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Tenue ascétique exigée

Journées du 6,7 et 8 août

Certains ont la permission de minuit, moi j’ai eu la permission de Tokyo : Madame a accepté que je passe trois jours dans la capitale, seul, mais ce qui s’appelle être vraiment seul : c’est-à-dire sans avoir des clampins dans les jambes qui, quoique bien gentils, ont un gros impact sur l’emploi du temps quotidien, et sans Madame qui, là aussi, malgré toute les qualités dont elle fait montre est une bien piètre marcheuse et a souvent pollué mes marches de pauses excessives.

A moi la liberté donc, et c’est tout fébrile d’excitation que je descendis du Shinkansen pour retrouver, dix ans plus tard, les délicieuses sensations qui m’avaient assailli lors de mon premier voyage au Japon. Ce ne fut pas aussi intense, la familiarité ayant remplacé la surprise, mais extrêmement agréable quand même. Je n’entre pas dans les détails de ces trois journées, certains épisodes ayant ayant été évoqués (Jimbocho et la Golden Gai). Disons juste que les kilomètres à pied ont été dignement enquillés, l’œil à l’objectif, le sourire aux lèvres et fatalement avec un goût de reviens-y.

Le 8 je repris le Shinkansen pour rejoindre la tribu à Takatsuki. Finie la tranquillité mais revoir certaines bouilles m’allait bien aussi. Fini aussi le beau temps, un typhon étant de passage dans la région d’Osaka. De quoi pourrir le programme du lendemain et me faire regretter amèrement l’asphalte tokyoïte et pourtant, c’était mal connaître Olrik, cet homme décidément plein de ressources qui sut parfaitement deviner quel pouvait être la meilleure sortie à faire avec un temps de gogue et flanqué de deux lardons…

clochard shibuya

Clochard à Shibuya (qui chercha à me taxer un coca cola)

affiches harajuku

Panneaux publicitaires à Harajuku.

moine ueno

Bonze à Ueno

maître vitalis

Mandarake : le seul endroit au monde où l’on peut acheter une figurine de maître Vitalis.

La sœur du bouquiniste pervers aime les gashapons

kabukicho2

24, 25 et 26 juillet.

Après Osaka et Kobe, direction Kyoto pour la journée du 24. Après là aussi, comme pour Osaka, un petit quart d’heure de train pour s’y rendre à partir de Takatsuki, on file vers le musée du manga puis vers le centre en début d’après-midi. Là, miséricorde ! il se met à tomber des hallebardes comme seul le Japon est capable d’en balancer l’été. Fort opportunément, une arcade commerciale s’offre à nous pour nous abriter le temps que le déluge passe (une bonne heure quand même) :


C’est là que je vis ce petit bouquiniste :

bouquiniste Kyoto

Heureux hasard, je cherchais les éditions originales de Lettrines 1 et 2 de Gracq ! J’entrai plein d’espoir et, après quelques explications hésitantes en japonais, le gus me conseilla d’aller plutôt voir du côté de Kabukichô, à Shinjuku. Là, pas de doute, je trouverais les deux volumes tant convoités. Cela tombait bien car le lendemain, nous étions à Tokyo. Après un dîner justement du côté de Shinjuku avec des amis de Madame, je les laissai discuter en fin de repas pour prendre la température de Shinjuku avec mon réflex et essayer de trouver mes Gracq. Malheureusement, à défaut de paires de livres je tombai plutôt sur ce genres de paires :

kabukicho

Pas de doute, je trouvai bien deux beaux volumes. Et à chaque devanture d’échoppe même ! Mais je n’osais trop m’y aventurer pour les palper, on a sa conscience hein ! Joli galopin que ce libraire en tout cas. Un amateur des potacheries des Torakku Yarô sans doute.

Le lendemain, pendant que Madame se préparait à l’hôtel, direction Ueno avec Olrik Jr pour lui montrer au parc la statue de Saigo Takamori. Après celle à Kagoshima qu’il avait vue lors du précédent voyage, il fallait bien qu’il voit celle-ci :

Puis impossible d’y couper, je veux parler du magasin de jouets en face de la station de Ueno et qu’Olrik Jr avait bien évidemment aperçu sur le chemin du parc :

Comme de bien entendu, une hordes de machines à gashapons protégeait le magasin frontalement et lattéralement. On aurait bien tort de croire qu’elles ne tentent que les gamins. Tandis qu’Olrik Jr butinait d’une machine à l’autre avec quelques piécettes, j’y vis une jeune femme qui y reste bien cinq minutes à observer la bouche ouverte les différents trésors que proposait les machines. Loin de moi l’idée de lui jeter la pierre. J’avoue avoir cédé plus d’une fois devant ces petits bouts de machin en plastique à la finition parfois étonnante.

gashapon

Suivre sa maman

Oui, suis ta maman petit Nobita, éloigne-toi des viles tentations des Yodabashi dont les devantures joliment galbées emplissent même de confusion le grand gamin que je suis.

Heureusement, ta maman veille au grain, elle saura te détourner d’objets encore un peu trop  sophistiqués pour ton âge. En guise de déesse tu n’as pour l’instant droit qu’à un modèle en particulier :  celle que tu viens d’acheter au magasin et que tu tiens dans ta poche droite.

Pour ce qui est des autres modèles, j’espère pour toi que ce sera, plus tard, aussi dans la poche…