remarcher un paralytique !

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Ah ! Braves gens que ces artisans et leurs secrets de fabrication !

Aussitôt découverte, aussitôt recopiée : Mononobe s’empresse évidemment d’appliquer la méthode à sa propre fille pour reconquérir ses clients.

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Le problème est que le résultat n’est pas aussi bon que celui de Yumedono. Ne manquerait-il pas un ingrédient ultime ? Mais de quoi peut-il donc bien s’agir ?…

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On peut lui faire confiance : Mononobe fera tout pour le découvrir.

Autant le dire tout de suite : Wet Hot Sake est un pinku qui offre peu de scènes croustillantes. Et quand il y en a, c’est souvent dans un but de dérision, ainsi cet homme distribuant des flyers arrivant juste au moment (quelle chance !) où la fille de Mononobe se fait culbuter dans la voiture ou encore lorsque la même jeune fille, en digne restauratrice respectueuse des règles d’hygiène, se fait nettoyer son instrument de travail, c’est-à-dire son corps, par la langue de Tsuneda :

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Du travail léché

Et niveau humour, là aussi ne pas s’attendre à une avalanche de gags, genre comédie érotique hongkongaise, ce qui n’est d’ailleurs pas plus mal. Wet Hot Sake ne tombe pas ainsi dans le lourdingue mais dans une petite comédie sans prétention, très resserrée dans sa durée, et distillant çà et là de petits moments idiots faisant sourire ainsi que quelques paires de seins qui, ma foi, ne se refusent pas. Bien que cheap, Wet Hot Sake est un de ces pinkus qui arrivent malgré tout à préserver l’attention amusée du spectateur grâce à une idée WTF? et drôle.

Il y aurait sûrement plein de petits détails à interpréter dans cette œuvre puissante mais je vais devoir vous laisser, je dois m’occuper de mon velouté de légumes special Noël pour demain soir. Avec à la clé un ingrédient que je laisse doucement infuser une petite heure pour rendre le breuvage proprement inoubliable !

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Passion de la gastronomie, quand tu nous tiens !

5/10

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Kandagawa Pervert Wars (Kiyoshi Kurosawa – 1983)

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Après les perfections formelles que sont Tokyo Sonata, Shokuzai et Real, forcément, se plonger dans un vieux pinku de Kurosawa, c’est l’assurance de se faire mal aux yeux. Sans être non plus des œuvres de jeunesse (Kurosawa à la trentaine lorsqu’il réalise Kandagawa Pervert Wars et the Excitment of the Do Re Mi Fa Girl, et a déjà réalisé des courts métrages), elles font figure d’œuvres maladroites encore mal dégrossies, des anomalies au regard de ce qui s’ensuivra, aussi bien formellement que thématiquement.

Ainsi ce Kandagawa Pervert Wars, film faisant le grand écart entre les roman porno de la Nikkatsu et le film hommage à la Nouvelle Vague française. Dès les premières secondes on sent le film fauché fait avec des acteurs amateurs et de désolants moyens techniques (les voix sont post synchronisés et l’on n’a pas vraiment l’impression que c’est un choix technique). Et les personnages (féminins surtout) sont tous d’une effroyable bêtise, à des années lumières des beaux portraits de femmes que Kurosawa a brossés dans ses films les plus récents. Quant à l’histoire…

Akiko et Masami, deux amies bien à l’air dans leur sexualité, s’aperçoivent un jour que dans l’immeuble d’en face, de l’autre côté de la rivière Kanda, qu’un jeune homme vit une relation incestueuse avec une mère possessive. Choquées, elles décident d’entrer en guerre en faisant tout pour enlever des griffes de la maman le cher enfant et lui donner le goût des corps de vraies et séduisantes jeunes femmes…

Hommage pas forcément intéressant à la Nouvelle Vague, pauvreté des moyens, actrices hystériques, histoire faible (même si dans un pinku tout ne se joue pas forcément sur la complexité du scénario), on se dit que l’on va souffrir durant 59 minutes. Et pourtant, sans crier non plus au miracle, le film reste tout à fait regardable, surtout si l’on a déjà une petite expérience de la filmo de Kurosawa. A priori rien de plus étranger à ses autres films que Kandagawa Pervert Wars. Mais au fur et à mesure que l’on suit l’histoire, difficile de ne pas se sentir en terrain familier. D’abord parce que Akiko porte une robe rouge, vêtement que l’on retrouvera nombre de fois dans d’autres films :

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Dans les histoires de Kurosawa, quand un personnage féminin porte ce vêtement, c’est que quelque chose cloche en lui. Dans le pire des cas, il est un fantôme. Bon, la petite Akiko n’a pas ce problème, sa chair, qu’elle a bien jolie, est bien réelle, qu’elle soit malaxée par son petit amie ou par ses propres mains. Mais il y a quand même un peu du fantôme en elle, fantôme en tant qu’être social. Se foutant d’aller travailler, elle préfère rester dans son petit appartement tout le jour durant pour faire l’amour avec son copain ou sa voisine de pallier, voire épier au télescope ses voisins d’en face.

A sa décharge (si l’on ose dire), il n’y a pas qu’elle à être ainsi car l’on serait bien en peine de trouver un seul être raisonnable. Tout l’univers semble être contaminé par l’absurde. Ainsi Ryo, le petit ami salary man, qui a sa manière bien à lui de rentrer du boulot pour aller rendre visite à sa douce :

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Le fils en proie aux pulsions libidineuses de sa maman est lui aussi sur une autre planète. Bossant son baccalauréat, il aime à jouer de la flûte à ses moments perdus :

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Mais l’irruption de cet instrument sonne étrangement à la vue et aux oreilles du spectateurs, un peu comme, dans License to live, la jeune Miki qui dégaine son ukulélé. Par ailleurs, il aime à s’entourer d’un monde de signes évoquant notamment des œuvres cinématographiques (notamment de Godard) :

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Il ira d’ailleurs jusqu’à s’inscrire des signes sur son propre épiderme :

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Comme pour donner plus de poids, plus de sens à son être dont on sent, à travers un énième bachotage pour obtenir son bac et les persécutions incestueuses de sa mère, qu’il aura bien du mal à trouver une voie sereine.

Quant à Akiko et Masumi, c’est leur façon hystérique d’afficher leur joie qui dérange. Rien dans leurs action n’est normal, que ce soit lorsqu’il s’agit de se faire un massage entre copines :

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… ou de siroter un whisky en s’en grillant une :

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Bouteille, verre et briquet seront balancés par la fenêtre derrière elle après leur utilisation.

Alors pour ce qui est d’entrer en guerre, on devine que ce sera forcément le grand n’importe quoi :

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Viol libérateur du fils sous les yeux de la mère bâillonnée.

En fait tout semble baigner dans la folie, folie qui a à voir avec cet univers urbain aseptisé, ces écrans TV qui diffusent des programmes débilitants. Symboliquement, un plan nous montre Akiko dormant juste à côté d’un poste :

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Akiko est quelqu’un de foncièrement bête, avec pas grand-chose dans le ciboulot, comme si son environnement culturel avait depuis belle lurette fait son œuvre dans son œuvre. Sans aller jusqu’aux fantômes, on peut au moins évoquer des êtres pantins aux réactions exagérées, s’agitant frénétiquement dans un univers où il n’y a rien à faire, à la recherche d’une guerre dérisoire pour donner un sens à leur vie. On s’en doute, la solution trouvée ne sera guère satisfaisante et, à l’image du personnage de License to live, tout s’achèvera sur une chute (dans tous les sens du terme) mortelle, qui annoncera là aussi un autre motif de l’esthétique de Kurosawa.

Kandagawa pervert Wars est certes un objet bizarre et mal foutu, mais c’est à tout prendre une entrée en matière dans l’œuvre de Kurosawa pas inintéressante. Les scènes de fesses sont évidemment loin d’être aussi glamour que certains roman porno nikkatsesques :

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Aussi vide qu’un gamer s’excitant sur les boutons d’un joypad.

… mais il en ressort malgré tout une fraîcheur qui vaut largement le sérieux – un brin ennuyeux – d’oeuvres ultérieures du maître.

6/10

I love it from behind ! (Kôyû Ohara – 1981)

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100, c’est le chiffre que Mimei s’est donné d’atteindre durant son séjour à Tokyo avant qu’elle retourne dans sa province pour se marier. Cent quoi ? Ceci :

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Oui, une magnifique collection de vits imprimés à l’encre de Chine en souvenir de ses conquêtes masculines. Et, qu’on se le dise, le titre est bien trompeur car Mimei ne semble pas vraiment avoir de préférences en matière de gymnastique de chambre, experte qu’elle est dans cet art.

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Voyons, qui vais-je donc choisir aujourd’hui ?

Pendant ce temps, son amie chez qui elle loge, Rei, entretient une relation saphique avec sa colocataire, Masumi, et s’amuse elle aussi à collectionner des hommes mais pour une autre raison. Traumatisée par un collègue de travail qui lui avait fait subir un mauvais trip SM, elle est devenue lesbienne. Afin de se venger, elle s’amuse à séduire des hommes, à les endormir et, une fois qu’ils sont bien attachés, à leur raser le pubis au coupe-chou et à leur enfoncer un gode avec une formule magique :

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Châtiment qui irrémédiablement ne donne plus envie aux malheureux de toucher la moindre femme.

On le voit, I love it from behind ! (allusion au châtiment infligé par Rei ? Dans ce cas l’écran-titre est lui aussi trompeur) fait partie de ces roman porno qui donnent une image un tantinet déviante des homosexuels. Dans ces films, l’homosexualité est forcément un mal qui a son origine dans un lointain traumatisme (1) plutôt qu’une orientation naturelle et assumée. Ce cliché bien naze mis à part – et à placer dans le contexte des mentalités de l’époque – il faut reconnaît à I love it d’être une comédie plutôt amusante et tenant bien ses 65 minutes, les scènes dénudées alternant efficacement avec celles où les trois femmes discutent de leur hobby ou partent à la chasse aux mâles (Ah ! le hobby de la jeune Masumi est différent puisqu’il s’agit de faire des expériences sur elle-même avec des objets longs et de taille conséquente). Le morceau de bravoure viendra évidemment de l’ultime trophée de Mimei, le centième bonhomme de sa collection qui s’avérera être un marathonien du sexe capable de maîtriser son orgasme à volonté. Le partie de jambes en l’air sera évidemment conçue comme un grandiose duel qui jouera sur une grande variété des postures mais aussi une durée hallucinante qui donnera lieu à des moments croquignolets :

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Terminons en évoquant le physique bien agréable de Junko Asahina qui, dans premier rôle d’actrice principale dans un roman porno de la nikkatsu, allait faire grincer quelques dents. En effet issue de la fameuse troupe de Takarazuka, la compagnie ne voyait guère d’un bon œil qu’une de ses illustres sociétaires se fasse débaucher par la Nikkatsu pour commettre de tels films. Malgré les menaces de poursuites en justice, cela n’empêcha pas la belle de poursuivre sa collaboration avec le studio pour une dizaine de films du même acabite. Roman porno rules !

6.5/10

DVD disponible chez Impulse avec des sous-titres anglais.

(1) Ou à la rigueur un choix pour faire du fric, comme l’un des amis de Mimei, patron d’un bar gay mais lui avouant que son rôle de mama san est bidon, juste là pour attirer le chaland.

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Tsumugi (Hidekazu Takahara – 2004)

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Le film qui va clore notre cycle gentiment obsessionnel sur Sora Aoi s’intitule Tsumugi. Enfin ça, c’est son titre international, car son titre original est Seifuku bishōjo: Sensei atashi wo daite que l’on pourrait traduire par « la beauté en uniforme de lycéenne : professeur, tronchez-moi comme une bête ! ». Comme la confusion serait facile, je précise qu’il ne s’agit en rien d’une AV mais bien d’un film érotique. Et pas n’importe quoi puisqu’il récolta en 2004 le titre de 4ème meilleur pinku de l’année et celui de meilleure nouvelle actrice (pour Sora Aoi) au Pink Grand Prix. Le réalisateur est Hidekazu Takahara, réalisateur tout terrain ayant commencé dans les pinku puis ayant enchainé avec des films plus mainstream, des dramas, et éventuellement des AV où il eut parfois l’occasion de filmer Sora dans des postures sextraordinaires.

L’histoire va mettre en scène une poignée de personnages qui ont un peu de mal à grandir. Ainsi Katagiri, professeur de lycée qui, alors que sa femme est à l’hôpital pour accoucher, ne trouve rien de mieux à faire que d’avoir une liaison avec une de ses collègues et une autre avec une étudiante, Tsumugi. Citons aussi Kosuke, camarade classe de Tsumugi pour lequel la jeune fille semble aussi avoir de l’intérêt, et qui a pour particularité de n’être bon à rien. Ajoutons enfin que Katagiri, en pleine crise de la quarantaine, aime à passer des soirées dans des concert punk où s’agit sur scène un vieux chanteur qui, en coulisse, se la joue pathétiquement sex and alcohol avec une groupie qu’il harcèle sans se demander si la jeune femme ne vient pas le voir dans sa loge pour autre chose que se faire sauter…

Au milieu de ces personnages, on a Tsumugi, jeune fille déréglée, qui ne cherche pas à paraître mais qui au contraire donne libre cours à une fantaisie de jeune femme coincée entre l’âge de petite fille et celui de femme. Contre toute attente, Sora Aoi est parfaite pour ce rôle. Sans aller jusqu’à dire qu’elle est une grande actrice, elle peut jouer et donner à son personnage de façon convaincante plusieurs facettes. Tantôt exubérante :

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Tantôt sérieuse :

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Elle donne à son personnage à la Melody Nelson une consistance qui, conjuguée à la présence de l’actrice, et évidemment à sa « qualité plastique » pour les scènes de nu :.

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Oui oui, ne t’en fais pas, pour ça oui, on regarde bien.

…rend le film plaisant à suivre et fait oublier des scènes de sexe qui tendent à s’étirer en longueur (dans tous les sens de l’expression) :

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Ah, j’oubliais : les dialogues sont parfois un peu faiblards, mais bon, comme la perfection n‘est pas de ce monde…

Au milieu de tous les personnages, Tsumugi fonctionne comme un peu comme le reflet de leur immaturité, un catalyseur qui va les aider à grandir. Non qu’elle soit elle-même un modèle de maturité. Mais par sa personnalité et son apparence de petite fée déjantée, elle les pousse à se poser quelques questions sur eux-mêmes.

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Exemple de question introspective.

Nous ne sommes jamais très loin du conte. Elle le dit d’ailleurs à ses amants, elle attend de trouver dans sa vie le prince charmant, chose qu’ils sont pour le moment loin d’être. Mais lorsque sur la plage, elle embrassera Kosuke puis le fera sur la jetée, cet acte agira comme quelque chose de magique qui va transformer le jeune homme. Pour la première fois il voudra faire quelque chose de sa vie. Pas s’investir dans les études, non, simplement devenir un triathlète pour participer au triathlon d’Hawaï. Pourquoi pas ? Tsumugi sera en tout cas plutôt réjouie de voir son ami passer des heures sur sa selle à sillonner le paysage. Peut-être est-ce là le prince charmant qu’elle attend ?

