Archives du mot-clé sumo

L’otokorashii de la semaine (8) : Akira Takayasu

Le mois de mars, normalement, c’est Haru Basho à l’Edion Arena d’Osaka, comprenez le deuxième tournoi de sumo de l’année. A chaque fois, j’attends fébrilement le dimanche qui marque le début des rudes hostilités. Je m’installe confortablement sur le canapé, je mets la NHK, sauf que là, comment dire ?

Gni ?

Guégzéksa ?

Eh oui ! coronavirus oblige, le sumo n’a évidemment pas été épargné par les mesures protectrices et c’est donc à huis clos, une première depuis l’existence de ce sport, que se déroule le tournoi d’Osaka. Et comme pour beaucoup de sports finalement, c’est là que l’on se rend compte de l’importance du public pour ce qui est de l’intérêt. « Omoshirokunai ! » (pas intéressant !) trancha d’ailleurs le beau-dabe sur Skype, avis que je partage un peu tant j’ai l’impression d’avoir sous les yeux des rikishis fantômatiques. Je crois que c’est Kotoshigoku qui a comparé l’expérience à un rite religieux, avec une atmosphère sanctifiée comme si les lutteurs se trouvaient dans un temple. La comparaison est jolie mais Kotoshogiku a eu beau ajouter que cela le motivait encore plus  pour ressentir l’aspect sacré de son sport et donner encore plus sur le dohyo, j’ai malgré tout le sentiment que les rikishis sont un peu déphasés par cette ambiance.

C’est que la lente montée en puissance du shikiri (le rituel avant le combat) devient singulièrement moins spectaculaire sans les encouragements du public. Avec certains rikishis, on sentait que ce public était un vecteur d’adrénaline, il s’agissait pour eux d’attirer leur attention, voire leur bienveillance, leurs encouragements, pour la suite du combat. D’ailleurs, Kotoshogiku parle d’un lieu sanctifié mais rappelons que le sumo n’est en rien comparable au tennis. Durant la joute qui parfois peut aller jusqu’à durer une minute (rare mais cela arrive), le public ne reste pas muet. Loin de la réserve légendaire des Japonais, il encourage, s’exclame, trépigne, et cela ajoute au spectaculaire de l’instant. Enfin, quand arrive le mouvement qui permet de gagner, les exclamations gagnent encore un degré en intensité et il est souvent bien plaisant de voir les visages des spectateurs aux premiers rangs manifester leur joie en applaudissant ou en riant, hilares, parce que l’un des adversaires est tombé du dohyo et s’est affalé juste à proximité d’eux.

Encore plus rigolo quand c’est un arbitre qui se le mange.

Bref, sans tous ces éléments rappelant que le sumo était à l’origine une discipline populaire, le sumo n’est plus exactement le sumo. C’est en tout cas une autre expérience. Le plus saisissant est d’entendre le bruit des coups (par exemple les tsuppari, ces gifles vigoureuses qu’un rikkishi a parfaitement le droitde donner) donnant tout à coup au lieu une atmosphère de salle d’entraînement. Mais plus impressionnant encore est d’entendre les cris de douleurs des combattants.

Ici, rappelons qu’un rikishi n’est en rien une pleureuse de footballeur. S’écrouler, se tenir un genou en gémissant pour jouer l’intox, très peu pour eux. On parlait d’atmosphère sacrée et s’il y a bien une chose qui est sacrée dans cet endroit, c’est la virilité, l’otokorashitude ! A tel point que certains athlètes ont des allures de momies tant leur corps est recouvert de bandages. Ils peuvent bien sûr faire l’impasse sur un tournoi pour penser leurs plaies mais en ce cas c’est l’assurance de perdre des places au classement (et un meilleur salaire). Du coup, c’est plus d’une fois un esprit commando qui est de mise, ça passe ou ça craque.

Pour Takayasu, mercredi dernier, ça a craqué. Takayasu, c’est cet homme :

En cette période de féminisme parfois hystérique, est-il bon d’exalter les valeurs d’une virilité massive et puissante ? A vrai dire je m’en fous. Admirez juste les chiffres : Takayasu c’est 176 kilos pour 1m87. La maman est originaire des Philippines.

Quand je me suis remis à m’intéresser au sumo il y a quelques années, j’ai très vite choisi Takayasu comme l’un des rikishis que j’allais supporter.

Takayasu bébé. On raconte qu’il lui fallait ses 5 litres de lait quotidiens.

