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Torso (Yutaka Yamazaki – 2009)

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Hiroko (Makiko Watanabe), une O.L ordinaire de 35 ans, vit avec un bien étrange compagnon : une poupée gonflable pour femme esseulée, sans bras, ni jambes, ni tête, juste le torse et le pénis. Un jour, sa sœur Mina (Sakura Ando) vient lui demander de l’héberger pour quelques jours car elle fuit Jiro, son petit ami devenu violent (et qui autrefois était celui de Hiroko). Une cohabitation peu évidente commence, Hiroko souhaitant évidemment garder son secret en latex mais, au-delà de cette crainte, ces quelques journées vont être le moyen pour les deux femmes de faire le point sur leur vie…

Depuis le temps, je commence à bien maîtriser la captatio benelevoltiae, de celle qui interpelle d’emblée et qui doit donner envie de lire l’article puis de se procurer coûte que coûte le film qu’il critique. Pour faire bref, je me contenterai de taper ce nom : Sora Aoi. Oui, vous avez bien lu, Sora Aoi, notre égérie à tous, celle qui à chaque fois donne une sacrée érection à mes stats, apparaît dans notre film du jour ! Bon, c’est juste le temps de deux scènes mais comme de bien entendu, l’une d’elle sera l’occasion de rappeler au spectateur combien les deux globes d’amour de l’actrice principale d’ Oppai Special sont absolument sans rivaux. Ami lecteur, si tu lis attentivement l’article, peut-être tes yeux accrocheront-ils un lien donnant accès à un sympathique screenshot te le prouvant par A+B…

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À vos marques… prêts… cherchez !

Ceci étant posé, assuré que l’article ne sera pas lu en diagonale, je puis commencer l’esprit tranquille cette critique de Torso. Précisons d’emblée : le film n’est pas ce qu’il a l’air, à savoir un pinku potentiellement scabreux. Un peu à l’image du Doll de Kore-eda, c’est tout l’inverse. Le film se propose simplement de faire deux beaux portraits de femmes, et rien que cela. Evidemment, Hiroko sera montrée avec son compagnon, et parfois dans des situations embarrassantes, tellement embarrassantes que le spectateur ne sera pas sans craindre une longue et pénible descente dans la folie :

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Hiroko s’offrant une partie de plage avec son boyfriend.

Mais le spectateur pige assez vite qu’il sera moins question de montrer des situations ubuesques que de découvrir ce qu’il y a derrière ce mal-être. Son terrible manque de confiance, sa peur de fréquenter de nouveau les hommes, a une origine dans l’échec de sa liaison avec Jiro mais pas seulement. Tout le long du film on lève le voile sur d’autres facettes de sa vie, sur son passé, son père ou encore sur son corps puisque peu après que sa mère ait déploré la froideur de son caractère, on apprend peu après que cette froideur semble se retrouver dans une certaine partie de son anatomie.

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Et du coup, les scènes d’ « ébats » avec son partenaire, très pudiquement filmées, apparaissent comme des tentatives aussi touchantes que navrantes aussi bien pour compenser la faillite de son corps que de l’entraîner pour retrouver, peut-être, une normalité dans sa vie sentimentale.

A côté d’elle, on a l’espiègle Mina (comme toujours excellent prestation de Sakura Ando) qui va réchauffer la personnalité d’Hiroko, lui insuffler un élan qui va la faire bouger, la faire sortir du vide de sa vie, mais aussi saisir certaines choses sur sa propre situation. Si le personnage apparaît au début un peu déplaisant, il ne tarde pas à gagner lui aussi en épaisseur. A sa manière, Mina est seule elle aussi. Mise en cloque par Jiro, elle se retrouve face à un dilemme : ou rester et morfler avec lui, ou quitter Tokyo, retrouver sa ville natale pour y repartir à zéro avec son bébé. Et si elle apparaît comme une aide à Hiroko pour sortir de sa situation (découvrant l’existence de la poupée gonflable, elle fera à la fin quelque chose qui sera décisif pour sa sœur), le contrepoint d’Hiroko n’est pas non plus sans l’aider à y voir plus clair. Le « torso » du titre n’est pas que celui en latex. D’une certaine manière chacune des protagonistes est le torse pour l’autre, l’appui qui va permettre de trouver réconfort et clairvoyance.

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Mina, Hiroko et sa mère.

Il faut passer le cap des trois premiers quarts d’heure pour découvrir toute la richesse de Torso. Au début, il s’agit de prendre connaissance du vide de l’existence d’Hiroko et ce vide donne inévitablement lieu à une impression de scènes un brin longuettes. Mais passé ce cap, le film parvient sans peine à captiver jusqu’au bout. Sans la moindre once de vulgarité,  Torso est au contraire tout en tact et en élégance, et doit beaucoup en cela à son magnifique duo d’actrices. Peu à peu la froideur et la gêne sont laissées au profit d’un resserrement salvateur des liens entre les deux sœurs, le tout accompagné d’un humour léger et d’un érotisme discret. Bref une bonne incursion dans le domaine de la réalisation de Yutaka Yamazaki, chef op ayant officié auprès de Kore-eda et de Naomi Kawase, incursion qui fait regretter que l’homme n’ait pas retenté l’aventure depuis.

7/10

Nurse’s Confession (Komie – 2009)

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Et l’on reprend aujourd’hui un film de genre particulier, le « film de Sora Aoi ». On croit les avoir tous vus quand tout à coup d’autres apparaissent comme par magie. Comment les refuser sachant que Bulles de Japon a pour projet parmi ses multiples but de dresser un panorama de l’intégralité des nanars de la douce Sora Aoi ! Dérisoire pour les uns, noble but pour ceux dont le palpitant bat encore la chamade au souvenirs des gémissements lascifs et des tétons dressés de notre ancienne AV idol adorée.

Bref, j’ai remis mes  gants de mécano pour mettre les pognes dans le cambouis afin d’évoquer ce magnifique Nurse’s confession.

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Sora en tenue d’infirmière, je crois que vous avez capté l’intérêt.