Après, évidemment, est-ce que ces transformations profiteront à Tsugumi elle-même ? C’est toute la question que vous vérifierez par vous-mêmes, même si la petite allusion à Melody Nelson peut donner un élément de réponse.

Bref, malgré son titre original qui aiguille un peu sur la mauvaise voie, Tsugumi est un de ces pinku contemporains  décents à regarder et imaginatifs. Surtout, elle impose d’emblée Sora Aoi comme une actrice pouvant tout à fait jouer des rôles avec des lignes de dialogue un peu complexe que des simples « Oh ! Oh ! Oui ! Oh ! Hmm ! Olrik ! Hmm ! Oh ! Oui ! ». Il s’agit de son premier rôle dans un pinku. On a vu  que d’autres rôles ont suivi, pour le meilleur ou pour le pire. On attend maintenant un vrai rôle, sous la houlette d’un réal’ avec un peu d’envergure…

7/10

Tsumugi est édité chez Pink Eiga avec des sous-titres anglais.

Bonus track : le vieux punk est joué par Shigeru Nakano, authentique figure de la scène punk japonaise. Comme tout se retrouve sur ce blog, C’est lui que l’on voit, dans le livre de Bruce Osborn évoqué ici, à côté de sa maman :

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Sexy Teacher (anonyme – 2006)

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Les statistiques du site sont formelles : les fesses de Sora Aoi suscitent plus de clics que la critique d’un chef d’œuvre de Kurosawa. Devant cet implacable constat, je me vois dans la triste obligation d’écrire un article où vous trouverez ceci :

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Les fesses de Sora Aoi !

Fesses que nous explorerons plus en avant avec une petite série d’articles sur les performances de la demoiselle en dehors des productions pornographiques. Je vous préviens tout de suite, ce sera un peu les montagnes russes tant les œuvres vont du correct au franchement médiocre. Et justement, nous allons commencer avec ce Sexy Teacher qui, après le plutôt bon Man, Woman & the Wall, n’est vraiment pas loin de la bouse (manière polie de faire comprendre que c’en est bien une).

Sora y joue Minori, une jeune femme qui a toutes les peines du monde à trouver un travail à sa sortie de l’université. Aussi, quand son amie Saya lui file le tuyau pour être professeur particulier auprès du rejeton d’un bonhomme assez riche, elle n’hésite pas. Seulement voilà : depuis quelque temps, lorsqu’elle prend le train, il lui arrive ceci :

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Et quelle n’est pas sa stupeur lorsqu’elle découvre que le jeune étudiant dont elle va avoir à s’occuper n’est autre que l’infâme peloteur du train ! Et encore s’il n’y avait que cela. Car de fil en aiguille, ou plutôt de scène de baloches en scène de fesses, on découvre que :

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Saya a une liaison avec l’employeur de Minori (barbe 100% authentique) !

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Que Saya a juré la perte de sa copine pour se venger d’un ancien petit copain que cette dernière lui aurait volé. Aussi décide-t-elle de faire la même chose avec l’actuel petit ami de Minori. Comme c’est une vicieuse, elle va même jusqu’à se prendre en photo durant leurs ébats, histoire d’envoyer quelques clichés dans la face de son « amie ».

Enfin, que le père de famille veut lui-même en faire baver à Minori parce qu’elle est responsable de la mort de son frangin !

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Non, Sora, ne fais pas cela ! Je sais, l’histoire est terriblement mauvaise mais crois-moi, tout cela n’en vaut pas la peine.

Précisons ici que notre bijin aux lèvres pulpeuses fait tous les soirs un cauchemar dans lequel elle voit un salary man se pendre. Il s’agit d’un ancien chikan, ces peloteurs de transports publics, qu’elle a 5 ans auparavant pris la main dans la dentelle et traîné en justice. Le type a toujours nié et est sorti un an plus tard blanc comme neige mais pas aux yeux de tous. Sa femme l’a quitté avec les enfants et le gus, de désespoir, s’est donc pendu.

 Minori sortira-t-elle des griffes de Saya et de son employeur ? Fera-t-elle efficacement de son élève un dieu des calculs d’intégrales ? Surtout, va-t-elle enfin arrêter de se faire peloter les fesses par le premier chikan venu dans le train ? Telles sont les passionnantes questions que le réalisateur qui a préféré garder l’anonymat (manifestement quelqu’un de sensé) fait traîner en longueur en multipliant les scènes de nu. Autant Man, Woman & the Wall jouait finalement assez peu la carte de l’érotisme, autant là le gars s’est manifestement fait plaisir en multipliant les scènes de douche, les prises en bouche et accouplements de Sora et surtout les gros plans de petites culottes, bien aidé en cela par le ridicule trauma de Minori qui depuis qu’elle a été la cause du suicide d’un chikan, n’ose désormais plus rien faire et accepte volontiers de se laisser palper le dargif ! Pervers de tout poils, bienvenue, profitez-en, Saora Aoi offre son postérieur rebondi aux pognes les plus poisseuses de Tokyo ! Sympa mais évidemment très, très limité. Autant Man Woman &the Wall est très recommandable, autant ce Sexy Teacher (je n’ai pas pris la peine de le noter mais tout le monde a bien remarqué un titre foutrement original) est à réserver aux aficionados désespérés (et peut-être désespérants) de Sora Aoi. Et là, hop ! je m’arrête, je me suis juré de ne pas passer plus d’une demi-heure sur ce titre (sur Sora Aoi, volontiers, mais sur ça, fi donc !), pari tenu. La note :

1/10 (en notant large)

 

Shameless : abnormal and abusive love (Teruo Ishii – 1969)

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Voir un film de Teruo Ishii c’est l’assurance d’assister  à un spectacle un minimum barré et original. Ce Shameless : abnormal and abusive love (Ijô seiai kiroku : harenchi) n’échappe pas à la règle avec une histoire simplissime mais traitée d’une manière pop-psychédélique bien de son époque mais aussi à la thématique bien dans la lignée des films d’Ishii de l’époque, avec des titres tels que Orgies sadiques de l’ère Edo ou l’Enfer des Tortures. Après n’exagérons pas non plus : le lien avec ces films est avant tout lié au fait que le dénominateur commun renvoie à un personnage particulier, celui de la femme tourmentée, ici par un supérieur hiérarchique complètement cinglé qui débarque chez elle à toute heure pour une partie de jambes en l’air. La torture est donc limitée à des viols et pas à l’image des raffinements violents et sadiques des films cités.

Film qui fait le grand écart donc, entre une histoire relativement sombre d’une femme qui n’arrive pas à se libérer d’un persécuteur et une ambiance fin sixties très colorée dans laquelle se vautre un personnage masculin hallucinant de bassesse et de crétinerie (Fukahata). Il en résulte un film qui du début à la fin est tour à tour drôle et grinçant, romantique (Noriko essaye de construire une liaison avec un autre homme archétype de l’homme beau et sérieux, apte à fonder un foyer) et glauque, sexy (Yukie Kagawa) et parfois d’un lubrique de mauvais goût. Sans être un chef d’œuvre, Shameless est donc une petite perle atypique qui est bien plus recommandable que nombre de productions de la Nikkatsu qui vont voir le jour dans les années qui vont suivre. Quelques screens pour vous en convaincre…

L’homme de mes cauchemars

On apprécie d’abord les plans issus des images mentales de Noriko lorsqu’elle pense à Fukahata. Dès le générique on comprend que Fukahata lui apparaît comme un être visqueux qui la dégoûte passablement. Ses yeux d’abord, yeux qui semblent l’observer, la guetter sans cesse et être toujours chargés à son égard d’une lubricité sans limites :

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Puis il y a cette bouche, une bouche aussi peu appétissante que Jackie sardou habillée en bunny girl, bouche qui depuis trop longtemps l’embrasse et la lèche partout sans sa permission :

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Et même le nez n’y échappe pas, nez dont on voit les poils et même parfois une petite crotte attachée à l’un d’eux :

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Bref les habitués d’Ishii auront compris qu’ils se trouvent en terrain connu, celui des audaces visuelles qui vont créer l’illusion d’un voyage psychologique et malsain au centre de la psyché du personnage principal. On comprend d’emblée que l’héroïne est dans une mauvaise passe, d’autant qu’à ces moments peu ragoutants répondent ceux plus doucereux, plus clichés, passés en la compagnie de l’homme avec qui elle aimerait faire sa vie :

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Fukahata, l’homme-merde

Il faut ici saluer la performance de Shinrichiro Hayashi dans le rôle de Fukahata.

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C’est moi !

Dans l’ensemble, le film est un peu répétitif dans sa structure. On assiste aux tentatives de l’héroïne pour essayer de couper les liens avec son persécuteur, tentatives voués à l’échec tant ce dernier revient à la charge inlassablement. En gros c’est moment de répit, moment d’espérance, viol, moment de répit, moment d’espérance, viol, etc.  Evidemment, comme on est dans un pinku, on attend aussi les moments dénudés où l’on pourra apprécier la plastique de Yukie Kagawa, actrice du reste déjà vue dans plusieurs films d’Ishii.

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Avec notamment deux scènes de douche ce qui est un ratio fort honorable pour un film de 90 minutes.

Mais plus que ces scènes, c’est bien celles où Fukahata apparaît qui font proprement halluciner le spectateur. « Abnormal love » indique la traduction du titre original. Et effectivement, il y a de l’anormalité dans ce personnage et la relation qu’il entretient avec la douce Noriko. A la base d’un physique pas vraiment avenant, on ne comprend pas pourquoi la jeune femme a en un premier temps jeté son dévolu sur lui pour accomplir sa première relation avec un homme. Laid, replet, grimaçant, transpirant, poussant des couinements hystériques en guise de rire, il a tout de l’homme-porc. Cochon à l’intérieur et à l’extérieur, il porte ses mains poisseuses et sa bouche goulue sur la moindre parcelle de peau de Noriko et, sans aller jusqu’à dire que le spectateur est au supplice de voir une telle disharmonie dans le couple, il ronge au moins son frein, se demandant quand Noriko va enfin se décider à lui en mettre une bonne et à le virer de son appartement à coups de pompe dans le train.

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Même couler un bronze tranquille lui est chose impossible.

A ce physique repoussant s’ajoute par ailleurs un caractère qui n’a pas son pareil dans harenchi posterl’abjection. Veule, lâche, violent et menteur, Fukahata tient véritablement du prodige dans l’abjection. Non content d’avoir une liaison avec une employée alors qu’il est marié, il ne semble pas être dérangé (cela l’arrange bien en fait) par les rumeurs faisant de Noriko une croqueuse d’hommes, une ambitieuse qui cherche à monter dans la société grâce à cette liaison.

Les petits mots d’amour qu’il lui lance sont évidemment des merveilles d’insincérité. « Noriko je t’aime ! », « marions-nous ! », sont ses deux refrains qu’il expédie comme des litanies juste avant de déshabiller de force sa victime.

Pire (si cela était possible), l’homme est habitué à un club gay dans lequel il aime à fouetter/être fouetté et à admirer les partouzes de lesiennes occidentales à gros seins. C’est LA séquence psychédélique du film avec notamment une minute stroboscopique à la Gaspar Noé.

 

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On pourrait croire que laisser la petite Noriko vivre sa vie ne lui coûterait rien puisqu’il peut satisfaire tous ses petits vices mais non, malgré cela il revient encore et encore pleurnicher dans son appartement, jouant le petit garçon éploré avant de faire l’homme-merde aux mains poisseuses et baladeuses. Cerise sur le gâteau, pendant que Noriko se rend à une clinique avec sa mère pour se faire avorter (évidemment le cadet des soucis de Fukahata), son tourmenteur se trouve dans un salon de massage pour s’amuser à faire tourner le téton d’une prostituée :

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Sa fin sera à la hauteur de son attitude : grotesque.

 Bref, Shameless est un pinku made in Toei qui nous sert à pleines louches un surprenant mélange des genres. A la fois sexy et dégoûtant, drôle et dramatique, classique et psychédélique, c’est une petite perle de mauvais goût comme savait en balancer le père Ishii. Un bon pendant à Diary of a old man de Keigo Kimura (et à son remake, plus connu, Chijin no ai de Yasuzo Masamura), autre film où il est question d’une liaison « anormale » et dans laquelle un des protagonistes à toutes les peines du monde à s’en dépêtrer.

7/10

Watermelon (Ryuichi Honda – 2005)

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Les seins de Chika, pour reprendre le titre d’une BD, c’est un peu les Melons de la colère. Sans être non plus énormes, ils ont un quelque chose qui fait que les hommes sont incapable d’en détourner leur regard :

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Serveuse dans un bar, sa vie est pollué par des mâles incapables de contrôler leurs pulsions et systématiquement dans tous leurs états dès qu’elle arrive dans leur périmètre.

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 OMG ! She’s here !

Et pour ce qui est d’avoir une relation, c’est pire ! Elle a fait l’amour trois fois dans sa vie, à chaque fois avec un partenaire différent, et cela s’est toujours passé de la même manière, avec un blaireau plus occupé à mettre la main à la pâte qu’à regarder tendrement la belle dans les yeux.

Aussi Chika est-elle quelque peu aigrie. Elle tient un classement de ses connaissances masculines dans lequel elle fait gagner ou perdre quelques places des prétendants en fonction de leur attitude du jour. Jusqu’au jour où elle tombe peut-être sur la perle rare, un jeune homme qui ignore royalement sa poitrine et qui lui fait l’amour sans lui donner l’impression qu’elle participe à un concours de boulangerie. Aurait-elle trouvé l’homme de sa vie ? Quelque temps après ils se marient. Mais le jeune homme semble être un fieffé menteur et le fragile bonheur de Chika semble vaciller…

 Bon, autant le dire tout de suite, Watermelon n’est pas vraiment un chef d’œuvre du pinku eiga. Destiné au marché de la vidéo, il est le fruit de Ryuichi Honda, auteur sympathique mais limité oeuvrant dans le genre comique déjanté (son hommage à Russ Meyer) ou l’érotisme ancré dans le quotidien avec une pointe de fantaisie. C’est ici le cas avec les deux watermelons de Chika aux pouvoirs hypnothiques. En une petite heure, Honda développe sans trop de peine les déboires de la donzelle et parvient à tenir éveillé l’attention du spectateur, à défaut d’autre chose. Admettons que les actrices, issues du porno, permettent justement de ne pas sombrer. Ainsi avons-nous dans le rôle de Chika la délicieuse Runa Akatsuki :

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Et dans celui d’un personnage anecdotique qui aime à faire l’amour dans une baignoire, la bien pourvue par la nature Ai Kurosawa :

Ai Kurosawa

C’est d’ailleurs dans cette scène de baignoire que l’on se dit que là se trouvent les véritables watermelons du film.