A cause de cet air placide plein d’assurance, à sa manière d’essuyer sa grosse pogne sur son bide (après avoir jeté le sel sur le dohyo) en la faisant claquer vigoureusement. Mais il y a aussi cette mimique qui ne manque pas de susciter à chaque fois les applaudissements lorsqu’il s’apprête à lancer une ultime fois le sel sur le dohyo avant d’entamer le combat, il envoie puissamment ses épaules vers le bas en accompagnant le geste d’un Humpf ! sonore :

Last but not least, Takayasu est avec Tochinoshin d’être des rikishis particulièrement velus. Dans un sport où les lutteurs ont le torse aussi vierge de poils que le cul d’un bébé, Takayasu a parfois carrément des allures de Teddy bear renfrogné :

C’est tout con mais moi, le pouvoir viril du poil, ça me parle. Et ça doit exciter certaines puisque sachez que notre otorashii de la semaine est fiancé depuis un an avec Mori Konomi, pas la plus vilaine des chanteuses d’Enka :

Quel enfoiré ce Takayasu !

Les deux tourtereaux se sont rencontrés en 2016 lors d’une soirée à un karaoké :

« Quand j’ai vu Akira prendre virilement le micro avec ses poils débordant de sa manche, je me suis sentie toute chose, a alors affirmé la belle à nos micros (si, si !). Je me suis alors intéressée au sumo et quand j’ai découvert qu’il était tout rond et recouvert de poils, il m’a fait penser à Pikichan, l’ours en peluche que j’avais quand j’étais petite fille. J’ai eu alors une envie très forte de le palper et de le serrer tout contre moi. Maintenant que je peux le faire tous les jours, je suis heureuse.»

Privilèges des sumos destinés à rabouler les plus jolis petits lots du Japon ! Mais ne soyons pas jaloux car dans le cas de Takayasu le mariage n’a pas encore eu lieu et avec sa perte récente du grade d’ozeki, il est peut-être encore moins d’actualité, allez savoir. Et avec ce qui s’est passé mercredi, peut-être même n’aura-t-il jamais lieu. Mais que diantre s’est-il donc passé ? Ceci : lors de l’ultime combat de la journée, Takayasu a dû affronter Kakuryu, un des deux yokozunas mongols. Match très équilibré, parti pour durer un peu tant Takayasu semblait maîtriser son sujet (il a d’ailleurs été à deux doigts de l’emporter au bout de cinq secondes avant que le yokozuna ne redresse la barre). Et puis, arriva cet instant fatidique :

On le voit la jambe gauche ne s’est sans doute pas très bien accommodée de la chute du corps. Le genre de chose qui arrive au sumo mais là, il a été surprenant d’entendre ceci :

Dans le vide et le silence de l’Edion Arena retentit alors l’impensable, les cris de douleur d’un rikishi ! Habituellement le brouhaha du public et les commentaires des présentateurs recouvrent ce genre de chose mais là, stupeur d’entendre qu’un rude colosse poilu peut s’avérer incapable de retenir des plaintes à cause d’une douleur qu’on imagine particulièrement vive. Et voir Kukuryu lui-même se tenir médusé à côté du pauvre Yasu faisait assez comprendre que la situation était grave. Car normalement, sachez-le, quand un rikishi se blesse, on lui demande de surmonter sa douleur, de remonter sur le dohyo pour le salut final puis de repartir tout seul, clopin-clopant, dans les vestiaires pour se soigner. Du coup, voir un Takayasu immobile et incapable de se relever en dit assez long sur la gravité de sa blessure. Vous vous demandez d’ailleurs comment ça se passe lorsqu’un rikishi est incapable de se relever. Sans doute un brancard de grande taille arrive, brancard piloté par d’imposants colosses ? Eh bien non, gros amateurisme médical ici. Des types arrivent, aident le blessé à se relever (et tant pis si ça aggrave les choses), à le faire descendre du dohyo pour le foutre sur un fauteuil roulant. Pour Takayasu, ça a donné ce triste spectacle :

Dans tout sport, on n’aime pas à voir les athlètes se blesser. C’est encore plus prégnant au sumo avec cette détestable manière de gérer les blessures. Engoncés dans le hiératisme de leur discipline, les officiels du sumo semblent incapable de comprendre qu’au XXIème siècle il serait peut-être un peu temps d’apporter certaines améliorations dans le domaine.

Bref, pour l’heure, Takayasu a bien évidemment abandonné le tournoi et va poursuivre sa descente dans le classement. Et à 30 ans, c’est une blessure qui risque peut-être de précipiter l’intai (retraite du sumo). Après Goeido, son ex-compagnon Ozeki qui a décidé d’arrêter les frais en prenant sa retraite, pas impossible que nous ayons à nous passer des épaules puissamment rentrées vers le bas, des claques vigoureuses sur le bide pour en ôter le sel et de la pilosité virile façon ours des plaines d’Ibaraki. Il n’empêche Akira, si tu décides malgré tout de remonter sur le dohyo, sache que je serai derrière toi. Je n’ai pas la douce voix de Konomi chan mais je compte bien l’utilise encore pour hurler de vigoureux encouragements dans le salon, ou grand agacement de Madame Olrik. Soigne-toi bien l’ami, et profite du repos du guerrier pour accélérer la guérison, je gage que les susurrements de ta bijin de fiancée, au pageot ou au karaoké du coin, saurons te rendre de cette énergie nécessaire à tout otokorashii dont le métier est de foutre des baffes sur un dohyo. J’espère juste que ce tournoi ne sera pas le dernier. Prendre sa retraite à cause d’une blessure survenue dans un tournoi vide de spectateurs, on a connu des fins de carrières plus glorieuses.