Yukiko (jouée par Sora) est embêtée : cela fait deux ans qu’elle a rompu avec son précédent petit ami et elle aimerait bien apporter de nouveau de la chair fraîche à son moulin.

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Sora lorsqu’elle joue quelqu’un d’embêté. Autant vous dire que ce n’est pas encore avec ce film que l’on va trouver une Sora en mode Actor’s studio.

Peut-être s’agira-t-il de Kenta, un beau et jeune patient pour lequel son petit cœur bat très fort.

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Elle prendra en tout cas très à cœur son rôle d’infirmière pour lui apporter un peu de réconfort.

Pendant son temps, son amie et collègue Taeko…

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jouée par Akari Hoshino

… entreprend de mettre le grapin sur un médecin riche qui lui permettrait d’envisager une avenir radieux et confortable. Pour cela, rien de mieux que de rendre accro la cible à des petites séances SM après les heures du travail.

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Allez, quelques screens. Comme dirait Herbert Léonard, ♫Pour le plaisiiiiir♫.

Enfin, Kaori, une autre infirmière, doit arrondir ses fin de mois en jouant à la doctoresse dans un image club…

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Pour le coup on baisse d’un cran.

Voilà, c’est tout. Je résume mais en même temps je donne toute l’intrigue car on ira pas plus loin que ces trois « idées » (avec des guillemets car le terme paraît bien trop flatteur). Et pourtant on imagine qu’il va se passer un petit truc à la fin puisque à la fin de la mini-histoire des deux premières infirmières le narration nous fait un fast-rewind pour recommencer en se focalisant sur une autre infirmière. On se dit alors qu’une fois la troisième passée il va bien y avoir un petit twist qui mêlera l’ensemble des trois histoires. Mais non, la solution envisagée pour conclure est tellement paresseuse qu’on se dit qu’on aurait mieux fait d’arrêter après l’épisode de Sora Aoi. Ou a la rigueur de celui d’Akari Hoshino, jeune femme qui manie bien le fouet et qui sait bien jouer de ses rondeurs. Pour le reste, voir la nunuche à lunettes enfiler des gants pour jouer à la proctologue avec des débiles mentaux, c’est tout de suite moins sexy.

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?!

Le « réal » qui a commis ce pinku Z contrevient en fait aux plus élémentaires règles de la dispositio selon Cicéron. Commencer par la sodomisatrice gantée et finir avec Sora aurait permis d’aller se coucher en faisant de beaux rêves. Mais il faut croire que la séquence de l’image club devait constituer à ses yeux le clou du spectacle. Que voulez-vous faire face à des goûts de gogues ?… peut-être enchaîner, pour surmonter sa déception avec un autre « film  de Sora Aoi ». Ce sera bientôt chose faite en ce qui me concerne, j’en ai un nouveau sous le coude ! Stay tuned

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« Faire l’amour à Sora Aoi c’est attaquer l’Everest de ses boobs » – Lamartine.

3/10

+

Sora Aoi et Akari Hoshino

Une infirmière, c’est déjà le bien. Une infirmière japonaise, c’est magique. Une infirmière japonaise jouée par Sora Aoi, n’en jetez plus !

Des plans sur des poitrines qui peuvent faire monter la note jusqu’à 5.

Les fast-rewind qui n’apportent rien.

Jeu ultra-stéréotypé. Et que l’on ne me dise pas que dans un pinku, on s’en fout du jeu.

Nana Nanaumi et sa poitrine plate en troisième position ? Allons donc !

Stop the Bitch Campaign (Kosuke Suzuki – 2004)

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De tout temps j’ai toujours aimé manger des légumes. Leur saveur, leurs couleurs, leur fort apport nutritif, impossible de m’en passer. C’est bien simple, plutôt que d’être ce que je suis, j’aurais aimé être agriculteur :

Mais ce que je dis des légumes est aussi parfaitement valable pour les pinku et les bijins dénudées. Du coup, quand je tombe sur un film où il est question d’un serial violeur accro aux légumes et désireux de punir des lycéennes qui se prostituent (oui, oui, vous avez bien lu), je ne résiste pas et en fait une critique :

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Avec, devinez qui ? Oui, c’est bien Sora !

Certes, le film est une nanar qui nous sert une bien mauvaise soupe de légumes. Plutôt que le velouté, c’est un peu la grosse cavalerie indigeste qu’on nous sert. Mais il faut bien reconnaître que le mauvais goût et l’humour cradingue dans lequel il baigne n’est pas sans susciter quelques sourires ici et là. Légumes oblige, le côté WTF ? n’a pas arrêté d’évoquer en moi, en plus de la belle séquence de Merci Bernard cité en ouverture, ceci :

Les lecteurs les plus jeunes hallucineront sûrement devant les exploits du héros de notre enfance, Léguman. Non, ne croyez pas que nous étions alors des crétins en culotte courte. C’est juste que nous étions à une époque bénie où le service public offrait à leurs jeunes télespectateurs leur ration quotidienne de Roland Topor. Et croyez-moi, quand on est en primaire, voir Téléchat et Léguman juste avant ou après un épisode de Cobra, c’était le gros kif !

Bref, on aura compris avec ces références que Stop the Bitch Campaign baigne dans une atmosphère déjantée et réalisée avec deux-trois bouts de ficelles. Et ce n’est pas un problème puisque plus ce sera mal foutu, plus ce sera drôle. Du bon gros bruit de ventouse à chiottes lorsque le violeur déconne au costume de super vilain qu’il arbore avant d’attaquer une Sora Aoi déguisée en Chun Li très cosplay de province :

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… on touche à chaque fois le fond avec un certain plaisir (comme le méchant du film en fait). Ajoutons à cela les signatures très graphiques du violeur une fois son forfait commis :

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Hanniballoches Lecter

… de mystérieux messages :

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… d’insoutenables attaques à la tomate :

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ou sa propension à enfoncer des légumes à certains endroits pour ensuite les mixer et en faire un divin nectar (enfin, divin en théorie) :

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Le portrait du vieux monsieur que le méchant a placé sur son costume ? C’est la photo de son défunt papa pour qu’il puisse pleinement profiter du spectacle :

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Un fils qui offre à son père la vue des loches de Sora à une portée de trique.  Que voilà un bon fiston !