Ajoutons cela une photographie qui, en dépit d’une image vidéo limitée, est plutôt une bonne surprise. Honda cherche des cadrages originaux ou des effets simples mais efficaces, comme cette scène où Chika, honteuse parce qu’après avoir fait l’amour avec son patron :

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 Un gif animé pinku n’est jamais superfétatoire.

… s’aperçoit que ce dernier la filmait en douce pour compléter une collection de VHS classées en fonction des caractéristiques mammaires de ses conquêtes. Honteuse, elle s’enfuit dans la rue en courant, consciente que ses roploplos sont ridicules à gigoter dans tous les sens et que les regards mâles sont plus que jamais scotchés sur eux :

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 L’image est alors terriblement heurtée, comme filmée par un caféinomane et retranscrit l’agitation de Chika. Pas non plus de quoi sauter au plafond, c’est du 1000 fois déjà vu mais enfin, c’est en voyant ce genre de petit effet qu’on se dit que le réalisateur a essayé de faire preuve d’un peu d’inventivité.

Quoique pas vraiment une actrice née (plutôt une actrice néné), Runa Akatsuki parvient, avec le petit savoir faire de Honda, à faire en sorte que ce Watermelon ne soit pas un calvaire à regarder. Petite cerise sur le gâteau, le film se termine avec une scène surprenante que les fans de Doraemon apprécieront et qui fera comprendre à Chika que son homme n’est pas le menteur-né qu’elle croyait. Ça finit bien, et le générique de fin réussit même l’exploit de garder jusqu’au bout le spectateur, puisque l’on y voit un drôle de zicos en train de chanter sur un rocher :

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 ?!

Puis, le générique passé, on le voit entrer dans une pharmacie pour acheter une crème hémorroïdale :

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Arrive alors un message qui indique que Watermelon n’est que la première partie d’un diptique, le deuxième volet s’intulant My Wife’s Shell. Personnellement, la trombine du gus m’aurait plutôt incité à ne pas tenter l’aventure, mais comme je m’aperçois que dedans joue Aya Shiraishi, autre créature issue du monde du porno :

Aya Shiraishi

… je me dis que ce Ryuichi Honda n’est finalement pas totalement inintéressant.

5/10

Man, Woman and the Wall (Masashi Yamamoto – 2006)

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Envie de voir un pinku récent fait avec trois francs six sous mais qui vous donnera l’impression à la fin de ne pas avoir perdu votre temps ?  N’allez pas plus loin, Man, Woman and the Wall (titre international plus pertinent que Kikareta Onna, « la femme écoutée ») est fait pour vous. D’ailleurs, s’agit-il bien d’un pinku ? On devrait plutôt parler ici d’un thriller sexy tant les scènes érotiques sont maigres finalement (mais ce qui n’est pas le cas de la plastique de l’actrice principale, rassurez-vous). Et le réalisateur, Masashi Yamamoto, n’est pas vraiment connu pour être un spécialiste du genre. Tout au plus un pinku en 1975, Tampon Tango dans lequel il est question de, euh… de tampon et c’est tout.

Une chose est sûre, sur le canevas du petit malin utilisant la technologie pour fourrer sa truffe partout (on pense notamment à Blow Out et Conversations Secrètes, toute proportion gardée bien sûr), Yamamoto parvient à faire un honnête petit film d’une heure vingt que l’on n’aura même pas honte de regarder en compagnie de madame (enfin, faut voir), ce grâce à des petites idées qui contribuent à faire sortir du lot ce métrage de 2006. Rapidement, voici l’histoire :

Ryo, un jeune journaliste, vient juste de s’installer dans un nouvel appartement. Il est content car c’est la première fois qu’il s’installe dans un appart’ disposant d’une baignoire. Le hic, c’est que les murs entre les appartements sont beaucoup trop fins et qu’il entend tout, notamment ce que dit et fait sa voisine. D’abord contrarié, il ne tarde pas à être obsédé par elle quand il l’entend un soir faire des bruits particuliers avec son petit ami. Mais l’obsession tourne à l’inquiétude quand il comprend que la belle reçoit des appels d’un type encore plus gravement atteint que lui et qui la menace de la violer un de ces quatre. Or, il s’avère que le type n’est autre que le petit ami, Yuta, sinistre individu qui prend un malin plaisir à faire flipper sa copine avant de la retrouver chez elle pour jouer au chevalier blanc consolateur. Ryo décide alors de venir en aide à la jeune femme en mettant au point un piège pour démasquer la petite ordure. Parallèlement, il sentira naître envers elle des sentiments d’une autre nature…

Un pervers à la main chaude

man-woman-wall-5Dans la première demi heure, on voit donc le jeune homme obsédé par sa voisine, écoutant le moindre son provenant de son appartement, accompagnant parfois le plaisir auditif à un plaisir palmaire. Le film n’est alors guère différent de toutes ces histoires présentant des marginaux du sexe trouvant des plaisirs dans les bras d’une poupée gonflable. La chair n’est guère présente mais ce n’est pas grave puisque l’imagination y suppléé largement. C’est cet aspect que Yamamoto parvient astucieusement à montrer. Car tout est montré à travers l’imaginaire de Ryo. Ainsi, lorsque l’on accède à l’appartement de Satsuki, c’est ainsi qu’il est représenté :

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Une bonbonnière flashy qui s’avérera ne pas être ce qu’est réellement son appartement. Tout à ses fantasmes à deux balles, c’est du moins ainsi que Ryo se l’imagine. De même lorsqu’il l’entendra faire l’amour avec son copain, on aura droit à une petite collection de postures tout droit sortie de la première AV venue. Surtout, il prêtera des traits à la jeune femme qui ne sont pas les siens puisqu’il n’a pas encore eu la chance de la voir. Du coup, ce n’est pas Sora Aoi que l’on zyeute dans cette première partie mais cette actrice :

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Shou Nishino (pas non plus un laideron)

Et l’obsession perverse franchit un cap quand Yamamoto va faire les poubelles pour y chopper des rognures d’ongles, va chercher désespérement à quoi ressemble réellement sa voisine (il y parviendra en faisant tous les family restaurants de son quartier ; dès cet instant la jeune femme aura les traits de Sora Aoi) et lorsque Yamamoto choisit de nous le montrer dans ces scènes :

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 L’imagination fait tellement bien son travail qu’il devient comme transporté de l’autre côté du mur. Célibataire, il se donne l’illusion de vivre en couple avec Satsuki  et même de la culbuter lorsque ces plans nous montreront son visage dans ses séances de masturbation alors qu’au même moment, de l’autre côté du mur, Yuta le petit copain fera consciencieusement ce qu’il a à faire :

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Avec évidemment un échange de visage au moment de l’orgasme :

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Cette gradation des pouvoirs de l’imagination occupe la première demi-heure et réussit parfaitement à capter l’attention du spectateur qui, tout en étant lui-même dans la peau d’un voyeur, suit amusé les agissement d’un garçon somme toute assez sympathique.

Charles II et Ruy Blas

Oui, oui, vous avez bien lu. Si vous avez aimé ce film :

la folie des grandeurs 1973 rŽal : GŽrard Oury Collection Christophel

Enfin, je veux dire cette pièce :

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Alors vous apprécierez forcément Man, Woman and the Wall puisqu’on peut le voir comme une version pinku de la pièce d’Hugo. Bon, c’est du moins le petit délire que je me suis permis  en suivant le déroulement de l’action. Ruy Blas, pour rappel, est l’histoire d’un vil laquais qui va se la jouer grand seigneur pour conquérir une reine qu’il aime sincèrement, mais qui est en même temps manipulé par un ignoble individu qui veut se venger d’elle. Eh bien là, c’est en fin de compte tout pareil. Ryo est un vil pervers masturbateur qui va se la jouer jeune homme protecteur plein de charme et d’humour pour servir sa reine à lui, sa Dona Maria de Neubourg pinku’s way :

Sora Aoi

Plus romantique qu’un sonnet de Musset, une bijin dans un champ de fleurs !

A noter que la belle est joué par Sora Aoi, actrice bien pourvue par la nature s’il en est et icône du monde du porno. Il est d’ailleurs croustillant que Yamamoto ait choisi une telle actrice. Car le spectateur mâle amateur de scènes de fesses et connaissant le pedigree de l’actrice attend forcément qu’elle soit employée dans un nombre considérable de scènes olé olé. Or, un tel spectateur en aura forcément pour ses frais puisque Sora Aoi ne sera vue que très peu dans le plus simple appareil et n’aura qu’une scène de sexe, scène d’ailleurs peu aimable puisque Yuta sera aussi brutal que vulgaire. Du coup, il y a un peu de frustration et l’on partage un peu l’exaspération de Ryo.

Pour le copain, c’est évidemment lui qui entre dans la peau du fantoche Charles II. Bien que trempant son biscuit de temps à autre, il est avant tout un bien piètre petit copain officiel, conseillant mollement à Satsuki d’aller voir les flics et l’écoutant à peine dans un scène au resto, tout occupé qu’il est à répondre à des appels. Dans la deuxième demi-heure, le fossé se creuse toujours mais Satsuki, dont on sent qu’elle aimerait bien aller finalement dans les bras de Ryo, lui reste malgré tout fidèle, comme liée à son petit ami officiel. Liée dans tous les sens du terme d’ailleurs.

Quant à Don Salluste, il est évidemment aussi joué par Yuta puisque le drôle est à la fois l’amant et le persécuteur. Il ira même jusqu’à s’associer Ryo/Ruy Blas en débarquant chez lui pour lui remettre ceci :

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Une enveloppe avec des biftons.

Comme Don Salluste, il a parfaitement compris que ce voisin bande sec pour la jeune femme et qu’il sera facile à débaucher pour exécuter une méprisable action : se la taper en échange d’une petite fortune. Heureusement, Ryo n’acceptera pas mais la proposition très crue de Yuta résonneront désagréablement en lui et entendre sa voisine pousser des cris de plaisir durant ses ébats lui deviendra dès lors parfaitement insupportable.

Un drame romantique qui finira bien ?

Dans les vingt dernière minutes Ryo et des amis mettent en place un piège dans l’appartement de Satsuki pour couler définitivement Don Salluste. Ce ne sera pas exactement comme l’original mais du moins y a-t-il une rixe à l’arme blanche dont Ryo sortira vainqueur avec un ami un peu voyou, son Don César à lui qui emmènera Yuta non pas dans l’enfer du désert comme à la fin de la Folie des Grandeurs mais dans celui du remboursement de dettes. Par contre, tout comme dans Ruy Blas, il y aura à la fin cette ultime question : une fois Ryo démasqué par Satsuki, une fois que cette dernière découvrira que l’aimable jeune homme n’est qu’un vil laquais, je veux dire un vil pervers qui utilise du matériel perfectionné pour écouter chez elle, eh bien une fois la découverte de cette facette de sa personnalité dévoilée, acceptera-t-elle de l’aimer pour ce qu’il est ou bien l’enverra-t-elle définitivement balader ? Ultime nœud (sans mauvais jeu de mots) qui conclura 80 minutes d’une intrigue plus sexy qu’érotique fleurant bon un certain amateurisme dans le jeu des acteurs mais finalement assez prenante et bien pensé dans sa première partie avec sa représentation des pulsions libidineuse d’un pervers voyeur.

6/10

Voilà pour ceux qui aimeraient ne pas connaître la fin. Pour les autres :

Après avoir découvert que Ruy Blas n’est qu’un espion érotomane qui aime à écouter ses petits cris lorsque Charles II  daigne lui faire tâter de son vit, Dona Maria de Neubourg se tâte :

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Expression pas forcément à ne prendre qu’au sens figuré.

Elle se tâte tout en sachant que Ruy Blas est sûrement en train d’écouter tout en se faisant certaines choses. Elle comprendra alors une chose : au diable son statut de laquais pervers ! Et son cœur penchera alors pour une solution radicale : le retrouver en douce chez lui, l’accepter tel qu’il est :

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et faire tomber le « rideau » d’une manière toute personnelle :

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Tout comme Ruy Blas, Ryo pourra lui aussi dire « merci » à la fin.

A noter que la version blu-ray commet l’audace de caviarder un ultime plan que l’on retrouve dans la version DVD. La frustration du spectateur montera d’un cran à la fin avec la nouvelle version.

Pleasure Masturbation : New Wife Version, d’Hisayasu Satô (1993)


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Ne vous moquez pas. Ces dames respectables sont les membres du SJTMFC (Seniors Japanisthan Trash Movies Fan Club). Ayant apprécié mes deux précédents articles sur Hisayasu Satô, ces vieilles vicelardes m’ont envoyé pour Noël une grosse boîte de toffees à la liqueur (curieuse la liqueur d’ailleurs) en me priant d’en réuploader un troisième venant du fin fond de mon tiroir étiqueté « Drink Cold ». Je m’exécute en vous présentant aujourd’hui un curieux couple…

 

(article paru sur Drink Cold le 11 décembre 2010)

1er film : des zoophiles nécrophiles dégénérés.

2ème film : des gays sadiques pratiquant la sodomie et la mutilation tout en se tartinant le corps de margarine.

3ème film : que choisir ?

Oui, qu’allais-je bien pouvoir choisir pour ce nouvel opus de la Dernière Séance Japanisthanaise, opus qui va ce soir à nouveau vous présenter un film d’Hisayasu Satô, ce génie grâce auquel je peux maintenant m’empiffrer sans scrupules de trucs dégueulasses avec l’alibi du message intellectuel aussi poisseux que fumeux. Merci Satô sama !

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GRRRRR !

Allons, ne soyez pas offusqués, inutile de nier, je sais que les pelloches de ce gars vous attirent plus fort que la Japan Expo et les hordes d’otakus puceaux acnéiques (vermine que je me fais toujours un plaisir d’accueillir à coups de winch dans le derche quand j’en vois un qui ose franchir le seuil de la buvette). Du coup moi, plus rien ne m’arrête, y compris trouver des titres d’articles de plus en plus débiles. « Hisayasu Satô sans les mains (et sans la teub) » : excellent non ?

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C’est très bien ça, il est rigolo le p’tit Olrik !

Et ce n’est que le titre mes loutes, attendez de voir la suite…

L’idée de l’article m’est venue par hasard en rematant dernièrement Supervixens du Russ Meyer. Fabuleux film truffé comme il se doit chez Russ de plantureuses bimbos et de scènes aux dialogues truculents. Parmi ces dernières, celle avec « Super Cherry » prenant en auto stop le héros du film (juste avant de le prendre par la racine) m’a toujours amusé mais aussi intrigué par les mystérieuses paroles de la jeune femme :

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« J’ai un orgasme d’avance sur toi. Je l’ai eu sous la douche, sans même me toucher. Avec juste un peu d’eau chaude sur mon corps. »

Jouir sans les mains… bon dieu ! je tenais mon nouveau sujet d’article ! Un coup d’œil à mon exemplaire du Psychopathia Sexualis de Krafft-Ebing (livre que je consulte de temps à autre lors de mes « énervements ») me confirma qu’il s’agissait d’une particularité sexuelle beaucoup plus répandue qu’on ne le croit. D’ailleurs moi-même, je dois dire que la vue d’un soulier féminin n’est pas sans susciter en moi d’agréables sensations, voire carrément me mettre dans d’embarrassantes situations :

Hamster Jovial

Passons.