[SHINBUN] Olrik’s Fabulous Weekly Shinbun #4 : Angoulême, Atom, Scorsese, Bonten Taro et Kisenosato tient son Graal !

ANGOULÊME

J-1 avant d’aller au festival d’angoulême avec un Olrik jr et un Olrik the 3rd déjà passablement excités. Au programme : se rendre en priorité aux expositions consacrés à Herman et Will Eisner. Pour ce qui est du Japon, il faut bien reconnaître qu’après l’événement Otomo de l’édition 2016, on est redescendu d’un cran. Cela dit, on ne fera certainement pas l’impasse sur l’exposition consacrée à Kazuo Kamimura, stakhanoviste du manga, un des maîtres du gekiga et père de la magnifique et dangereuse Lady snowblood. L’expo a lieu dans le musée d’Angoulême et sera visible jusqu’au 12 mars.

Et on essaiera sinon d’obtenir une dédicace d’un ou plusieurs mangakas ayant fait le déplacement. Chez Casterman, on aura par exemple Miki Tori ou Mari Yamazaki mais c’est surtout le stand du Lézard Noir dans la bulle du Nouveau Monde qui attirera toute mon attention avec la présence d’Eldo Yoshimizu. Ma dernière dédicace date d’il y a deux ans avec un beau dessin de Suehiro Maruo, il faut que j’en ajoute une coûte que coûte à ma collec’ !

MUSIQUE

Toujours chez le Lézard Noir, signalons sur leur boutique web la présence d’un chouette petit objet :

« Cet album paru à l’origine en 1972 comprend 12 titres chantés par le mangaka/tatoueur Bonten Taro évoluant dans le style Enka. Introuvable depuis plus de 40 ans, l’enregistrement est présenté ici sous la forme d’un digisleeve avec un livret de 24 pages de textes (en français, anglais et japonais) avec de nombreuses photos inédites. »

Bien sûr, l’enka, faut aimer, mais voici tout à fait le type d’objet susceptible de séduire l’amateur de mangas remplis de personnages de yakuzas et de femmes fatales en kimono. Initiative intéressante en tout cas, et on rêve que le Lezard explore un peu plus cette voie, en rééditant certains albums emblématiques d’une certaine pop culture japonaise vintage, pas forcément en rapport avec le manga (comme par exemple le Kokotsu no sekai de Reiko Ike, je dis ça, je dis rien…).

PRESSE

Restons dans les mangas avec la sortie d’un magazine spécialisé. Le dernier en date était le virus Manga, bimensuel éphémère dont la commercialisation fut stoppée en 2005, faute d’un lectorat suffisant. Étonnamment, aucun magazine ne reprit le flambeau durant les dix années qui suivirent, jusqu’à maintenant donc, avec la sortie d’Atom. Derrière le projet, le tatoué Fausto Fazulo de Mad Movies (et voix intéressante dans l’émission Mauvais Genres, compensant un peu la perte de Jean-Baptiste Thoret) qui semble avoir eu à coeur de faire la part belle au manga contemporain et surtout de donner la parole aux mangakas eux-mêmes. N’ayant pas encore un exemplaire entre les mains (au fin fond de ma province, je vais aller chercher cela cette après-midi mais c’est pas gagné ; sinon j’attendrai Angoulême demain), je ne me prononcerai pas sur la qualité mais tout donne à penser, au vu du sommaire, que le magazine va vite devenir un incontournable sur le sujet. On avait Otomo, revue généraliste qui jouait sur la fibre vintage (mais qui avait aussi quelques articles bien troussés sur les mangas), on a maintenant Atom (marrante la proximité phonétique des titres). De quoi se tenir au courant et d’apprendre tout plein de choses intéressante sur l’univers du manga.

CINÉMA

Rappelons que c’est le 8 février que sort Silence de Martin Scorsese. Et rappelons aussi une information plutôt passée sous silence, à savoir qu’il s’agit d’un remake d’un film de Masahiro Shinoda :

La version de Scorsese sera-t-elle meilleure ? A lire les critiques tièdes, on peut en douter, même si d’autres semblent indiquer que le spectacle vaut le détour. Après, comme il s’agit de la première incursion de Scorsese au Japon, le projet est forcément un peu intriguant. Probable qu’on en reparle prochainement.

SUMO

Le suspense n’aura pas duré longtemps. Dès le lendemain de sa victoire au Hatsu Basho, personne n’avait de doute sur la prochaine accession de Kisenosato au rang de yokozuna et le mercredi qui suivait, les Japonais avaient enfin la belle surprise d’apprendre que le 72ème yokozuna était un Japonais, plus de quinze ans après Wakanohana.