Bref arrêtons-nous là, on l’aura compris : STBC est LE film de légumes à voir, surtout si, en fan de Leguman et de pinku fauchés vous êtes du genre à avoir pour fantasme ultime ceci :

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Faire l’amour à Sora Aoi sur un lit de tomates et de courgettes.

La note :

3 patates et 2 tomates / 10

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Erotic Ghost : Siren (Satoshi Torao – 2004)

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Erotic Ghost Siren, c’est un peu comme Reservoir Dogs sauf que vous remplacez Tarantino par Satoshi Torao (un seul film au compteur avant de se volatiliser dans la nature) et le personnage du flic à l’oreille tranchée par…

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Sora Aoi (que l’on voit ici avec sa manière toute personnelle – et néanmoins imparable – de faire de l’auto-stop).

A part ça, c’est tout pareil, la qualité en moins, certes, mais…

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Les boobs en plus.

On est dans un de ces films avec Sora Aoi où clairement, le réalisateur semble l’avoir embauchée avec la ferme intention d’en avoir pour son argent et pour en donner aussi largement au spectateur amateur de la plastique de la drôlesse avant tout habituée à s’exhiber dans des productions pornographiques. Ça tombe bien, le scénario va permettre moult effeuillages tout le long du film :

Cinq malfrats viennent de réussir un casse et fuient Tokyo pour se partager le gâteau. Sur leur route, ils croisent une jolie fille qu’ils embarquent avec eux car elle a aperçu un sac rempli de billets. En attendant sans doute de se débarrasser de ce témoin gênant, ils décident d’en profiter en la jouant au poker. Problème, le vainqueur de la partie, après avoir profité de son cadeau, est retrouvé mort le lendemain, vraisemblablement d’un arrêt cardiaque. Puis c’est au tour d’un deuxième, lui aussi après avoir passé une nuit avec la jeune femme. Très vite le ton monte et les survivants en viennent à se suspecter mutuellement d’avoir éliminé les autres pour augmenter leur part du magot. À moins que…

Oui, on l’a compris, à moins que la jeune Yumi ne soit une succube où, pour reprendre le titre, une sirène qui s’empare délicieusement de la semence de ses proies avant de prendre leur vie. Dans ce registre, Sora Aoi multiplie les petits sourires enjôleurs, les poses gentiment délurées et les passage de langue sur les lèvres :

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Le gif hypnothique du jour

Cela change un peu des personnages de dinde qu’elle a coutume de jouer et, conjugués aux scène de sexe et aux scènes d’engueulade entre les malfrats…

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Avec une citation directe à Reservoir Dogs,

leur attitude de bad boys du dimanche ou encore ces manières de tenir des flingues aussi « cool » que ridicules, bref, tous ces gimmicks bon marché permettent finalement au spectateur de prendre son mal en patience et de supporter les 80 minutes même si, il faut bien le reconnaître, l’ennui guette parfois et l’on se prendrait presque à avoir envie de dormir pour être visité par une succube qui aurait l’apparence de Sora Aoi.

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 Après tout, quitte à être visité nuitamment, autant que ça se passe ainsi.

Film mineur on l’aura compris. Mais à tout prendre, dans le film mêlant monstre et érotisme, je préfère toujours ça aux bouses du type Big Tits Zombie où l’intérêt ne va pas plus loin que les belles affiches.

4/10

Bonus track :

Du neuf sur Bulles de Japon ! Toujours soucieux de manger à tous les râteliers pour étendre davantage mon lectorat, et compte tenu de la droitisation ambiante qui sévit dans notre beau pays, j’ai décidé de tenir compte des vives inquiétudes morales d’une frange considérable de mes concitoyens (peur des gays, peur de la théorie du genre, peur des livres pour enfants du type « tous à poil ! », etc.) en donnant à chaque article pinku un avis qui fera le contrepoint du mien. Après avoir écouté la semaine dernière un excellent numéro de Mauvais Genres, il m’est très vite apparu que ce contrepoint ne pouvait qu’émaner de cette personne :

France.Paris.L'Abbé Bethléem lacérant des journaux licencieux, années 1920

L’abbé Bethléem, ici en train de déchirer une publication coquine.

L’abbé Bethléem, le pourfendeur des mauvais livres, le fossoyeur des idées amorales, l’encenseur de Bécassine et de saints livres que l’on pourra mettre dans les mains de nos petites têtes blondes sans craindre que ces mêmes mains quittent l’ouvrage pour aller en saisir un autre dans le pantalon. Auteur d’un fabuleux Romans à lire & Romans à proscrire (ouvrage drôlissime que je recommande ardemment), le bon abbé n’a eu de cesse de lire des dizaines de milliers de kilomètres de lignes imprimés pour bien dissocier le bon grain de l’ivraie. A côté de cela un bon mètre quatre-vingt, raciste, antisémite et délateur à ses heures (mort en 1940, heureusement). Bref, on l’aura compris, un personnage hors norme que notre abbé et assurément la personne la plus à même de ravir d’aise par ses avis éclairés nos compatriotes les plus angoissés par le laisser-aller politique et moral de nos gauchos socialistes de dirigeants.