Je fis donc une petite recherche sur Google pour voir si dans la filmo de Satô il n’y avait pas un film où l’expression « branlette intellectuelle » aurait un sens différent de celui qu’on lui prête habituellement. Avec les mots clés « éjac’ », « Hisayasu », « sans les pognes », « déviant », « psychiatrique » et « bijin », j’obtins assez rapidement ce résultat :

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Pleasure Masturbation : New Wife Version (1993)

Autant vous le dire, mon petit cerveau embrumé par l’excitation était un peu sceptique devant cette affiche. Une femme ? Masturbation ? Ce n’était pas exactement ce que j’espérais. Je dépêchai malgré tout au Japanisthan nos deux reporters Sébastien et Mamadou pour me dégotter une VHS du film  (en DVD, fallait pas trop rêver) :

mamadou sébastien

« Et si je l’ai pas avant demain soir, c’est 50 coups de verges trempées dans le vinaigre chacun ! »

Le précieux objet en ma possession (apparemment acheté d’occasion à en juger son aspect poisseux au toucher), je l’insérai fébrilement dans la fente de mon magnétoscope et lâchai la purée en appuyant sur « play ». C’était parti pour 60 minutes de, euh… « Plaisir masturbatoire : nouvelle femme version ». D’ailleurs nous, on y va, installez-vous, virez les tables, je lance le générique de la Dernière Séance Japanisthanaise :

C’est parti pour un nouveau voyage dans le monde merveilleux d’Hisayasu Satô :

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Le film commence ainsi :

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Autant vous le dire tout de suite : je vais battre le record de photos de malaxage de moniche en un seul article.

Un majeur dans la bouche, des pognes compressant des melons, une main furetant là où ça fait du bien… Google m’aurait donc menti ? Le film commençait certes fort bien, Satô, une fois n’est pas coutume, montrait combien il savait chiader les préliminaires pour mettre le spectateur (en tout bien tout honneur) dans de bonnes dispositions. De la belle ouvrage, Aristote et sa captatio benevolentiae à côté, c’était Frank « Forrest » Ribéry à Téléfoot.

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Uh ?

Mais voilà, le challenge était de faire comme Super Cherry, sans les mains quoi ! Avant de me retirer du magnétoscope, je me retins et poursuivis plus avant mon analyse en profondeur. Quelques minutes plus tard, je tombai sur ça :

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Sympa mais j’allais tout de même pas perdre une heure à mater une nana qui passait son temps à jouer de la guitare avec son berlingot ! Bordel, c’était quoi ce scénar de daube ? Un peu échaudé, je continuai malgré tout :

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Un godemichet, de l’exhibitionnisme, un numéro de « docteur ! J’ai le vagin qui parle ! Ecoutez ! », indéniablement, le film s’améliorait. Mais toujours trop de manuel, pas assez d’automatique. Las, je m’apprêtais à appuyer sur « stop » lorsqu’intervint un nouveau personnage : Masato, le mari de la jeune femme. En apparence, Masato,  il est cool :


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Un gars, une fille, mais un film d’Hisayasu Satô, n’oubliez jamais cela.

En réalité, il l’est un peu moins :

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Allez, met-toi un doigt dans ta grosse chatte baveuse poufiasse !

Ici, il faut que j’appuie sur « pause » pour vous expliquer un truc : Pleasure Masturbation est le titre parfait pour aborder un thème cher à Satô et que j’avais jusqu’à présent totalement mis de côté (comme quoi ça sert d’insister) : la technologie.  Si le monde de Satô a souvent des allures de deuxième cercle de l’Enfer de par ses perversions qui repoussent toujours plus loin les limites du mauvais goût (pour notre plus grand bonheur), il faut aussi préciser que les âmes damnées qui le peuplent sont souvent des êtres incapables de satisfaire leurs pulsions autrement que par le biais d’une caméra ou d’un écran de télé. Aller de l’escalade avec leur propre goumi ? Mais vous n’y pensez pas ! Eux, en tout cas, rien que d’y penser ça débande pire que lors de la retraite de Moscou (1812). Ainsi notre pauvre Masato qui refuse de faire la bête à deux dos puisque ses érections ne peuvent être maintenues sans avoir à portée de regard un couple en train de fourager sauvagement. Bien sûr, il pourrait en parler à sa femme ou à cet homme qui me sauva autrefois de mon goût immodéré pour les chaussures féminines :

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Olrik, tu aimes à te vidanger dans les chaussures de tes petites amies… Rassure-toi, ce n’est pas sale ! Pense aux fleurs !…

Mais voilà : chez Satô, one more time ! on ne communique pas, on s’enferme dans son petit univers où désespoir et déviances s’alimentent continuellement. Du coup, c’est – apparemment – rapano pour une vie conjugale saine et équilibrée.

D’autant que madame n’est pas en reste. On a vu qu’appuyer très vite sur le bouton magique, c’est son truc.

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On peut imaginer sans trop se gourer qu’elle devait être balèze à Track and Field, les plus vieux d’entre vous comprendront.


Mais s’il n’y avait que cela ! Notre miss Goldfinger montre assez rapidement au spectateur une autre facette de sa fascinante personnalité. Habituellement, quand bobonne se  sent délaissée, un coup de manivelle chez le coiffeur, Berthe Bérurier style, suffit à tromper l’ennui. Dans le cas de notre héroïne, le style est quelque peu différent puisque elle, ce qui la fait bicher, c’est de s’imaginer en train de se faire agresser par des inconnus :

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Lors de ces scènes, Satô utilise alors un filtre bleu et des focales courtes qui distordent les lignes à l’arrière plan. On ne peut pas dire que les fantasmes de la fille soient alors particulièrement chaleureux. Surtout lorsqu’à cela s’ajoute une représentation urbaine pas vraiment bandante. Les buildings sont certes là, bien en érection, et c’est justement ça le blème :

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Un doigt dans la matrice pour oublier la matrice urbaine ?

C’est une autre des thématiques propres à Satô que je n’avais pas encore évoquées (quand j’en serai à dix articles sur sa filmo, on aura l’impression que ce type est un nouveau Kubrick) : celle de la ville tentaculaire qui avale les êtres pour mieux les enfoncer dans leur solitude. Pour photogénique qu’il soit, cet univers urbain donne toujours l’impression de se résumer à un bloc de béton dépersonnalisé qui isole les êtres, même lorsqu’ils s’habillent de façon à titiller la libido des autres :

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Bon, où vais-je aller me faire chier ?

Quant à ces autres justement, on ne peut s’empêcher ici de réutiliser le cliché des fourmis sans âme :

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Chez Satô, les péripatéticiennes comptent les passants pour s’endormir.

Devant tant d’indifférence, il n’y a plus qu’une solution :

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Et une de plus ! Record battu !

Dans ces conditions, Pleasure Masturbation semble tout avoir du film désespéré. Mais ce serait oublier que les films de Satô ont tendance à bien se terminer. Souvenez-vous : dans Horse, Woman and Dog, la jeune femme sodomisée par un cheval finit par devenir elle-même une dominatrice (tout va bien donc). Dans Muscle, nos deux gays, malgré quelques broutilles (notamment un bras mutilé), se réconcilient en dansant la valse sur le toit d’un immeuble miteux. Beau comme une scène avec Astaire et Charisse dans un film de Minnelli ! Dans Love Pleasure, c’est à nouveau le happy end Sato’s style. Devinez un peu : une fille qui fantasme sur le fait d’être observée, un gars qui n’en peut plus lorsqu’il s’agit d’observer un truc salace à travers le viseur de sa caméra. Réfléchissez… vous y êtes ?

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Vas-y, filme-moi toute, éclate-toi mon gros loup, c’est trop bon !

Et oui ! Masato et sa belette, en confessant leurs ennuis techniques, ne tardent pas à comprendre qu’ils sont finalement faits l’un pour l’autre. Sans les mains, sans la teub’…

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Ouais, c’était exactement comme ça sous la douche !

… mais noyés dans le béton armé et fort consommateurs de préservatifs technologiques. Satô nous livre avec ce film la curieuse image d’un couple pervers et en même temps, d’une certaine manière, sexless.  Ils rejoignent ainsi la galerie de personnages otakus qui hantent les films de Satô et que j’évoquerai peut-être un jour mais pas tout de suite parce que là, je vous avouerais que j’en ai un peu ma claque du père Satô.

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Mais pourquoi ?  C’était pas mal, mes copines et moi on a plutôt aimé…

Tu veux que je sorte ma winch toi ? Allez les enfants, c’est l’heure du générique de fin, tous ensemble :

♫ La lumièr’ revient déjà ♫
♫ Et le pinku est terminé ♫
♫ Je réveille  Megane ♫
♫ Il dort comme un nouveau-né ♫
♫ Je relèv’ mon strapontin ♫
♫ J’ai une envie d’aller pisser ♫
♫ C’était la dernièr’ séquence ♫
♫ C’était la dernière séance ♫
♫ Et le rideau sur la buvette  est tombé ♫

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Hello, my dolly Girlfriend (Takashi Ishii – 2013)

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Sexe, violence, néons et humidité. Voilà en gros les quatre ingrédients qu’utilise Takashi Ishii avec des dosages différents d’un film à l’autre. Cela ne date pas d’hier, mangaka à ses débuts dans les années 70, ses œuvres de la veine gekiga racontaient des histoires choquantes de filles se faisant violer (éventuellement assassiner) sous la pluie dans des rues sordides. A partir de la fin des années 80, l’homme abandonne ses crayons définitivement pour s’installer derrière la caméra. Suivent une vingtaine de films parmi lesquels Freeze Me, Gonin, Angel Guts ou Flower and Snake qui auront réussi à faire d’Ishii une sorte de petit maître de la série B crapoteuse. Attention tout de même : Ishii n’est pas un Hisayasu Sato bis. On est dans la déviance mais une déviance portée sur une certaine prétention esthétique qui n’est pas sans évoquer Sono.

Cela me semble très vrai dans ce Hello my dolly girlfriend, film abordant le thème de la poupée gonflable (mais pas du tout gonflante, nous allons voir ça). Koreeda s’y était déjà risqué avec Air Doll avec pour résultat une poésie empreinte de mélancolie, une fable sur le mal de vivre urbain. Original et joli mais occultant ce pour quoi certains éprouvent le besoin de se doter de ce genre d’objet : baiser. Ou alors, cette réalité était évoquée en passant, de manière discrète, l’essentiel du film étant ailleurs.

Avec Ishii au moins, aucun risque pour passer sous silence cette réalité. Il est, au sens propre comme au figuré, le motif obsessionnel du film. Au figuré car l’histoire s’ouvre sur la vie professionnelle mal barrée du héros, Kentaro, qui se voit passer un savon par son supérieur devant tout le monde parce qu’il n’a pas assuré dernièrement en tant qu’éditeur. En réalité, il fait office de bouc émissaire puisque l’on comprend qu’il sert de fusible pour protéger la carrière des autres. Les autres qui justement s’empressent de s’engouffrer dans la brèche en accablant de reproches le pauvre Kentaro qui voit jusqu’à sa copine, une collègue de bureau, lui conseiller de donner sa démission plutôt que d’accepter de descendre les échelons de la hiérarchie (moyen pour elle de se libérer définivement de ce loser). Accessoirement les collègues virent son bureau dans la bonne humeur pour laisser la place à une remplaçante. Baiser ou se faire baiser, tel est la ligne de conduite qui apparaît dans ce quart d’heure introductif et qui résume la vie dans les entreprises japonaises. Voilà pour la vie professionnelle. Passons maintenant à la vie privée de Kentaro :

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Apparemment pétri de culture otaku, il peut compter sur des dizaines de figurines sexy qui l’attendent chez lui quand il ne va pas dans un bar où l’on peut siroter un verre en regardant le derrière de sculpturales créatures en train de se trémousser lassivement sur une table en verre au-dessus de vous :

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Une idée du bonheur quoi !

On peut regarder, on peut toucher la glace mais pas aller au-delà. De même les figurines : on les regarde, éventuellement on les dévêt mais ça ne peut évidemment pas aller plus loin.

Enfin il y a les Adult Video qui permettent une illusion de contact mais pour ce qui est de l’humidité, ça n’ira pas plus loin que celle de la paume de la main.  Danseuses de bar, figurines, actrices d’AV, voilà la sainte trinité qui compose la vie de puceau de Kentaro. Car ne nous y trompons pas : Kentaro a beau nous être montré au début comme ayant une petite amie au bureau, rien ne nous dit que la relation a été consommée entre les deux. Une scène nous les montre en train de le faire mais il s’agit d’un fantasme alors que Kentaro boit sa rage dans le bar. Dans son rêve, sa copine lui dit deux choses :

1) Qu’il est très compétent et que l’entreprise est stupide de se séparer de ses services.

2) Qu’il en a une très grosse.

Puissance dans la vie professionnelle, puissance sexuelle, deux facettes exclusives de ce que doit être la vie réussie d’un homme dans l’esprit de Kentaro. Or, il n’a pour l’instant ni l’un, ni l’autre.

Tout va être chamboulé avec la rencontre dans l’escalier de son immeuble d’un couple de lesbiennes. Il est ivre, bouscule la plus forte des deux (on croit d’ailleurs au début qu’il s’agit d’un yakuza), ça s’envenime et il s’ensuit une courte poursuite à la fin de laquelle Kentaro va atterrir dans un immeuble désaffecté et découvrir cette pièce :

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Et parmi ce monticule de mannequins, il tombera sur une de ces poupées hyperréalistes que propose maintenant le merchandising pornographiques nippon :

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Merde alors ! On dirait des vrais !

Totalement bourré et oubliant qu’une hommasse bien plus forte que lui le poursuit, il la désappe et lui fait son affaire. C’est le tournant du film, le pacte qui va le faire basculer en plein fantastique. Il y a un peu de la Vénus d’Ille dans Hello my dolly girlfiend. La statue de silicone s’éprendra du jeune homme après un acte symbolique. Seulement, comme on est chez Isshi, ce ne sera pas une bague passée au doigt comme chez Mérimée mais le vit fourré dans le vagin de la poupée. Dans les deux cas, le geste aura pour vertu de rendre vivante la créature. Et dans les deux cas aussi, on hésitera entre la réalité de cette transformation et une affabulation possible liée à l’esprit perturbé de Kentaro. Certes, on assistera à une scène de baston, dans laquelle la belle fera leur affaire à une bande de malfrats voulant la peau de Kentaro. Mais quand ce dernier sort de sa torpeur, il n’y aura plus aucune trace des cadavres. Qui plus est, quand il voudra regagner ses pénates avec son nouveau jouet, cela se passera ainsi :

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Redevenue inerte, la poupée alternera entre des moments d’immobilité et des moments de vie dont le spectateur ne saurait dire s’ils sont le fait du surnaturel ou de la folie de Kentaro. Une chose est sûre : dès ce moment le spectateur doit s’attendre à une hallucinante collection de plans montrant un vagin floutté. Fan service de mauvais goût me direz-vous. Il est vrai qu’on peut avoir l’impression que Takashi Ishii, 67 ans, semble vouloir se faire plaisir et faire plaisir à ses fans en livrant un pur spectacle d’exploitation où la moindre scène semble prétexte à mettre en valeur la plastique de la poupée et à faire jaillir de nulle part des petits culs :

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Et hop !

