Archives du mot-clé Yuko Katagiri

Désirs humides : 21 ouvreuses en scène (Tatsumi Kumashiro – 1974)

Hosuke (Akira Takahashi), un marginal, trouve un matin un portefeuille contenant 60000 yens. A lui une nouvelle vie. Dorénavant, il sera maquereau. Rapidement sa route croise celle de Meiko (Meika Seri) qu’il ne tarde pas à s’attacher et à convaincre de se faire strip-teaseuse. Puis le duo devient trio lorsque son ancienne maîtresse, Yuko (Yuko Katagiri) le retrouve d’abord courroucée qu’il l’ait trompée avec une autre, puis finalement convaincue par l’idée de faire sur scène avec Meiko un numéro de lesbiennes. A côté de cette histoire, le spectateur qui en 1975 a raqué un billet pour aller voir un film de Kumashiro, en a pour son argent puisque le film est régulièrement ponctué de scènes de strip-tease. A lui de s’en mettre plein les mirettes avec notamment un numéro de masturbation avec dégoulinade de cire chaude sur les nichons, et danse érotique toute en uterina furiosé dans laquelle le but est de se trémousser en se coinçant un boa en plumes d’autruche au niveau du berlingot. Aux spectateurs (ceux de la boite de strip-tease et ceux du film) de ne pas en rater une miette pour assister à l’instant où ledit berlingot apparaîtra fugitivement !

 

濡れた欲情 特出し21人 (Nureta yokujo: Tokudashi nijuichi nin)

Long résumé cette fois-ci, mais ce film le mérite : il fait partie des rares roman porno a avoir bénéficié d’une diffusion dans nos contrée à la fin des années 90, à une époque où le cinéma japonais était facilement visible sur nos écrans. Du coup le titre français n’est pas de mon invention, il s’agit bien du titre d’exploitation du film en France. Tirons notre chapeau au passage à la personne qui a cru bon de rester fidèle au titre original et ainsi de restituer la fraîcheur imagée des titres de roman porno. Je me souviens d’ailleurs qu’à cette époque, alors étudiant à Tours et allant trois à quatre fois au cinéma par semaine (Ah ! « Les Studio » !), le titre m’avait interpellé. Désirs humides : 21 ouvreuses en scène : était-ce bien sérieux ? Et en séance unique un lundi soir, en deuxième partie de soirée ?! J’ai hésité à m’y rendre et puis j’ai lâché l’affaire. En y réfléchissant je me dis que j’ai bien mal fait car c’eût été l’occasion unique de voir sur grand écran un numéro de lesbiennes entre Yuko Katagiri et Meika Seri, numéro plein de fièvre et de cyprine allant jusqu’à utiliser godemichet en forme de masque de tengu ! Bref, du tout bon.

Plus sérieusement, ce roman porno, tout comme le précédent évoqué la semaine dernière, fait partie des roman porno à voir dès que l’on est intéressé par des films érotiques avec une personnalité. Les connaisseurs trouveront peut-être une ressemblant avec un autre film de Kumashiro, Sayuri la strip-teaseuse, et ils feront bien car en plus de cette scène de strip-tease à la cire (numéro fétiche de Sayuri Ichijo dans l’autre film), on entend à un moment une chanson paillarde déjà entendue dans Sayuri (à noter une bande son acrocheuse. Outre cette chanson aux sonorités traditionnelles, notons la chanson fétiche de Meiko Kaji dans sasori qui est constamment fredonnée par différents personnages), une chambre de love hotel avec un lit circulaire (donnant lieu à peu près à la même scène : un couple s’y ébat tout en parlant), et surtout un rythme narratif un peu chaotique, ne cherchant pas forcément à plaire au spectateur en lui présentant une histoire confortable avec une juxtaposition claire de scènes alternant avec des scènes de fesses. C’était un peu le cas avec Sayuri et Les Amants mouillés, cela aggrave avec 21 Ouvreuses. Une des premières scènes nous montre Hosuke dans le quartier d’Osaka de Kamagasaki , en train de siffler un verre à une échoppe. L’opération finie, il pose son verre, reprend son chemin, puis s’engouffre subitement en courant dans une ruelle afin de faire le pâté de maisons et revenir au niveau de l’échoppe (action qu’il reproduira plus tard dans le film). Incongruité qui ne donne pas d’explication et qui donne le ton du film. Le spectateur sera face à une intrigue en liberté qui fait fi de toute rationalisation. Ce n’est pas non plus aussi barré que la Marque du tueur, mais c’est parfois un peu déroutant, Kumashiro jouant de l’absence de repères temporels et spatiaux pour clarifier l’intrigue, usant parfois abruptement de panneaux pour baliser le déroulement de l’intrigue :

Et encore, quand je dis « baliser », c’est un peu à la Flaubert puisqu’il s’agit ici d’un laconique « le temps passa ».