Problème : on l’a dit, l’abbé est mort en 1940. Pas de problème car c’est là qu’intervient une autre personne, bien vivante celle-là (ô combien !), je veux parler de  :

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Soeur Alice

Soeur Alice (Arisu en fait), est la religieuse qui, une fois par mois, vient dans les locaux de Bulles de Japon afin de permettre au patron de passer à con-fesse. Pas toujours agréable, c’est vrai mais que voulez-vous, on a le souci du salut de son âme ou on ne l’a pas. Bref, une fois les Seins Sacrements donnés, je demande à soeur Alice, grâce à des invocations dont elle a le secret, d’entrer en contact avec l’âme de l’abbé (qui d’ailleurs, à ce qu’elle m’a dit, ne se trouve pas au Paradis mais est en train de rôtir en Enfer, une erreur administrative sûrement) afin de lui donner connaissance de mon article et de lui demander en retour son avis. Je précise que l’invocation ne peut fonctionner que si certaines conditions – un peu scabreuses il est vrai, je vous les expliquerai peut-être un jour – sont réunies. Le résultat ? Dans l’heure qui vient, grâce aux pouvoirs ésotriques de soeur Alice, un curieux papier sort de notre imprimante laser. Rien moins qu’un court article, une notice de l’abbé dans laquelle le brave homme montre combien l’existence de personnes telles que Sora Aoi, Dan Mitsu et autre Hisayasu Sato doit lui être douloureuse.

Bref qu’on se le dise : l’abbé Bethléem n’est pas mort ! Revenu d’outre-tombe et délaissant cette fois-ci la littérature, l’abbé va dorénavant se lancer dans un nouveau travail de titan : s’attaquer à toutes les saletés issues du monde du pinku. 

Sur ce, je vous laisse, mon cour de catéchisme avec soeur Alice m’attend..

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Tsumugi (Hidekazu Takahara – 2004)

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Le film qui va clore notre cycle gentiment obsessionnel sur Sora Aoi s’intitule Tsumugi. Enfin ça, c’est son titre international, car son titre original est Seifuku bishōjo: Sensei atashi wo daite que l’on pourrait traduire par « la beauté en uniforme de lycéenne : professeur, tronchez-moi comme une bête ! ». Comme la confusion serait facile, je précise qu’il ne s’agit en rien d’une AV mais bien d’un film érotique. Et pas n’importe quoi puisqu’il récolta en 2004 le titre de 4ème meilleur pinku de l’année et celui de meilleure nouvelle actrice (pour Sora Aoi) au Pink Grand Prix. Le réalisateur est Hidekazu Takahara, réalisateur tout terrain ayant commencé dans les pinku puis ayant enchainé avec des films plus mainstream, des dramas, et éventuellement des AV où il eut parfois l’occasion de filmer Sora dans des postures sextraordinaires.

L’histoire va mettre en scène une poignée de personnages qui ont un peu de mal à grandir. Ainsi Katagiri, professeur de lycée qui, alors que sa femme est à l’hôpital pour accoucher, ne trouve rien de mieux à faire que d’avoir une liaison avec une de ses collègues et une autre avec une étudiante, Tsumugi. Citons aussi Kosuke, camarade classe de Tsumugi pour lequel la jeune fille semble aussi avoir de l’intérêt, et qui a pour particularité de n’être bon à rien. Ajoutons enfin que Katagiri, en pleine crise de la quarantaine, aime à passer des soirées dans des concert punk où s’agit sur scène un vieux chanteur qui, en coulisse, se la joue pathétiquement sex and alcohol avec une groupie qu’il harcèle sans se demander si la jeune femme ne vient pas le voir dans sa loge pour autre chose que se faire sauter…

Au milieu de ces personnages, on a Tsumugi, jeune fille déréglée, qui ne cherche pas à paraître mais qui au contraire donne libre cours à une fantaisie de jeune femme coincée entre l’âge de petite fille et celui de femme. Contre toute attente, Sora Aoi est parfaite pour ce rôle. Sans aller jusqu’à dire qu’elle est une grande actrice, elle peut jouer et donner à son personnage de façon convaincante plusieurs facettes. Tantôt exubérante :

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Tantôt sérieuse :

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Elle donne à son personnage à la Melody Nelson une consistance qui, conjuguée à la présence de l’actrice, et évidemment à sa « qualité plastique » pour les scènes de nu :.

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Oui oui, ne t’en fais pas, pour ça oui, on regarde bien.

…rend le film plaisant à suivre et fait oublier des scènes de sexe qui tendent à s’étirer en longueur (dans tous les sens de l’expression) :

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Ah, j’oubliais : les dialogues sont parfois un peu faiblards, mais bon, comme la perfection n‘est pas de ce monde…

Au milieu de tous les personnages, Tsumugi fonctionne comme un peu comme le reflet de leur immaturité, un catalyseur qui va les aider à grandir. Non qu’elle soit elle-même un modèle de maturité. Mais par sa personnalité et son apparence de petite fée déjantée, elle les pousse à se poser quelques questions sur eux-mêmes.

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Exemple de question introspective.

Nous ne sommes jamais très loin du conte. Elle le dit d’ailleurs à ses amants, elle attend de trouver dans sa vie le prince charmant, chose qu’ils sont pour le moment loin d’être. Mais lorsque sur la plage, elle embrassera Kosuke puis le fera sur la jetée, cet acte agira comme quelque chose de magique qui va transformer le jeune homme. Pour la première fois il voudra faire quelque chose de sa vie. Pas s’investir dans les études, non, simplement devenir un triathlète pour participer au triathlon d’Hawaï. Pourquoi pas ? Tsumugi sera en tout cas plutôt réjouie de voir son ami passer des heures sur sa selle à sillonner le paysage. Peut-être est-ce là le prince charmant qu’elle attend ?

Après, évidemment, est-ce que ces transformations profiteront à Tsugumi elle-même ? C’est toute la question que vous vérifierez par vous-mêmes, même si la petite allusion à Melody Nelson peut donner un élément de réponse.

Bref, malgré son titre original qui aiguille un peu sur la mauvaise voie, Tsugumi est un de ces pinku contemporains  décents à regarder et imaginatifs. Surtout, elle impose d’emblée Sora Aoi comme une actrice pouvant tout à fait jouer des rôles avec des lignes de dialogue un peu complexe que des simples « Oh ! Oh ! Oui ! Oh ! Hmm ! Olrik ! Hmm ! Oh ! Oui ! ». Il s’agit de son premier rôle dans un pinku. On a vu  que d’autres rôles ont suivi, pour le meilleur ou pour le pire. On attend maintenant un vrai rôle, sous la houlette d’un réal’ avec un peu d’envergure…

7/10

Tsumugi est édité chez Pink Eiga avec des sous-titres anglais.