Mais d’un autre côté, en prenant le contrepoint absolu de la poupée dans Air Doll (pour rappel, jouée par une actrice coréenne plate et longiligne), Ishii rappelle ce pour quoi ces objets sont achetés : pour des fantasmes de gros nénés, de culs affriolants et de lèvres grandes ouvertes. Bref, de la chair fantasmatique synonyme de perfection. Une gravure idol comme pour de vrai, la vie en moins. Il est ici révélateur qu’Ishii ait choisi pour interpréter la poupée non pas une actrice porno mais  une gravure idol, Kokone Sasaki :

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Il y a les gravure idols qui montrent leurs seins, celles qui font tomber le bas et celles qui restent habillées. Kokone Sasaki appartient à cette catégorie (à quelques photos près). Et quand elle est nue comme c’est le cas sur la photo, elle n’e l’est pas complètement puisqu’un obstacle barre le passage à la vue ici le chocolat. Tout un jeu de je te montre mais en même temps tu ne verras rien auquel Kokone est passée experte comme le montre cette vidéo. Attention, séquence détente sur Bulles de Japon !

Euh, merde ! Faites excuse, j’a trompé ! Je voulais parler de ceci :

Tout dans la suggestion (bon, assez sommaire, il est vrai) et dans l’art d’exaspérer le regard concupiscent du lecteur. Les formes jaillissent mais ne sont jamais montrées à découvert. Et pour ce qui est de l’acte, ça n’ira pas plus loin que de mimer une fellation sur une glace à l’eau. Aussi, quand Kentaro met la main sur cette poupée qui ressemble à une gravure idol, ce sera la revanche de toute une libido exaspérée par des milliers de photos de gravure idols, des centaines d’AV aux copulations par procuration, des dizaine de figurines hentai aguicheuses mais aussi froides qu’une planche à pain.

Il y a alors une sorte de film dans le film. Le premier étant la vie et les déboires de Kentaro, le second étant une sorte de voyage virtuel qui pourrait s’intituler « exploration de l’épiderme de Kokone Sasaki ». Rien ne nous est épargné : Kokone Sasaki fait popo, Kokone Sasaki écarte les jambes pendant que son copain bouffe des ramens, Kokone Sasaki se fait savonner la toison au gant de toilette, etc, etc.

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Otaku : a full time job.

Fan service à donf’ donc. Ou bien simple reflet de ce qui se passe dans la cafetière d’un otaku puceau. En cela le film peut apparaître comme un film réaliste, une sorte de descente dans les méandres mentales d’un jeune homme humilié à son boulot et n’ayant pour seules amies des figurines en plastiques. Le film est délirant, certes. Mais s’il est délirant, c’est moins le fait du réalisateur sur le papier (Ishii) que du véritable réalisateur, celui qui fuit le réel (refus d’affronter son supérieur, refus d’affronter les lesbiennes) pour se vautrer dans son imaginaire fait de figurines sexy et d’AV crasseuses : Kentaro.

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Soyez prévenu que deux scènes de cul assez peu plaisantes tomberont comme un poil de bite dans un velouté aux girolles. L’une sera une scène de viol, l’autre carrément une scène de nécrophilie. Réellement, elles sont amenées sans tambour ni trompette, d’une manière outrée, irréaliste. Irréaliste comme ces innombrables plans où l’on voit le con de Sasaki Kokone, ou plutôt ce qu’il en reste puisque si l’on distingue les poils pubiens, le vagin est quant à lui flouté comme il se doit dans les productions érotiques sur papier glacé ou les AV. Ce qui est notable car inhabituel dans les films d’Ishii, ce dernier se débrouillant toujours pour éviter d’avoir recours à des caches digracieux. Ici, on les a en nombre puisque c’est justement ce que voit Kentaro dans ses innombrables soirées en solitaire devant son écran. Une fois encore, il est le maître inconscient de son propre film.

Ultime indice : Kentaro décide de donner un petit nom à sa poupée et évidemment, ce sera… Kokone. L’actrice joue alors son propre rôle. Une poupée que l’on va déshabiller mentalement et qui n’aura d’autre interaction avec le client qu’une interaction mentale. Ce sera la clé de l’ultime scène qui, après une heure quarante d’un spectacle aussi sexy qu’étonnant, conclura un film très sombre évoquant un Hisayasu Satô qui aurait décidé de polluer le film joliet de Koreeda ou d’aller sur les plates bandes esthétiques d’un Sion Sono.

[easyreview title= »Les notes d’Olrik » cat1title= »Epiderme » cat1detail= »Une petite pensée pour Tesuku Emoto qui a dû finir le tournage véritablement exténué : passer des jours et des jours à tripoter dans tous les sens Sasaki Kokone, à lui essuyer les fesses ou à lui savonner les parties intimes, clair que ça a dû faire palpiter sévère son pauvre petit cœur. » cat1rating= »5″ cat2title= »Violence » cat2detail= »Mine de rien cinq macchabés. » cat2rating= »4″ cat3title= »Fantasmes » cat3detail= »Tout ce que vous avez voulu savoir sur les pulsions d’un otak sans jamais oser le demander. » cat3rating= »4″ cat4title= »Nuit » cat4detail= »Amoureux du japon urbain nocturne, soyez les bienvenus. » cat4rating= »5″ summary= »Difficile d’imaginer ce que serait l’accueil critique en France d’une telle œuvre. En comparaison, Guilty of Romance ferait presque penser à du Lelouche. Quoi qu’il en soit, le film est une curioité à voir, autant pour les habitués de la filmo d’Ishii que ceux qui ne connaîtraient pas. »]

Bonus : le site perso de Kokone Sasaki ! Kokone chan, moi aussi je veux te savonner les fesses !

http://ameblo.jp/kokone-sasaki/

(the DC Archives) Quand la Rose Noire se fait tatouer


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Kashin no irezumi : Ureta Tsubo est probablement le premier roman porno que j’aie vu. Il faut bien l’avouer, j’aurais pu tomber plus mal tant les productions de la Nikkatsu de cette époque sont inégales. Mais voilà, coup de bol, il s’avère que la Vie Secrète de Madame Yoshino (titre français) est quand même un sacré film, avec un Masaru Konuma en grande forme et une Naomi Tani en grandes formes, plus sculpturale et charismatique que jamais. Donc prêt à explorer aujourd’hui le moindre pigment de son épiderme ? Alors on y va !

(article paru sur drink Cold le 22 mai 2010)

Masaru Konuma

Naomi Tani n’a jamais eu peur de moi,c’est plutôt moi qui avait peur d’elle. Masaru Konuma

Mon dieu, quelle séance les enfants ! Hier, histoire de bien rôder cette deuxième « dernière séance japanisthanaise », j’avais décidé de projeter Kashin no irezumi : Ureta Tsubo à l’équipage de l’USS Destroyer Drink Cold. Tout était prêt à la cantine : le projecteur, les boissons, les bancs bien disposés, on avait même l’assistante d’Emi qui s’était gentiment proposée de servir les bières et les chocolats glacés. Pour couronner le tout, les officiers s’étaient joints à ce rude équipage qu’est le nôtre. On est comme ça, nous, forcément écrasants de supériorité, doués de tous les avantages physiques et intellectuels mais jamais hautains envers nos hommes.

Bref, tout se passait bien lorsque voilà : après quelques minutes de film, on arrive à la première scène de nu, et évidemment ça dégénère :

Rose noire visionnage

Oh ! Des seins !

Je vous laisse le soin de deviner qui est qui. En tout cas, croyez bien que je ne suis pas le gros qui se fait peloter les seins. D’ailleurs, en parlant de seins, l’assistante d’Emi (que l’on aperçoit au fond à droite) doit les avoir un peu bleus ce matin. Tripotages de melons, claquages et pincements de popotin (qu’elle a fort joufflu d’ailleurs) ont été son lot durant un bon quart d’heure. Après, n’y tenant plus, la pauvre est allée rejoindre en pleurs sa chère Emi dans sa cabine. Ainsi est l’équipage de notre navire : des brutes, certes attachantes, mais des brutes.

La suite fut malheureusement prévisible. Le film terminé, nous souhaitâmes bonne nuit à l’équipage en lui demandant de finir raisonnablement la soirée. Parole malheureuse ! Deux heures après nous fûmes réveillés par un boucan de tous les diables. Le tafia, le vomi et les chansons paillardes coulaient à flots. Et les remontrances n’y faisaient rien, au contraire, elles les aggravaient, nos hommes ayant plutôt le vin mauvais. Il fallut recourir aux grands moyens :

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Mais ces petites péripéties qui émaillent notre quotidien n’étaient pas finies ! Le lendemain, le capitaine, visiblement de méchante humeur, se réveilla avec une curieuse lubie :

rose noire Boddicker Le Rouge

Ce qui était à prévoir arriva : au moment où je vous parle, cap’tain Clacla est avec sa pelle et son seau en train d’essayer de désensabler le Drink Cold.  Moi, j’ai prétexté mes rhumatismes et surtout cette séance de cinoche pour m’éclipser en loucedé. La satisfaction du client avant tout, non, qu’en dites-vous ?

Allez, entrez, entrez ! Prenez au passage le petit cadeau :

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… que vous tendent Nana et Momo (nos deux nouvelles maids, en remplacement des sœurs Kanno, jugées trop effrayantes par certains clients) :

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On vous gâte, hein mes salauds !

Le deuxième opus de la Dernière Séance Japanisthanaise va commencer. Cette fois-ci, ce ne sera pas du pinku contestataire mais du pinku bien en chair :

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Tiens ! Pour ta collection d’écrans-titres Megane !

Le film que vous allez voir ce soir (comme disait Schmoll) s’appelle Kashin no Irezumui : Ureta Tsubo. Réalisé en 1976 par Masaru Konuma, il est l’un des fleurons de ce que l’on appelle communément le roman porno. On raconte souvent que l’expression serait une contraction de « romantic pornography ». En fait, elle viendrait plutôt du français « roman pornographique ».  Il s’agissait alors de donner, vis-à-vis du reste de la production érotique mondiale, un certain cachet à des productions produites à la pelle de 1971 à 1988, essentiellement par le studio de la Nikkatsu (au début pour renflouer ses caisses, le studio étant en proie à de graves soucis financiers).

C’est en effet à la fin des années 60 que beaucoup de compagnies commencèrent à comprendre le potentiel  des films exploitant la nudité féminine et utilisant des thèmes adultes. Surfant sur la vague, la Nikkatsu se mit à produire à la chaîne des films de 70 minutes environ, moins mainstream dans leur approche du sexe, tournés et post-produits en trois semaines, et dont les scènes de sexe s’enchaînent avec une belle régularité toutes les dix minutes. Durant ces dix-sept années, 850 films (dont 710 pour la seule Nikkatsu) furent tournés ! Beaucoup de bobines sont à jamais perdues, mais les plus intéressantes d’entre elles sont visibles grâce au travail de l’éditeur japonais Geneon – et récemment chez Wild Side, grâce à une collection inégale mais qui a le mérite d’exister :

wild side collection

Une pub, oui, mais c’est pour la cause sacrée du roman porno.

Reste que le néophyte peut aisément se perdre dans cette jungle de petits minois, de petites culottes, de petits culs et de seins de toutes les tailles. Il peut avoir l’impression d’entrer dans une gigantesque maison close, sans doute prometteuse mais dont il ne connaîtrait pas les vedettes. Par où commencer pour être sûr de ne pas être déçu ?

roman porno sept mercenaires

Les Sept Mercenaires Nikkatsu style ou trop de choix tue le choix.

On peut avoir une approche par thèmes. Il y en a pour tous les goûts : drames familiaux, bondage,  viol, OL, bizarre, pas bizarre, historique, zoophilie, exotique, sadisme, culinaire, médical, soyez assurés que vous trouverez votre bonheur. D’ailleurs, même ces grands malades que sont les tennismen y trouveront leur compte, c’est vous dire :

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Ce film comprend les plus fabuleux coups qu’il m’ait été donné de voir au tennis. Ma raquette en tremble encore !

Mais avec cette approche, soyez assurés que vous allez rapidement vous cogner à d’incommensurables nanars. Ce qui sera moins le cas si l’on choisit une exploration en fonction des figures de proue du genre, aussi bien celles qui sont derrière la caméra, que celles qui offrent leur corps devant. Et avec un peu de chance, vous tomberez sur une de ces associations mythiques entre un réalisateur et sa muse. La paire Masaru Konuma / Naomi Tani est de celles-là.

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Mais cette paire n’est pas mal non plus.

Pour faire simple, Konuma est un des vieux briscards du roman porno. Ancien assistant-réalisateur de Seijun Suzuki (on peut trouver plus dégueu comme formation), il est le chantre du fouet, du martinet, de la soumission et de la femme ficelée comme un saucisson. S’il ne fut pas le premier à avoir exploité le SM, il fut celui à qui l’on confia volontiers au début des 70’s ce type de film, les autres réalisateurs étant assez peu tentés par l’expérience. Hana to Hebi, Cloistered Nun: Runa’s Confession, Wife to be sacrificed, autant de joyaux qui vous donneraient presque envie de vous rendre à votre M.Bricolage afin de vous concocter un petit stock de cordelettes. Mais au-delà du thème, Konuma est un esthète de la fornication. Montrer de la fornication pour de la fornication ne l’intéresse pas : elle doit être sublimée, magnifiée par les moyens techniques dont il dispose. Chez Konuma, croyez bien que lorsqu’il y a une scène de fesse de cinq minutes, ce n’est pas le spectateur qui bâille mais bel et bien sa braguette !