Rien de scandaleux à cela. Certes, l’accession au titre ne s’est pas faite par la voix royale des deux victoires consécutives. Certes, Kisenosato est le vainqueur d’une tournoi parasité par de nombreux forfaits (dont ceux de deux yokozunas) pour cause de blessure. Mais à côté de cela, il est au sommet de son expérience et a terminé une remarquable année 2016 (y manquait juste un tournoi remporté). Symboliquement aussi, il a terminé le Hatsu Basho en gagnant contre Hakuho, victoire importante qui a permis de donner à son score de 14-1 encore plus d’allure. Bref, rien de vraiment immérité dans cette promotion. En fait, le drame de Kisenosato est d’avoir pratiqué le sumo en même temps qu’un golgoth s’appelant Hakuho. Un peu comme les tennismen qui maudissent le fait de pratiquer en même temps que le Big Four, plus d’un sumo a du prendre son mal en patience face à un Hakuho emportant tout sur son passage. Si Hakuho n’avait pas existé, il ne fait aucun doute que le compteur de trophées remportés aurait été débloqué depuis belle lurette pour Kisenosato.

Mais maintenant qu’Hakuho approche de la fin de sa carrière, il semblerait que la donne ait quelque peu changé. Exactement comme un Roger Federer bloqué à 17 victoires en grand chelem mais qui reste, malgré son âge, déterminé à en acquérir un 18ème, il y a chez Hakuho cette faim toujours inassouvie de gagner d’autres titres. Hors, ça coince depuis quelque temps. La machine est toujours redoutable et semble parfaitement capable d’empocher une 38ème victoire, mais il y a maintenant ce petit manque de chance qui contrecarre ses plans, manque de chance qui pour l’instant avait été l’apanage de Kisenosato en l’empêchant de remporter des titres sous l’ère de Hakuho. On peut aussi maintenant parier que maintenant qu’il est yokozuna et que le signe indien est vaincu, Kisenosato va peut-être lâcher les chevaux en essayant de rattraper le temps perdu. Il a goûté une fois au plaisir de toucher la coupe de l’empereur et de brandir la daurade géante symbolisant la victoire, on peut croire que ça a dû lui ouvrir l’appétit. Et comme il connaît le prestige d’être l’unique yokozuna japonais après quinze années de disette, on imagine une envie de bien faire et une motivation qui risquent de le rendre redoutable. Bien sûr, je peux me tromper, tout cela pouvant contribuer aussi à le paralyser mais je ne sais pas, s’il ne se blesse pas, je serais fort surpris de ne pas voir un autre tournoi de cette année tomber dans son escarcelle.

En tout cas, ce sera peut-être chaud pour les autres de s’immiscer entre Hakuho et Kisenosato, même si les derniers tournois ont plutôt prouvé le contraire. le sumo connaît en ce moment une transition intéressante. La fin prochaine de quatre grands champions (Kakuryu et Harumafuji n’étant pas non plus des jeunes premiers) et la montée en puissance de jeunes pousses, parmi lesquelles un rikishi comme Mitakeumi me semble promis à un bel avenir. Après le rouleau comrpesseur Hakuho, ça laisse augurer de tournois beaucoup plus ouverts (ils le sont déjà). En attendant, je n’ai qu’une hâte : voir au tournoi d’Osaka ce que va donner Kisenosato dans son costume de yokozuna. Si cela le libère et consolide son assurance, ça va faire mal.

Attention ! Cet homme a faim, il veut d’autres daurades géantes !

L’otokorashii de la semaine (6) : Yutaka Kisenosato

Ça y est, il l’a fait ! L’ozeki de 31 ans, le vétéran aux quinze années de carrière, le rikishi qui a fini l’année 2016 avec le plus grand nombre de victoires (69) a enfin réalisé son rêve : pas être yokozuna, non, juste remporter son premier titre. Il est parfois dans le sport ce genre d’aberration, celle qui a empêché maintes fois de grand champions de mettre la main sur tel ou tel Graal. Kisenosato, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un peu le Poulidor du sumo. Souvent bon, voire très bon, jamais récompensé à la fin, un rival en particulier mettant la main avec une rapacité inexhaustible sur les titres que chaque année propose. Le rival en question est évidemment Hakuho, le yokozuna mongol âgé lui aussi de 31 ans, ayant commencé sa carrière à peu près en même temps que Kisenosato mais avec un résultat en terme de titres remportés autrement plus efficace.

               

Anquetil et Poulidor enfin, je veux dire Hakuho et Kisenosato.