Bonus track : le vieux punk est joué par Shigeru Nakano, authentique figure de la scène punk japonaise. Comme tout se retrouve sur ce blog, C’est lui que l’on voit, dans le livre de Bruce Osborn évoqué ici, à côté de sa maman :

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Blue Sky (Hideo Jozo – 2010)

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Sora Aoi (« bleu ciel » en japonais, abstraction faite des kanjis de son nom) a joué en 2011 dans un film intitulé… Blue Sky ! Devant tant d’audace et d’originalité, pas d’hésitation pour votre serviteur, il fallait que je vois de mes yeux s’il s’agissait d’un désastre ou une bonne petite surprise puisqu’il est dit que les  films où joue notre belle oscillent souvent entre ces deux alternatives.

Au bout de dix minutes, une chose est sûre : on est dans un genre particulier, celui de la bleuette pour jeune pucelle :

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La rumeur dit que Sora herself aurait contribué au scénario. Comme quoi on peut participer à d’horribles bukkake et garder malgré tout un cœur aussi pur que l’hymen de Cendrillon.

Sans être non plus dans le pur shojo, on se trouve face à un film qui fait dans le josei, type de manga pour film un peu plus mature que le shojo dans lequel la sexualité a son importance. Evidemment, la part belle est faite à un certain sentimentalisme avec cette histoire dans laquelle une jeune femme, Shiori (le personnage de sora Aoi), essaye de vivre en ménage avec son petit ami, Tetsu, zicos sans grand talent qui a tôt fait d’apparaître comme le parasite de service en passant ses journées au pachinko.

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Pachinko dans lequel travaille d’ailleurs Shiori. Que ce soit dans le train ou au pachinko n’oubliez pas cette caractéristiques des films avec Sora Aoi : à un moment ou à un autre, son postérieur est toujours flatté par la pogne d’un inconnu.

Très vite un dilemme apparaît dans le tendre et petit cœur de Shiroi : doit-elle rester avec son amoureux qu’elle aime finalement dans les moindres fibres de sa chair ? Ou bien doit-elle le lourder puisqu’une imprésario lui fait miroiter une prodigieuse carrière de gravure idol qui s’accomoderait mal d’un tel boulet ? Par ailleurs, ajoutons que ledit boulet est sur le point de s’accommoder d’une carrière de yakuza pour rembourser une dette contractée lors d’une désastreuse partie de mah-jong.

Bon, avouons-le, ce type de films appelle deux types de réactions. Soit vous vous foutez éperdument de l’histoire et que seules comptent à vos yeux le nombre d’apparitions dénudées ou en petite tenue de cette douce (mais néanmoins délurée) enfant qu’est Sora Aoi. Auquel cas la note du film aura selon ces critères un frileux 3/10.

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Ou bien vous avez l’esprit sentimental et bienveillant et vous avez envie de passer 80 minutes devant une agréable romance pas trop mal jouée avec en surplus quelques boobs ici et là. Dans ce cas on peut donner un petit 6/10.

Pour les amateurs de scènes de copulation enfievrées, passez votre chemin, les personnages masculins semblent n’être obsédés que par une seule chose :

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Mettre la main à la pâte.

Dans tous les cas, ce Blue Sky reste anecdotique dans la carrière de Sora Aoi. La semaine prochaine, nous verrons un film nettement plus recommandable. Stay tuned.

RAW Summer (Keisuke Yoshida – 2005)

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Si l’on devait se contenter de ce film et du précédent, on pourrait dire que nous nous trouvons devant un nouveau genre, le film de Sora Aoi, genre qui semblerait dégager deux constantes : dans le film de Sora Aoi, l’actrice doit apparaître à un moment ou un autre dans un train pour y subir ceci :

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Un palpage de fessier effectué par un chikan.

Constat auquel s’ajouterait celui-ci : dans le film de Sora Aoi, un personnage mâle est obligé de se pendre :

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Heu… double mauvaise idée.

Double constat fruit du hasard de mes visionnages, c’est en tout cas ce que je me suis dit sur le coup avant de remarquer assez rapidement que les deux films n’avaient pas d’autres points communs à partager. Et heureusement pour ce Raw Summer qui, sans être du niveau de Man, Woman & the Wall, est bien supérieur à Sexy Teacher (il n’y a pas de mal non plus, c’est vrai).

Une des clés qui en font un film bien plus recommandable vient du fait que le réalisateur n’est pas obsédé par les roploplos de son actrice et ne cherche pas à lui faire prendre une douche toutes les dix minutes. En fait, excepté une petite gâterie concédée à son copain, on ne la voit jamais en train de faire la bête à deux dos. Et d’ailleurs, on ne la voit même pas nue une seule fois, ce qui constitue en soi une performance dans le film de Sora Aoi. Ici, peut-être que certains seront déçus d’apprendre cela et ils auraient bien tort tant cette histoire d’une petite heure n’est finalement pas sans qualités. Tenez, l’histoire, justement la voici.

Un homme a pris en photo en douce Anko, une lycéenne (le personnage de Sora Aoi) :

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Pas de quoi fouetter un chat. Ajoutons cependant que cet homme contemple ladite photo à ses heures perdues en se masturbant :

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Bon, allez, à la rigueur ça passe aussi. Mais ajoutons que l’homme a décoré sa chambre d’une multitude de photos de la demoiselle :

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Et là, on se dit que ça commence à craindre un peu, surtout quand on découvre que l’homme ressemble à ça :

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Masuo Ota

Laid, obèse et bien plus âgé que la donzelle. Mais un cœur pur, ça oui. L’homme ne voit pas dans le personnage de Sora Aoi qu’un simple objet à fantasmes, il est sincèrement épris d’elle et cherche le moyen de lui avouer son amour, inconscient qu’il n’a aucune chance avec son physique ingrat.