En ce qui concerne Naomi Tani (là aussi pour faire simple sinon j’ai pas fini), disons qu’elle fait partie des actrices de roman porno qui constituent, aux yeux de Thomas et Yoko Weisser (dans The Sex Films : Japanese Cinema Encyclopedia) , la « crème dans la crème » :

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Les 6 Playgirls du roman porno

3ème arrivée dans ce petit cercle, Tani (nom d’emprunt, ce mot d’argot désignant le  creux entre les seins) reste peut-être la plus populaire des Nikkatsu Queens. Il faut dire qu’il y a quelque chose de déroutant chez cette magnifique Japonaise, avec cet inhabituel 96 cm de tour de poitrine, cette peau immaculée étroitement serrée dans un kimono,  ce visage doux, presque maternel. Il y a chez elle un côté « épouse japonaise modèle », toujours à trotter dans la maison en geta, à faire de l’ikebana ou à s’occuper du dîner. C’est un peu l’image fantasmée de la femme idéale. Mais ce fantasme en appelle immédiatement un autre : celui de la femme soumise, toujours prête à jouer de la chipolata, qui dira toujours non mais qui pensera toujours oui. Et dans ce double jeu, Naomi Tani excelle, on peut réellement parler ici de talents d’actrice. Et perfectionniste avec ça. Les scènes SM ne lui faisaient pas peur (« le SM est mon destin », disait-elle), au contraire c’est elle qui les recherchait. Fière de sa peau d’albâtre, elle refusa pendant des années d’aller à la plage pour ne pas prendre le moindre coup de soleil. Dame ! les marques laissées par les martinets ou les cordes se seraient moins vues, c’eût été dommage. Surnommée « la Rose Noire », Tani a toujours vu son corps comme une fleur épanouie et a systématiquement refusé,  après son retrait des écrans en 1979, tout retour dans le milieu du cinéma, pour ne pas décevoir ses fans en leur montrant un corps flétri.

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La Rose Noire à l’acmé de sa beauté

Kashin no irezumi : Ureta Tsubo (soit « le tatouage du pistil : le vase mature ») propose une histoire en apparence désespérément simple : un homme est à la fois aimé de sa petite amie et de la belle-mère de celle-ci. À partir de ce canevas, Konuma brode pour le rendre rapidement singulier.

Ainsi, la relation entre la mère et la belle-fille est d’emblée placée sous le signe de l’inceste. Lors d’une scène de bain, Takako, la fille, saisit à pleine main (elle a bien de la chance) un des seins de Michiyo (jouée par Tani donc), sa maman, sous l’œil surpris puis amusé de celle-ci.

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« Je peux ? – Vas-y, je t’en prie ! »

Il y a un peu d’envie dans ce geste. Mais aussi du désir puisque Takako exprime son désir que Michiyo reste célibataire afin qu’elle puisse vivre avec elle. En tout cas, ce geste compulsif annonce l’effet que ne rate pas de créer le physique de Tani (et pas que dans ce film).Où qu’elle aille, sa beauté capte les regards. Ainsi, la première chose que fait sa fille au tout début du film est de la prendre en photo :

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C’est  aussi le moment ici de parler de M.Yamada (appelons-le ainsi, on ne connaît pas son nom), sympathique patron d’une PME que l’on voit ici en pleine pause café avec sa secrétaire :

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Oui, il est le seul au monde à boire son café tout en touillant sa cuillère.

Quand notre Rose Noire débarque chez lui, on se doute bien qu’il va y avoir de l’arrachage de vêtements et du yamete ! dans l’air. Ça ne rate pas, encore que le gus soit plus lâche que prévu puisqu’il utilise une drogue pour endormir sa proie. Il se retrouve alors devant un objet sexuel fascinant qu’il ne manque pas de contempler et de renifler avant de passer à l’action.

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Bons sang ! C’est du 36 !

Autre scène : dans la rue, durant une averse, un inconnu l’aperçoit, se rapproche d’elle, la mate en train d’ôter sa tabi :

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Un fétichiste du pied. Ça sent son fan de Rétif de la Bretonne à dix lieues !

… puis regarde intensément sa nuque :

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Humide, la nuque. 

Il s’agit du personnage tatoueur qui lui comprend instantanément qu’il n’a pas besoin de voir le corps nu pour piger qu’il se trouve devant un chef d’œuvre de la nature. Ainsi est le corps de Naomi Tani dans beaucoup de films : un corps qui fascine. Et le fait qu’il subisse les pires tourments n’est pas contradictoire. S’il connaît des extrêmes, c’est justement parce qu’il est stupéfiant de beauté. On est un peu devant la logique des libertins de Sade dont le plaisir et la méchanceté seront d’autant plus intenses que l’objet de leur violence sera pur. Pour faire simple, on pourrait presque dire que son corps constitue un thème à lui seul, une sorte d’élément narratif.

Autre point qui ajoute à l’originalité de ce triangle amoureux : la présence d’une folie qui couve. Elle intervient dès la scène de l’empoignement de miche par sa fille. Mais ceci n’est que le prélude à une obsession qui va peu à peu la dévorer. Il y a un peu de la madame Bovary dans Michiyo. Délaissée sexuellement (elle est veuve et n’a été marié que durant six mois ), elle est dotée d’une âme très romantique. On apprend ainsi que son grand amour de jeunesse est Kikusaburo Ogata, grand acteur de Kabuki décédé tragiquement. Amour toujours très prégnant, qui n’a pu être réellement oublié puisque l’on sait que Michiyo n’a vécu avec un homme que six mois. Du coup les pulsions s’entassent, et lorsqu’elle découvre que le petit ami de sa fille :

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Hideo Ogata qui, contrairement à Naomi Tani, a un peu la peau sur les os

… est le sosie parfait de son amour de jeunesse (et pour cause puisqu’il s’agit de son fils !), les soupapes lâchent, aussi bien dans son esprit – elle s’identifie à Hanako, personnage féminin d’une pièce Kabuki dans laquelle joua Kikusaburo :

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que dans ses actes :

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La compétition avec belle-fifille est lancée !

En effet, dès cet instant, la course au bogosse Ogata fait rage. Michiyo a l’avantage, puis sa fille le reprend. L’obsession s’intensifie dans l’esprit de Michiyo : il lui faut Ogata/Kikusaburo. C’est alors qu’elle prend LA décision, celle qui va déboucher sur ce qui est à mon sens une des plus grandes scènes érotiques du roman porno (mais je vous confirmerai définitivement quand j’aurai vu les 850 films). Michiyo décide alors de se faire tatouer un serpent tout autour de son corps afin de s’identifier totalement à Hanako (qui dans la légende, se transforme en serpent afin de séduire Kikusaburo).

Durant huit minutes (j’ai chronométré pour l’amour de la précision journalistique) on assiste à la réalisation de ce tatouage intégral. Et là, franchement, si vous avez trouvé cette scène ennuyeuse et que vous n’avez pu résister à la tentation d’avancer en vitesse rapide, vous ne méritez qu’une seule chose : passer quelques jours à fond de cale dans l’USS DRINK COLD à compter les cafards et à subir l’effroyable tambouille que ne manquera pas de vous servir Kiki. Tout d’abord, photographiquement parlant, c’est du miel pour les yeux. Visiblement, Konuma jouit à filmer l’actrice dans tous les sens, dans toutes les positions, toujours à l’affut du point de vue et de la composition qui en mettra plein la vue au spectateur :

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On est dans une sorte de micro fétichisme : celui de la moindre parcelle de peau de Naomi Tani

Mais dans la performance, Tani n’est pas en reste. Conchions ici ceux qui considèrent qu’une actrice de film rose ne doit avoir que deux qualités : son corps et son art de feindre des couinements de douleur/plaisir. On comprend parfaitement dans cette scène pourquoi Yasuharu Hasabe a regretté de n’avoir tourné qu’un seul film avec l’actrice (dans Rape !). Car non content de livrer avec passion à la caméra son corps afin de lui faire exprimer des émotions, elle joue parfaitement la métamorphose qui opère en elle. Il y a dans cette scène la quintessence de ce double visage, évoqué plus haut, propre aux personages de Naomi Tani : en quelques minutes, madame Yoshino, tranquille veuve, se transforme en Hanako la femme serpent (d’après la légende de la pièce de Kabuki évoquée plus haut).  Les cris de douleurs se teintent de nuances de plaisir, la transpiration abonde, Michiyo est prête à muer et à prendre sa nouvelle apparence :

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Chez Konuma, la femme libérée sexuellement peut être effrayante(Tani opère le même type de métamorphose dans Flower and Snake).  Ici, le personnage de Tani se transforme en une sorte de Gorgone, monstre serpent doté d’un nouvel œil au niveau du sexe qui pétrifie le pauvre tatoueur. À noter que Konuma a toujours détesté ces caches disgracieux dont le but est de dire au jobard : attention ! il le font vraiment ! Konuma maîtrise parfaitement l’art de la composition qui saura éviter la présence dune censure baveuse.

rose noire 14L’exemple le plus frappant du film : les deux jeunes gens se besognent tandis que Michiyo le fait en solitaire.

Mais l’utilisation qu’il en fait ici, avec cette assimilation à un  trou noir qui semble vouloir aspirer ses victimes, montre encore une fois combien il ne joue pas dans la même catégorie que nombre de tâcherons du roman porno.

Sans révéler la fin, disons juste que Michiyo, sombrant un peu plus dans la folie, fait l’amour au tatoueur et à Ogata. Elle « fait l’amour à » et non pas « fait l’amour avec ». La dernière scène de sexe est un feu d’artifice hystérique durant laquelle Naomi Tani aura rarement autant eu cette apparence de mangeuse d’hommes. Littéralement déchaînée, elle embrasse, lèche, suce, malaxe, empoigne, mord, en un mot elle domine, vide  son amant de son foutre mais aussi de toute faculté (il ne réagira pas lorsque sa petite-amie, surgit à l’improviste, lui criera d’arrêter).

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Nous sommes en 1976, trois années avant la retraite de Tani du monde du roman porno. Pour cette femme qui a voulu rester à jamais dans l’esprit de ses admirateurs comme une « fleur éclose éternelle », la beauté plastique de son corps dans ce film, supplantant celui de sa belle-fille encore en devenir, en est la parfaite illustration. Mais plus que jamais aussi, sa rage, son implication totale dans cette scène finale font résonner cette célèbre formule de Shinya Yamamoto : « Naomi Tani est un monstre ». Un monstre en fleurs, assurément.

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Shikijô ama : Fundoshi matsuri (Atsushi Fujiura – 1981)

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Derniers articles de l’été et pour ce faire, à l’heure où il convient de ranger ses tongs et son tuba pour reprendre son attaché-case, son bloc-notes d’étudiant ou son agenda déjà remplis de soucis, autant terminer sur une touche sexy avec un article qui va sentir bon l’iode et la lotion solaire.

Parmi les multiples sous-catégories qui composent le fascinant univers du roman porno, il en est une qui doit combler d’aise l’amateur d’eau salée et de moules, je veux bien sûr parler du…

eri anzai

Ama eiga.

Les ama, ces plongeuses chasseuses de perles et de coquillages toujours en activité, maintenant dans des combinaisons peu seyantes mais qui officiaient autrefois volontiers seins nus et attiraient les photographes du dimanche sur les côtes où elles travaillaient. Il n’en fallait pas plus pour créer un nouveau fétiche propre à susciter quelques roman porno remplis de coquillages frétillants :

shikijo ama fundoshi 1

Juste un hors-d’oeuvre, patience.

Parmi eux, ce Shikijô ama : fundoshi matsuri (soit « c’est la fête du string chez les plongeuses chaudasses ») pour le moins anecdotique mais intéressant par deux aspects. D’abord, il y a son nombre de starlettes nikkatsesques.

Ainsi Eri Anzai, que l’on vient de voir ci-dessus avec son adorable fundoshi rouge, mais citons aussi Kazuyo Ezaki :

kazuyo ezaki

Maria Mari :

Maria Mari

Et attendez attendez, ce n’est pas fini, Maki Kawamura :

kawamura maki

Bon et là je m’arrête car je sens que le palpitant de mes lecteurs va lâcher si je poursuis. Je ne sais pas si les plongeuses du film ont trouvé beaucoup de perles mais pour le spectateur en tout cas la pêche est bonne, voire carrément miraculeuse. Et pas des morues, ça non, plutôt un joli banc de sardines bien frétillantes et que l’on se ferait une joie de voir passer à la casserole. Ça tombe bien, car le taux de SFH est de :

13,63 !

Qu’est-ce que le SFH ? Tout simplement les Scènes de Fesses par Heure. C’est le deuxième point fort du film. Enfin, point fort, c’est selon. Pour ceux qui préfèrent une bonne histoire et ne se soucient pas d‘avoir des seins nus à mater toutes les dix secondes, avoir un faible SFH n’est pas forcément un problème. Mais voilà, une bonne histoire, dans ce Shikijo ama : fundoshi matsuri, y’en a pas. Ça frétille de sardines, mais pour le scénar’, c’est marée basse ! Jugez plutôt : le maire d’un petit village côtier est inquiet car il ne lui reste plus qu’une ama quinquagénaire pour aller choper les coquillages au fond de la mer et assurer l’économie de son patelin. Il envoie illico à la ville un jeune homme pour faire revenir les jeunes bijins du village qui ne voient aucun inconvénient à quitter leurs activités tokyoïtes pour aller se les peler dans de l’eau froide et s’enterrer dans un trou où les red necks locaux ne vont pas tarder à jouer les relous de service en essayant de palper leurs miches à tout va :shikijo ama fundoshi 13

Toutes les occasions sont bonnes, même au cimetière.

Le supposé acmé du film sera un matsuri dédié à la fertilité, avec des mikoshis en forme de vit et de con, et surtout l’équipe des amas habillées pour la circonstance d’un fundoshi, cette longue serviette que l’on se met au milieu de la raie :

shikijo ama fundoshi 2

On apprécie au passage le sens de la composition du directeur de la photo.

Et… c’est tout. Le but est réellement de montrer un maximum de starlettes made in Nikkatsu dans un maximum de situations polissonnes. Pas bien difficile car les personnage féminins ont chaud, très chaud même, et tout particulièrement à un endroit :

shikijo ama fundoshi 3

Il faut en tout cas ici reconnaître à Atsushi Fujiura de belles qualités de métronome. Pas le temps de se reposer, toutes les trois minutes une sardine appétissante vous oblige à jouer de la gaule (penser à virer ce jeu de mots douteux, peut-être un peu lourd pour de nouveaux lecteurs). Et ce dans des situations diverses et variées : en voiture, après avoir mis de la lotion solaire, au milieu des filets et des paniers, en rêvant la nuit, en espionnant à travers une closion, avec le maire du village amateur de gros objectifs, sur la plage pour « châtier » collectivement un vilain godelureau et, last but not least, déguisé en bambin pour jouer avec maman.

Bon, vous aurez compris qu’on ne risque pas l’embouteillage cérébral avec ce film. Mais si l’on est entré dans une salle obscure en cette année 1981 pour voir plein de jolies, filles dans une multitude de situation polissonnes, avec de l’humour bon marché et pas la moindre once de scènes crapuleuses ou cradingues comme certains romans pornos, on peut penser qu’on a pas dû se sentir volé par le spectacle.