Comparez leurs pages wikipedia respectives. Les rectangles en vert indiquent les titres. Dans le cas de Hakuho, on est clairement face à une sorte d’extra-terrestre. Il est le yokozuna de tous les records. 37 basho remportés et il a récemment franchi le cap des 1000 victoires lors d’une carrière, le rapprochant du record absolu détenu par Kaio (1047 victoires). A côté, chez Kisenosato, jusqu’à hier c’était le désert. Beaucoup de titres auraient pu lui échoir mais à chaque fois il lui a manqué pour cela la petite victoire en plus au compteur. Bref, Kisenosato, c’est un peu le monsieur pas de bol du sumo et c’est en cela que sa victoire au Hatsu Basho est forcément émouvante. Lorsqu’à la fin de la 14ème journée, alors que son rival Hakuho connaissait une troisième défaite rédhibitoire pour le titre, un journaliste s’est approché de lui pour lui demander ses impressions, le spectateur s’est trouvé face à un géant hagard, à la fois impassible et submergé par l’émotion, et l’unique larme qui a coulé sur sa joue était impressionnante tant elle laissait deviner les sentiments mêlés qui s’affrontent sous ce crâne. Sans doute d’abord une immense joie, mais aussi une tristesse d’avoir dû attendre le crépuscule de sa carrière pour goûter à cette joie :

Parce qu’on a beau être un otokorashii, on n’en a pas moins un cœur gros comme ça.

N’empêche : avoir le yusho (victoire d’un tournoi) à l’avant-dernière journée était beau. Et vaincre Hakuho lors de la dernière journée fut magnifique. C’était la chose à craindre : que Hakuho, vexé d’être une nouvelle fois contrarié dans son désir d’ajouter un nouveau titre à son monstrueux palmarès, soit sur-motivé pour faire mordre la poussière à Kisenasto, histoire de montrer que s’il n’avait pas remporté le basho, il restait le big boss. Mais voilà, après l’annonce de son titre, Kisenosato ne s’est pas démobilisé. Sans doute avait-il à cœur de terminer le titre avec une victoire finale contre le yokozuna rescapé, histoire de montrer que son titre n’était pas un titre en mochi. Précisons ici que si ce tournoi s’est avéré passionnant du début à la fin, avec notamment des yokozunas qui n’étaient pas à la fête lors des premières journées, il a aussi été émaillé par de nombreuses défections pour cause de blessures, et pas des moindres : les yokozunas Kakuryu (vainqueur du précédent tournoi) et Harumafuji, mais aussi l’ozeki Goeido, juste avant sa confrontation avec Kisenosato.

Aussi était-il crucial pour Kisenosato de gagner son combat contre Hakuho, sans cela les mauvaises langues auraient inévitablement relativisé son titre. Le genre « ouais ! bravo ! il a gagné en battant dans le haut du panier seulement deux ozekis ! ». Au moment du combat, nulle pression ne s’est fait sentir dans la préparation de Kisenosato. Tous les rikishis ont leur petit rituel, leurs petits gestes qui leur permettent de faire monter positivement la pression. Chez Kisenosato, mise à part les deux gifles qu’il se donne juste avant de se mettre en position pour le combat, ça reste très intérieur. On a l’impression de voir une sorte de Bouddha impassible et bonasse, limite en train de dormir lorsqu’il attend son tour sur le bord du dojo. Avant de se frotter à Hakuho, il en était contre lui à 13 victoires contre 45 défaites, soit une chance sur trois de l’emporter. Mais il était dit que les dieux du sumo avait depuis longtemps choisi leur favori. Après la chargé enragée de Hakuho qui déstabilisa Kisenosato et le poussa au bord du dojo, suivirent une poignée de secondes durant lesquelles le spectateur vit, incrédule, un yokozuna (et pas n’importe lequel) en train de pousser désespérément un adversaire dont on comprenait qu’il était trop fort pour lui ce jour-là. Regardez, et admirez :

Un petit pas d’esquive sur la gauche, et le yokozuna s’effondrait de tous son long en dehors du dojo, laissant son adversaire regagner placidement sa place pour célébrer sa victoire. Oui, que ce type-là n’ait jamais gagné le moindre titre avant ce Hatsu Basho reste du domaine de la science-fiction !

Que Kisenasato savoure donc sa victoire sans la moindre amertume, elle est largement méritée et en appelle d’autres, même si le temps joue contre lui. A 31 ans, il est au crépuscule de sa carrière et la retraite peut survenir à tout moment. Aux dernières nouvelles, le conseil de délibération de l’accession au grade de yokozuna doit se réunir demain pour statuer sur le cas Kisenosato et peut-être lui offrir la possibilité de devenir le 72ème yokozuna. Choix étrange car la règle générale veut que l’accession au rang vienne après deux victoires consécutives. Mais il existe aussi un certain flou artistique selon lequel une « performance équivalente » peut permettre la promotion. Dans le cas de Kisenosato, on peut penser que sa victoire, associée à l’ensemble de sa carrière (avec notamment cette année 2016 qui l’a vu terminer avec le plus grand nombre de victoires) et peut-être aussi le fait qu’il est japonais (cela fait dix-huit ans que le public attend un compatriote yokozuna) vont peser dans la balance. J’avoue que je ne sais si l’on doit s’en réjouir. Sans doute, ce serait mérité, Kisenosato ayant l’étoffe pour tenir ce rang. Mais pour ce qui est de savoir si ce serait pleinement satisfaisant, c’est moins sûr.