Pour le spectateur désireux d’avoir une histoire parfaitement intelligible, c’est assurément la limite du film. Mais pour celui qui aime à être perdu dans une œuvre sortant des sentiers battus, c’est évidemment tout le charme, charme qui s’associera par ailleurs au charme des actrices :

Avec notamment un joli rôle donné à Yuko Katagiri, rôle qu’elle endosse avec détermination. A vérifier avec d’autres films dans lequel il joue, mais il est probable que c’est dans 21 Ouvreuses que l’on trouve son personnage le plus intéressant).

Charme des numéros mettant en rut des spectateurs s’approchant au plus près afin de voir pour de vrai les parties intimes de vraies femmes (le terme de « ouvreuse » pour le titre est d’ailleurs bien choisi puisque les numéros de strip-tease se résume bien souvent à « ouvrir » les cuisses pour « montrer ») :

Vous avez été sages, hop ! un gif !

Charme des intervention de Bunmei Tobayama, acteur de théâtre de rue dont le jeu outrancier dans sa dramatisation fait un contre-point comique aux déboires des personnages du film :

Charme de cette imagerie volontiers cocasse dont use Kumashiro. Yuko est-elle prise d’une envie de pisser que l’on assiste à l’opération alors que l’on n’en demandait pas tant :

Deuxième gif ! Et un troisième est caché dans l’article ! Sauras-tu le trouver ?

Enfin charme de cette manière de peindre les femmes volontiers capables de se jouer des hommes. La patronne d’une troupe de strip-teaseuse enverra balader le directeur d’une salle de spectacle parce qu’il a trouvé qu’elle n’avait pas assez montré ses partie intimes lors d’un numéro. Yuko et Meiko diront à Hosuke qu’après tout, elles peuvent se débrouiller toutes seules et qu’il peut partir. Enfin le même Hosuke se fera bêtement trahir par une jeune femme rencontrée dans la rue. Lui donnant l’occasion de la limer entre deux portes (pour la patronne de la troupe, c’est plutôt entre deux rideaux) et lui faisant croire qu’elle accepte de le rejoindre en tant que mac, elle lui faussera compagnie tout en le balançant au passage auprès de la flicaille.

 

Si les personnages féminins peuvent apparaître parfois un peu dérisoires, il faut bien reconnaître que les abrutis du film sont bel et bien les hommes, comme ce personnage, le mari de la patronne de la petite troupe, qui s’englue dans un code d’honneur yakuza et qui commettra à la fin une action violente achevant de faire de 21 Ouvreuses un film décidément imprévisible, recelant jusqu’à la fin de petites surprises à découvrir :

A l’image finalement de celles dans l’entre-jambe que les strip-teaseuses font miroiter.

7,5/10

Comme pour Les Amants mouillés, Désirs humides : 21 ouvreuses en scène a bénéficié en 2018 chez Happinet d’une belle édition en blu-ray, restituant à  merveille les scènes colorées dans les différents boites de strip. Le tout évidemment sans sous-titres. Pour le voir en français, je signale la page d’un collègue comprenant un petit fichier qui doit permettre de mieux comprendre cette obscure histoire de gambettes constamment levées.

 

 

Attack of the psychotics clowns !

Amie lectrice, imagine : après avoir passé ce qu’il faut bien appeler une journée de merde, c’est-à-dire après avoir dû subir l’incompétence notoire de ton patron, supporter les remarques désobligeantes de quelques gros nazes dans le bus ou encore découvrir les multiples factures dans ta boite aux lettres et les étrons laissés sur la moquette par Youki, bref après cette dure journée tu décides de décompresser un bon coup. Pour cela, tu lances dans ton lecteur une sonate de Mozart et c’est le cœur un peu plus léger que tu te rends à la salle de bain pour prendre une douche bien chaude qui achèvera de te requinquer le corps et l’esprit.