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She Cat (Shingo Yamashiro – 1983)

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Pas évident de résumer l’intrigue de She Cat (Meneko). Commençons peut-être par évoquer le personnage principal, Mineko Kagami (Neko pour les intimes, jouée par Ai Saotome), gynécologue de son état, qui entretient une liaison avec une autre gynéco de la clinique où elle bosse. Jusque là tout va bien. Deux gynécologues saphiques, après tout rien de plus banal, tout pareil que la vraie vie (enfin, telle que je l’imagine). Après, ça se complique lorsque les deux femmes, présentes à une fête gay, se font tirer dessus par une bande de cinglés tirant à travers une fenêtre. On pourrait croire qu’il s’agit d’une poignée d’opposants au mariage pour tous mais non, il s’agit de ces types :

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Grrrr

C’est qu’en fait, la cible n’était pas les deux gynécos et encore moins le gay qui sera touché par une balle et qui mourra peu après, mais une étrange femme trimballant avec elle un étrange sac avec à l’intérieur un objet encore plus étrange ! Tout cela est fort étrange me direz-vous, certes, mais assurément ça l’est bien moins que l’intrigue qui alterne moments comiques, scènes de sexe crapuleux, scènes de sexe romantiques et même à la fin gunfight dans le plus pur style yakuza eiga. Ajoutons à cela un égorgement au scalpel et des flashbacks traumatiques ou l’on voit Neko se faire agresser au couteau par une folle, et l’on obtient un roman porno finalement plutôt atypique et assez accrocheur. Avec raison, Jasper Sharp évoque dans son livre Behind the Pink Curtain Dario Argento pour parler de ce film. Par son mélange d’érotisme et de scènes sanglantes, difficile en effet de ne pas penser au giallo. Et au-delà des scènes de fesse, c’est tout l’intérêt des roman porno que cette aptitude à emprunter à n’importe quel genre. Après, on pourra trouver l’intrigue parfois un peu confuse, mais pour ce qui constitue le premier film d’un réalisateur jusque là surtout connu pour faire l’acteur, l’ensemble, dans sa volonté de sortir des sentiers battus, ne manque pas d’intérêt.

Et puis, il y a Ai Saotome. 1m63, 49 kg et, nous précise le Wikipédia japonais (miracle de l’internet !) un sympathique 80/57/84. Malgré le handicap d’une coiffure et d’un maquillage so 80’s, notre bijin compense par une plastique du plus bel effet dans les scènes de saphisme :

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Gif totalement dispensable, je sais.

… mais surtout dans la fameuse scène de douche où Yonezo Maeda, le chef op’, montre une certaine inventivité photographique, notamment par ces plans où la caméra est fixée au niveau de la pomme de douche. Dans les scènes hétéro, le fils à papa du film (une petite ordure) à toutes les peines du monde à se décrocher de certains globes, on veut bien le comprendre.

Ayant la réputation d’être frigide, son personnage semblera vaincre son problème grâce à une scène érotico-romantique avec le bogosse du film, un restaurateur ancien pilote de course :

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Vous l’aurez compris, Yamashiro aime bien les scènes de malaxage de poitrines, fussent-elles masculines.

À côté de cela, « Neko » se métamorphose au cours du film en redoutable flingueuse et lanceuse de scalpel dans le plus pur style « Sasori ». Tout cela est certes un peu WTF?! mais franchement, si vous êtes du genre à rationaliser pour un oui ou pour un non et à jeter des hauts cris devant des incohérences d’un roman porno, allez donc plutôt geindre du côté des forums d’IMDB.

A côté du personnage d’Ai Saotome, il y a donc celui de son amante et de la mystérieuse femme se trimbalant sa boite. Les deux ont aussi droit à leurs scènes dévêtues. Comme on a bien compris que l’éclectisme est le fort de Yamashiro, je vous prie de croire que ces scènes sont plus portées sur le crapoteux que le romantique. Un peu dommage d’ailleurs, on a l’impression que la scène de viol au milieu du film n’a d’autre but que d’en donner pour son argent à l’amateur d’émotions fortes. De ce côté-là, c’est réussi, mais de l’ignoble au grotesque il n’y a parfois qu’un pas, comme en témoigne ce curieux plan :

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Je vous laisse imaginer quel est le point de vue adopté par la caméra.

Par son atmosphère giallesque, Meneko parvient donc à surmonter ses défauts et à faire passer l’heure et demie (longueur assez inhabituelle pour un roman porno) sans faire bailler d’ennui le spectateur, effet que les productions de la Nikkatsu ont malheureusement assez souvent. Et ça, c’est déjà pas mal pour un réalisateur qui a cru bon de faire apparaître ainsi son nom au générique :

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Amour du bon goût, quand tu nous tiens.

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Meneko est disponible dans la collection « Nikkatsu erotic films collection » chez Impulse. Le transfert est très correct, bien meilleur en tout cas que dans les roman porno de Wild Side qui offrent souvent une image entrelacée.

 

(The DC Archives) La Dernière Séance Japanisthanaise : ce soir, Naked Pursuit


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Ma dernière critique sur le film de Wakamatsu dans lequel il est question d’une bijin voluptueuse aux seins lourds courant nue dans un désert poursuivie par un mâle m’a rappelé l’existence de Naked Pursuit, pinku dans lequel un mâle court, dans le désert, après, devinez quoi ? une bijin nue (mais aux seins cette fois au-dessous de la normale) ! Ça tombe bien, j’en avais fait une critique pour Drink Cold


(article paru le 18 mars 2010)

Ce soir, c’est ciné-club. Enfin, ciné-club façon Drink Cold. Pas vraiment d’Ozu, de Mizoguchi ou de Naruse. C’est plutôt du côté de séries B, de pinku, de roman porno, de yakuza et autres kaiju eiga, à la rigueur de films engagés que l’on va taper.

Pour ce faire, j’ai décidé de voir grand. J’ai mis mon plus beau costard, celui que j’avais lors des noces d’émeraude de tata Pierrette et de tonton Marcel, et me suis procuré une magnifique perruque blonde ornée d’une non moins magnifique banane façon Chaussettes Noires. J’aurais bien essayé avec mes propres cheveux, mais avec ma capillosité de trentenaire déjà décatie par le vice, c’était pas gagné. N’importe. Regardez-moi bien : à qui vous fais-je penser (qui a dit à une tête de nœud ?) ? Pourquoi ces mines éberluées ? Vous ne voyez vraiment pas ? Mais je suis le portrait craché de Schmoll, voyons ! Car quitte à mater du chef d’œuvre à la buvette, autant y mettre les formes. Quand j’étais petit et que je regardais La Dernière Séance le lundi soir, je me disais toujours que m’sieur Eddy, il était bien cool. Il est vrai que j’ai un peu changé d’avis depuis…


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– Hé ! Johnny, t’as vu ?

– Euh… Quoi ça ?

– Ben mon cul ! Mouahahaha !

Mais comme je regrette cette émission ! Souvenez-vous : le générique avec les gens s’activant devant le cinéma, Schmoll débitant des conneries érudites en palpant à moitié les miches de sa voisine, les réclames (« Jean Mineur 0-0-0-1 »), les infos Gaumont, le Tex Avery avant le deuxième film, et surtout, justement, les films : du bon petit film yankee en technicolor, souvent rempli de cowboys justiciers ou d’impitoyables corsaires. Quoi de mieux pour un môme ?

Debra Paget dans le Tombeau Hindou : quoi de mieux en effet ?

Aussi, pour les grands mômes que nous sommes (sinon vous ne seriez pas ici), j’ai décidé de faire tout pareil que la Dernière Séance : j’ai raboullé un vidéoproj’ de mon travail, tendu sur un des murs de la buvette un drap à moi (faites pas trop attention aux taches) et disposé au centre toutes les chaises disponibles. Tape-culs, les chaises ? Z’êtes jamais contents. Sinon, évidemment pas de Tex Avery à l’entracte, ce sera un épisode de Sazae-san. Ah ! J’allais oublier le meilleur pour la fin : en guise d’ouvreuse et de vendeuse d’esquimaux  (indispensable), j’ai réussi à dégoter des sosies de Mika et Kyoko Kano, l’une en costume de soubrette, l’autre en bunny girl. Les amateurs de Tod Browning apprécieront cette petite « freak touch ».

mika kyoko kano

N’ayez pas peur, entrez, tout va bien se passer.

En revanche, pas beaucoup de choix pour les glaces : j’ai – un peu égoïstement, je l’avoue – uniquement commandé ces petits pots de glace à la vanille de marque Meiji, mes pref’.

Allez, je me tais, le premier film de cette soirée cinoche va commencer. Il s’agit de :

naked pursuit

(Attention ! Article un peu long aux allures de pensum semi-universitaire. Vous êtes prévenus)

Faire le résumé de Naked Pursuit ne devrait pas me coûter trop d’énergie. En gros : pendant une heure, un fugitif  poursuit une femme pour la violer. A la fin, il y arrive.

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Si vous avez aimé le biathlon lors des J.O. je vous conseille de faire cette expérience : regardez le film avec des commentaires de Bernard Montiel en fond sonore. Trip garanti !

Reconnaissons d’emblée au réalisateur, Toshio Okuwaki, un certain talent cinématographique. Photographie soignée, variété des cadres, des angles de vue, images filmées au ralenti, réverbération et distorsion des sons, caméra fixe, effets de caméra à l’épaule, zoom à la Jess Franco, il fallait en fait tout cela pour faire avaler la pilule au spectateur. Car franchement, je me suis demandé au bout de dix minutes si j’allais tenir. Le film n’est pas bien long : 68 minutes. Mais lorsque l’on tente ce type d’exercice de style, ça devient tout de suite périlleux, chaque minute semble compter triple. En plus, la fille est plate comme une seiche, ce qui rend toute de suite moins attrayantes ces courses en petite culotte. Vous cherchez l’équivalent japonais de la scène finale de Supervixens ? Ce ne sera pas pour cette fois-ci.

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Volume mammaire de Maki Aoki  X 100 = poitrine de Shari Eubank

Du coup, les petites audaces formelles permettent de relancer l’intérêt. L’absence de tout réalisme aussi. Car les deux personnages (précisons ici qu’ils ne se connaissent pas, qu’ils se sont rencontrés par hasard sur une île) se poursuivent, se violentent, mais n’échangent pas un cri, pas une parole (à une ou deux exceptions près). Plutôt que d’attendre des rebondissements narratifs (peine perdue) ou des scènes particulièrement salées (le titre international, très « sexploitation » est à ce titre trompeur), on se dit alors qu’il y aurait bien du symbole, de l’allégorie là-dessous. Que représentent l’homme et la femme ?

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Ouais, c’est surtout : est-ce que ce film va nous apporter gloire et pognon? C’est pas gagné.

Plusieurs pistes se dessinent. Le film, sorti en 1968, insère à deux endroits des images d’archive montrant des protestations étudiantes et des scènes du Viêt-Nam. On se risquerait alors à y voir une parabole sur la liberté malmenée par l’autoritarisme. La jeune femme apparaît dès le début comme une Liberté souillée, humiliée, au bord du suicide (on apprendra la cause plus tard). Arrive alors cet homme, une paire de menotte pendante au poignet, qui va n’avoir de cesse de la poursuivre pour la violer. Il y a un peu du conquistador en lui. Lors du générique, on nous le montre sur le pont d’un ferry, regardant en direction de l’île vierge où se trouve sa future victime. Avant de la violer, il l’attachera bien sûr. Il ne va pas jusqu’à la tuer mais lui laisse une marge de manœuvre très étroite. La jeune femme saura l’utiliser pour se libérer des menottes. Mais le viol aura finalement lieu lors d’une dernière cavalcade au milieu d’un paysage désertique. Victoire émaillée d’un rire – le seul que l’on entend durant tout le film – du violeur. Victoire ? « Tu crois que tu as gagné mais c’est faux, totalement faux. J’ai gagné », lui lance au visage la jeune femme avant de reprendre sa route, décidée, plus forte que jamais, bien loin dorénavant de toute idée de suicide. On peut violer la liberté, mais les éclaboussures portées contre elles se retourneront toujours tôt ou tard contre ceux qui en sont la cause.

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Les éclaboussures en question.

Appréciez la subtilité de la métaphore.

Tout cela est bien joli mais ne tient pas compte d’un détail qui orienterait le film vers une autre lecture : au début, durant l’interrogatoire, l’image superpose le visage de l’agresseur à ces images d’émeutes déjà évoquées ainsi qu’à une scène de meurtre. On apprend alors que l’homme est un étudiant qui a tué un policier. Du coup, on se retrouve face au topos de l’homme déréglé, révolté contre son monde. Sa réaction devient irrationnelle, nous ne sommes pas dans la radicalité des groupuscules terroristes, mais la gratuité du viol l’annonce à sa manière. Autre chose : j’ai évoqué des scènes de guérillas urbaines au Viêt-Nam. Mais en les revoyant, je me suis demandé si elles ne renvoyaient pas en fait aux affrontement entre les troupes impériales et les unités d’infanterie américaines, lors du débarquement à Okinawa. Nous sommes après tout à la fin des années 60, époque où l’irritation envers la présence américaine et la passivité du gouvernement japonais à ce sujet est particulièrement vive.

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Le PSG a encore perdu ! Fait chier !

Enfin, revenons sur la femme (en tout bien tout honneur) : incarnation possible de la liberté mais aussi (les deux ne sont pas incompatibles d’ailleurs) d’une jeunesse étouffée et bafouée par les parents. Dans le film, la jeune femme a deux gestes violents : elle assène à son agresseur un violent coup sur le crâne de son agresseur et, lors d’un flash-back, gifle sans retenue une vénérable dame en kimono, sa mère. La raison ? On l’apprend dans une lettre : sa maman, telle Naomi Tani dans Ureta Tsubo, lui a tout simplement soufflé son fiancé. On peut voir en cette mère une incarnation de la société japonaise, faite de faiblesse et de trahison, à l’image de ce gouvernement passif déjà évoqué. L’héroïne avouera d’ailleurs que la seule chose qui lui a manquée, c’est un père.

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Mère,

Je viens d’apprendre que je passais sur Drink Cold.

C’est pourquoi j’ai décidé de mettre fin à mes jours.

Il n’y a dès lors pas de réelle empathie un personnage plutôt qu’un autre. Les deux apparaissent comme des victimes et on n’est pas sûr que l’acte enfin assouvi soit vraiment un viol. Le brutal passage à la couleur, le gros plan glamour sur la bouche de la femme donne l’impression d’un acte partagé, d’une conjonction de leur mutuelle révolte. Et les ultimes paroles du film (« Tu crois avoir gagné ? C’est moi qui ai gagné ») sont alors moins les paroles triomphantes d’une humiliation victorieuse que la révélation de la réelle marche à suivre face à la société : à la force brutale et irrationnelle, adoptons plutôt une force rusée, sûre d’elle-même et digne.

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Hmmmm… bien dit.

