Archives du mot-clé ZOOM

le ZOOM n°96 de mars 1982 (spécial Japon)

« Dans la famille ZOOM spécial Japon, je demande le n°96 de mars 1982. »

Gagné ! C’est reparti pour une présentation d’un vieux numéro de ZOOM, l’excellente revue de photographie des années 70 et d’une partie des 80’s. Je ne pense pas vraiment tirer sur la corde, je suis sûr que certains parmi vous n’ont pas hésité à se procurer les deux précédents numéros (hein Bouffe-tout ?). Pour ce nouveau spécial Japon, voici ce qui vous attend : Lire la suite le ZOOM n°96 de mars 1982 (spécial Japon)

le ZOOM n°45 de juillet 1977 (spécial Japon)

Présentation du n°45 de ZOOM sorti en juillet 1977. A nouveau du lourd puisque la revue propose un coup de projecteur sur rien moins que 11 artistes, le tout complété de plusieurs articles instructifs sur différents arts.

Pour ce numéro, carte blanche a été donné à Shuji Terayama qui se fend d’un édito (matez au passage le sommaire) :

Cliquez sur l’image pour mieux voir. Oui, je suis comme ça moi, je prends soin de la vue de mes chers lecteurs.

Précisons que le sommaire ne mentionne pas huit articles en début de revue, notamment un écrit par le génial Toshio Matsumoto (the Funeral Parade of Roses) qui s’enthousiasme de la grande prolixité du cinéma japonais expérimental de l’époque, ainsi qu’un autre d’un journaliste japonais livrant quelques réflexions sur Obayashi, Terayama et Sakumi Hagiwara.

Evoquons aussi un article intitulé « Dracula, vampirisme dans l’art japonais » ainsi qu’un article à la fois et succinct et complet sur le mangaka Kazuo Kamimura. Ça fait toujours plaisir de voir que des journalistes pouvaient écrire des choses intéressantes sur les mangas dans la presse française au début des 80’s (il est vrai que le journaliste est lui aussi japonais).

Puis arrivent les portfolios des onze photographes (plus précisément « créateurs d’images ») :

Il est intéressant d’accéder en 2011 au travail de onze créateurs d’alors. Certains sont restés connus, d’autres -à ce qu’il m’a semblé du moins – sont tombés dans l’oubli. Il faut dire que leurs oeuvres, pour le moins hétéroclites, n’ont pas toutes gardé la même modernité. Si la série d’un Shinoyama sur les tatouages des yakuzas :

et surtout de ceux de leurs femmes !!

… a encore beaucoup de gueule, on ne peut pas en dire autant d’un Hajime Sawatari qui nous fait le coup des compositions oniriques avec des fillettes davidhamiltonesques. A chacun de voir en fait. Ce qui est sûr, c’est que l’on en ressort avec tout de même quelques bonnes surprises. Voir gicler sur une grande page une œuvre de Tadanori Yokoo :

… donne toujours un plaisir visuel particulier. Il en va de même des œuvres de Terayama himself :

… et de celles d’un Masayoshi Sukita, spécialisé dans les portraits de musiciens (et chargé des prises de vue dans le film de Terayama Jetons les livres, sortons dans la rue) :

Bref, quoique inégal, vous aurez compris que ce n°45 est du même tonneau que le n°95 évoqué précédemment,  les deux formant une passionnante plongée dans une effervescence créatrice et avangardiste du Japon de la fin des 70’s et du début des 80’s. On ne peut que regretter que cette revue de qualité, arrêtée (du moins en France) au milieu des années 80, n’ait pas d’équivalent de nos jours.

prochain numéro qui sera présenté en ces pages : le n°96.

Couverture signée Kishin Shinoyama

le ZOOM n°95 de janvier 1982 (spécial Japon)


Pour autant que je me souvienne, j’ai toujours associé la revue ZOOM aux femmes à poil. Que voulez-vous, votre serviteur n’était à l’époque qu’un écolier, et si les filles lui étaient plus un poison qu’une douce potion, il n’en restait pas moins que le corps féminin lui suscitait déjà une certaine curiosité, curiosité que ZOOM satisfaisait assez bien.

Un grand merci à mon papa donc pour, outre un certain nombre de GÉO, possédait rangée dans son bureau une bonne vingtaine de numéros de cette somptueuse revue de photographie. Je me revois encore pénétrer dans son bureau, tout pantelant d’émotion et les mains moites, pour aller admirer ces admirables corps de femmes que je ne risquais pas de rencontrer dans ma cambrousse. N’allez point imaginer des choses, le feuilletage des livres se faisait en toute décontraction, loin de toute pratique douteuse. Oui, à cette époque, j’étais pur, innocent, le coeur sur la main je ne rechignais jamais à aller faire des commissions :

Avec le recul, l’image que j’en ai est donc sensuelle mais aussi très artistique. OK, il y a de la femme à poil mais attention, on n’est pas dans Playboy. Si ZOOM faisait assez souvent la part belle au nu, cette revue était de manière générale une revue sur la photographie en tant qu’art. Pas de place pour une rubrique amateur à la Chasseur d’Images, ici on a affaire uniquement à du pro, qu’il soit européen, américain ou asiatique. Le tout dans un grand format assez chic et avec moult infos parfaitement documentées et souvent d’un aspect très technique. Je me rappelle ici d’un numéro dans lequel deux ou quatre pages, je ne sais plus, étaient consacrées à la photographie dans Barry Lyndon et notamment à ce fameux objectif Zeiss que Kubrick alla dégotter auprès de la NASA. Bref, pas une revue de branques vous pouvez me croire, tellement de qualité que les collectionneurs sont prêts à débourser plusieurs dizaine d’euros pour se les procurer. J’aurais d’ailleurs bien voulu faire main basse sur la collec’ de mon père, malheureusement, cela fait belle lurette qu’ils ont été vendus ou peut-être même jetés…

Perdus ces bouquins, mais pas mes souvenirs de cette revue. En y repensant dernièrement à je ne sais plus quelle occasion, une idée, toute bête, m’est venue: et si le magazine avait consacré des numéros intégralement consacrés à la photographie japonaise ? Une rapide petite recherche et là, bingo ! je tombe sur ça :

OMG !