Quelle que soit la décision que prendra ce conseil, ne souhaitons qu’une chose : que Kisenosato fasse taire les mauvaises langues qui douteraient de sa capacité à endosser le costume de yokozun en remportant le prochain basho, cette fois-ci avec le retour de Goeido, Harumafuji et Kakuryu. Ce serait beau, ce serait grand !

L’otokorashii de la semaine (5) : le rikishi

Chaudes les journées en ce moment ! Olrik Jr et Olrik the 3rd peuvent protester tout leur soûl, leur papounet ne répond plus. Inutile de me tanner pour faire telle ou telle sortie, je n’y suis pour personne. Pourquoi ? D’abord parce que j’ai trop de choses à lire. Sade, Huysmans et Roth occupent actuellement une tranche non négligeable de mon emploi du temps. Ensuite trop de choses à écouter. Pris du virus de la fiction radiophonique, j’occupe mes séances de vélo en pleine campagne façon Lance Armstrong à me muscler le cerveau par la même occasion en écoutant de délicieux feuilletons made in France Cul. Enfin trop de choses à voir. N’imaginez pas qu’il s’agisse de films, pour une fois non, en ce moment c’est plutôt la guerre des dramas à la maison, au moins deux épisodes par jour – après avoir abandonné cet imbécile de Westworld (quelle fadeur !), place aux dramas japanisthanais de l’automne, avec quelques bon titres que je chroniquerai bientôt.

Mais surtout, surtout, depuis dimanche dernier, le scénario est le même. Vers 17 heures, je m’installe confortablement dans mon canapé, d’abord une tasse de café à portée de main en attendant un apéritif, j’allume le téléviseur, lance la NHK et me mate l’intégralité des vingt combats quotidiens du basho de Fukuoka :

basho-salon

Mieux qu’une bijin dans un roman porno : Goeido s’apprêtant à en mettre plein la rondelle à son adversaire !

Cela doit durer quinze jours, soit 300 combats au total. Pour l’instant je n’en ai raté aucun et il n’y a aucun raison pour que je faille à ce beau programme télévisuel qui m’enchante à chaque fois.

J’ai toujours aimé le sumo mais je ne suis jamais vraiment devenu un passionné du fait des possibilités de visionnages qui ont toujours été hasardeuses. Après, disposant maintenant de la TV japonaise à domicile, cela risque de changer. Je compte bien me familiariser avec les rikishis actuels (pour le néophyte, rikishi est le nom que l’on utilise au Japon pour désigner les combattant, sumotori étant d’usage exclusivement français), avoir une bonne connaissance des points forts et des faiblesses de chacun, connaissance qui me permettra de saisir pleinement le sel de telle ou telle rencontre.

A la fin des années 90, les diffusions sur Eurosport m’avait permis un peu de me familiariser avec les meilleurs rikishis d’alors. C’était l’époque du Big Four, l’unique, le seul, le vrai, non pas celui de certains tennismen millionnaires plus ou moins créatinés, mais celui constitué par quatre hommes rudes, virils, ayant construit leur gloire dans la sueur rance des dojos et des chankonabe engloutis quotidiennement. Bref, ces otokorashiis, c’était ces quatre fabuleux yokozunas (là aussi pour le néophyte, yokozuna désigne le plus haut grade pour un rikishi), les deux frangins Takanohana et Wakanohana, et les deux hawaïens Akebono et Musashimaru :

wakanohana-takanohana-musashimaru

Sur la photo, de gauche à droite, Wakanohana, Takanohana et Musashimaru. Akebono, trop imposant, n’a pu être cadré par le photographe. Le voici donc à part :

Ici en train de serrer la pince à ce bon vieux Chichi.

J’appréciais énormément Takanohana qui me semblait être le sumo idéal, parfait équilibre de qualités physiques (force, puissance et agilité) et disposant d’une technique qui pouvait le faire battre n’importe qui. Wakanohana m’a plus convaincu lorsqu’il était Ozeki (le grade le plus haut après celui de yokozuna), alors qu’il était en quête du grade suprême (très longue quête en l’occurrence, le pauvre a assez peu profité de ses années en tant que yokozuna). Dès qu’il est devenu yokozuna, l’entrain semblait brisé et surtout les blessures n’ont pas tarder à l’accabler. N’importe, c’était la première fois que l’on avait deux frangins yokozunas et leurs confrontations n’en avaient que plus de piquant.

takanohana

Takanohana, la classe, tout simplement.