Car dans le monde impitoyable du pinku, impossible d’espérer de se farcir une lycéenne sous les traits de Sora Aoi. Nous ne sommes pas dans un conte façon la Belle et la Bête, point de miracle ici, pas de pâmoison devant le cœur en or d’une cloche adipeuse. Masuo en fera l’amère expérience…

Tout se jouera dans les dix dernières minutes. Toujours sans essayer de trop révéler l’intrigue, disons juste que Masuo et Anko se retrouveront dans la même chambre d’hôpital (vous verrez pourquoi) avec juste un rideau entre eux. Yoshida préparera habilement une ultime scène qui pourra apparaître un brin grotesque tant elle est excessive mais qui, prise symboliquement, aura au moins l’intérêt d’illustrer un fait absolument incontextable : au Japon, impensable de pécho une donzelle du type de Sora Aoi si l’on est fauché et que l’on ressemble à une boule de gras.

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Il faut se contenter de mater de petits morceaux d’étoffe complaisamment découverts par des lycéennes complaisantes.

Premier film d’un réalisateur qui a fait ses classes chez Tsukamoto, RAW summer s’avère une bonne petite surprise sans prétention, plutot réussi dans son rythme qui emmène sans encombre ni ennui à la fin. Ce qui est déjà pas mal pour un pinku. Quant aux acteurs, ils sont tous les deux convaincants, Yutaka Mishima en particulier dans son rôle d’amoureux obèse éploré.

Le réal’ a depuis fait mieux, avec notamment Cafe Isobe.

 6/10

Sexy Teacher (anonyme – 2006)

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Les statistiques du site sont formelles : les fesses de Sora Aoi suscitent plus de clics que la critique d’un chef d’œuvre de Kurosawa. Devant cet implacable constat, je me vois dans la triste obligation d’écrire un article où vous trouverez ceci :

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Les fesses de Sora Aoi !

Fesses que nous explorerons plus en avant avec une petite série d’articles sur les performances de la demoiselle en dehors des productions pornographiques. Je vous préviens tout de suite, ce sera un peu les montagnes russes tant les œuvres vont du correct au franchement médiocre. Et justement, nous allons commencer avec ce Sexy Teacher qui, après le plutôt bon Man, Woman & the Wall, n’est vraiment pas loin de la bouse (manière polie de faire comprendre que c’en est bien une).

Sora y joue Minori, une jeune femme qui a toutes les peines du monde à trouver un travail à sa sortie de l’université. Aussi, quand son amie Saya lui file le tuyau pour être professeur particulier auprès du rejeton d’un bonhomme assez riche, elle n’hésite pas. Seulement voilà : depuis quelque temps, lorsqu’elle prend le train, il lui arrive ceci :

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Et quelle n’est pas sa stupeur lorsqu’elle découvre que le jeune étudiant dont elle va avoir à s’occuper n’est autre que l’infâme peloteur du train ! Et encore s’il n’y avait que cela. Car de fil en aiguille, ou plutôt de scène de baloches en scène de fesses, on découvre que :

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Saya a une liaison avec l’employeur de Minori (barbe 100% authentique) !

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Que Saya a juré la perte de sa copine pour se venger d’un ancien petit copain que cette dernière lui aurait volé. Aussi décide-t-elle de faire la même chose avec l’actuel petit ami de Minori. Comme c’est une vicieuse, elle va même jusqu’à se prendre en photo durant leurs ébats, histoire d’envoyer quelques clichés dans la face de son « amie ».

Enfin, que le père de famille veut lui-même en faire baver à Minori parce qu’elle est responsable de la mort de son frangin !

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Non, Sora, ne fais pas cela ! Je sais, l’histoire est terriblement mauvaise mais crois-moi, tout cela n’en vaut pas la peine.

Précisons ici que notre bijin aux lèvres pulpeuses fait tous les soirs un cauchemar dans lequel elle voit un salary man se pendre. Il s’agit d’un ancien chikan, ces peloteurs de transports publics, qu’elle a 5 ans auparavant pris la main dans la dentelle et traîné en justice. Le type a toujours nié et est sorti un an plus tard blanc comme neige mais pas aux yeux de tous. Sa femme l’a quitté avec les enfants et le gus, de désespoir, s’est donc pendu.

 Minori sortira-t-elle des griffes de Saya et de son employeur ? Fera-t-elle efficacement de son élève un dieu des calculs d’intégrales ? Surtout, va-t-elle enfin arrêter de se faire peloter les fesses par le premier chikan venu dans le train ? Telles sont les passionnantes questions que le réalisateur qui a préféré garder l’anonymat (manifestement quelqu’un de sensé) fait traîner en longueur en multipliant les scènes de nu. Autant Man, Woman & the Wall jouait finalement assez peu la carte de l’érotisme, autant là le gars s’est manifestement fait plaisir en multipliant les scènes de douche, les prises en bouche et accouplements de Sora et surtout les gros plans de petites culottes, bien aidé en cela par le ridicule trauma de Minori qui depuis qu’elle a été la cause du suicide d’un chikan, n’ose désormais plus rien faire et accepte volontiers de se laisser palper le dargif ! Pervers de tout poils, bienvenue, profitez-en, Saora Aoi offre son postérieur rebondi aux pognes les plus poisseuses de Tokyo ! Sympa mais évidemment très, très limité. Autant Man Woman &the Wall est très recommandable, autant ce Sexy Teacher (je n’ai pas pris la peine de le noter mais tout le monde a bien remarqué un titre foutrement original) est à réserver aux aficionados désespérés (et peut-être désespérants) de Sora Aoi. Et là, hop ! je m’arrête, je me suis juré de ne pas passer plus d’une demi-heure sur ce titre (sur Sora Aoi, volontiers, mais sur ça, fi donc !), pari tenu. La note :

1/10 (en notant large)

 

Man, Woman and the Wall (Masashi Yamamoto – 2006)

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Envie de voir un pinku récent fait avec trois francs six sous mais qui vous donnera l’impression à la fin de ne pas avoir perdu votre temps ?  N’allez pas plus loin, Man, Woman and the Wall (titre international plus pertinent que Kikareta Onna, « la femme écoutée ») est fait pour vous. D’ailleurs, s’agit-il bien d’un pinku ? On devrait plutôt parler ici d’un thriller sexy tant les scènes érotiques sont maigres finalement (mais ce qui n’est pas le cas de la plastique de l’actrice principale, rassurez-vous). Et le réalisateur, Masashi Yamamoto, n’est pas vraiment connu pour être un spécialiste du genre. Tout au plus un pinku en 1975, Tampon Tango dans lequel il est question de, euh… de tampon et c’est tout.