Le temps d’aller prendre ma carte bleue pour sauter sur l’occasion (quelques euros sur Priceminister), et le temps aussi d’attendre quelques jours à guetter l’arrivée de ma factrice, je le reçois enfin, ce matin précisément, le cœur battant aussi fort qu’à l’époque de mes équipées dans le bureau de mon père. Allais-je être déçu ? Que non pas, ce numéro tenait au contraire toutes ses promesses, jugez plutôt du programme :

Oui, je sais, c’est une photo. Désolé mais le bouquin était trop grand pour mon scanner et j’avais pas envie de me prendre la tête à faire des collages.

On commence gentiment avec un article sur les premières décennies de la photographie japonaise :

Le texte de ces douze pages est somme toute succinct mais efficace. On y apprend que la première photographie prise par un Japonais date de 1857 (il s’agit d’un portrait du seigneur Shimazu Nariakira), que Ueno Hikoma et Shimooka Renjo, les deux premiers photographes professionnels, ont ouvert chacun leur studio en 1962 ou encore que les premières cartes postales que les commerçants occidentaux étaient tout contents de se procurer sont apparues dès 1970. Sont évoqués aussi les premières « photos d’art » qui apparaissent dès la fin du XIXème siècle ainsi que la récupération de la photographie de terrain par le gouvernement à des fins propagandistes. Le tout avec force illustrations bien sûr, photos parfois connues, souvent nettement moins.

Suivent sept interviews de photographes qui sévissaient à l’époque (et encore aujourd’hui pour certains). Là aussi, si le nom de l’excellent Kishin Shinoyama était loin de m’être inconnu, je ne peux en dire autant des autres. Ainsi Masaaki Nakagawa :

Yoshihiro Tatsuki :

ou encore Hideki Fujii :

Gosh !

Je ne rentre pas trop dans les détails car je me promets bien de réactiver prochainement le filon d’articles sur les photobooks en revenant très probablement sur ces artistes dont on a à chaque fois en pleine page plusieurs exemples du travail. Les pages sur Kishin Shinoyama sont assez surprenantes : surtout connu à l’époque pour ses photos de nus, son actualité d’alors consistait en des photographies de voyage. « Je n’ai jamais voulu me spécialiser dans tel ou tel domaine, explique-t-il, pour moi, photographier, c’est vivre au présent, s’intéresser à son siècle, être au courant de tout, ou au moins vouloir tout découvrir ». Les huit clichés gracieusement offerts par GEO en sont une belle illustration :

J’ai déjà vu cette tête, mais où ?

Terminons enfin avec un article sur l’Asahi Shimbun :

Doyen des journaux japonais (il fut crée en 1879), l’Asahi est une formidable machine, un poids lourd alors en avance sur son temps (l’article explique comment le travail des journalistes est informatisé de A à Z, chose inédite à cette époque) et surtout « un des plus vastes magasins d’images du monde ». Les trente photos qui accompagnent l’article donnent en effet cette impression.

Entraînement d’écoliers de Tokyo en cas d’alerte au séisme, le 1er septembre 1981 (jour anniversaire du tremblement de terre de 1923) Photo de Makoto Sugaya.

Terminons enfin avec l’article pour les hard fans de la technique, celui intitulé « Nikon Story » et retraçant en 33 pages touffues la chronologie détaillée de l’histoire de Nikon :

Assurément l’article le plus WTF? du numéro. On y apprend notamment que le Reflex-NIKKOR 500 mm f/8 était en 1968 la…

version compacte du 500 mm f/5 par réduction de l’ouverture annulaire et variation du tirage par translation du groupe frontal. Formule catadioptrique du type MANGIN 5 lentilles en 3 groupes avec 2 miroirs. Ouverture fixe f/8 modifiable pour la lumination par filtre gris atténuateur. Distance mini 4m. Dimensions 93 x L 139 mm. Remarquablement petit le 1/3 de sa focale ! Poids 1 kg ».

Il en faut pour tous les goûts : ceux qui ont un durcissement caverneux devant de jolies poupées et ceux qui l’ont devant de tels descriptifs. Pour ma part, j’ai assez vite passé mon chemin même si je dois avouer que le travail de fourmi du journaliste force le respect.

Bref, si comme moi vous aimez la photo et que vous avez une tendance un peu monomaniaque à acheter sans réfléchir de vieilles revues en rapport avec le Japon, n’hésitez pas, ce ZOOM n°95 est fait pour vous, l’essayer c’est l’adopter. Et vous savez quoi ? C’est que ce n’est pas fini puisque très prochainement j’évoquerai le contenu du ZOOM n°96, lui aussi intégralement consacré au Japon bordel à queues ! Merci qui ?

« MERCI OLRIK ! »

PS : j’offre un shochu à celui qui me dit qui est cette mystérieuse femme.