En revanche j’aimais moins Akebono. Si le physique d’un sumo fait inévitablement partie des critères pouvant faire d’un combattant un rude adversaire, le physique hors norme d’Akebono donnait trop souvent lieu à des confrontations ennuyeuses, le géant hawaïen n’ayant qu’à avancer avec une démarche de Casimir à coups de tsuppari (les fameuses gifles portées sur le torse voire le visage de l’adversaire) pour balayer les vermiceaux ayant eu l’arrogance de monter sur le dohyô en même temps que lui. Après, je reconnais que voir son regard vraiment intimidant lors des préparatifs mentaux était quelque chose et que son imposante constitution rendait d’autant plus stupéfiantes ses défaites.

akebono-musashimaru-konishiki

Akebono et sa « hawaiian team » infernale.

Enfin, il y avait Musashimaru. Pour lui, pas de problème, j’adorais voir sa bouille exprimant un savant mélange de morgue et de menace. Moins complet que Takanohana mais tout aussi charismatique :

musashimaru-morses

Musashimaru, l’homme qui murmurait à l’oreille des morses.

Par ailleurs, d’après les témoignages, grand déconneur devant l’éternel :

musashimaru-2

Mais euh ! Senpai, arrêtez de m’embêter !

Mais aussi gaillard qui n’était pas sans savoir jouer d’un certain sex appeal :

musashimaru-pose-idol ai-shinozaki

Musashimaru, Ai Shinozaki, même combat.

J’ai un peu oublié les autres rikishis d’alors. Petit souvenir tout de même de Konishiki. Du reste comment l’oublier ? 1m84, 287 kilos, cet autre hawaïen était à la fin des années 90 dans ses dernières années de pratique et offrait souvent de décevantes performances. Mais voir ce golgoth sur le dohyô  donnait toujours le plaisir particulier d’assister à un spectacle à mi chemin entre un combat de sumo et un épisode de Grendizer. J’aimais cela.

musashimaru-konishiki

Musashimaru et son pote Konishiki (notez au passage la belle casquette).

Bref, quand j’ai découvert sur Eurosport l’univers du sumo, j’ai tout de suite eu un immense respect et une immense admiration pour ces otokorashiis que je me promettais bien de voir un jour pour de vrai au Japon, lors d’une séance d’entraînement du côté de Ryogoku ou lors d’un basho. Pas encore arrivé mais cela se fera un jour, soyez-en sûrs. Pour le moment, les seuls rikishis que j’ai pu voir c’était lors d’une halte à la gare de Nagoya (justement en plein basho) :

sumos-gare-nagoya

… et du côté de Harajuku :

rikishis-harajuku

Au passage, si vous vous demandez si être rikishi est un bon plan pour rabouller de la loute, la réponse semble être positive :

toki-epouse

165 Kg + paire de rouflaquettes = une bijin qui vous tombe dans les bras et qui est prête à marier. Bien ouéj’ Toki !

Du reste, ces gaillards sont d’une hygiène irréprochable :

toki-shampoing

Toki shampouinait tous les matins ses rouflaquettes au shampoing parfumé au sirop d’érable.

En attendant d’autres occasions de voir les bestiaux cette fois-ci en pleine action, je dois me contenter des retransmissions à la télévision. Et là, énorme plaisir du fait qu’il ne s’agit donc plus de résumés sur Eurosport mais des retransmissions intégrales : deux heures pour couvrir les vingt matchs quotidiens, avec moult interviews, mini-reportages et, pour les matchs importants, l’intégralité des préparatifs mentaux avant la confrontation. Le tout bien sûr avec les commentaires japonais d’origine. Pas non plus une immersion dans la salle du tournoi, mais de quoi échapper au temps et être charmé par ces rituels avant chaque combat desquels va jaillir une explosion brève mais intense de puissance. Voir enfin ces rituels change tout. C’est toujours la même chose et pourtant, pour peu que l’on y prête une attention particulière, ils fourmillent de petits signes qu’il est intéressant de décoder pour prendre encore plus plaisir au combat. Il y a aussi un peu du plaisir d’esthète dans l’étrange ballet que font les deux lutteurs durant ces quatre minutes. On songe ici à la corrida, autre pratique ancestrale basée sur un affrontement. A la différence qu’on ne voit pas ici un torero en train de tortiller du cul, ne laissant quasi aucune chance à un taureau et pour lui prendre à la fin la queue et les oreilles, sinistre coutume qui m’a toujours fait applaudir des deux mains les renversements de situations – parfois mortels – de ces déplaisantes joutes à sens unique.

franquin-corrida-2

Excellent Franquin !

Non, le spectacle est ici d’une nature autrement supérieure. Il vient d’abord des quarante rikishis qui vont apparaître à tour de rôle, sarabande de physiques de colosses qui ont tous leurs particularités. Taille, masse, graisse, musculature, pilosité, expression, couleur du mawashi, autant d’éléments qui particularisent chacun des combats.

sailor-rikishis

Olrik ! T’oublies nos super pouvoirs de Sailor Rikishis ! BWAHAHA !