Une chose est sûre, sur le canevas du petit malin utilisant la technologie pour fourrer sa truffe partout (on pense notamment à Blow Out et Conversations Secrètes, toute proportion gardée bien sûr), Yamamoto parvient à faire un honnête petit film d’une heure vingt que l’on n’aura même pas honte de regarder en compagnie de madame (enfin, faut voir), ce grâce à des petites idées qui contribuent à faire sortir du lot ce métrage de 2006. Rapidement, voici l’histoire :

Ryo, un jeune journaliste, vient juste de s’installer dans un nouvel appartement. Il est content car c’est la première fois qu’il s’installe dans un appart’ disposant d’une baignoire. Le hic, c’est que les murs entre les appartements sont beaucoup trop fins et qu’il entend tout, notamment ce que dit et fait sa voisine. D’abord contrarié, il ne tarde pas à être obsédé par elle quand il l’entend un soir faire des bruits particuliers avec son petit ami. Mais l’obsession tourne à l’inquiétude quand il comprend que la belle reçoit des appels d’un type encore plus gravement atteint que lui et qui la menace de la violer un de ces quatre. Or, il s’avère que le type n’est autre que le petit ami, Yuta, sinistre individu qui prend un malin plaisir à faire flipper sa copine avant de la retrouver chez elle pour jouer au chevalier blanc consolateur. Ryo décide alors de venir en aide à la jeune femme en mettant au point un piège pour démasquer la petite ordure. Parallèlement, il sentira naître envers elle des sentiments d’une autre nature…

Un pervers à la main chaude

man-woman-wall-5Dans la première demi heure, on voit donc le jeune homme obsédé par sa voisine, écoutant le moindre son provenant de son appartement, accompagnant parfois le plaisir auditif à un plaisir palmaire. Le film n’est alors guère différent de toutes ces histoires présentant des marginaux du sexe trouvant des plaisirs dans les bras d’une poupée gonflable. La chair n’est guère présente mais ce n’est pas grave puisque l’imagination y suppléé largement. C’est cet aspect que Yamamoto parvient astucieusement à montrer. Car tout est montré à travers l’imaginaire de Ryo. Ainsi, lorsque l’on accède à l’appartement de Satsuki, c’est ainsi qu’il est représenté :

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Une bonbonnière flashy qui s’avérera ne pas être ce qu’est réellement son appartement. Tout à ses fantasmes à deux balles, c’est du moins ainsi que Ryo se l’imagine. De même lorsqu’il l’entendra faire l’amour avec son copain, on aura droit à une petite collection de postures tout droit sortie de la première AV venue. Surtout, il prêtera des traits à la jeune femme qui ne sont pas les siens puisqu’il n’a pas encore eu la chance de la voir. Du coup, ce n’est pas Sora Aoi que l’on zyeute dans cette première partie mais cette actrice :

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Shou Nishino (pas non plus un laideron)

Et l’obsession perverse franchit un cap quand Yamamoto va faire les poubelles pour y chopper des rognures d’ongles, va chercher désespérement à quoi ressemble réellement sa voisine (il y parviendra en faisant tous les family restaurants de son quartier ; dès cet instant la jeune femme aura les traits de Sora Aoi) et lorsque Yamamoto choisit de nous le montrer dans ces scènes :

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 L’imagination fait tellement bien son travail qu’il devient comme transporté de l’autre côté du mur. Célibataire, il se donne l’illusion de vivre en couple avec Satsuki  et même de la culbuter lorsque ces plans nous montreront son visage dans ses séances de masturbation alors qu’au même moment, de l’autre côté du mur, Yuta le petit copain fera consciencieusement ce qu’il a à faire :

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Avec évidemment un échange de visage au moment de l’orgasme :

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Cette gradation des pouvoirs de l’imagination occupe la première demi-heure et réussit parfaitement à capter l’attention du spectateur qui, tout en étant lui-même dans la peau d’un voyeur, suit amusé les agissement d’un garçon somme toute assez sympathique.

Charles II et Ruy Blas

Oui, oui, vous avez bien lu. Si vous avez aimé ce film :

la folie des grandeurs 1973 rŽal : GŽrard Oury Collection Christophel

Enfin, je veux dire cette pièce :

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Alors vous apprécierez forcément Man, Woman and the Wall puisqu’on peut le voir comme une version pinku de la pièce d’Hugo. Bon, c’est du moins le petit délire que je me suis permis  en suivant le déroulement de l’action. Ruy Blas, pour rappel, est l’histoire d’un vil laquais qui va se la jouer grand seigneur pour conquérir une reine qu’il aime sincèrement, mais qui est en même temps manipulé par un ignoble individu qui veut se venger d’elle. Eh bien là, c’est en fin de compte tout pareil. Ryo est un vil pervers masturbateur qui va se la jouer jeune homme protecteur plein de charme et d’humour pour servir sa reine à lui, sa Dona Maria de Neubourg pinku’s way :

Sora Aoi

Plus romantique qu’un sonnet de Musset, une bijin dans un champ de fleurs !

A noter que la belle est joué par Sora Aoi, actrice bien pourvue par la nature s’il en est et icône du monde du porno. Il est d’ailleurs croustillant que Yamamoto ait choisi une telle actrice. Car le spectateur mâle amateur de scènes de fesses et connaissant le pedigree de l’actrice attend forcément qu’elle soit employée dans un nombre considérable de scènes olé olé. Or, un tel spectateur en aura forcément pour ses frais puisque Sora Aoi ne sera vue que très peu dans le plus simple appareil et n’aura qu’une scène de sexe, scène d’ailleurs peu aimable puisque Yuta sera aussi brutal que vulgaire. Du coup, il y a un peu de frustration et l’on partage un peu l’exaspération de Ryo.