Effectivement, ça marche ! L’eau chaude à tôt fait de te réconforter l’esprit et les sens. L’eau recouvre délicieusement ton corps d’albâtre et nettoie les moindres porosités de ton délicat épiderme. Tu te sens bien :

clown-enfer-gif4

Mais vraiment quoi !

… tellement bien que tu décides de prolonger le plaisir en augmentant de quelques degrés la température de l’eau. Est-ce vraiment raisonnable ? Pas sûr. En tout cas tu fermes les yeux et de douces images se mettent à danser en toi. Tu te souviens de ce moment béni où tu te délassais dans un onsen en face du Sakurajima :

onsen_sakurajima

Un peu de poésie sur ce site, merde !

…mais tu imagines aussi ce que tu vas faire après ta douche. Sans doute déguster un verre de Nikka tout en consultant Bulles de Japon, ce merveilleux site où l’humour sophistiqué n’a de cesse de le disputer à une magique érudition. Cette perspective, conjuguée au pouvoir engourdissant de l’eau qui doit maintenant avoisiner les 40°C, te fait sentir toute bizarre et tu sens qu’il se passe quelque chose à la pointe de tes seins (qui, je me dois de le dire, rivalisent avec ceux présents dans ma mythique collection des « bijins de la semaine »).

Tu en es là dans tes confuses réflexions lorsque soudain, un bruit retentit derrière toi. Tu te retournes, et là…

clown enfer gif 2

KYAAAAAA !

Oui, tu peux te mettre à hurler car un horrible clown vient d’ouvrir le vasistas pour te menacer avec une arme blanche ! Mais tout de suite, constatant ta panique, j’interviens. Comment ? En franchissant le vasistas pardi ! et en me précipitant vers toi à travers les vapeurs d’eau chaude avec ces apaisantes paroles :

clown enfer 3

N’aie pas peur ! C’est moi, Olrik ! C’était juste pour te faire une blague ! Oh Oh Oh ! Viens dans mes bras que je te réconforte !

Déjà je jubile à l’idée de tenir fermement corps humide qui renvoie Vénus sortant des eaux à une vulgaire nageuse olympique d’Europe de l’est, mais hélas…

pintaro 17

KYAAAAAA !

Même hurlement, mais lâché cette fois-ci sur un ton plus rageur. Bon, peut-être l’ai-je un peu cherché. Mais que voulez-vous ? On ne peut pas être un saltimbanque de la japanosphère française et balancer tout le temps des perles du niveau de Tristan Bernard. Un peu déçu et déconfit, je refixe mon bridge et mes deux dents à pivot qui sont tombés par terre, et t’explique pourquoi j’ai enfilé ce ridicule costume.

pintaro 13

Ecoute… je vais t’expliquer.

C’était pour rire donc (bon, c’est raté, on va pas en faire tout un fromage non plus, hein !) mais, surtout, pour te faire découvrir ceci :

enfer clown

« Le Clown infernal », par Edogawa Ranpo

Diffusé de 1977 à 1985, le drama Edogawa Ranpo’s Beauty series compta 25 épisodes à la gloire de l’oeuvre du maître japonais du roman policier teinté de perversions en tout genre (oeuvre qu’il resterait d’ailleurs largement à découvrir à travers une édition des œuvres complètes. Je dis ça, je dis rien). Le concept était simple : chaque épisode adaptait une nouvelle du maître (avec souvent Kogoro Akechi, son personnage fétiche de détective) MAIS avec à chaque fois une figure imposée : utiliser une bijin d’actrice qui, à un moment ou à un autre de l’épisode, devait montrer ses charmes afin de permettre au spectateur d’apaiser sa tension entre deux émotions fortes (pas sûr d’ailleurs que ce type de scène était le meilleur moyen) mais aussi aux producteurs de maintenir en érection l’audimat (et seulement cela).

enfer clown 2

Comme de bien entendu, le titre pouvait être légèrement modifié. Exit « le Clown infernal », bienvenue « la Beauté des Blancs Nichons ». Tout de suite plus classe.