Vous l’aurez compris, Naked Pursuit est un film qui plaira à ceux qui ont l’interprétation vagabonde. C’est là sa principale richesse. Je me suis même demandé d’ailleurs si le réalisateur n’avait pas une autre idée derrière la tête. Réfléchissez bien : cette femme qui court tout le temps en ayant l’air de dire « attrape-moi si tu peux ! », et cela afin d’éviter d’être « mangée ». Ça ne vous rappelle rien ? Mais si voyons ! Rappelez-vous vos années de maternelle. Pour moi, c’est très clair, Naked Pursuit est simplement une version pinku de Roule galette. Si vous gardez un souvenir ému des classiques du père Castor et que vous ne dédaignez pas le pinku eiga engagé, n’hésitez pas, ce film est pour vous.

http://www.dailymotion.com/video/x13eu2

Voilà, j’espère que le film et l’épisode de Sazae-san vous ont plu parce que la soirée est finie. Pour le deuxième film, on verra ça plus tard car avec les dix pots de glace que je me suis enquillé durant la projection je n’ai plus qu’une envie : aller vomir tout mon soûl et rentrer me coucher.

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Chasseur de Vierges (Kurahara Koretsugu – 1977)

Se mater du bon vieux pinku made in Nikkatsu tient souvent du quitte ou double. Ou bien l’on abdique au bout de vingt minutes, sûr que, non, rien décidément dans le film lèvera en vous un un quelconque intérêt (et lèvera encore moins autre chose), ou bien justement un élément pas vu dans d’autres films de ce type vous apparaît et là, la courte longueur du métrage aidant, vous vous décidez à aller jusqu’au bout. Pour ma part, ce désopilant Chasseur de Vierges appartient à la seconde catégorie. Et pourtant, rien a priori ne plaidait en sa faveur. Jugez plutôt :

le thème : pas le plus primordial pour aimer un pinku mais enfin, on peut avoir plus d’affinités pour certains que pour d’autres. Ici il s’agit du thème des amours lycéennes (perso, voir des actrices jouer les nunuches en sailor fuku, bof) et… du viol. Pour ce dernier, on sait ce que certains réalisateurs de roman porno ont pu faire, alternant entre le film coup de poing pas forcément inintéressant, et la daube où la leçon crapoteuse serait « de toute façon, elles n’attendent que ça ». Bref, rien de bien aguichant en ce qui me concerne.

l’histoire : Misa, star et sportive number one de son bahut est bien embêtée : Ryu, un nouvel élève, a la manie de violer systématiquement les reines de beauté des multiples établissements où il traîne ses guêtres, et est bien décidé à lui faire subir le même sort. Bon, évidemment, présenté comme cela, on se dit que l’on a affaire à une daube insondable à la limite du supportable. Mais attendez un peu, ce n’est pas fini, laissez-moi explorer encore plus en avant.

Le bon Doktor Olrik examinant un pinku eiga pour le bonheur de ses lecteurs.

le potentiel bijinesque : pour ma part très important ! De belles scènes de fesse, c’est bien. Mais avec une Nikkatsu queen, c’est mieux. Las, la petite Asami Ogawa, alors âgée de 22 ans, est bien mimi mais n’a évidemment pas le même magnétisme d’une Naomi Tani. A côté d’elle, citons malgré tout la présence de Tamaki « gros lolos » Katsura, malheureusement le temps de deux courtes scènes.

les scènes de fesse : justement, parlons-en. Ou plutôt, n’en parlons pas tant la chair est triste et sans imagination. Ça copule frénétiquement et ça ne sait pas. Tout comme le réalisateur, Kurahara Koretsugu, alors à son dernier roman porno (il n’était que trop temps que ce tâcheron arrête le massacre), qui n’est manifestement pas un Masaru Konuma. Amateurs de parties de jambes en l’air cinégéniques, passez votre chemin !

Comme je le disais donc plus haut, dans 90% des cas, quand je tombe sur un roman porno qui présente un aussi sinistre tableau, j’arrête au bout de quelques minutes. C’est arrivé récemment avec Pink Tush Girl de Koyu Ohara. Mais là, comment dire ? impossible d’appuyer rageusement sur le bouton stop de la télécommande. Au contraire, dès les premières scènes j’ai capté que le film allait être pour moi tant derrière les maladresses de ce butor de Kurahara planait l’ombre d’un fou furieux à binocles bien connu, j’ai aimé Go Nagai !

Coucou c’est moi ! Toujours un plaisir d’être cité sur ce site !

Go Nagai et plus particulièrement son mythique Harenchi Gakuen qui lui valut les foudres des enseignants et des associations de parents d’élèves (précisons ici que le titre original de Chasseur de Vierges est Erosu Gakuen : kando batsugun ce qui, traduit avec mon prodigieux talent dans ce domaine, signifierait : le lycée érotique : Dieu que c’est bon ! le clin d’oeil avec le manga de Nagai est en tout cas très clair). Déjà évoqué dans mon article sur le mekuri (que je réuploderai bientôt, promis !), ce manga mettait en scène un collège délirant peuplé de professeurs pervers et d’élèves pas forcément plus sages :

Et encore, vous voyez là une journée soft.

Dans la foulée du grand succès de ce manga auprès des kids, en dépit des grincements de dents parentaux, furent tournés quatre films par la Nikkatsu avec rien moins que le grand Joe Shichido :

Le thème de l’établissement scolaire partant totalement en vrille connaissait alors ses lettres de noblesse et l’on devine bien ce que lui doivent des mangas tels que Kimengumi (un Collège fou fou fou) ou Urusei Yatsura (Lamu), avec pour ce dernier le personnage d’Ataru, élève libidineux que l’on croirait tout droit sorti d’Harenchi Gakuen :

Bref, tout cela pour dire que ce Chasseur de vierges est à la jonction de deux univers, celui de Go Nagai et celui du roman porno. Et c’est sans doute là, pour l’amateur de manga et de fiction érotique nikkatseque, l’unique intérêt du film. Que ceux qui n’aiment pas les films jouant ouvertement la carte de la débilité fuient ! Que les autres se frottent les mains, ils vont assister à un invraisemblable spectacle où il ne faudra pas chercher la moindre once de rationalité chez les personnages et encore moins la moindre moralité. Tout est prétexte à la cocasserie, à l’humour du type « poil de bite dans le potage ». Une des amies de Misa veut-elle aller tranquillou aux gogue pour faire la grosse commission (et ôter un tampon qui semble avoir absorbé un litre de raisiné) que…

Kyâââ ! Qu’est ce que c’est que ça ?! On dirait une reproduction du vit d’Olrik !

Et je vous passe le plan quelques secondes plus tôt où l’on voit un manche à balai glissé en dessous la cloison, manche surmonté d’un gode lui-même recouvert d’une capote (en fait non, après réflexion, je ne vous le passe pas) ! Ceci est un exemple parmi tant d’autres. J’aurais pu citer celui de la vieille prof qui, choquée après être tombée sur Ryu en train de baisotter avec une des amies de Misa, s’empresse de filer à la salle des profs pour raconter ce qu’elle a vu en reconstituant la scène avec force pelotages de ses collègues. J’aurais tout aussi bien pu vous narrer un combat de judo qui évidemment vire au 69. Et que dire d’un des soupirants frustré de Misa qui, tout déconfit d’avoir vu sa place ravie par Ryu, va tourner son dévolu libidineux sur un objet de désir fort incongru ? Vous l’aurez compris, plutôt que d’érotisme, on devrait plutôt parler ici d’obscénité. Montrer l’acte sexuel de manière sophistiquée, esthétisante, n’est absolument pas le propos (les copulations sont peu nombreuses et ne durent que quelques secondes), ce serait plutôt de faire une tambouille obscène où le mauvais goût est roi. Et magnifiquement incarné par Ryu, ce serial violeur se vantant d’avoir un « taux de 100% en matière de possession des reines de beauté des établissements qu’il a fréquentés », et qui a tout du croisement entre Clint Eastwood et le bouseux japonais :

Il faut ici évoquer une constante : la nullité des personnages masculins. Entre ceux qui soignent leur libido désespérément vide en faisant des rêves érotiques, en jouant les voyeurs ou en se tapant la truie de Ryu, et ledit Ryu certes sans problème de ce côté-là, mais obligé de jouer de sa force, parfois joliment joué par la bande de Misa et franchement ridicule avec son côté Belphégor à la grosse quéquette :

Tremblez viles pucelles ! Le règne de Membrax arrive !

… entre ces deux types de personnages donc, Misa atteint une certaine hauteur, acquiert une force tranquille bien résumée par cette scène, elle aussi d’un goût exquis :

Venant d’être violée par Ryu, la jeune femme s’assoit sur ces marches. Elle s’aperçoit alors qu’un filet de sang coule entre les jambes, sang que le goret vient lécher (burp). Munie d’un vêtement rouge et or évoquant le fundoshi de Ryu, la bête apparaît alors comme l’incarnation de la libidinosité masculine. Et Misa peut en effet être tranquille. La perte du pucelage a été rude mais lui a offert deux leçons : tout d’abord que les hommes sont des porcs (mais ça on l’avait compris dès le début du film). Ensuite que ce sont des porcs  qui ne demandent qu’à être domestiqués. Ryu peut dominer par la force, il restera un faible, un dominé, une brave bête d’homo japonicus perdant finalement tous ses moyens devant une bijin.

Girls rule !

Sur ce, les notes, hop !

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Terminons avec une nouveauté : L’OLRIK AWARD de la meilleure scène ! Pas facile de la décerner avec un tel film tant le WTF?! est cultivé avec allégresse par Kurahara. Cela dit, si comme moi votre fantasme n°1, du genre à peupler vos rêves humides, a toujours été de voir Tamaki Katsura dévaler une pente à vélo les mamelles au vent, ce film est pour vous !

Underwater Love (Shinji Imaoka – 2011)

underwater love poster

Habituellement, un film où l’on voit des seins et des fesses à l’air a déjà de solides bases pour susciter ma sympathie. Et quand en plus il possède un fond underground gentiment foutraque où l’imagination peut vagabonder et trouver des sens cachés, on peut être sûr que l’envie me prendre de pondre un article. Mais là, malgré les seins, les fesses et le côté expérimental jemenfoutiste de l’objet, j’avoue rester un peu sec. Pas très emballé, Olrik. C’était pourtant pas faute d’être tombé ici et là sur des articles et des commentaires élogieux qui, le temps de leur lecture, ont su me communiquer leur enthousiasme et me donner l’envie de le voir.

Mais justement, après l’avoir vu, Lire la suite Underwater Love (Shinji Imaoka – 2011)

(Poster) Semi Document : Sukeban Yojimbo (1974)

A l’origine, la section « poster » devait uniquement présenter des affiches classieuses et colorées, loin de la facilité clinquante de celles des roman porno et autres pinkus. Ça a bien changé depuis puisque je constate qu’après une poignée d’articles, mes bonnes résolutions ont été oubliées plus vite qu’un film de Luc Besson. Mais comment faire autrement ? Oui, comment faire face à tant d’inventivité graphique où de gros kanjis jetés à la taloche le disputent à de somptueuses bijins dont le croupion rebondi et les roberts voluptueux vous donnent l’impression d’être face à un chef-d’oeuvre de l’érotisme… alors qu’il s’agit bien trop souvent d’un obscur étron irregardable.

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas vu le film proposé.  Mais quand on aime les high kicks façon Peggy Matsuyama, difficile de rester insensible à une posture qui réinvente l’expression « partie de jambes en l’air ». Pas hyper élégant, mais diablement efficace, on a tout de suite envie de mettre la pogne au larfeuille pour aller voir au cinoche l’apparence de ce que cache ce troupeau imbécile de lycéennes loubardes.

 À noter que le réa est Tadashi Yoyogi, surnommé « le père de l’Adult Video ». Un monstre dans son genre : âgé de 74 ans, le vieux briscard en est encore à lécher le corps d’actrices en chaleur avec son gros objectif :

« Tu la vois ma grosse caméra ? Hein dis ! Tu la vois ? »

Plus de 500 films à son actif, et l’on peut penser que le vieil homme continuera héroïquement jusqu’à son dernier souffle. Moi aussi, j’aimerais faire ce beau métier jusqu’à 80 ans…

Pour en revenir à l’affiche, nous sommes en 1974, et Yoyogi n’en est pas encore à filmer des coïts sans trucages, engagé qu’il est par la Nikkatsu pour surfer sur la vague des roman porno avec des titres arborant le terme « documento » pour donner une touche réaliste. Bon, comme on ne voit pas non plus tous les jours de tels high kicks prodigués par une bijin à jupette, on peut penser que le père Yoyogi s’est senti obligé d’ajouter un « semi » eu titre.

Puisque l’on parle de documentaire, difficile de ne pas évoquer celui sorti l’année dernière sur Yoyogi himself : Yoyochu : Sex to Yoyoi Tadashi no sekai. Apparemment, cette incursion dans la carrière de Yoyogi et le monde de l’AV a suscité d’excellentes triques euh… critiques :

(Poster) Chikan Shintai Kensa (Shinya Yamamoto – 1977)

Un problème de poids ? En cette période estivale où le principal problème des midinettes est d’arborer un bikini sur la plage sans attirer l’attention sur de vexantes poignées d’amour, cela pourrait être. Mais avec Shinya Yamamoto, réalisateur de roman porno, le motif de la balance implique un tout autre problème. Car chez lui, lorsqu’une femme (nue, cela va de soi) monte sur une balance, ce n’est pas tant pour mater la félonne petite aiguille mais pour se faire mater à son insu par derrière : Lire la suite (Poster) Chikan Shintai Kensa (Shinya Yamamoto – 1977)

(Poster) Denki Kurage Kawaii Akuma (1970)

Profitons du retour du soleil pour dégainer les bikinis et plus si affinités avec les belles affiches de Denki Kurage : Kawaii Akuma (la Méduse électrique : l’Adorable Démon) de Yasuzo Masumura. La méduse en question est interprétée par Atsumi Mari qui joue le rôle de Yumi, une fille de geisha. Fierté de cette dernière, la jeune femme se fait un jour violenter par son amant. Fort opportunément, la maman n’est pas loin et surine illico l’agresseur. En enfer le fâcheux, mais en taule la maman ! Durant son incarcération, sa fille se fait hôtesse dans un night club où elle utilise son talent de joueuse pour plumer les clients aux cartes. Précisons pour elle qu’elle ne ne met pas en jeu de l’argent mais son propre corps. La suite du film raconte assez plaisamment les déboires amoureux de la belle, notamment avec son patron.

Ce film a une particularité : je n’ai jamais vu une actrice défendre avec autant d’adresse le dévoilement complet de ses lolos. Il y a toujours une main, un bras ou un objet pour empêcher la vue des précieux atouts – parmi tant d’autres – de Mari. A ce titre les affiches reflètent parfaitement cette sensualité du film qui ne montre que pour mieux refuser. Pas de tromperie sur la marchandise, il faudra attendre l’ultime scène, apothéose sur lit circulaire tournant à 360° pour apercevoir l’objet chéri quelques dixièmes de seconde entre les bras des amants :

Le temps de cligner deux fois des yeux, le globe sera recouvert par la pogne du gars qui ne le lâchera plus ! Puisse la méduse le couvrir de cloques et de bouffissures, le ladre !