Viennent ensuite ces quatre minutes de préparations mentales avant le combat. On guette alors ces détails visant à se gonfler d’assurance ou à défier l’adversaire. Ça peut être un regard, un geste, une attitude, une manière de jeter le sel sur le dohyô, autant de détails qui font des quatre minutes un moment aussi intéressant que le combat lui-même. Mais l’intérêt visuel ne s’arrête pas là. J’ai personnellement beaucoup de plaisir à observer les mouvements hiératiques des différents arbitres et à admirer leur splendide tenue. Par ailleurs, qui dit arbitre dit voix. Là aussi, l’aspect auditif n’est pas sans ravir encore un peu plus le spectateur. Il n’entendra jamais des exclamations émanant des rikishis au moment de l’effort. Pourquoi ? Je suppose qu’astreints pendant des années d’entraînement à un art martial visant à la maîtrise de soi et du geste parfait pour prendre l’avantage, se mettre à s’exclamer ou à bramer comme un Kuerten serait du dernier vulgaire. Les sons viendront donc de l’arbitre qui vise à stimuler les lutteurs quand la situation est bloquée, et bien sûr du public qui, tout japonais qu’il est, fait voler en éclats sa légendaire retenue pour exprimer tout son enthousiasme lors d’un combat. Les ralentis procurent d’ailleurs un dernier petit plaisir en permettant de voir les visages des spectateurs à l’arrière-plan. On pourra ainsi distinguer telle bijin en pleine hystérie, à vrai dire pas loin de la fureur utérine, ou tel vieillard absolument ravi, limite hilare, de s’être pris un rikishi dans la gueule lors de sa chute hors du dohyô.

sumo-preparatifs

Typiquement le genre de plan que j’adore.

Tout cela explique donc que je ne trouve plus guère de temps pour voir des films et que je mette de côté mes qualités de Big Daddy toujours à l’affût d’activités pour les lardons. Après, Olrik Jr et Olrik the 3rd y trouvent aussi leur compte car ces séances de basho devant la télé donnent parfois lieu à d’enfiévrés paris sur l’issus des combats. Après six journées de compétition, on commence à avoir nos favoris. Totalement déconnecté du monde du sumo depuis un certain nombre d’années (le dernier nom que je connaissais était celui du yokozuna mongol Asashoryu), je me remets à niveau peu à peu. J’aime bien Ishiura et son physique modeste mais particulièrement athlétique. Le visage de Takayasu et son corps velu se sont bien inscrits dans mon esprit.

kotoryu

Ne sous-estimez pas la légendaire puissance du poil !

Les trois yokozunas d’origine mongole ont eut tôt fait de me faire comprendre qu’ils n’étaient pas à ce grade pour rien. Quant aux Ozekis, j’ai bien compris que le gars Gôeidô était le chéri de ces dames. Moult voix féminines scandent en effet son nom, sans doute ardemment désireuses de voir leur chéri remporter un deuxième basho d’affilée pour lui permettre d’accéder au rang suprême de yokozuna. C’est en effet le principal enjeu de ce basho à l’issue duquel nous pourrions avoir de nouveau un « Big Four ». Vendredi, Gôeidô a concédé sa première défaite, rude combat qui nous a fait voir à la fin un Gôeidô sortir de la salle avec un visage tuméfié. Trouvera-t-il les ressources pour revenir d’attaque ? Il ferait bien car rien n’est encore perdu. Ils sont huit à disposer de cinq victoires pour une défaite et il ne reste plus que le yokozuna Kakuryû à aligner six victiores d’affilée. Le même Kakuryû qui doit aujourd’hui affronter Endo, qui a hier brillamment botté le cul d’un autre yokozuna, Hakuhô. Admirez le spectacle :

A suivre donc. On croise les doigts pour avoir droit à encore plein de belles surprises pour les dernières journées.

Edit : entre le moment où je tapais ces lignes et l’upload de l’article il s’est passé des choses. Goeido conserve ses chances, le suspense reste entier.

Bref je n’ai pas fini de passer de délicieuses heures à admirer ces joutes spectaculaires que le béotien a tôt fait de résumer à des duels entre des « gros tas qui se rentrent dedans » (expression de Sarkozy, si je ne m’abuse). Il s’agit bien de véritables athlètes, capables par exemple d’associer à la force et la puissance une étonnante souplesse :

hayateumiakane-hotaru-5

Hayateumi, Akane Hotaru, même combat.

Si avec tout cela vous n’avez toujours pas envie de vous essayer au sumo (on trouve plein de résumés des matchs sur Youtube), c’est que vraiment, vous êtes difficiles. Pour moi, je n’ai qu’un regret : c’est qu’une fois le basho de Fukuoka terminé, je vais devoir patienter un bon mois avant de suivre le suivant. Hâte d’y être, admirer les exploits de ces otokorashiis bien au chaud à la maison alors que dehors règne la froidure de l’hiver promet d’être particulièrement savoureux. Ça va être bien bon de déguster les derniers toffees rescapés des fêtes devant le…

rikishis-cheerleaders

RIKISHI POWAAA !!!