L’histoire est des plus simples : un clown criminel attaque des bijins ! Il n’en fallait pas plus pour me tenir en haleine devant mon écran et souhaiter que la maison poulagat mette le plus vite possible la main sur la crapule avant qu’un autre délicat épiderme sentant bon la fleur de cerisier ne soit abîmé. Que ceux qui ont été traumatisé par les clowns à cause de Stephen King se rassurent. Certes, le voir jaillir d’un buisson la nuit n’est guère rassurant mais toute ses détestables apparitions sont laaargement compensées par un casting féminin qui permet d’encaisser les coups presque avec plaisir. Une scène vous a fait méchamment sursauter ? Pas de panique, la prochaine sera plus cool :

enfer clown 3

Pour être sûr que même les bigleux entravent, le maquilleur a sorti le giga grain de beauté postiche (c’est un détail important pour la suite de l’intrigue, si, si ! juré).

Urgh ! On découvre un cadavre coconisé façon Pompéi :

enfer clown 4

C’est horrible !

Mais la police scientifique s’active et et choisi de découvrir une partie du cadavre. Allez, au hasard, visons la poitrine :

enfer clown 5

Bye jove ! Que voilà un grain de beauté à forte teneur bijinesque !

A un moment on à droit à un numéro de ballet dans la plus pure tradition casse-noisette :

clown enfer 6

Evidemment, qui dit danse dit effort, qui dit effort dit transpiration, et qui dit transpiration dit…

clown enfer 7

scène de douche !

On sait qu’à l’époque de Psychose Hitchcock n’avait bien sûr pas pu envisager de montrer la poitrine de Janet Leigh lors de la fameuse scène de meurtre. 15 ans plus tard et au Japon, ce n’est évidemment plus la même musique :

clown enfer 9

Euh, que faut-il regarder à l’écran ?

Etc etc. Comme à la parade, le cirque Ranpo alterne savamment les numéros de l’horrible clown avec ceux de la bijin ballerinisée ou shampouinisée. Avec aussi les efforts un brin confus des flics qui, dans leur obsession de mettre la main au collet du clown infernal, se précipitent et commettent d’inévitables bavures sur de braves clowns qui ne demandent qu’à gagner un peu d’argent en divertissant les lardons :

clown enfer 8– Je proteste énergiquement ! je suis un honnête clown !

– Ta gueule enculé ! Etat d’urgence, tu connais ?

Sexy mais dans les limites du raisonnable (on n’est pas non plus dans un roman porno cradingue), cet épisode, et avec lui la série entière du Edogawa Ranpo’s Beauty series, constitue une entrée en matière divertissante dans l’univers policier glauque mais très prenant de Ranpo. Si jamais le Caterpillar (tiré d’une nouvelle du maître) de Wakamatsu vous a déplu et découragé d’explorer plus avant son oeuvre, n’hésitez pas ne serait-ce que que pour la musique 70’s et le casting féminin. Sur ce, je vous laisse et vous dis :

clown enfer gif

A mercredi prochain les amis !

PS : Concernant le titre de l’épisode, il est possible que ce soit un clin d’œil à un roman porno dans lequel jouait Yuko Katagiri, une des actrices de l’épisode. Le film s’intitulait :

Jokosei-Report-Yuko-no-Shiroi-Mune-(1971)

Les Blancs Nichons de Yuko

Les adaptateurs de la série étaient apparemment des farceurs.

(Poster) Sakariba: Nagarebana (1972)

Sakariba: Nagarebana (Night Spot : Drifting Flower en anglais, je n’ose traduire en français) est un roman porno de 1972 réalisé par Akihiko Yatsumaki et interprétée par Yûko Katagiri. Yatsumaki est totalement inconnu au bataillon, il n’est d’ailleurs même pas évoqué dans le livre de Jasper Sharp. Pour Katagiri, en revanche, c’est autre chose : plusieurs dizaines de films au compteur (essentiellement durant les 70’s), la plupart des roman porno. Et si j’ajoute qu’elle fut l’épouse de Masaru Konuma, grand faiseur du genre, vous comprendrez que la belle est quelqu’un de bien. Je n’en dis pas plus, c’est bien le diable si je ne lui consacre pas un jour un article dans ma section bijinesque.