Pour le copain, c’est évidemment lui qui entre dans la peau du fantoche Charles II. Bien que trempant son biscuit de temps à autre, il est avant tout un bien piètre petit copain officiel, conseillant mollement à Satsuki d’aller voir les flics et l’écoutant à peine dans un scène au resto, tout occupé qu’il est à répondre à des appels. Dans la deuxième demi-heure, le fossé se creuse toujours mais Satsuki, dont on sent qu’elle aimerait bien aller finalement dans les bras de Ryo, lui reste malgré tout fidèle, comme liée à son petit ami officiel. Liée dans tous les sens du terme d’ailleurs.

Quant à Don Salluste, il est évidemment aussi joué par Yuta puisque le drôle est à la fois l’amant et le persécuteur. Il ira même jusqu’à s’associer Ryo/Ruy Blas en débarquant chez lui pour lui remettre ceci :

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Une enveloppe avec des biftons.

Comme Don Salluste, il a parfaitement compris que ce voisin bande sec pour la jeune femme et qu’il sera facile à débaucher pour exécuter une méprisable action : se la taper en échange d’une petite fortune. Heureusement, Ryo n’acceptera pas mais la proposition très crue de Yuta résonneront désagréablement en lui et entendre sa voisine pousser des cris de plaisir durant ses ébats lui deviendra dès lors parfaitement insupportable.

Un drame romantique qui finira bien ?

Dans les vingt dernière minutes Ryo et des amis mettent en place un piège dans l’appartement de Satsuki pour couler définitivement Don Salluste. Ce ne sera pas exactement comme l’original mais du moins y a-t-il une rixe à l’arme blanche dont Ryo sortira vainqueur avec un ami un peu voyou, son Don César à lui qui emmènera Yuta non pas dans l’enfer du désert comme à la fin de la Folie des Grandeurs mais dans celui du remboursement de dettes. Par contre, tout comme dans Ruy Blas, il y aura à la fin cette ultime question : une fois Ryo démasqué par Satsuki, une fois que cette dernière découvrira que l’aimable jeune homme n’est qu’un vil laquais, je veux dire un vil pervers qui utilise du matériel perfectionné pour écouter chez elle, eh bien une fois la découverte de cette facette de sa personnalité dévoilée, acceptera-t-elle de l’aimer pour ce qu’il est ou bien l’enverra-t-elle définitivement balader ? Ultime nœud (sans mauvais jeu de mots) qui conclura 80 minutes d’une intrigue plus sexy qu’érotique fleurant bon un certain amateurisme dans le jeu des acteurs mais finalement assez prenante et bien pensé dans sa première partie avec sa représentation des pulsions libidineuse d’un pervers voyeur.

6/10

Voilà pour ceux qui aimeraient ne pas connaître la fin. Pour les autres :

Après avoir découvert que Ruy Blas n’est qu’un espion érotomane qui aime à écouter ses petits cris lorsque Charles II  daigne lui faire tâter de son vit, Dona Maria de Neubourg se tâte :

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Expression pas forcément à ne prendre qu’au sens figuré.

Elle se tâte tout en sachant que Ruy Blas est sûrement en train d’écouter tout en se faisant certaines choses. Elle comprendra alors une chose : au diable son statut de laquais pervers ! Et son cœur penchera alors pour une solution radicale : le retrouver en douce chez lui, l’accepter tel qu’il est :

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et faire tomber le « rideau » d’une manière toute personnelle :

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Tout comme Ruy Blas, Ryo pourra lui aussi dire « merci » à la fin.

A noter que la version blu-ray commet l’audace de caviarder un ultime plan que l’on retrouve dans la version DVD. La frustration du spectateur montera d’un cran à la fin avec la nouvelle version.

(posters) Les guns and boobs du v-cinéma

Il fut un temps où j’aurais fait mes choux gras de ce genre de production. Mais le temps passe, les goûts changent, et je dois bien avouer que passer une heure et quart à regarder  une zèderie tient du challenge, voire du supplice. Mais rien de définitif, peut-être qu’un jour je reprendrai de plaisir à mater ces pellicules délicieusement décérébrantes peuplées de bijins zombis, de donzelles en bikinis virtuoses du katana et autres sailorfuku armées de flingues sur lesquels un John Rambo n’aurait sûrement pas craché.

En attendant, je préfère contempler leurs belles affiches colorées peuplées de ces belles et dangereuses créatures. Avec ou sans gros flingues, les pin-up ont pour point commun d’arborer sans complexe une autre artillerie. Lourde elle aussi. Bien rembourrée. Et à chaque fois c’est pareil : quand je tombe devant ces charmants petits soldats du v-cinéma, il me prend tout de suite l’envie de rendre les armes et de me ruer sur le film, me disant que si le contenu est à la hauteur du contenant, ça va être un spectacle bien girond. Mais cette envie compulsive ne dure jamais : très vite d’obscurs souvenirs d’obscurs nanars à l’érotisme et à la photographies bien délavés me reviennent en tête et j’abandonne mon projet.

Reste donc cette esthétique de couleurs vives et de lignes agréablement arrondies qui répondent aux lignes droites des flingues, couteaux, katanas et autres tronçonneuses. J’ai ajouté à la collection des affiches où les armes ne sont que de simples costumes de maid ou des robes prêtes à exploser sous la pression des volumineux objets qu’elles essayent tant bien que mal de contenir. Je ne pense pas que vous vous en plaindrez…

Bref, cet « article » se veut être l’album Panini de cet art graphique régulièrement alimenté par des studios de troisième zone. A consulter régulièrement, je le compléterai au fur et à mesure des nouveautés et de mes découvertes. Lire la suite (posters) Les guns and boobs du v-cinéma